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Affairisme et prédation en tous genres du roi Par : Bendib Mokhtar

13 mars 2012

Auteurs FRANCAIS

Contributions

Mardi, 13 Mars 2012 10:00

MAROC

Affairisme et prédation en tous genres du roi  Par : Bendib Mokhtar dans Auteurs FRANCAIS 9_200_150

Ecrivain et grand reporter, auteur il y a quelques années d’un livre-interview avec Hassan II, Eric Laurent vient de publier aux éditions du Seuil, avec la journaliste Catherine Graciet, “Le roi prédateur”.

L’ouvrage dénonce l’affairisme de l’entourage du roi du Maroc et du souverain lui-même. Celui qui passait jusque-là pour un journaliste laudateur du régime marocain s’explique longuement sur le livre -interdit au Maroc mais qui circule déjà largement sous le manteau- dans une interview à un grand hebdomadaire français.
Ainsi, et comme on lui demande si on peut pour autant parler de “hold-up”, il souligne qu’à l’origine le propos n’était pas du tout d’écrire un livre sur la fortune du roi. “Nous voulions faire une sorte d’état des lieux de la monarchie marocaine à l’heure des printemps arabes, essayer de comprendre comment elle s’adaptait, quelle était sa marge de manœuvre, dans quelle mesure elle parvenait à conserver sa légitimité.
C’est au fil de notre enquête, à travers les témoignages recueillis, que nous nous sommes rendus compte que le roi était à la tête d’une énorme fortune et surtout que celle-ci avait considérablement augmenté en l’espace de quelques années, alors même que les ressources et les revenus du pays sont assez faibles. Cela nous a surpris. En creusant, nous nous sommes aperçus que les pratiques impulsées par le roi et son entourage relevaient véritablement d’une forme de détournement : sujets devenus les clients de sociétés royales en situation de quasi-monopole, captation, au profit de ces sociétés, d’une partie importante des subventions de l’État et des fonds de la coopération, française ou européenne. On est vraiment dans la prédation.” À l’argument de la locomotive pour impulser les investissements, Eric Laurent rappelle que “cet argument était déjà utilisé du temps d’Hassan” II, mais il ne tient pas davantage aujourd’hui qu’à l’époque. Le but de ces sociétés a toujours été d’augmenter la fortune royale. Hassan II avait le goût de l’argent et du luxe. Mais pas exclusivement. Sa priorité était de construire une monarchie stable et durable et d’asseoir sa légitimité, ce qui à l’époque n’allait pas de soi. Mohammed VI, lui, n’a aucun intérêt pour la chose publique et pas la moindre fibre politique. Seules comptent les affaires.” Il souligne par ailleurs qu’un “investisseur étranger ne peut pas faire d’affaires au Maroc s’il n’est pas en relation avec Mansour Majid, l’homme chargé de gérer la fortune du roi, Fouad Al Himma, son conseiller politique, ou le souverain lui-même. Ce sont les trois hommes incontournables sans lesquels rien n’est possible.
À l’étranger, c’est quelque chose dont on est très conscient, comme l’ont d’ailleurs révélé les télégrammes américains publiés dans le cadre de WikiLeaks. Du côté des entrepreneurs marocains, on note une certaine frilosité, un découragement certainement lié au nombre de plus en plus grand de secteurs confisqués.” Il estime en outre que l’affairisme et la prédation sont aujourd’hui le vrai talon d’Achille de la monarchie. “Dans le contexte social, qui est celui du Maroc, cet enrichissement sans limite du souverain ne peut ne pas être ressenti comme une provocation et alimenter les extrémismes. C’est allé trop loin. Cela pose aussi une autre question: comment fait-on pour gouverner avec un groupe de conseillers qui ne sont qu’une bande de copains ? Depuis vingt-cinq ans, le roi se retranche derrière le même groupe, qui lui sert en permanence de filtre. Ce groupe le protège sans doute, lui qui n’aime pas être exposé au regard des autres. Mais il le maintient aussi dans une certaine immaturité, ce qui est très dommageable.” Le mérite du livre de Catherine Graciet et d’Eric Laurent est de battre en brèche les arguments de pseudo économistes, experts et professeurs qui se répandent à longueur de colonnes dans certains quotidiens algériens pour vanter les “performances” de l’économie marocaine et surtout pousser l’Algérie à ouvrir ses frontières avec un pays où la prédation domine, et pleurent sur l’absence du non-Maghreb économique.
Ces experts, la plupart installés au Canada, et leur relais, des suppléments économiques nationaux, vont jusqu’à demander à l’Algérie de retirer son soutien au peuple sahraoui et d’appuyer des solutions inacceptables et contraires au droit à l’autodétermination, au nom duquel elle est aujourd’hui indépendante.
M B

