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BILLET Match à Toulouse.

24 mars 2012

Didi Baracho

BILLET  Match à Toulouse. dans Didi Baracho mohamed-merah--150x75Détails

Publié le Vendredi, 23 Mars 2012 11:40
Écrit par Didi Baracho

Par Didi Baracho

Avant, durant les années 1960 et 1970, je m’installais, avec quelques amis, devant la télévision, pour regarder les matchs de football tout en sirotant mon divin breuvage éthylique. Qu’il s’agisse de coupe du monde, de coupe d’Afrique ou de coupe d’Indigènes, c’était une tradition respectée et nous attendions les grandes rencontres sportives avec impatience. Désormais, on reste devant la télé pour suivre du grand spectacle. C’était le cas le 11 septembre 2001, lors de la rencontre entre Ben Laden et le peuple américain, c’était aussi le cas, lors des matchs de Madrid ou de Londres.
C’est la raison pour laquelle j’ai passé 30 heures avec H’mida Layachi, Lounès Guemmache et Anis Rahmani, les trois journalistes que nous envie El-Djeich la revue de l’armée et des militaires, qui a pour rédacteur en chef Gaïd-Salah et comme directeurs de la publication, les généraux M. dit T. et T. dit B.
Oui ! Nous sommes restés ensemble pour suivre, en zappant sur toutes les chaînes françaises, le face à face entre le représentant du salafisme d’origine Indigène et les forces spéciales du président français qui est aussi grand que le notre tant par la taille que par l’esprit.didi%20baracho_200_200 Nicolas Sarkozy. dans Didi BarachoC’est ainsi qu’à peine la partie entamée, l’équipe française a voulu fermer le jeu, probablement pour gagner du temps, et concentrer ainsi l’action au milieu de terrain. Il y eut des attaques par ci et par là, mais celles-ci allaient s’avérer infructueuses. Il faut avouer que la première mi-temps fut terne et sans reliefs. Pendant la seconde partie, le salafiste d’origine Indigène s’est confiné en défense. Sa tactique visait probablement un match nul, mais c’était sans compter sur le coaching de Nicolas Sarkozy.
En effet, alors qu’on se dirigeait vers un résultat vierge, l’équipe des forces spéciale a lancé une attaque surprise et marqua un but à l’issue d’un indescriptible cafouillage. Le salafiste d’origine Indigène a plongé, mais son geste fut vain. C’est en effet une triste époque. À dire que notre championnat offre souvent un spectacle similaire dans une totale indifférence. Sauf que nos salafistes, qui ont tellement bien joué, intéressent beaucoup le pouvoir. Celui-ci n’hésite plus à les recruter à coups de contrats faramineux. Heureusement que les salafistes sont respectés chez nous. Mais ça, c’est une autre histoire. Alors, malgré tout, vive les Indigènes !

did i.barachodz@gmail.com

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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2 Réponses à “BILLET Match à Toulouse.”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Tuerie de Toulouse : retour sur les événements
    Le Monde.fr | 23.03.2012 à 17h32 • Mis à jour le 23.03.2012 à 21h55
    C’est par la mort de Mohamed Merah que s’est finalement soldé le siège de plus de trente heures qui s’est tenu autour de son appartement, à Toulouse, pour tenter d’arrêter celui qui a revendiqué les tueries qui ont fait sept morts – trois militaires, un professeur et trois élèves d’une école juive – les 11, 15 et 19 mars.

    Lire le portrait de « Mohamed Merah, l’homme aux cent visages »

    Le procureur de Paris, François Molins, a d’ores et déjà déclaré que l’enquête se poursuivait malgré la mort de Merah pour tenter d’identifier d’éventuels complices, alors qu’un groupe lié à Al-Qaida, l’organisation Jund Al-Khilafah, a revendiqué la tuerie dans l’école juive de Toulouse sur un site Internet. Retour sur les événements :

    Fin 2010 et 2011 – Des séjours au Pakistan et en Afghanistan

    Selon des sources à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Mohamed Merah s’est rendu à deux reprises au Pakistan pour intégrer des groupes de combattants basés dans les zones tribales, région à la frontière de l’Afghanistan où prospère le Tehrik-e-taliban Pakistan (Mouvement des talibans du Pakistan). Après avoir été entraîné dans des camps, il se rend dans le sud de l’Afghanistan. Il est notamment contrôlé par une patrouille de police à l’entrée de la ville de Kandahar. Si sa nationalité étrangère, qui attire l’attention, ne constitue pas un motif d’arrestation, sa présence est signalée aux services de renseignement afghans, qui transmettent l’information aux Occidentaux.

