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- Publié le Samedi, 10 Mars 2012 10:24
- Écrit par Didi Baracho

Par Didi Baracho
Je fais un rêve !
Je rêve qu’un jour, sur nos vertes collines, les fils des Indigènes et les fils des propriétaires de Sidi Yaya et du Club des Pins pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve qu’un jour, L’État algérien lui-même, tout brûlant des feux de l’injustice, tout brûlant des feux de l’oppression, se transformera en oasis de liberté et de justice.
Je rêve que mes petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à leur appartenance régionale ni à leur capacité à magouiller, mais à la nature de leur caractère.
Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve qu’un jour à Hydra, à El Mouradia et à Poirson où le racisme est vicieux, la corruption généralisée et la dictature banalisée, les petits garçons et petites filles des généraux M. dit T. et T. dit B., les petits garçons et petites filles des Indigènes, pourront tous se prendre par la main comme frères et sœurs.
Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve d’un pays sans Ouyahia, sans Belkhadem, sans Soltani, sans Menasra, sans FLN, sans RND, sans dictateurs, sans voleurs, sans fraudeurs, sans Bouteflika ni son frère, sans Anis Rahmani, sans DRS, sans Hannachi, sans Amara Benyounès, sans cons, sans fous, sans charlatans, sans Seddik Chihab, sans GIA, sans AQMI, sans ENTV, sans H’mida Layachi.
Telle est mon espérance. Telle est la foi qui me suit dans tous les bars d’Alger, d’Oran, de Tizi Ouzou, de Ghardaïa ou de Constantine.
Avec une telle foi nous serons capables de distinguer, dans les montagnes de désespoir, un caillou d’espérance. Avec une telle foi nous serons capables de transformer la cacophonie de notre nation discordante en une merveilleuse symphonie de fraternité.
Avec une telle foi, nous serons capables de travailler ensemble, de lutter ensemble, d’aller en prison ensemble, de boire ensemble de nous dresser ensemble pour la liberté, en sachant que nous serons libres un jour.
Et si l’Algérie doit être une grande nation, il faut qu’il en soit ainsi.
Faites sonner les cloches de la liberté sur les puissantes montagnes du Djurdjura. Faites la sonner sur les hauteurs d’Alger. Faites la sonner sur la Mitidja et sur les Hauts-Plateaux. Faites la sonner sur les collines ondulantes de l’Ouarsenis.
Mais cela ne suffit pas.
Faites la sonner sur Tlemcen. Faites la sonner sur les Aurès.
Faites la sonner sur chaque dune et chaque oasis du Sahara, faites la sonner au flanc de chaque montagne.
Quand nous ferons en sorte que la cloche de la liberté puisse sonner, quand nous la laisserons carillonner dans chaque village et chaque hameau, dans chaque cité, nous pourrons hâter la venue du jour où tous les enfants de ce pays, pourront se tenir par la main et chanter les paroles d’El Hadj M’hamed El Anka.
Oui ce fut un rêve ou peut-être un cauchemar. Je me suis vu en Martin Luther King algérien. Mais le matin en me réveillant, mon attention fut attirée par la Une du journal d’Anis Rahmani, le professionnel que nous envient tous les démocrates des cieux et de la terre et là, j’ai compris que j’étais vraiment réveillé. Ouf ! Retour à ma réalité et à mes bouteilles de vin. Mais ça, c’est une autre histoire. Alors, malgré tout, vive les Indigènes !














11 mars 2012
Didi Baracho