Lettres algériennes
De Rachid Boudjedra

Paru le :20/09/1995
Editeur :Grasset
Collection :
ISBN :224649091X
EAN :9782246490913
Nb. de pages : 224
Quatrième de couverture
Ce livre est pensé, et écrit, sur le modèle des Lettres philosophiques de Voltaire. Il met en scène un homme, Rachid Boudjedra, qui parle à partir de sa double culture, de son « ubiquité mentale », à partir de sa mémoire rigoureusement franco-algérienne. Et de quoi parle-t-il donc, dans cette trentaine de « Lettres » qu’il s’adresse d’un bord à l’autre de la Méditerranée ? Il parle de politique, bien sûr, de la bêtise qui ensanglante sa patrie. Mais il n’en reste pas là : le sport, les antennes paraboliques, les romans de Marguerite Duras, les petits épiciers maghrébins de Paris, les bistrots, la télé, le racisme, la guerre – sont autant de prétextes à sa verve et à son humour lucide. Boudjedra essaie de dire – aux siens, aux Français – qu’ils doivent se métisser, emprunter sans réserve ce qu’ils ont de meilleur au lieu de se haïr, les uns les autres, pour ce qu’ils ont de pire.
Dans la presse
Vingt-neuf lettres venues d’Alger nous parlent du FIS, de la violence, de la peur -et aussi de la France. Celle du métro et des marchés de Paris, de la pub, du chômage. Celle dont les antennes paraboliques, sur les toits d’Alger, captent les chaînes télévisées, bruyantes de » gros rires » et de jeux ineptes. Celle de Proust, de Céline et du Nouveau roman, qui donna à Rachid Boudjedra sa vocation et ses mots d’écrivain. Celle dont les démissions devant la misère et l’intégrisme l’emplissent de désarroi et de révolte. Car il n’a pas cessé de l’aimer, malgré les drames de l’histoire, la colonisation, la guerre. Il est rare qu’un homme s’adresse à nous en évoquant le revolver et le cyanure qu’il garde à portée de main. Rachid Boudjedra n’avait pas besoin de cela pour être un écrivain authentique. Mais de la situation tragique dans laquelle elles furent écrites, ces lettres tirent une force singulière pour nous questionner. Nous interpeller peut-être. Ses Lettres algériennes ressemblent à tous ses livres. Même rage, mêmes improvisations, mêmes provocations salutaires. A ceci près qu’aujourd’hui la liberté des mots se parie au prix du sang.
Daniel Rondeau, Le Nouvel Observateur.














2 mars 2012
Rachid Boudjedra