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- Publié le Vendredi, 16 Mars 2012 18:00
- Écrit par Didi Baracho

Par Didi Baracho
Je vous écris d’Évian. Enfin, d’un bar à Évian. Je suis l’un des délégués envoyés par les Indigènes pour négocier avec les représentants de Charles Bouteflika, président de la dernière des Républiques bananières colonialistes. Après des années de lutte au cours desquels nous avons perdu les meilleurs de nos enfants, après avoir mené un combat acharné pour le recouvrement de notre souveraineté démocratique, voilà que ce régime colonialiste accepte enfin de négocier.
Nous voulons notre indépendance. Nous voulons que les « mains-sales », comme on les appelle, quittent le pouvoir et pourquoi pas notre pays. Nous voulons faire d’eux des Harraguas comme ils ont fait de nous des Harraguas. Nous ne voulons plus des généraux M. dit T. et T. dit B. et de leurs parachutistes. Nous ne voulons plus du gouverneur général Jacques Rahmani (à ne pas confondre avec mon ami Philippe Rahmani le directeur du quotidien le Nouveau Jour). Nous ne voulons plus de Louis Benbouzid et de son programme éducatif qui nous apprend que nos ancêtres seraient des acteurs de films égyptiens. Nous ne voulons plus du ministre de l’Injustice, François Belaiz qui dirige l’un des départements les plus corrompus au monde qui ne cesse d’opprimer les Indigènes. Nous ne voulons plus de Bernard Fils de Abbas, le ministre des maladies et des mouroirs pour Indigènes sans moyens. Nous ne voulons plus du fraudeur Jean Fils de Kablia, le ministre de l’Intérieur et des magouilles électorales. Nous ne voulons plus des crimes de l’OIS, l’Organisation islamiste secrète ni de ceux de la SDERS. Nous ne voulons plus de cette armée constituée d’un quarteron de généraux, spécialistes en pronunciamiento militaire et, depuis 55 ans, en coups d’État et à leur tête les généraux Maurice Guenaïzia et Philippe Chef-Salah.
Je le sais ! Les négociations vont être dures, très dures. Déjà, le premier échange s’est mal passé. Le représentant du pouvoir colonialiste Pierre Ouyahia nous a fait savoir que l’indépendance pourrait être immédiatement signée si nous acceptions de renoncer au Sahara. Je lui ai immédiatement répondu dans un français châtié « Arrête de mélanger à l’intérieur de moi ! » Finalement, voyant ma détermination, la délégation adverse a demandé un ajournement des discussions. J’en ai profité pour aller me rafraîchir le gosier dans un bistrot.
De là, regardant la ville d’Évian, je me suis dit pourquoi ne pas proposer aux membres du pouvoir colonialiste de s’installer à proximité de cette station thermale. Cette eau ferait tellement de bien à leurs vieux os et ainsi ils pourront nous fiche la paix une fois pour toute. Mais je me suis ressaisi. Que deviendrait l’eau d’Évian à ce moment-là ? Une substance contaminée, polluée, impropre à la consommation. Les « mains sales » seraient capables de transformer le lac Léman en Oued Le Harrach. N’ont-ils pas déjà transformé un pays en asile psychiatrique à ciel ouvert ? Mais ça, c’est une autre histoire. Alors, malgré tout, vive les Indigènes !






17 mars 2012
Didi Baracho