    Au retour de son dernier séjour, il aurait été repéré par les services de la DCRI : « Il fait partie des profils que nous surveillons. Nous l’avions dans le collimateur », a indiqué au Monde une source du renseignement intérieur.

    Lire l’enquête : « Le tueur présumé de Toulouse aurait fait la guerre avec les talibans »

    Mardi 6 mars – Vol du scooter
    Le scooter Yamaha T Max 550, avec lequel Mohamed Merah exécutera sa funeste besogne, est volé à Toulouse.

    Dimanche 11 mars – Assassinat du premier militaire à Toulouse

    Vers 16 heures, Imad Ibn Ziaten, 30 ans, sous-officier du 1er régiment du train parachutiste de Francazal, près de Toulouse, gare sa moto sur une esplanade près d’un gymnase, dans un quartier résidentiel tranquille de Toulouse. Il a mis en vente cette moto sur Internet, en précisant qu’il était militaire. Le meurtrier lui aurait fixé rendez-vous par le biais du site de petites annonces. Alors qu’il porte encore son casque et se tient près de sa moto, il est abattu d’une balle de 11,43 mm dans la tête, tirée à bout portant par un homme qui s’enfuit aussitôt à scooter.

    Jeudi 15 mars – Assassinat de deux militaires à Montauban

    Vers 14 h 10, trois militaires du 17e régiment du génie parachutiste (RGP) de Montauban tirent de l’argent à un distributeur, à deux pas de leur caserne. Un individu, vêtu de noir et portant un casque à visière, descend de son scooter. Il contourne Mohamed Legouad, 24 ans, Abel Chennouf, 25 ans, et Loïc Liber, 28 ans, pour se placer derrière eux, écarte une personne âgée sur son passage et ouvre le feu. Il retourne une de ses victimes, qui rampe, pour l’achever. Il tire treize ou dix-sept projectiles selon les sources, avec la même arme que celle employée quatre jours plus tôt à Toulouse. Mohamed Legouad et Abel Chennouf sont tués. Loïc Liber est, aux dernières nouvelles, toujours dans le coma, dans un hôpital de Toulouse.

    Vendredi 16 mars – Mohamed Merah sur la liste des suspects
    Dès le lendemain de cette attaque, Mohamed Merah est cité parmi une liste de suspects. Les enquêteurs concentrent leurs efforts en direction des milieux islamistes, tout en procédant à des vérifications dans le milieu de l’extrême droite radicale. Une cinquantaine d’enquêteurs et tous les services de la police judiciaire traquent le tueur.

    Un lien est établi entre les deux tueries des militaires de Toulouse et de Montauban, à quatre jours d’écart. « Il est possible de dire que la balle tirée à Toulouse et les balles tirées à Montauban proviennent d’une seule et même arme », dit le procureur de Toulouse, Michel Valet. Autres indices : la similitude des modes opératoires, la fuite sur des scooters de grosse cylindrée de couleur sombre, et l’appartenance de toutes les victimes aux paras. Les deux enquêtes pour assassinat sont regroupées à Toulouse.

    Samedi 17 mars – La mère de Mohamed Merah sur une liste de 572 adresses IP
    Dans l’après-midi est établie, selon le procureur de la République de Paris, François Molins, une liste de 572 adresses IP (Internet Protocol) d’ordinateurs ayant été en connexion avec la petite annonce du premier militaire assassiné, qu’il avait publiée sur Internet pour vendre sa moto. Le nom de Mme Azieri, « dont on connaît les deux fils pour leurs sympathies djihadistes », selon le procureur, y figure. Les enquêteurs disposent également d’une dizaine de témoignages, de milliers d’heures d’images de caméras de vidéosurveillance pour Montauban, d’un chargeur de l’arme utilisée et des douilles abandonnées sur place.

