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Conférence de Karim Assouani à Chlef La relation entre Kateb Yacine, Nedjma et Guelma

Conférence de Karim Assouani à Chlef La relation entre Kateb Yacine, Nedjma et Guelma dans Auteurs Algériens Kateb-Yacine-261x300Culture : Conférence de Karim Assouani à Chlef
La relation entre Kateb Yacine, Nedjma et Guelma

Depuis la nomination de M. Hasnaoui Mahmoud à la tête du Musée régional de la cité Aroudj, une nouvelle dynamique s’installe dans cette structure avec la tenue d’un grand nombre d’activités culturelles. 
Parmi elles, l’intéressante conférence de Karim Assouani, enseignant au département de français, université d’Alger 2. Il va nous entretenir du lien qui existe entre un lieu et la littérature qu’elle inspire. Comme exemple, il va choisir la relation entre Guelma et le roman de Kateb Yacine, Nedjma. En 1836, Guelma est décrite par l’écrivain allemand Wagner, comme dénuée de trace de sédentarité. Cette ville que les Romains ont appelée Calama n’était qu’un point d’eau pour des nomades de passage. La première question que l’on est tenté de se poser est «comment Guelma est devenue un lieu d’écriture ?» L’orateur va expliquer que la réponse viendra par le décryptage des modes opératoires qui permettent à l’idée de transiter du bâti jusqu’au papier et vice versa. Assouani dira en substance : «Guelma est citée pour la première fois, dans Nedjma, à la 3e partie (réédition 2009) au passage où Rachid accompagne si Mokhtar en Terre sainte de l’Islam et s’initie à l’histoire des Kabloute, originaires du mont Nadhor qui domine la région orientale de Guelma». Cette dernière est à l’origine qui signifierait «citerne» ou «réservoir», «un espace beaucoup plus liquide et dense en termes imagologiques. Pour parler de l’axe graphématique Guelma-Nadhor, l’universitaire va nous décrire un lieu comme le sous-ensemble d’un bloc géologique plus vaste qui va donner naissance à un espace humain nommé par les hommes. Concernant le couple de noms Guelma-Nadhor (dans Nedjma) et sur le plan phonématique, la ville est en équilibre entre (en termes de sonorités) entre 3 voyelles et 3 consonnes. Le nom Nadhor oscille entre 4 consonnes et 2 voyelles. Cela représente une égalité entre le représentatif (consonnes) et l’expressif (voyelles) dans Guelma. Face à cette harmonie phonatoire se dresse l’accent consonantique dans Nadhor. Pour ce qui est du couple de noms Nedjmaétoile, on obtient 2 voyelles et 4 consonnes pour la femme titre et 4 voyelles 2 consonnes pour l’astre. Une constatation s’impose : de la complexité de ce rythme, il y a lieu de relever que le choix des noms n’est nullement délibéré de la part de l’auteur Kateb Yacine, «qui est en premier lieu un poète et donc maîtrisant les règles de la poétique classique». M. Assouani va attirer notre attention sur la particularité de la situation géomorphique qu’occupe la ville adossée au pied du mont Maoua (1 411 m) et les reliefs montagneux qui l’entourent (djebel Menchoura, djebel Debagh, djebel Taya, djebel Essada, djebel Nadhor) et qui vont former la lettre g avec djebel Haouara et Fedjadj. L’orateur va ajouter : «Dans le texte katébien ( Nedjma), la triangularité urbaine centrée par le gravitationnel se traduit par le trio Nadhor-Nedjma-Gharib. Ce dernier, le père de Mustapha, est avocat à Guelma apparaissant à la 5e partie du roman de la page 210 à la page 217. C’est un noble qui possède une robe d’avocat où sont cousues les palmes académiques pour services rendues aux établissements scolaires. Mais maître Mohamed Gharib est aussi un nom rythmé par 4 consonnes et 2 voyelles au même titre que le mont mythique Nadhor. D’espace pratiquement vierge au XIXe siècle, Guelma est devenue un espace surconnoté. Il suffirait d’un rien pour démontrer que le carré d’une littérature élevée à la puissance de l’espace qui l’encadre ferait de cet espace un espace littéraire au carré. Cette étrange arithmétique peut être envisageable lorsque l’espace visé ait au préalable connu de prestigieuses transpositions littéraires, car dès lors qu’espaces et littérature se confondent, il naît des arithmétiques à géométrie variable. Ainsi, nous arrivons à mieux saisir qu’espaces humains et littérature sont indissociables et comment imaginaire et réalités sont imbriqués. C’est pourquoi l’auteur devient auteur de son urbanité.
Medjdoub Ali 


Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/03/01/article.php?sid=130998&cid=16

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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