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Affairisme et prédation en tous genres du roi Par : Bendib Mokhtar”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Actualité
    Dimanche, 18 Mars 2012 16:57
    Découverte d’un article inédit du prix Nobel 1957
    Quand Camus écrivait sur la désinformation
    Par : Salim KOUDIL

    Un article « inédit » d’Albert Camus vient d’être publier par « Le monde » dans son édition électronique datée du 18 mars. Il aurait été retrouvé par une collaboratrice du quotidien aux Archives nationales d’outre-mer, à Aix-en-Provence. Selon Le monde l’article devait paraître le 25 novembre 1939 (Albert Camus avait, à l’époque, 26 ans) dans « Le Soir républicain », un journal, publié à Alger, et qui sera interdit par les autorités coloniales le 10 janvier 1940.

    « Le monde » précise néanmoins que l’article est non signé mais « le texte a été authentifié ». Liberte-algerie.com propose à ses lecteurs ce texte, datant de presque 73 ans mais qui e d’une actualité brulante. Il y est question de la liberté de la presse, du rôle d’un « journaliste libre », mais surtout de la désinformation qui existait déjà, et qui est encore, et toujours, mise au devant de la scène médiatique.

    S.K

    « Le manifeste censuré de Camus »

    Il est difficile aujourd’hui d’évoquer la liberté de la presse sans être taxé d’extravagance, accusé d’être Mata-Hari, de se voir convaincre d’être le neveu de Staline.

    Pourtant cette liberté parmi d’autres n’est qu’un des visages de la liberté tout court et l’on comprendra notre obstination à la défendre si l’on veut bien admettre qu’il n’y a point d’autre façon de gagner réellement la guerre.

    Certes, toute liberté a ses limites. Encore faut-il qu’elles soient librement reconnues. Sur les obstacles qui sont apportés aujourd’hui à la liberté de pensée, nous avons d’ailleurs dit tout ce que nous avons pu dire et nous dirons encore, et à satiété, tout ce qu’il nous sera possible de dire. En particulier, nous ne nous étonnerons jamais assez, le principe de la censure une fois imposé, que la reproduction des textes publiés en France et visés par les censeurs métropolitains soit interdite au Soir républicain, par exemple. Le fait qu’à cet égard un journal dépend de l’humeur ou de la compétence d’un homme démontre mieux qu’autre chose le degré d’inconscience où nous sommes parvenus.

    Un des bons préceptes d’une philosophie digne de ce nom est de ne jamais se répandre en lamentations inutiles en face d’un état de fait qui ne peut plus être évité. La question en France n’est plus aujourd’hui de savoir comment préserver les libertés de la presse. Elle est de chercher comment, en face de la suppression de ces libertés, un journaliste peut rester libre. Le problème n’intéresse plus la collectivité. Il concerne l’individu.

    Et justement ce qu’il nous plairait de définir ici, ce sont les conditions et les moyens par lesquels, au sein même de la guerre et de ses servitudes, la liberté peut être, non seulement préservée, mais encore manifestée. Ces moyens sont au nombre de quatre : la lucidité, le refus, l’ironie et l’obstination. La lucidité suppose la résistance aux entraînements de la haine et au culte de la fatalité. Dans le monde de notre expérience, il est certain que tout peut être évité. La guerre elle-même, qui est un phénomène humain, peut être à tous les moments évitée ou arrêtée par des moyens humains. Il suffit de connaître l’histoire des dernières années de la politique européenne pour être certains que la guerre, quelle qu’elle soit, a des causes évidentes. Cette vue claire des choses exclut la haine aveugle et le désespoir qui laisse faire. Un journaliste libre, en 1939, ne désespère pas et lutte pour ce qu’il croit vrai comme si son action pouvait influer sur le cours des événements. Il ne publie rien qui puisse exciter à la haine ou provoquer le désespoir. Tout cela est en son pouvoir.

