- Détails
- Publié le Dimanche, 25 Mars 2012 08:05
- Écrit par Didi Baracho

Par Didi Baracho
Je prends mon stylo, enfin mon clavier, je me verse mon sixième scotch de la journée et me concentre. Je vais essayer d’expliquer aux Indigènes les enjeux qui entourent les élections du 10 mai prochain, date du référendum qui doit décider si nous nous dirigeons vers l’indépendance ou si nous comptons maintenir ce régime colonialiste incarné par Charles Bouteflika.
Rappelez-vous, il était arrivé en 1999 en clamant de sa tribune, le menton fier, la mèche à l’air, la moustache fourni, du haut de son un mètre et des poussières : « je vous ai compris ! »
En fait, Charles Bouteflika avait surtout compris qu’il allait enfin pouvoir gouverner l’Algérie, considéré comme un département par les descendants du FLN qui avaient, dès le 5 juillet 1962, débarqué à Sidi Fredj, mais aussi envahi la capitale par route, par le ciel et par les mers, telle une nuée de criquets venant des frontières est et ouest et ravageant sur son passage toutes les unités de l’Intérieur. Lorsqu’il revint aux affaires, il n’avait qu’une idée en tête : pomper l’Algérie du nord au sud jusqu’à la mort voire même au delà.
Tout ceci avec la complicité des généraux M. dit T. et T. dit B. qui ont, très vite, érigé autour de son pouvoir les lignes Challe et Morice afin de le protéger contre toute invasion démocratique. Comment pouvait-il en être autrement ?
Tout ceci pour préciser qu’un boycott des élections nous permettra de montrer que nous autres les Indigènes asservis par Charles Bouteflika, Daho « la magouille » et tous les criquets des frontières est et ouest, nous ne voulons plus du colonialisme.
Par contre, si le 10 mai nous allons jouer aux bachaghas, aux descendants d’Olivier Bellounis et aux supplétifs du pouvoir colonial, nous ne pourrons plus pleurnicher sur notre sort.
Dès le 11 mai, nous devrions alors nous habiller en Indigènes, nous comporter en Indigènes, raisonner en Indigènes et donc baiser les mains de nos maîtres voire même leurs pieds, leur demander quelques miettes par-ci et quelques restes par là, nous lirons chaque matin les journaux de H’mida Layachi, Lounès Guemmache et Anis Rahmani, les trois journalistes que nous envie L’Écho d’Alger, nous installer comme cireurs à Sidi Yaya et à proximité du club des Pins et surtout marcher tête baissée et dos légèrement courbé. C’est l’attitude qui correspond le mieux à ceux qui se complaisent dans leur rôle d’Indigènes. En ce qui me concerne, je vous préviens, je doublerai ma consommation éthylique vue que je ne peux pas prendre le maquis puisque je n’aime pas les vierges, même lorsqu’elles sont 72. Mais ça, c’est une autre histoire. Alors, malgré tout, vive les Indigènes !















25 mars 2012
Didi Baracho