    Lundi 19 mars – La tuerie de l’école juive

    Vers 8 heures, un homme armé sur un scooter de grosse puissance gare son engin devant l’école juive Ozar-Hatorah dans un quartier résidentiel tout proche du centre de Toulouse. Il ouvre le feu avec un pistolet-mitrailleur, qui s’enraye, puis une arme de calibre 11,43, la même qui a servi pour tuer les parachutistes. Il tue Jonathan Sandler, 30 ans, professeur de religion juive, et ses deux fils Arieh, 5 ans, et Gabriel, 3 ans, qui attendaient ensemble le ramassage scolaire. Il poursuit dans la cour une fillette de huit ans, Myriam Monsonego, la rattrape et l’abat d’une balle dans la tête. Il blesse un adolescent de 17 ans, puis s’enfuit en deux-roues.

    Dans toute la région Midi-Pyrénées, le niveau d’alerte écarlate, le plus élevé du plan Vigipirate, est rapidement activé, une première en France. Destiné à prévenir un risque d’attentat majeur, ce niveau d’alerte implique, selon la préfecture, la « surveillance et la protection des lieux de culte israélites et musulmans, des écoles et commerces liés aux confessions juives et musulmanes ainsi que des sites militaires, des gares SNCF et de l’aéroport ».

    Le parquet antiterroriste de Paris annonce qu’il se saisit de l’affaire et ouvre « trois enquêtes diligentées pour des faits qualifiés d’assassinats et tentatives d’assassinat en lien avec une entreprise terroriste ». Les investigations permettent de localiser le suspect dans Toulouse à partir des adresses IP connectées à la petite annonce du premier militaire tué. Huit numéros de téléphone attribués à la famille Azieri sont mis sur écoute, sans que cela « donne grand chose », selon le procureur François Molins.

    Mardi 20 mars – Mohamed Merah localisé

    Deux cents enquêteurs procèdent à des centaines d’auditions. En plus des vingt-cinq hommes du RAID qui ont quitté leur base de Bièvres pour rejoindre Toulouse, le préfet de la zone Sud-Ouest, Patrick Stefanini, annonce le déploiement de plus d’un millier de membres des forces mobiles.

    En début d’après-midi, Mohamed Merah et son frère sont localisés. Dans le milieu de l’après-midi, le témoignage du concessionaire Yamaha qui évoque un homme lui ayant demandé, jeudi, s’il y avait un traqueur sur son scooter et, si oui, comment le retirer, est décisif.

    L’opération du RAID dans l’appartement de Mohamed Merah à Toulouse est programmée vers 23 heures, dans le secret de la cellule de crise installée depuis lundi à la préfecture de Toulouse – dirigée par le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, et composée notamment du directeur de la police judiciaire, Christian Lothion, et de celui du renseignement intérieur, Bernard Squarcini.

    Lire l’enquête « Comment la police est remontée jusqu’à Mohamed Merah »

    Mercredi 21 mars – Le RAID intervient

    Vers 3 heures commence le début de l’intervention du RAID chez Mohamed Merah, qui s’est retranché au premier étage d’un petit immeuble au 17 rue du Sergent-Vigné, à Toulouse. Les policiers tentent de pénétrer par surprise dans l’appartement. Mais l’intervention éclair échoue : le jeune homme les attendait et les accueille par une rafale de tirs. Il blesse deux hommes du RAID : le premier au genou ; le second reçoit une balle dans son gilet pare-balles. Un troisième policier est touché un peu plus tard à l’épaule. Le quartier est bouclé par quelque trois cents policiers déployés.

    Entre 4 et 6 heures, la mère de Mohamed Merah, son frère et la compagne de ce dernier sont placés en garde à vue. Des explosifs sont retrouvés dans la voiture de l’un de ses frères.

    Vers 5 h 45, des coups de feu sont entendus épisodiquement dans le quartier.

    Vers 7 heures, le ministre de l’intérieur explique que M. Merah « parle beaucoup de son engagement au profit d’Al-Qaida et de la cause djihadiste ».

