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Tout ce que nous avons fait de mieux date de l’ère Boumediène (2e partie et fin)

15 mars 2012

Maamar Farah

Voxpopuli : 

Le jour de sa mort, j’ai vu des dizaines de milliers de jeunes, étudiants, lycéens, chômeurs – il n’y en avait pas tellement – pleurer le grand homme et je ne pouvais faire aucune différence entre un Chaoui, un Kabyle ou un Oranais en larmes !
Quant au reproche que vous me faites, il est difficile d’expliquer certains choix que l’on fait dans la vie et je comprends qu’ils ne conviennent pas à tout le monde ; ce sont des choix personnels avant tout ; ils peuvent également paraître contradictoires (un lecteur m’a écrit : comment respecter et aimer à la fois Sadi et… Boumediène ?), mais ces choix sont ou ne sont pas. Il y a une chose qui explique peut-être tout cela, elle s’appelle Fidélité. Dans les deux cas d’ailleurs : Boumediène et Sadi. Je n’avais pas encore 15 ans lors du redressement révolutionnaire du 19 juin 1965 (si je l’appelle coup d’Etat militaire, il faudrait alors désigner sous le même nom le réajustement historique de janvier 1992 ; dans les deux cas, ce sont les militaires qui ont arrêté des processus menant à la désintégration de l’Etat et au chaos dans le pays) et, croyez-moi, à cet âge-là, j’étais triste de voir Ben Bella tomber. J’avais quitté Annaba pour les vacances scolaires sinon j’aurais été avec les jeunes sur le cours de la Révolution dont un certain nombre est tombé sous les balles… algériennes. D’ailleurs, c’est l’antique Hippone qui a le plus contesté l’arrivée de Boumediène et qui l’a payé cher. Je pense que les historiens ont leur mot à dire et c’est ce mot-là que nous devons tous respecter. Or, ce que j’ai lu jusqu’à présent de leur part, et aussi de la part des grands journalistes comme Jean Lacouture ou Paul Balta, va plutôt dans le sens de mes propres analyses. Il faut toujours se méfier des politiques quand ils se mettent à parler d’histoire car, soit ils encensent à tout-va, soit ils critiquent sans pitié ! Je n’ai jamais dit que, sous Boumediène, c’était le paradis mais permettez-moi de me poser quelques questions : si vous interrogez le quatrième art, il vous dira j’étais le plus beau durant les années 70 ; interrogez la mémoire de Kateb Yacine et son théâtre d’avant-garde ; si vous interrogez les Jeux méditerranéens et les Jeux africains, ils vous diront l’Algérie était parmi les premiers, si vous interrogez le chaâbi, il vous répondra qu’en 1970 fut créée «Sobhane Allah y a ltif» et que El Anka, El Ankis, Guerrouabi, Dahmane, Zaher, El Achab, c’étaient les rois des Seventy’s, interrogez le cinéma et il vous dira j’étais à mon apogée à cette époque-là, si vous interrogez les grues de Béjaïa et l’acier d’El Hadjar, ils vous diront que l’industrie algérienne était la meilleure d’Afrique sous Boumediène et Belaïd Abdesselem, si vous interrogez les bateaux de la CNAN qui sont actuellement sous-loués, ils vous répondront : «Nous avons sillonné le monde pour transporter les agrumes, les mandarines, les dattes et la pomme de terre algériennes vers les plus grands ports d’Amérique et d’Europe (et certains continuent pourtant d’ânonner : c’est Boumediène qui a tué l’agriculture algérienne !)…, Interrogez la Transsaharienne et le Barrage vert, interrogez le service national, interrogez l’industrie du cinéma… Interrogez la DNC/ANP avec ses 50 000 travailleurs et admirez la Coupole du 5-Juillet qui tient sans piliers : ce sont des Algériens qui l’ont construite et aujourd’hui on nous dit qu’il faut faire appel aux Chinois pour bâtir de petits immeubles… La destruction de l’économie a commencé dès les premières années de la décennie 80. Les responsables politiques ouvraient la voie au règne de la médiocrité, de la délation (cellules FLN dans les entreprises et les administrations, BSP, attachés de la sécurité militaire sur les lieux de travail, article 120, etc.). Plus tard, les importateurs finiront par profiter de la situation et ils continuent d’ailleurs d’en profiter. La (mauvaise) politique de privatisation fera le reste… Juste un dernier mot : dès la victoire de leur révolution, les Iraniens se sont intéressés à l’expérience algérienne. Ils s’en sont inspirés : aujourd’hui, ils ont une industrie nucléaire qui inquiète l’Occident, envoient des fusées dans l’espace et construisent des centaines de milliers de voitures. L’Algérie de Boumediène aurait pu aller très loin si elle n’avait pas été cassée en 1980 : nous continuons à payer le prix de ces errements aujourd’hui. Ce qui me désole le plus est d’entendre certains dire que Boumediène est responsable de ce qui nous arrive en 2012. L’homme a disparu il y a 33 années. Et ce qu’on lui impute est exactement le contraire de ce qu’il voulait faire. Il faut être fou pour le rendre responsable d’une politique qui a cassé la sienne !
Maâmar Farah

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/03/15/article.php?sid=131581&cid=49

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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