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Les ombres et l’échappée belle de Salima Mimoune Le cri du cœur d’une femme

20 mars 2012

Salima Mimoune

Les ombres et l’échappée belle de Salima Mimoune  Le cri du cœur d’une femme dans Salima Mimoune Les-ombres-et-l’échappée-belle-de-Salima-Mimoune-300x224le 20.03.12 | 10h00

Il y a des romans qui sont tellement attachants qu’on ne s’en sépare qu’une fois la dernière page fermée. Celui de Salima Mimoune, Les ombres et L’échappée belle, paru aux éditions L’Harmattan, est sans doute de ceux-là.

La trame n’a pourtant rien d’extraordinaire. La thématique de l’Algérie d’aujourd’hui qui fait fuir ses enfants et réduit d’autres qui n’ont plus où aller, à s’immerger dans leur passé pour extraire quelques souvenirs de la belle époque, est en effet presque épuisée. Et, c’est justement à ce niveau que l’auteure a admirablement réussi à captiver en échappant à cette écriture linéaire et sans relief. Deux prénoms et un lieu nous donnent un roman très sympathique, dont la lecture procure assurément du plaisir à tous ceux et toutes celles qui n’ont jamais digéré que l’espoir algérien soit aussi violemment étouffé.

Maria, une femme révoltée, et Chakib un homme idéaliste. Les deux personnages ont ceci de commun, ils ont été tous les deux les mamelles de la culture universelle à l’université durant les sixties. Esprits tellement libres et bavards qu’ils sont insolubles dans le moule ultraconservateur ambiant en Algérie. Ce constat est d’une brûlante actualité. Et c’est ce qui fait de ce texte percutant un roman où le réel dépasse la  fiction. Tikjda : ce majestueux havre de paix pour les âmes perdues, situé au pied du Djurdjura, cadre parfaitement avec l’histoire de cet ex- et futur couple  tourmenté.

Deux prénoms, un lieu et une envoûtante histoire

C’est ici, dans ces montagnes blanches de neige et de solitude que Chakib va retrouver sa bien-aimée, Maria, après des années de séparation forcée. Chakib aime se réfugier, chaque week-end, dans cette auberge pour souffler un peu de sa vie et de sa ville Alger, qu’il supporte de moins en moins. C’est là  qu’il retrouve son inspiration pour écrire. Comme un appel du cœur, Maria débarque un jour, presque pour les mêmes motifs, en plus de pouvoir griller une «clope» à l’abri des «vautours et des corbeaux». Ce sont ces belles et rebelles retrouvailles qui vont faire défiler les images furtives et successives d’un roman qui se lit comme un livre d’histoire contemporaine de l’Algérie depuis l’indépendance. Pour Chakib et Maria qui se retrouvent hors circuit mental dans l’Algérie d’aujourd’hui, c’est un rêve les yeux ouverts que de pouvoir se rencontrer, sans préméditation, à Tikjda, loin de la ville des vertiges (Constantine) dont ils gardent les beaux vestiges de leur passé à la fac, avant que l’ombre ne tombe sur la ville.

Un rêve les yeux ouverts…

Les destins de Maria et Chakib vont alors se croiser à Tikjda pour l’éternité, espèrent-ils, après avoir erré chacun de son côté des années durant, sans trop savoir où il va. L’un et l’autre ont tenté un mariage et même fait des enfants pour Maria. Mais c’était trop conventionnel, trop forcé pour que cela soit des liaisons telles qu’ils les rêvaient. Même en France, Maria a dû rebrousser chemin, n’ayant pas trouvé de réponses à ses questions existentielles. La nostalgie de leurs années d’or est à ce point gravée dans leur mémoire qu’ils ont décidé de s’unir, ou plutôt se réunir, pour le meilleur et contre le pire. Leur seul viatique est l’espoir que les choses pourraient changer en Algérie.

Révoltés, mais pas résignés, Maria et Chakib décident alors de «garder cette révolte» en  «restant ensemble». Et l’auberge de Tikjda  sera leur auberge, leur lieu de noces pour signer cette «échappée belle !», au propre et au figuré. Au final, ce roman, où l’ironie le dispute aux calembours et autres jeux de mots, est un hymne à l’amour pur et un manifeste pour une Algérie meilleure. Les ombres et L’échappée belle, de Salima Mimoune, est finalement un déchirant cri de cœur d’une femme, accompagné d’une musique adoucissante. Il est fortement recommandé à ceux qui ont le cœur brisé et l’horizon bouché. Il est aussi quelque part un «pur» produit qui montre à quoi ressemble aujourd’hui l’indépendance de l’Algérie.

Hassan Moali

© El Watan

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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