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Deux mesures par El-Guellil

20 mars 2012

El Guellil

Elle est cultivée, diplômée, dynamique… mais seule. Elle est belle et intelligente. Elle est en âge de se marier, mais n’arrive pas à trouver le prince. «On dirait que lerjel kemlou !», ne cesse-t-elle pas de se demander. Elle cherchait une union pour le meilleur, elle est hantée par le pire: finir ses vieux jours seule, être la honte de la famille. 

Une jeune fille «bayra», ça fait tache au sein de la tribu. Les années passent. Aucun prétendant ne frappe à sa porte. Elle broie du noir. Embouteillage au carrefour de sa vie. «Ai-je mis la barre trop haut?», se demande-t-elle. «Ne suis-je pas trop exigeante?», s’interroge-t-elle. Aigrie, amère, sans le vouloir, elle en veut au monde entier. On la montre du doigt telle une pestiférée, comme si le fait de n’être pas casée à l’âge toléré par l’empire machiste était devenu maladie contagieuse qu’il ne faut surtout pas attraper. La solitude pèse, la jalousie et l’envie envahissent son cœur jusqu’à devenir une seconde nature. Et quand elle voit ses amies et ses cousines convoler en justes noces, les unes après les autres, alors là, sauve qui pneu et talisman. Un concert de gnaoua se met en branle dans sa cabessa. «Qu’ai-je de moins que les autres filles? Aâlach houma khir meni?»

S’ajoutent à cela les discours interminables de la mère, trop soucieuse du sort de sa fille qui tarde à se marier. «Diri kima laliyatek !», sage conseil prodigué par la mère qui déclare la chasse au mari officiellement ouverte: ultime solution à ce casse-tête interminable qu’est «ezouadj». Grand est son désir de vaincre ses concurrentes «el-djarates» et «nsa el-familia», dans cette course effrénée qui n’a d’autre objectif que le «casement» de leurs progénitures féminines.      De son côté, Fatima se souvient des prétendants qu’elle refusait les uns après les autres. Elle estimait, en ce temps-là, qu’être belle et jeune lui ouvrait droit (ce qui est normal après tout) à des partenaires qui renferment tous les bons côtés: beau, grand, intelligent, cultivé, drôle…

Elle deviendra, par la suite, raisonnable et réaliste malgré elle, mais quand elle le devient, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts et les belles années de jeunesse auront passé tel un éclair. Les prétendants, qui jadis se sont avancés, ne l’ont pas attendue et sont allés voir sous d’autres cieux. «Fat el-hal, etrain fatek ya benti», lit-elle dans les yeux de ses parents. Il est cultivé, diplômé, dynamique… mais seul. Il est beau et intelligent. Il est en âge de se marier, mais… Transposez tout au masculin, et posez-vous la question: qui a intérêt à interdire la mixité? Qui a intérêt à retarder la révision du code de la famille?

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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