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ACCORDS D’ÉVIAN Le long processus raconté par Rédha Malek

19 mars 2012

GUERRE D-ALGERIE

Actualités : 

Qui mieux, pour l’avoir vécu de l’intérieur et en avoir été un des acteurs, que Rédha Malek pour faire revivre, 50 ans après, jour pour jour, son aboutissement, le long et laborieux processus de négociations entre le FLN et les autorités coloniales, regrettant que cet épisode capital dans le long combat de libération nationale du joug colonial ne soit pas suffisamment pour ne pas dire du tout vulgarisé parmi les générations post-indépendance, notamment les toutes dernières d’entre elles.
M. Kebci – Alger (Le Soir) – Et ce n’est que dans la logique de ce constat sévère mais combien vrai que l’ancien chef du gouvernement a entamé son témoignage, ce dimanche au forum El Moudjahid, invitant à une lecture approfondie et à une étude sérieuse de ce document qui reposait, dira-t-il, sur l’équation paix contre indépendance. Une équation à première vue simple mais qui fut dans les faits, longue à être résolue. Ce qui amènera, donc, le conférencier, à faire un come-back succinct sur le long et laborieux processus de négociations entre le Front de libération nationale et l’autorité coloniale, basé, tiendra à préciser M. Malek, sur trois principes contenus dans la déclaration du 1er-Novembre 1954, sur lesquels les 11 négociateurs algériens dont le valeureux Krim Belkacem auquel il rendra un hommage appuyé et tout particulier. D’abord l’intégrité territoriale, ensuite l’unicité du peuple algérien puis l’indépendance, des préalables non négociables, affirmera le conférencier pour contrecarrer les desseins de l’administration coloniale pour laquelle le peuple algérien n’existait pas en tant que tel, jouant sur les diversités ethniques (kabyle, chaouie, mozabite, targuie et arabe) pour mieux passer la pilule de la minorité européenne, le Sahara qui était sa propre création et, enfin, la question des bases militaires, notamment celle de Mers El-Kébir à l’ouest du pays. Autant de préalables à travers lesquels se situait tout l’enjeu de ces contacts dont les tout premiers remontent à 1955, et tout au long desquels ils constituaient de véritables points d’achoppement qui ont retardé de fait tout accord. Et puis, fallait-il compter sans la découverte de l’or noir au Sahara, en 1956, ce qui n’a fait qu’aiguiser davantage l’appétit de la France dont l’administration a démultiplié sa présence militaire en Algérie avec des effectifs portés à 400 000 puis 600 000 soldats. Des contacts qui allaient avoir plusieurs haltes entre autres Le Caire, l’ex-Yougoslavie, Rome par deux fois, mais sans toutefois enregistrer une quelconque avancée aussi minime soit-elle. Et le détournement, le 23 octobre 1956 de l’avion qui transportait une délégation du FLN vers Tunis où une réunion était prévue autour des défunts président Bourguiba et roi Hassan II, n’a fait qu’accentuer le sentiment déjà pesant chez Krim et ses amis quant à la sincérité de la démarche de l’administration coloniale qui avait suscité le courroux de la communauté internationale après ses attaques contre l’Égypte et la Tunisie où 40 écoliers ont péri dans une attaque militaire contre une école prise pour une base arrière de notre glorieuse ALN. Un sentiment de méfiance encore accentué avec l’épisode de la fameuse paix des braves proposée par de Gaulle, synonyme de reddition tout simplement. Devant cet énième échec, le président français accepte de négocier directement avec le FLN dont il reconnaît de facto la représentativité et propose trois axes : la sécession, la francisation ou une fédération, dans une Algérie algérienne. Ainsi, les premiers contacts étaient noués en décembre 1960 à Genève, en Suisse et le 19 février de l’année suivante, avec côté français, Pompidou et Leusse, de l’autre Boumendjel et Boulahrouf du côté algérien. Nouvel échec devant l’intransigeance de la France à ne pas céder sur la question de la base de Mers El-Kebir. Mais les négociations ne sont pas interrompues et reprennent à Neuchâtel sept jours plus tard le 26 février 1961. Négociations menées en cachette mais point d’accord à l’horizon. Cependant, les pourparlers reprendront à Evian-Lugrin, à la frontière avec la Suisse le 20 mai 1961 à Evian à l’hôtel du Parc avec Joxe et des généraux qui constituent la délégation française, Krim Belkacem et Benyahia côté FLN. Alors qu’elles avançaient certes péniblement mais sûrement, dira M. Malek, les pourparlers butent sur le préalable d’un cessez-le-feu que la France avait unilatéralement décrété et que le FLN refusait avec obstination française de discuter la question du Sahara. Suspendus près de deux mois durant, les négociations reprennent le 20 juillet à Lugrin avec une nouvelle donne capitale, de Gaulle ne faisant plus du Sahara un de ses principes. Les deux parties se reverront le 5 septembre à Baie puis aux Rousses le 18 février 1962 avec le quitus du peuple français lors du référendum du 9 janvier 1962, concédant au peuple algérien de pouvoir décider de son avenir. M. Rédha Malek avouera que les délégués du FLN ont concédé aux Français d’Algérie la possibilité à titre individuel, d’acquérir la nationalité algérienne, et ce, durant une période de trois années, affirmant que 16 membres parmi l’Assemblée constituante étaient Français. Autre concession marginale, selon M. Malek, celle concernant la base de Mers El-Kebir que la soldatesque coloniale a quittée au bout de trois ans alors qu’il lui a été accordé un délai de 15 ans. Le document final de ces accords a été donné à l’appréciation du CNRA dont seul un membre, l’ex-président Boumediène, a voté contre pour, dira encore M. Malek, «des considérations internes». Lequel document sera paraphé le 18 mars 1962 à 17h par, du côté algérien Krim Belkacem et du côté français Louis Joxe, Robert Buron et Jean de Broglie. Dernier détail dont M. Malek n’a pas manqué d’en faire part : les négociateurs algériens n’ont touché la main à leurs homologues français qu’à l’issue de la signature de ces accords. Autrement dit, lors des précédents pourparlers, les deux parties se limitaient à se saluer par des hochements de tête, comme pour assurer le minimum de politesse.
M. K. 