    Vers 9 h 30, le suspect signale qu’il se rendra dans l’après-midi, selon Claude Guéant. Il demande un moyen de communication avec la police et reçoit un talkie-walkie. En échange, il jette un Colt 45 par la fenêtre. Mais il affirme détenir encore une kalachnikov, un pistolet-mitrailleur Uzi de fabrication israélienne et plusieurs armes de poing.

    Vers 11 heures, les négociations sont interrompues.

    Vers 11 h 30, les habitants de l’immeuble, réveillés depuis les premiers tirs à 3 heures et qui avaient reçu l’ordre de rester calfeutrés chez eux, sont évacués et pris en charge par une cellule psychologique.

    Vers 13 h 15, les négociations reprennent.

    A 17 heures, le RAID tente à plusieurs reprises d’entrer dans l’appartement, se heurtant à chaque fois à une riposte armée. Le suspect laisse désormais miroiter une reddition « en fin de soirée ». Selon le procureur, le tueur se vante d’avoir mis seul « la France à genoux » et « n’exprime aucun regret », sinon de « ne pas avoir fait plus de victimes ». Il projetait de tuer un autre soldat dès mercredi, puis deux policiers à Toulouse.

    Vers 21 heures, le quartier est plongé dans le noir, peu après l’échec d’une médiation avec Merah.

    Vers 22 h 45, à l’heure où il devait se rendre, Merah rompt le contact avec le RAID. Il entre ensuite « dans une autre logique, une logique de rupture » et déclare vouloir « mourir les armes à la main », selon M. Guéant.

    De minuit à 6 h 40, les policiers font détoner à intervalles réguliers de puissantes charges près de ses fenêtres pour éprouver le « forcené ». Un faisceau lumineux balaie la façade, tandis que les volets de l’appartement ont été détruits. L’eau, le gaz et l’électricité sont coupés. Deux coups de feu, d’origine inconnue et venant de l’appartement, sont entendus vers 2 heures.

    Jeudi 22 mars – Dénouement fatal

    Au petit matin, nul ne sait si Mohamed Merah est encore vivant. Il n’a donné aucun signe de vie depuis la veille au soir. Le RAID poursuit la guerre d’usure menée depuis plus de trente heures.

    A 8 heures, consigne est répétée aux hommes du RAID de tout faire pour arrêter Mohamed Merah vivant et de ne tirer qu’en cas de légitime défense, selon François Molins – qui arrive, avec Claude Guéant, près de l’immeuble une heure plus tard.

    Vers 10 h 30, trois fortes détonations sont entendues aux abords de l’immeuble. Une ambulance des pompiers pénètre dans le périmètre de sécurité.

    Vers 11 h 10, de l’extérieur, des rafales de tirs très nourries et des détonations sont entendues pendant plusieurs minutes.

    Soren Seelow@soren_seelow
    #Toulouse Le mitraillage, les tirs et les déflagrations sont très impressionnants
    22 Mars 12 RépondreRetweeterFavori

    Selon le procureur de Paris, les hommes du RAID ont pénétré à l’intérieur de l’appartement et progressaient par le balcon quand Mohamed Merah est brutalement sorti de la salle de bain où il se retranchait, et « monté vers les policiers » en tirant avec un Colt 45, « à une cadence si rapide qu’on [aurait dit] une arme automatique ». Il se dirige vers la fenêtre et est touché d’une balle dans la tête alors qu’il se jette par la fenêtre.

    Mohamed Merah est retrouvé mort au sol, vêtu d’une djellaba couverte d’un gilet pare-balles, son Colt 45 et des chargeurs reposant à côté de lui, après avoir tiré une trentaine de balles, dans un déchaînement de violence dont les hommes du RAID ont dit qu’ils « n’avai[en]t jamais vu ça ».

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Bernard Squarcini : « Nous ne pouvions pas aller plus vite »
    LE MONDE | 23.03.2012 à 11h13 • Mis à jour le 23.03.2012 à 12h52

    Par Laurent Borredon et Jacques Follorou

    Le directeur central du renseignement intérieur, Bernard Squarcini, répond aux interrogations sur la surveillance de Mohamed Merah.

