- Publié le Mardi, 20 Mars 2012 17:18
- Écrit par Didi Baracho
Par Didi Baracho
J’étais en compagnie de mes amis Lounès Guemmache, H’mida Layachi et Anis Rahmani, les trois journalistes que nous envie la revue Détective. En sirotant quelques verres de vodka, un précieux breuvage importé par Aboubakr Benbouzid, nous regardions les chaînes françaises. J’étais frappé par la psychose qui s’est installée dans le pays de celui qui est aussi grand que Bouteflika et je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec ce qui se passe chez nous.
En Algérie, la mort, celle des adultes comme celle des enfants, est une chose anodine. Les tueurs se sont banalisés. Ils sont devenus quelconque. On ne les respecte même plus. On les méprise. On leur parle mal : « Saha khouya le tueur, tu veux me tuer ? Din babak vas y si tu es un homme ! ».
Notre télévision n’évoque même pas les crimes et les assassinats. Un tueur, qu’il soit fou ou sain d’esprit, qu’il roule pour le GSPC ou pour les généraux M. dit T. et T. dit B., qu’il assassine par folie ou par idéologie, n’est pas considéré. Je pense qu’il est temps que le syndicat des tueurs réclame une reconnaissance de ce métier pénible et ô combien difficile.
En France et dans n’importe quel pays où on respecte le métier de tueur, le président se rabaisse à aller voir les victimes, à décréter un deuil national et même à suspendre une campagne électorale. Vous imaginez Daho « la magouille », notre ministre de la marmite intérieure, suspendant la propagande en faveur des élections du 10 mai après un crime ? Vous imaginez un Bouteflika instaurant un plan Vigipirate ? Tout au plus notre président décrètera un plan Vigi-fuite ou le dispositif Ya-Willi-sauve-qui peut ! Ou leur version arabisée « ettag ala mentag ! » ou kabylisée « Tharoulla ! »
Chez nous quand tu te fais tuer dans un faux barrage du côté de Bejaïa, les gens disent : « Mais qu’est-ce qu’il foutait là. Il aurait dû rester chez lui ou aller à Oran ». Même quand le président Boudiaf s’est fait assassiner, on avait dit : « c’est de sa faute, il n’avait qu’à rester au Maroc ». Oui parce que pour les enfants d’Oujda et leurs descendants, au Maroc on ne meurt pas, on naît, on y attire des héros de la guerre de libération pour les assassiner et après on va gouverner l’Algérie.
Je demande donc à Bouteflika d’inviter tous les assassins et tous les tueurs, amnistiés, à la ret

raite ou en activité, à un cocktail arrosé pour revaloriser leur métier et sceller avec eux une réconciliation définitive. Quant aux victimes, c’est moi qui les invite à suivre scrupuleusement les consignes du plan Ya-Willi-sauve-qui-peut. Et celui qui n’est pas content, je le tue ! Mais ça, c’est une autre histoire. Alors, malgré tout, vive les Indigènes
!














21 mars 2012
Didi Baracho