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Le rapt De Anouar Benmalek

2 mars 2012

Anouar Benmalek

Le rapt - Anouar Benmalek
Paru le :26/08/2009
Editeur : Fayard
Collection :Litt.gene.
ISBN :2213644497
EAN :9782213644493
Nb. de pages :

Quatrième de couverture

Follement épris de sa femme, Aziz n’en est pas moins un homme détaché et caustique. Seul moyen qu’ il ait trouvé pour se préserver des tensions et des violences qui agitent l’Algérie. Mais lorsque sa fille de quatorze ans est enlevée, il comprend que l’ironie ne lui sera plus d’aucun secours.

Entré en contact avec la famille, un étrange ravisseur menace sa victime des pires atrocités si la police est prévenue. De toute façon, qui aurait envie de s’en remettre aux autorités algériennes? Aziz ne peut compter que sur lui-même. Et sur Mathieu, le beau-père de sa femme. Mais ce Français au lourd passé sera-t-il une providence ou l’artisan du malheur? Pourquoi est-il demeuré en Algérie après l’indépendance? Qu’a-t-il fait pendant la guerre? Et quel est ce grand tabou de l’histoire de l’Algérie qui scelle jusqu’à présent toutes les lèvres?

Avec ce thriller de la vengeance et de l’amour, Anouar Benmalek impose à ses héros de choisir entre le mal et le moindre mal, entre leur survie et celle de leur conscience.

Dans la presse

El Watan, Rémi Yacine, 27 juillet 2009: « Anouar Benmalek signe un chef-d’œuvre… Il y a du Dostoïevski chez l’auteur du Rapt, l’humour en plus. La dernière œuvre d’Anouar Benmalek est d’une rare puissance. On y pénètre hilare, on y reste le cœur serré, stressé, et on en sort complètement retourné… Le Rapt est un livre majeur, d’une rare puissance dramatique. A lire d’urgence…

Alain Mabanckou, août 2009, prix Renaudot : « Parmi les grands livres de cette rentrée littéraire en France… Le livre est un pavé de plus de cinq cent pages. Et jamais un pavé ne se lit aussi vite !… Benmalek a écrit le grand roman de l’Algérie contemporaine »

Le Figaro, Astrid de Larminat, 17 septembre 2009: « Un compte à rebours insoutenable… Benmalek jette une lumière cruelle sur les horreurs dont l’être humain s’est rendu coupable en Algérie… En vrai romancier, Anouar Benmalek est impitoyable dans sa relation des faits, mais plein de compassion envers ses personnages… »

Extrait du livre

Première partie

– Il fait trop beau pour un matin d’hiver. Dieu tient bien Ses comptes, Il ne fait jamais rien gratuitement : si ça continue, on peut s’attendre à une sacrée sécheresse cet été. Pourriture de changement climatique ! a-t-il soufflé, le visage pâle.

J’ai éclaté de rire devant ce coq-à-l’âne et l’air offusqué du directeur provisoire du zoo. Furibard, il m’a répondu entre ses dents, probablement une insulte relative aux individus dont les valseuses seraient mieux greffées au cerveau plutôt que pendant vainement entre les jambes. C’était son insulte préférée, qu’il n’utilisait cependant que de bonne mauvaise humeur, comme il disait. À moins qu’il n’ait lancé, offensé par l’accouplement des deux mâles qui nous faisaient face : « Que Satan vous brûle les trous du cul jusqu’à la fin des temps, copies damnées des fils d’Adam ! »

J’ai pensé : « Vieux débris, avoue que, malgré tes cheveux blancs, tu voudrais bien être à la place de ces deux singes ! Au moins une fois dans ta vie, hein, la félicité par le trou de balle ? » Le prude administrateur m’a adressé un regard mauvais comme s’il avait lu dans mes pensées. J’ai tenté de reprendre une figure plus grave, et nous avons continué notre travail d’inspection.

Je tenais un carnet à spirale, notant consciencieusement les remarques de mon chef – provisoire, puisque le tenant du titre venait d’être hospitalisé pour une prostate détraquée par le chaud soleil d’Algérie –, ignorant encore que je serais pis que mort à la fin de la journée. Ou, plus exactement, que je commencerais à agoniser une poignée d’heures plus tard : un peu vers vingt et une heures, beaucoup vers vingt-deux heures. Et après… eh bien, que j’envierais l’imperturbable sérénité de ceux qui avaient la chance d’être morts et enterrés pour de bon.

La journée avait pourtant bien débuté, même si, de temps à autre, un désagréable pincement à l’estomac me rappelait que Meriem, la femme que j’aimais depuis une quinzaine d’années, avait parlé pour la première fois de divorce la semaine précédente. J’avais fait l’erreur d’accueillir ses récriminations par la plaisanterie. Ce qui avait achevé de la mettre en rogne. Elle avait claqué la porte de notre chambre et dormi sur le divan. Au matin, nous n’avions pas évoqué la dispute, mais, ce jour-là et ceux qui suivirent, elle refusa que je l’embrasse, de ce baiser léger que je lui donnais avant notre séparation pour la journée, moi partant vers mon gagne-pain de biologiste au zoo d’Alger, elle, vers son institut de langues étrangères. J’étais sorti plus tôt qu’elle ce matin-là ; nous avions une seule voiture que nous utilisions en alternance, et c’était mon tour de prendre l’autobus.

Elle m’avait rattrapé sur le pas de la porte – après avoir refusé de nouveau mon baiser – pour me déclarer d’un ton préoccupé :

– La petite a des problèmes à l’école. J’ai regardé ses cahiers, on dirait des chiffons. Il va falloir lui serrer la vis.

– Tu me vois la sermonner le jour de son anniversaire ?

– Son anniversaire n’est pas une excuse.

Elle arborait ce que j’appelle par-devers moi son expression de « mère de famille responsable » (du genre : fais attention, coco pervers, cela ne concerne ni nos histoires de baises-raccommodages ni nos disputes de plus en plus fréquentes, mais quelque chose de plus sérieux, de sacré même : le-destin-de-notre-fille !).

– Je crois qu’elle a un copain…

Je n’avais pas aimé la manière dont les trois points de suspension s’étaient quasi matérialisés dans l’espace qui nous séparait. J’ai ronchonné, feignant de ne pas comprendre.

– Les copains, elle en a plusieurs, et les copines aussi, non ?

– Ne fais pas l’imbécile, Aziz ! Tu sais très bien ce que je veux dire. J’ai trouvé le mot d’un petit con dans ses affaires. Il lui donnait rendez-vous au cinéma du centre commercial de Ryadh el-Feth. Et ça se terminait par quoi ? Devine !

Elle a levé les bras au ciel.

– « Je t’aimes, ma chéri », avec un s à aime et pas de e à chéri. Un ignare, en plus.

Une protestation muette avait dû se lire sur mon visage : Mais elle est trop jeune pour ces choses-là, voyons ! J’avais viré à l’écarlate. J’avais dû rougir (à en juger par le regard goguenard de ma femme) aussi violemment quand elle m’avait annoncé, six mois auparavant et sur le ton de la conversation ordinaire, que notre fille – que j’appelais encore trop souvent mon bébé – venait d’avoir ses règles.

– Cinéma avant-hier ? Mais elle avait école…

Les mêmes points de suspension, mais expectorés de mon côté.

– Elle a séché, oui. Ta chère fille ment. Les filles mentent souvent à son âge, et même plus tard, tu ne le savais pas ? a-t-elle ajouté avec ce petit rire condescendant qui avait le don de m’irriter.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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