- Détails
- Publié le Lundi, 05 Mars 2012 12:22
- Écrit par Didi Baracho

Par Didi Baracho
Comme vous le savez, sur injonction amicale de notre monarque bien aimé, je n’utilise plus le mot « islamiste ». Il est désormais banni de mon vodkabulaire. Pour sensibiliser tous les journalistes algériens à faire de même, je me suis réuni avec Toufik Khelladi, le confrère le plus côté à l’ouest du pays, en présence de mes deux amis, H’mida Layachi et Anis Rahmani, nos professionnels que veulent recruter, à tout prix, Murdoch et tous les magnats de la presse internationale. Pendant ce conclave extraordinaire, arrosé de bières, de Whisky et de vin, nous avons évidemment pris bien soin de ne jamais prononcer le vocable « islamiste ».
Mes trois confrères qui avaient rencontré, la veille, les généraux M. dit T. et T. dit B. ont suggéré de changer « islamiste » par « barbu ». J’ai néanmoins refusé cette proposition en attirant leur attention sur l’amalgame honteux qui allait être fait par les Indigènes entre feu Mohamed Chérif Messadia et les islamistes. Alors que nous étions en train de débattre démocratiquement de la question, est rentré précipitamment Ahmed Ouyahia, l’émir de notre gouvernement anti-islamiste. Exécutif qui comporte cependant quelques islamistes, mais non barbus et non djellabisés.
Sans même nous saluer, notre Ahmed national, en bon énarque rationnel, nous lança : « nous allons éradiquer le terrorisme is…. ». Il a faillit rajouter « islamiste », mais, voyant nos regards inquisiteurs, il s’est repris in extremis.
Toufik Khelladi l’interpella : « Quel terrorisme, M. le chef du gouvernement, il n’y a pas de terrorisme en Algérie ? ». Ouyahia répondit : « je veux parler de ces criminels manipulés par des forces obscures non islamistes qui visent notre pays ». Là H’mida Layachi, tout en jouant avec sa canine qui bougeait depuis l’arrêt du processus électoral de 1992, a précisé : « J’ai parlé avec mes sponsors et ils m’ont expliqué qu’il n’y avait plus de terrorisme chez nous ». Confus Ahmed Ouyahia rectifia : « je voulais dire : nous allons éradiquer ».
Là, nous avons décidé tous les quatre d’observer une minute de silence à la mémoire du général Mohamed Lamari qui devait se rouler de rire dans sa tombe. Désormais, nous devrons écrire : « Il faut éradiquer… » en remplaçant les pointillés par n’importe quel mot à condition que celui-ci ne fasse pas allusion à l’islamisme. Ayant trouvé enfin la solution à notre problème, nous nous sommes mis alors à chanter ensemble notre hymne préféré « Alayha Nahya Wa Alayha Namout » (Traduction : Pour notre bouteille de Whisky nous vivrons et pour notre bouteille de Whisky nous mourrons ! ». C’est beau un pays sans islamistes. Non ? Mais ça, c’est une autre histoire. Alors, malgré tout, vive les Indigènes !














5 mars 2012
Didi Baracho