    Jeudi, le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, a affirmé : « Je comprends qu’on puisse se poser la question de savoir s’il y a eu une faille ou pas. » C’est une mise en cause de vos services ?

    Le sens de sa phrase a été dénaturé. Des personnes, dont des enfants, sont morts d’une façon particulièrement cruelle, et nous nous posons forcément la question: est-ce qu’on aurait pu faire différemment? Est-ce qu’on a raté quelque chose? Est-ce qu’on a été assez vite? Mais il était impossible de dire dimanche soir : « C’est Merah, il faut aller l’attraper. » Lui-même n’avait d’ailleurs pas prévu d’attaquer l’école juive lundi matin. Selon ses déclarations lors du siège par le RAID, il voulait tuer un autre militaire, mais il est arrivé trop tard. Et comme il connaît bien le quartier, il a improvisé et a attaqué le collège-lycée Ozar-Hatorah.

    Mohamed Merah vous a parlé pendant le siège du RAID ?

    Il a souhaité parler avec le policier de la direction régionale du renseignement intérieur (DRRI) de Toulouse qui l’avait rencontré en novembre 2011. Il est intervenu au cours des négociations. Mohamed Merah semblait avoir un rapport de confiance avec lui. Il s’est confié, il a coopéré. Il nous a dit où était le scooter ou les deux voitures. Le courant passait bien. Non sans cynisme. Il a même dit à ce policier: « De toute façon, je devais t’appeler pour te dire que j’avais des tuyaux à te donner, mais en fait, j’allais te fumer. » C’est un Janus, quelqu’un qui a une double face.

    Il faut remonter à la cassure de son enfance et à ses troubles psychiatriques. Pour avoir fait ce qu’il a fait, cela relève davantage d’un problème médical et de fanatisme que d’un simple parcours djihadiste. Selon le policier de la DRRI, c’est sa deuxième personnalité qui a parlé, mercredi. Il lui a raconté la deuxième tranche de vie qu’il n’a pas voulu lui évoquer en novembre. Il a fini leur entretien, en quelque sorte.

    Le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, a fait le lien entre Mohamed Merah et des salafistes arrêtés en 2007, à Toulouse et en Ariège, dans une affaire de filière djihadiste irakienne. Etait-il sous surveillance à ce moment-là ?

    Il n’y a pas de lien, en dehors de mandats qu’il a envoyés à l’un des condamnés en prison, ce qui peut être une simple solidarité de cité. Il a à peine 18 ans à l’époque des faits. Il ne peut pas apparaître comme un activiste chevronné. Il était plutôt un petit délinquant déjà connu pour plusieurs faits : vols avec violences, vols à l’arme blanche. C’est une conduite sans permis qui le fait basculer, et emprisonner dix-huit mois, puisque ses sursis tombent à la fin de sa majorité pénale. Il trouve injuste la sanction qui lui est infligée et il part en rébellion contre les institutions.

    Selon les déclarations qu’il a faites lors du siège par le RAID, il s’est autoradicalisé en prison, tout seul, en lisant le Coran. C’est un acte volontaire, spontané, isolé. Et il dit que de toute façon, dans le Coran, il y a tout. Donc, il n’y a aucune appartenance à un réseau.

    Il n’a pas été victime d’une filière de radicalisation en prison ?

    Il semble s’être radicalisé seul.

    C’est un profil particulier, donc ?

    Il n’a pas les attributs extérieurs du fondamentaliste. Lors de ses condamnations par le tribunal pour enfants, une fragilité psychologique est détectée. Il a mal supporté le divorce de ses parents, et son père est retourné en Algérie. Il noue une relation particulière avec sa mère. Il vit de petits boulots, qu’il garde un mois, un mois et demi. En fait c’est sa mère qui subvient à ses besoins logistiques. Et puis il nous dira à travers la porte, mercredi, que c’est son business et ses petits larcins qui lui permettent d’accumuler de l’argent et d’acheter des armes.

    Quand est-il apparu sur vos radars ?