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/03/19/article.php?sid=131721&cid=2

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “ACCORDS D’ÉVIAN Le long processus raconté par Rédha Malek”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Actualité
    Lundi, 19 Mars 2012 10:00
    Ould Kablia livre ses vérités sur les accords d’Évian
    “Boumediene, Ben Bella, Mendjeli et Kaïd ont voté contre”
    Par : Samir Leslous

    “Il faut que les points sombres de la Révolution algérienne tels que le complot des colonels, l’affaire de la Bluette, le Congrès de la Soummam et de nombreux autres évènements encore soient éclairés”, a plaidé le ministre de l’Intérieur et néanmoins président des anciens membres du MALG, Daho Ould Kablia, à l’occasion d’une conférence qu’il a animée hier à la Maison de la culture de Tizi Ouzou.

    Aux yeux d’Ould Kablia, “ceux qui ont empêché que l’histoire soit dite sont ceux qui ont peur et qui savent qu’il leur soit défavorable”. Sans faire une quelconque allusion et encore moins citer des noms, l’ancien membre du ministère de l’Armement et des Liaisons générales du GPRA a expliqué que l’association des anciens du MALG, qui a déjà pu réaliser une douzaine d’ouvrages sur la base des documents authentiques qu’elle détient, avait demandé au ministère de l’Information une émission télévisée spécialement pour “dépoussiérer les dossiers qui constituent les points noirs de la guerre d’Indépendance”. En ce sens, M. Ould Kablia estime que l’idée de lancer une chaîne consacrée à l’histoire de l’Algérie ne peut qu’être saluée, notamment dans une conjoncture où certains ne cessent de jeter le discrédit sur cette Révolution. “Laisser toute cette poussière sur l’histoire de la guerre d’Algérie fait que les Algériens n’y croient plus et malheureusement notre société est en train de partir en miette”, a-t-il encore soutenu. Et de souligner : “Nous avons perdu une quarantaine d’années. Autrement, on se serait dirigé vers un État démocratique beaucoup plus tôt.” Mais ceci ne constitue pas le seul regret de l’ex-compagnon de Boussouf. “Malheureusement ceux qui ont négocié les accords d’Évian n’ont pas participé à la gouvernance de l’Algérie post-indépendance, et c’est là tout le problème”, a-t-il encore déploré.
    Interrogé sur l’écriture de l’histoire, le ministre de l’Intérieur a expliqué que 10 tonnes d’archives avaient été remises par le MALG au ministère de la Défense mais, a-t-il encore regretté, “hormis Mahfoud Kaddache qui était la boîte de liaison du MALG, nous n’avons pas encore de bons historiens, de nombreux livres sont écrits mais c’est du factuel qui sert pour chacun à tirer la couverture vers soi”.
    Faisant le récit de la genèse et de la signature des accords d’Évian, M. Ould Kablia a tenu à apporter des précisions de taille. Tout en se disant favorable à la réalisation du film sur Krim Belkacem, il a tenu particulièrement à démentir les déclarations d’Ali Kafi au sujet d’Abane. “Je démens les insinuations faites sur Abane par Ali Kafi dans ses mémoires. Lorsque la France était revenue à la charge en entamant des contacts secrets après l’échec des contacts entamés déjà par Guy Mollet, Abane avait rejeté de manière ferme les nouvelles propositions des Français”, a-t-il expliqué. Il citera, concernant la mort d’Abane, le premier président du GPRA, Ferhat Abbas, qui avait clairement noté qu’“Abane est assassiné par ses frères de combat”.
    Continuant à asséner certaines vérités historiques, l’ancien homme fort du MALG a révélé qu’au moins quatre homme forts de la Révolution avaient voté contre les accords d’Évian. Il s’agit, a-t-il dit, de Boumediene, Ben Bella, Mendjeli et Kaïd Ahmed, a-t-il cité, avant de regretter également le klash entre le GPRA et l’état-major de l’ALN qui a donné lieu à l’été de la discorde de 1962 qui a fait perdre trop de temps à l’Algérie. “Ce qu’on a fait en 50 ans, on aurait pu le faire dans les premières années de l’Indépendance si ce n’était pas ce faussé idéologique entre les deux parties.”
    M. Ould Kablia n’a pas manqué d’évoquer la mémoire de Salah Bouakouir qu’il dit considérer, aux yeux des révolutionnaires, réhabilité dans son statut de révolutionnaire.
    M. Ould Kablia n’a pas conclu sa conférence sans réitérer la position de l’Algérie vis-à-vis des harkis et de répondre subtilement à la question sur la repentance de la France. Concernant la première, M. Ould Kablia dira : “Nous ne pardonnerons jamais aux harkis.” Quant à la seconde, il rappellera que le GPRA a préparé ce qui est appelé “le livre blanc” sur la torture qu’il comptait remettre à l’ONU, chose qui n’a pas été faite avec le début des négociations sur les accords d’Évian. “Nous avons de quoi les accuser de manière très spectaculaire”, a-t-il menacé.

    S L

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