    En face de la marée montante de la bêtise, il est nécessaire également d’opposer quelques refus. Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu’un esprit un peu propre accepte d’être malhonnête. Or, et pour peu qu’on connaisse le mécanisme des informations, il est facile de s’assurer de l’authenticité d’une nouvelle. C’est à cela qu’un journaliste libre doit donner toute son attention. Car, s’il ne peut dire tout ce qu’il pense, il lui est possible de ne pas dire ce qu’il ne pense pas ou qu’il croit faux. Et c’est ainsi qu’un journal libre se mesure autant à ce qu’il dit qu’à ce qu’il ne dit pas. Cette liberté toute négative est, de loin, la plus importante de toutes, si l’on sait la maintenir. Car elle prépare l’avènement de la vraie liberté. En conséquence, un journal indépendant donne l’origine de ses informations, aide le public à les évaluer, répudie le bourrage de crâne, supprime les invectives, pallie par des commentaires l’uniformisation des informations et, en bref, sert la vérité dans la mesure humaine de ses forces. Cette mesure, si relative qu’elle soit, lui permet du moins de refuser ce qu’aucune force au monde ne pourrait lui faire accepter: servirle mensonge.

    Nous en venons ainsi à l’ironie. On peut poser en principe qu’un esprit qui a le goût et les moyens d’imposer la contrainte est imperméable à l’ironie. On ne voit pas Hitler, pour ne prendre qu’un exemple parmi d’autres, utiliser l’ironie socratique. Il reste donc que l’ironie demeure une arme sans précédent contre les trop puissants. Elle complète le refus en ce sens qu’elle permet, non plus de rejeter ce qui est faux, mais de dire souvent ce qui est vrai. Un journaliste libre, en 1939, ne se fait pas trop d’illusions sur l’intelligence de ceux qui l’oppriment. Il est pessimiste en ce qui regarde l’homme. Une vérité énoncée sur un ton dogmatique est censurée neuf fois sur dix. La même vérité dite plaisamment ne l’est que cinq fois sur dix. Cette disposition figure assez exactement les possibilités de l’intelligence humaine. Elle explique également que des journaux français comme Le Merle ou Le Canard enchaîné puissent publier régulièrement les courageux articles que l’on sait. Un journaliste libre, en 1939, est donc nécessairement ironique, encore que ce soit souvent à son corps défendant. Mais la vérité et la liberté sont des maîtresses exigeantes puisqu’elles ont peu d’amants.

    Cette attitude d’esprit brièvement définie, il est évident qu’elle ne saurait se soutenir efficacement sans un minimum d’obstination. Bien des obstacles sont mis à la liberté d’expression. Ce ne sont pas les plus sévères qui peuvent décourager un esprit. Car les menaces, les suspensions, les poursuites obtiennent généralement en France l’effet contraire à celui qu’on se propose. Mais il faut convenir qu’il est des obstacles décourageants : la constance dans la sottise, la veulerie organisée, l’inintelligence agressive, et nous en passons. Là est le grand obstacle dont il faut triompher. L’obstination est ici vertu cardinale. Par un paradoxe curieux mais évident, elle se met alors au service de l’objectivité et de la tolérance.

    Voici donc un ensemble de règles pour préserver la liberté jusqu’au sein de la servitude. Et après ?, dira-t-on. Après ? Ne soyons pas trop pressés. Si seulement chaque Français voulait bien maintenir dans sa sphère tout ce qu’il croit vrai et juste, s’il voulait aider pour sa faible part au maintien de la liberté, résister à l’abandon et faire connaître sa volonté, alors et alors seulement cette guerre serait gagnée, au sens profond du mot.

    Oui, c’est souvent à son corps défendant qu’un esprit libre de ce siècle fait sentir son ironie. Que trouver de plaisant dans ce monde enflammé ? Mais la vertu de l’homme est de se maintenir en face de tout ce qui le nie. Personne ne veut recommencer dans vingt-cinq ans la double expérience de 1914 et de 1939. Il faut donc essayer une méthode encore toute nouvelle qui serait la justice et la générosité. Mais celles-ci ne s’expriment que dans des coeurs déjà libres et dans les esprits encore clairvoyants. Former ces coeurs et ces esprits, les réveiller plutôt, c’est la tâche à la fois modeste et ambitieuse qui revient à l’homme indépendant. Il faut s’y tenir sans voir plus avant. L’histoire tiendra ou ne tiendra pas compte de ces efforts. Mais ils auront été faits.

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