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Confidences à Allah De Saphia Azzeddine

Confidences à Allah - Saphia Azzeddine
Paru le :03/01/2008
Editeur : Leo Scheer
Collection :Editions Leo Sc
ISBN :2756101192
EAN :9782756101194
Nb. de pages : 150

Quatrième de couverture

Jbara vit, dans les montagnes d’un pays du Maghreb, entre ses parents, ses cinq frères et sœurs, et ses brebis. Petite bergère pauvre, réduite au rang de servante par un père ignorant et brutal, elle se prostitue parfois, pour quelques friandises. Elle est belle, mais elle ne le sait pas. Dans un village où les femmes, à la lettre, ne sont rien, elle n’a pas encore appris que sa beauté est un pouvoir. Jusqu’au jour où une valise tombe d’un car de touristes américains, qui lui révèle un autre monde.

Itinéraire d’une jeune fille musulmane d’aujourd’hui, qui connaîtra la misère, la prostitution, la prison, Confidences à Allah est un témoignage direct, cru, et cependant plein de poésie et d’humour, sur l’oppression des femmes. Tout en décrivant les pires dérives d’une société figée dans le patriarcat, hypocritement arc-boutée sur un islam caricatural, Saphia Azzeddine livre, plus qu’un constat, un message de foi et d’espoir.

Une libération s’esquisse au milieu des tourments. Une réconciliation aussi, peut-être – avec les hommes comme avec Dieu, à qui, dans son monologue fiévreux, sur lequel souffle une rage irrépressible, Jbara s’adresse sans cesse, à la fois fidèle et rebelle, respectueuse et mutine, l’implorant, lui demandant pardon ou lui rendant grâce. Arrivé au bout de son récit, le lecteur découvre que ce cri de révolte était avant tout une bouleversante prière.

Extrait du livre

Tafafilt c’est la mort et pourtant j’y suis née. Je m’appelle Jbara. Il paraît que je suis très belle mais que je ne le sais pas. Ça me fait une belle jambe à moi d’être belle. Je suis pauvre et j’habite dans le trou du cul du monde. Avec mon père, ma mère, mes quatre frères et mes trois soeurs.
Ça baise comme des salauds chez les pauvres, parce que c’est gratuit.
De toute façon, personne, à l’époque, ne m’a jamais dit que j’étais belle. On ne dit pas ces choses-là chez moi. Ce n’est pas quelque chose qui compte, la beauté, à Tafafilt, ça ne rapporte rien. Surtout on ne sait pas ce qui est beau ou ce qui ne l’est pas. Mon père serait incapable de vous dire si je suis belle, ma mère aussi. Ils diraient tout au plus : «C’est une fille travailleuse, Jbara !» C’est une notion de riche, la beauté. Moi, pour l’instant, je suis travailleuse, on va dire. On n’est pas très éduqués dans mon bled. D’ailleurs on ne m’a jamais éduquée, on de Miloud, il n’a jamais connu l’eau. Il s’essuie avec des cailloux et se sèche avec du sable. C’est un berger, il habite dans un bled à une cinquantaine de kilomètres de chez moi. Il passe de temps en temps faire du commerce avec des mecs comme lui. Et se faire du bien avec moi.

Un jour, ma mère la pauvre elle m’a dit que ce qu’il y avait de plus haram dans la vie, c’était de ne plus être vierge. Son père le lui avait dit. Son mari le lui avait confirmé. J’aurais tout fait pour ne pas décevoir ma mère, mais le Raïbi Jamila l’a toujours emporté sur tout. Je crois bien que même sur Allah ça l’emportait. Je ne compare pas Allah à un Raïbi, ça n’aurait aucun sens, je dis juste que le Raïbi ça a un bon goût sucré et que Allah jusqu’à présent il me laisse un goût doux-amer…
Parce qu’il faut toujours Le craindre. Mon père, dès qu’il m’en parle, c’est pour me dire qu’il va me châtier si je fais encore des conneries. Un jour j’ai juste dit devant lui qu’il faisait trop chaud et que c’était pénible : eh bien il m’a flanqué une baffe. Dans sa logique, à ce con, comme c’est Allah qui fait le temps, j’avais blasphémé. Maintenant, vous avez une idée de qui est mon père. C’est un ignorant et il l’ignore. Un vrai cancer à lui tout seul. Il ne sait que gueuler et de préférence sur les gonzesses. C’est un pauvre, mon père. Et c’est un con. C’est un pauvre con.
Je Lui en veux un peu à Allah de m’avoir laissée pourrir dans ce trou à rats. À droite il y a des montagnes, à gauche il y a des montagnes. Et au milieu il y a nous, notre tente en peau de chèvre et notre troupeau de brebis. C’est moi qui m’en occupe. Je les aime bien. Elles sont gentilles et très mignonnes. Je leur gueule dessus aussi mais c’est parce que je ne sais pas parler normalement. Ça gueule tout le temps chez moi. Sauf quand mon père n’est pas là, il y a du silence. Il est souvent chez le fkih du village voisin. Un fkih, c’est – comment dire en restant polie ? – c’est… c’est comme un imam. Non, pas du tout. Jamais. Ce n’est pas juste pour les vrais imams. Non, un fkih c’est en général le plus idiot du village qui ne veut pas bosser pour de vrai alors un jour il décide de devenir imam. Enfin, c’est eux qui s’appellent comme ça.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Confidences à Allah De Saphia Azzeddine”

  1. alexisbrunet Dit :

    C’est un bon livre.

    Saphia Azzedine fait des ouvrages bien écrits, rapides à lire, efficaces, et prenant. Celui-ci retrace bien l’itinéraire de la jeune fille qui souhaite échapper au destin qui lui est attribué, à tous les prix. C’est donc un livre sombre. « La Mecque-Phuket » est plus détendu. Sinon, le dernier, « Héros Anonyme », n’est pas mal du tout. Il se lit très vite, également. Et surtout, il est, j’ose le mot, « prophétique » de ce qui a fait l’actualité du mois de Mars, à savoir le drame de Toulouse.
    Voilà pour ma contribution. J’espère qu’elle ne vous aura pas gêné, et qu’elle vous sera même utile.

    Bien à vous,

    Alexis.

    Dernière publication sur Actualités, Opinions, Lecture et présentation de mes ouvrages de fiction. : La garçonnière (Hélène Gremillon)

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