
Par Didi Baracho
Bouteflika m’a appelé pour me remercier de lui avoir dédié le précédent billet à l’occasion de son anniversaire et de lui avoir fait l’honneur d’aller à la soirée, organisée pour fêter ses 75 bougies.
J’ai reçu le coup de fil alors que je débriefais, autour de quelques bouteilles, avec mes amis H’mida Layachi et Anis Rahmani, les deux Rambos de la presse que nous envient les médias internationaux.
Notre monarque bien-aimé m’a cependant formulé une faveur. « Didi, j’ai un service à te demander. Je te supplie de ne plus utiliser le mot islamiste dans tes écrits », m’a-t-il lancé un peu gêné. Comme je ne peux rien lui refuser, j’ai immédiatement répondu : « Tes désirs sont des ordres, mon cher Azizou ». Sur ce, on a parlé un peu de l’islamiste Abou Djerra Soltani, de l’islamo-conservateur Abdelaziz Belkhadem, du salafiste Abdallah Djaballah, de la politique néo-islamiste d’Ouyahia, de l’ami des barbus Seddik Chihab, des islamo-terroristes du sud algérien, du faux-démocrate, mais vrai-islamiste Abdelmadjid Menasra, des désormais alliés des islamistes, les généraux M. dit T. et T. dit B., des tendances islamistes de beaucoup d’Indigènes, sensibles à l’endoctrinement islamiste du pouvoir, des fanatiques de l’islamisme au sein du FLN et du RND, des islamistes qui ont infiltré le ministère des Mosquées et du sondage des cœurs, du code de la famille d’inspiration islamiste, du voile islamiste, de la barbe islamiste, mais aussi des Frères musulmans, des salafistes non violents, des salafistes djihadistes, des intégristes ne faisant pas de politique, de la victoire probable des islamistes aux prochaines élections législatives que certains islamistes vont cependant boycotter à commencer par le salafiste Ali Belhadj qui refuse toujours de rentrer dans les rangs de l’islamisme, version régime. On a, à ce sujet, évoqué les islamistes de l’ex-FIS. On s’est dit, finalement pourquoi ne pas les réhabiliter. On les a dissous pour rien. Non ? On ne pouvait pas ne pas aborder aussi l’arrêt du processus électoral de 1992 qui avait réussi aux islamistes en raison d’une politique déjà à connotation islamiste. On est revenu aussi sur les crimes islamistes des années 1990. Là, notre bien-aimé président m’a rappelé que lui aussi si, à l’époque, il avait 18 ans, il aurait été islamiste et aurait probablement rejoint les maquis islamistes. Pour conclure cet échange fort intéressant, on a abordé l’amnistie accordée aux islamistes et la légitimation de l’islamisme. Et ensemble, on s’est dit que le mot « démocratie » devait être banni, lui aussi, de notre vocabulaire. Mais ça, c’est une autre histoire. Alors, malgré tout, vive les Indigènes !














4 mars 2012
Didi Baracho