- Détails
- Publié le Lundi, 26 Mars 2012 12:15
- Écrit par Didi Baracho

Par Didi Baracho
Le président sénégalais Abdoulaye Wade a lâché l’affaire. À 86 ans, il reconnaît enfin que son peuple lui préfère son ancien premier ministre, bien plus jeune que lui. J’ai appris la bonne nouvelle hier soir en rentrant chez moi. Bien que je fusse à la limite du coma éthylique, j’ai pu, quand même, distinguer l’information. Pensant au début à un mauvais tour joué par les effluves d’alcool qui ne cessent d’atteindre mes neurones, j’ai finalement confirmé que le vieux Wade s’était résigné enfin à profiter de son jardin et de ses arrières petits-enfants.
En ayant cette réflexion, j’ai compris pourquoi notre monarque tient à ce point au fauteuil présidentiel. En réalité, c’est sa condition sociale qui l’empêche de quitter le pouvoir. Et je le comprends.
Notre émir n’a pas d’épouse alors que Wade possède un harem. C’est tout au plus si notre président peut de temps à autre s’occuper de Belkhadem. Et encore ! Il paraît que ce dernier n’est guère facile. Notre monarque n’a ni enfants ni petits-enfants et donc pas d’arrières petits-enfants. Il a Saïd Bouteflika, son frère, avec lequel il joue parfois au Lego. De temps à autre, il l’emmène avec lui dans de longues promenades. Or, ce dernier, pense plus à l’héritage qu’à autre chose. Bouteflika n’a pas de jardin non plus. C’est pour cela qu’il profite, autant que possible, de ceux d’El Mouradia et de Zéralda.
En réalité, la vie de notre président est affreusement vide. C’est le néant. Pas de femme, pas d’enfants, pas de jardins. Il est entouré d’Ouyahia, de Soltani, des généraux M. dit T. et T. dit B., de Gaïd Salah et d’une armée de maquignons qui ne rêvent que d’une chose : avoir ses faveurs pour profiter du pays.
Que reste-t-il alors à Bouteflika pour donner du sens à sa vie ? Lire les écrits de H’mida Layachi, Lounès Guemmanche et Anis Rahmani, les trois journalistes que nous envie la littérature du Burundi ? Je pense qu’il ne lui reste que l’attentat suicide pour sortir par la grande porte. Au moins, Al-Qaïda lui rendra hommage. Sinon, il peut encore démissionner et laisser s’organiser en Algérie des élections démocratiques.
Pour l’heure, à sa place, j’irais dans un bar clandestin pour faire péter le champagne, histoire de fêter la démocratie sénégalaise. L’Afrique avance. Mais rassurez-vous l’Algérie aussi. Sauf que le pays de Bouteflika avance vers l’arrière. Mais ça, c’est une autre histoire. Alors, malgré tout, vive les Indigènes !













28 mars 2012
Didi Baracho