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Je ne parle pas la langue de mon père De Leïla Sebbar

2 mars 2012

EXTRAITS, Leïla Sebbar

Je ne parle pas la langue de mon père - Leïla Sebbar
Paru le :01/01/2003
Editeur : Julliard éditions
Collection : 
ISBN :2260016154
EAN :9782260016151
Nb. de pages :

Quatrième de couverture

Quand la mémoire et l’imaginaire se mêlent pour redonner vie au passé… Une émouvante quête des origines.

Née d’un père algérien et d’une mère française, Leïla Sebbar vit en France après une enfance passée dans l’ancienne colonie. «Je ne parle pas la langue de mon père»: ce constat qui revient régulièrement ponctuer la pensée de Leïla Sebbar fait figure de mot de passe, de sésame. Résonnant comme un appel, il est le point de départ d’une poignante méditation sur les racines doublée d’un voyage dans le temps et l’espace qui veut faire la lumière sur un passé que le père n’a jamais voulu remuer.
Reliant les souvenirs d’enfance à ce qu’elle sait aujourd’hui de l’Algérie et de ses troubles, Leïla Sebbar entreprend de compléter l’histoire d’un homme qu’elle aime et respecte depuis toujours. À quoi bon s’attarder sur une époque révolue? Leïla Sebbar est loin de partager ce point de vue et ressent le mutisme de son père comme un blanc, un manque qu’elle voudrait combler. Rassemblant précieusement les bribes d’information, ses souvenirs d’enfance à Hennaya, les anecdotes racontées par les uns et les autres, elle tente de reconstituer par l’écriture une mémoire fragmentée. Des insultes lancées en arabe par les garçons du quartier de sa jeunesse à la tendresse qui les liaient elles et ses sœurs à leurs servantes Aïcha et Fatima, des militaires dont elle note la grossièreté aux visites chez des tantes si différentes de manières et de mentalité de sa mère française, Leïla Sebbar note, collecte, regroupe. Et pour répondre aux questions que son père a toujours éludées, elle s’aide de son imagination, la fiction palliant sans peine les lacunes du savoir. Si bien que la remontée aux sources prend plus souvent les couleurs d’une rêverie pleine de sensibilité que celles de la simple chronique ou du témoignage…
La simplicité et l’élégance de l’écriture de Leïla Sebbar font passer une émotion profonde et sans apprêts, qui permet à l’auteur de tresser avec naturel l’histoire tourmentée d’un pays et celle d’une famille prise dans un entre-deux culturel. Une réussite littéraire mais aussi un hommage d’une force rare.

Dans la presse

COTE FEMME 29 janvier 2003
Née de père algérien et de mère française, Leïla Sebbar a grandi en terre algérienne. A travers la trame tortueuse des événements qui s’y déroulent actuellement et ses souvenirs d’enfance, elle entreprend de reconstituer l’histoire de son père. Mais bien des questions que la petite fille lui posait sont restées sans réponse. Alors, la femme et la fillette se prennent à rêver, guidées par le fil d’Ariane des mots et des évocations, leur faisant retrouver les traces sensibles de la mémoire. Un hommage au père d’une émotion rare.
Françoise Huart

Extrait du livre

Mon père ne savait pas ce que j’apprends aujourd’hui, longtemps après, ou le savait-il et il n’en disait rien, il parlait peu. Peut-être la langue étrangère l’a séparé des mots qu’ils auraient choisi pour nous, ses enfants. À sa femme, il parle, dans la langue de la France, sa langue à elle, je les entends depuis la véranda, derrière la fenêtre au verre granuleux, opaque, qui la sépare de la salle d’eau. Ils peuvent tout se dire, ils se disent tout, c’est ce que je pense alors. Elle a quitté pour lui les rivières et les collines douces, la terre qui donne le blé, la vigne, le tabac et les noix, les chênes centenaires, des bois et des bois de châtaignier, elle est sa femme et sa langue est sa langue, lorsqu’il parle avec elle. Mais les enfants, ses enfants, nés sur sa terre à lui, de son corps avec la lignée qu’il a rompue, ses enfants nés dans la langue de leur mère, il les aime, la mère de ses enfants et sa langue, il a lu des livres à la bougie après le travail pour la maison qu’il fallait nourrir, il récite des vers, appris par cœur, mieux que les Français de son pays qui n’aiment pas l’étude. Dans sa langue, il aurait dit ce qu’il ne dit pas dans la langue étrangère, il aurait parlé à ses enfants de ce qu’il tait, il aurait raconté ce qu’il n’a pas raconté, non pas de sa vie à lui, un père ne parle pas de sa propre vie à ses enfants, il respecte la pudeur, l’honneur, la dignité et eux aussi, il le sait, ils le savent, non, de sa vie il n’aurait pas parlé, mais les histoires de la vieille ville marine, les légendes, les anecdotes du petit homme rusé qui se moque des puissants et ça fait rire les faibles, les pauvres, il aurait raconté les ancêtres, le quartier, vérité et mensonge, il aurait ri avec ses enfants dans sa langue et ils auraient appris les mots de gorge, les sons impossibles, répétés, articulés encore et encore, maître d’école dans sa maison, ensemble ils auraient déchiffré, récité, inscrit sur l’ardoise noire les lettres qu’ils ne savent pas tracer.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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