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- Publié le Mercredi, 07 Mars 2012 19:08
- Écrit par Super User

Par Didi Baracho
Cette semaine, Amara Benyounès, plus connu, dans les milieux éradicateurs, sous son nom d’affairiste, Hadj Bettou, est passé en costume noir, cravate noire, chez Nessma TV.
Je puis vous dire que l’ensemble du Maghreb a retenu son souffle. Des terroristes d’AQMI au roi du Maroc en passant par les autocrates algériens et les islamistes tunisiens, il n’y avait pas âme qui vive dans les rues ce lundi soir. Tous les Indigènes sont rentrés chez eux plus tôt que d’habitude pour ne rien rater de cette rencontre inédite.Pour l’occasion, j’ai organisé une petite soirée, autour de quelques bouteilles de vin. J’y ai conviée mes complices de toujours : H’mida Layachi et Anis Rahmani, les deux journalistes révolutionnaires que nous envie notamment Al-Djazira. J’ai tenu à inviter également une autre plume de la presse algérienne : Lounès Guemmache le patron d’un journal en ligne qui sait tout sur l’Algérie, grâce à des connexions très fortes avec les démocrates en tenue militaire.
Dès l’entame, Amara Benyounès, face à un commentateur acquis à sa cause, a remonté toute l’histoire dictatoriale de l’Algérie et, grâce à un extraordinaire passement de jambes, il s’est retrouvé opposant démocrate à Bouteflika. Il a notamment, et de manière brillante, fait passer le message officiel sous les applaudissements d’Aït Ahmed et de la plupart des militants du FFS, installés, pour l’occasion, à la tribune officielle. Ces derniers lui pardonnèrent ses tacles avec beaucoup de fair-play.
Après une première mi-temps haletante au cours de laquelle il a rappelé son rôle déterminant lors du printemps berbère et sa résistance au terrorisme fondamentaliste (chez nous on dit plus islamiste), mais aussi le rôle de son frère Daniel dans les contre-performances du FFS, Amara Benyounès a entamé la seconde partie avec la même détermination.
Ayant évoqué son passage au RCD, le dribbleur a parlé ensuite de son transfert au gouvernement, mais il a refusé de revenir, probablement par pudeur, sur la prime qui lui fut alors allouée par les généraux M. dit T. et T. dit B. En revanche, il a évoqué tous les matchs qu’il a dû livrer en tant que ministre de la Santé et, ensuite, comme ministre des Travaux publics. Deux passages où il gagna, avec brio, son surnom de Hadj Bettou. D’ailleurs, les importateurs de médicaments se rappellent encore de son positionnement au milieu de terrain et de son rôle de passeur. Durant le temps additionnel, Amara Benyounès a surtout parlé d’avenir et de sa volonté de devenir entraîneur. Là, je me suis dit, c’est quand même beau le football. D’ailleurs, pour les footballeurs de la trempe de Hadj Bettou, l’essentiel n’est pas de gagner, mais de participer. Mais ça, c’est une autre histoire. Alors, malgré tout, vive les Indigènes !














9 mars 2012
Didi Baracho