    Après un simple contrôle routier à Kandahar, en Afghanistan, en novembre 2010, qui est effectué par la police afghane. Ils le remettent aux Américains qui l’ont forcé à remonter dans l’avion pour rentrer à Kaboul. La direction de la sécurité et de la protection de la défense (DPSD), un des services de renseignement des armées, nous a signalé l’incident.

    Qu’a-t-il fait pendant ce premier voyage ?

    Il a passé du temps chez son frère auCaire après avoir voyagé au Proche-Orient : Turquie, Syrie, Liban, Jordanie, et même Israël. A Jérusalem, la police découvre un canif dans son sac puis le relâche. Ensuite, il se rend en Afghanistan en passant par le Tadjikistan. Il prend des parcours qui sont inhabituels et n’apparaît pas sur nos radars, ni sur ceux des services extérieurs français, américains et locaux. Il arrive le 13 novembre à Kaboul, il est contrôlé le 22 novembre à Kandahar et il rentre en France le 5 décembre 2010.

    Que se passe-t-il ensuite ?

    Nous faisons une enquête pour voir ce qu’il vaut. Mais il n’y a rien. Pas d’activisme idéologique, pas de fréquentation de la mosquée.

    Pourquoi l’avez-vous convoqué à l’automne 2011 ?

    Parce que nous voulons recueillir des explications sur son voyage en Afghanistan. C’est un entretien administratif sans contrainte, puisque nous n’étions pas dans un cadre judiciaire.

    Il s’y soumet sans problème ?

    Le fonctionnaire qui l’a reçu n’a pas senti une volonté d’esquiver, au contraire. Mohamed Merah l’appelle le 13 octobre 2011 car il n’est pas en France à ce moment-là, il est au Pakistan. « Dès que je rentre, je vous contacte », a-t-il dit. Le 3 novembre, il rappelle de l’hôpital Purpan, à Toulouse, ou il est hospitalisé pour une hépatite. « Dès que je sors, je viens vous voir », assure-t-il. Il fait preuve d’une excellente coopération, d’éducation, et de courtoisie.

    Il vient à l’entretien avec sa clé USB qui contient ses photos de voyages. Il demande à s’allonger sur la table pour pouvoir discuter parce qu’il est malade, dit-il. Il explique en photos tout le parcours touristique qu’il a réalisé au Proche-Orient, en Afghanistan et au Pakistan.

    Son deuxième voyage au Pakistan ne vous a pas inquiété ?

    Il n’est resté que deux mois au Pakistan. Il dit alors que c’était pour chercher une épouse. Lors du siège par le RAID, il nous a dit qu’il était allé au Waziristan et qu’il y avait encore là-bas d’autres Français comme lui. Mais à l’époque, ni les services pakistanais, ni les Américains, ni la DGSE ne nous ont alertés.

    Où a-t-il appris à combattre ?

    Il a déclaré au RAID qu’il avait bénéficié d’un entraînement particulier au Waziristan par une seule personne. Et pas dans les centres de formation, où il aurait pu se faire repérer puisqu’il parlait français.

    Pourquoi les Américains l’ont-ils inscrit sur leur liste d’exclusion aérienne, et sur celle du FBI pour lien avec Al-Qaida ?

    Probablement parce qu’il a été contrôlé à Kandahar.

    Son frère n’était pas surveillé ?

    Ce n’est pas le même type de personnalité. Le frère et la sœur sont partis en juillet 2010 dans une école coranique en Egypte. Ils n’ont pas la même formation. Il nous l’a dit : « Moi je n’ai pas confiance en mon frère, je ne lui ai jamais dit ce que je faisais. Ni à ma mère. »

    Après l’entretien de novembre 2011, que se passe-t-il ?

    Des dispositions ont été prises, la DCRI l’a notamment inscrit au fichier des personnes recherchées pour être informé en cas de contrôle et de déplacements.

    Quand avez-vous commencé à travailler sur le meurtre des militaires, le 15 mars ?

    La DCRI a commencé à échanger avec la police judiciaire dès le vendredi 16 mars. Le samedi au soir, ils nous ont transmis des données à cribler dans notre documentation. Le service a travaillé tout le week-end sur les propriétaires de T-Max, de 11.43, les habitués des stands de tir, les noms liés aux adresses IP qui se sont connectées à l’annonce du premier militaire, 24 000 données au total. On s’interroge encore à ce moment-là sur la piste de l’ultradroite, du djihad ou d’un fou.

