
Paru le :23/09/2004
Editeur : Du Rocher
Collection :Nouvelle
ISBN :2268051560
EAN :9782268051567
Nb. de pages :
Quatrième de couverture
Nouvelle à la fois courte et prenante, qui se lit d’un seul trait, La vie ordinaire d’un amateur de tombeaux est placée sous le double parrainage du réalisme poétique et de l’humour noir. Il y a en effet de l’écrivain anglais chez Hubert Haddad qui, avec cet ouvrage, peut aussi bien se réclamer de Lewis Carroll que des auteurs de romans gothiques du tournant des XVIIIème et XIXème siècles.
Voilà pourquoi, sans vouloir faire perdre à cette nouvelle les effets de surprise qu’elle cultive ingénieusement, le lecteur doit être averti qu’avec La vie ordinaire d’un amateur de tombeaux on entre de plein pied dans le monde du merveilleux et, ce qui est plus rare, d’un merveilleux on ne peut plus vraisemblable.
Cette fantaisie, dont le macabre burlesque n’est en somme qu’un ornement supplémentaire, constitue un divertissement à la fois paradoxal et bienvenu, recommandé à tous les amateurs de curiosités littéraires.
Extrait du livre
J’avais dû atteindre la périphérie quand, au détour d’une avenue en pente tout au long de laquelle je n’avais compté qu’un vieillard et deux chats, une vaste église asymétrique dressée de guingois, le portail ouvert, exhala sur moi une haleine d’encens qu’on eût dit soufflée par le grand orgue. Je m’y réfugiai incontinent. Accaparé par les ors du choeur où ruisselait la lumière des vitraux, je n’aperçus pas d’emblée le catafalque au pied du maître-autel.
Présentation de : Hubert Haddad
Né à Tunis en 1947, Hubert Abraham Haddad a suivi l’exil de ses parents quelques années plus tard, à Belleville, Ménilmontant puis dans les banlieues populaires. Il a connu les aléas de l’immigration entre un père marchand forain et une mère d’origine algérienne qui souffrait de troubles de l’identité, enfance évoquée dans son récit le Camp du bandit mauresque (Fayard, 2005). En prise directe avec la poésie contemporaine au sortir de l’adolescence, il fonde la revue Le Point d’être dans la mouvance du surréalisme, revue à laquelle collaborerons entre autres Stanislas Rodanski, Charles Duits, Robert Lebel, Michel Fardoulis-Lagrange, Isabelle Waldberg.
Son premier recueil de poème le Charnier déductif paraît en 1967, son premier récit écrit à la même époque, Armelle ou l’éternel retour, ne paraîtra qu’en 1989. A partir d’Un rêve de glace (Albin Michel, 1974 ; Zulma, 2005), les romans et les recueils de nouvelles alternent sans discontinuer avec les essais sur l’art ou la littérature, les pièces de théâtre et les recueils de poèmes. Après une investigation des domaines du fantastique sous un jour halluciné, hyperréaliste, l’auteur de Perdus dans un profond sommeil (Albin Michel, 1986) et de L’Univers, roman dictionnaire (Zulma, 1999) investit tour à tour les territoires critiques de l’Histoire par le biais du mythe et de la légende – avec notamment Le Chevalier Alouette et La Double conversion d’al-Mostancir (tous deux publiés chez Fayard) – de la fantaisie onirique (La culture de l’hystérie n’est pas une spécialité horticole, Fayard, 2003), de l’investigation romanesque d’un mythe contemporain (La Condition magique, Grand Prix du roman de la SGDL, Zulma, 1998) ou de la plus brûlante actualité (Palestine, Zulma, 2007).
Sa pratique multiforme de l’écriture et des savoirs ajoutée à sa longue expérience des ateliers d’écriture l’ont conduit à écrire Le Nouveau Magasin d’écriture (Zulma, 2006), sorte d’encyclopédie en action de la littérature et de l’art d’écrire offrant, en marge d’une réflexion sur livres et auteurs, d’innombrables jeux littéraires inédits, suivi en 2007 du Nouveau Nouveau Magasin d’écriture, ce dernier voué aux fastes de l’imaginaire à travers deux cents gravures choisies pour leur pouvoir d’évocation.
« Qui a écrit Palestine? Un poète, dont la langue magnifique redonne vie et humanité aux douleurs quotidiennes du conflit. (…) Sous la palpitation des mots, dans la chair souffrante des personnages mis en présence au milieu de paysages absolument communs, dans l’ardeur des discussions recommencées, et au-dela du destin suspendu de Cham, Palestine est un roman offert en partage. Et sans doute l’un des plus beaux livres d’un écrivain qui s’y engage face à ses contemporains. »
Valérie Marin La Meslée, Le Monde des livres













3 mars 2012
AUTEURS MAHGREBINS, EXTRAITS