    Vos recherches isolent alors le nom de la mère de Mohamed Merah, qui correspond à l’une des adresses IP ?

    Oui, mais, le dimanche soir, il n’y a pas que ce nom-là. Nous donnons les réponses aux criblages à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, et on demande à ceux de nos services qui ont émis les dossiers sur ces noms d’approfondir la recherche.

    Donc, le nom de Merah ne déclenche pas de processus d’alerte ?

    Non. Mais nous savons dimanche soir que Mme Aziri est la mère de Mohamed et Abdelkader Merah. Son nom apparaît dans la liste des gens qui ont consulté une annonce de vente de moto sur Leboncoin. fr. Mais elle a cinq enfants, cela fait six personnes qui auraient pu se connecter. Cela ne fait pas encore d’elle et de ses deux fils des suspects. De plus, il n’y a pas d’éléments qui montrent de contact direct entre le vendeur de la moto et un membre de la famille Merah.

    Est-ce que le profil des militaires tués, d’origines maghrébine et antillaise, vous a fait perdre du temps ?

    Non, à ce moment-là, tout le monde est dans le brouillard. Il n’y a pas de piste privilégiée. Le lundi, c’est l’attaque du collège Ozar-Hatorah. Le parquet de Paris se saisit de l’affaire, et nous nous trouvons en cosaisine. Là, avec l’école juive, la façon dont il a ciblé, l’hypothèse djihadiste reprend du poids. Nous gardons encore à l’esprit celle de l’ultradroite.

    Est-ce que les deux méthodes de travail, PJ et renseignement, ne se sont pas percutées ?

    Au contraire, nous avons gagné du temps. Le renseignement débroussaille, et évite que l’enquête de la PJ soit polluée. Avec la tuerie de l’école, on se retrouve face à une trajectoire criminelle bizarre. Il n’y a pas de revendication, il n’y a qu’un lien géographique.

    Le lundi soir, la liste de suspects potentiels s’est réduite ?

    Notre direction régionale nous donne une liste de six noms d’islamistes radicaux et six noms de membres de l’ultradroite. Ils ont un profil qui peut laisser penser qu’ils ont pu basculer.

    Dans la liste des islamistes, il y a les Merah ?

    Seulement Mohamed.

    Comment quelqu’un jugé inoffensif en novembre devient un tueur potentiel en mars ?

    C’est quelque chose d’atypique, d’irrationnel et de violent. Mohamed Merah, c’est quelqu’un qui a un comportement violent dès sa petite enfance, qu’on ne peut rattacher à aucune typologie.

    Le mardi 20 mars, vous vous concentrez sur Mohamed Merah.

    Lors de réunions sur la stratégie de l’enquête, les services ont souligné qu’il pouvait correspondre au profil, mais qu’il était indispensable d’interpeller en même temps la mère, Abdelkader, et Mohamed. Il faut alors des éléments pour convaincre un juge des libertés et de la détention d’autoriser des perquisitions de nuit. Comme ce sont des islamistes présumés, il fallait intervenir avant l’heure de la première prière.

    Vous pensiez encore que cela pouvait ne pas être lui ?

    Oui, cela pouvait être une de ses relations. On n’a pas de certitude à cette heure-là.

    Est-ce que ce dossier change votre grille de lecture du phénomène islamiste ?

    C’est évident qu’il peut y avoir d’autres solitaires comme lui. C’est la crainte de tous les services de renseignements mais cela ne change pas fondamentalement notre grille de lecture du phénomène terroriste.

    Ne craignez-vous pas une exploitation politique de cette affaire ?

    Ces problèmes-là ne sont ni de droite, ni de gauche. Ce sont des problèmes techniques. Nous sommes soulagés de l’avoir trouvé. Malheureusement, il y a eu des victimes innocentes, mais il y aurait pu en avoir plus. Nous ne pouvions pas aller plus vite. Nous aurions bien aimé.

    Laurent Borredon et Jacques Follorou

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