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Salim Bachi : « Moi, Mohamed Merah »

29 mars 2012

LITTERATURE

L’écrivain algérien Salim Bachi vient de publier « Moi, Khaled Kelkal », où il se glisse dans la tête du célèbre terroriste mort en 1995. A l’initiative du Monde des livres, il réitère l’expérience et se met dans la tête du tuer au scooter de Toulouse décédé le 22 mars. Troublant.« Vous ne m’aurez pas vivant, je suis déjà mort ». C’est par cette phrase lourde de sens que Salim Bachi débute son expérience littéraire. A l’invitation du Monde des Livres, l’écrivain algérien, auteur de Tuez les tous, du Silence de Mahomet et du récent Moi Khaled Kelkal, se met dans la tête de Mohamed Merah, le tueur au scooter de Toulouse. Dans son dernier ouvrage, Salim Bachi entre dans la cervelle détraquée du terroriste qui avait semé la panique dans les années 90 en France, Khaled Kelkal. Comment un petit voyou de Vaulx-en-Velin devient-il ennemi public n°1 ? Comment se laisse-t-on convaincre de semer des bonbonnes de gaz pleines de clous avec la régularité d’un distributeur de tracts contre la réforme des retraites ? Comment peut-on crever, à 24 ans, troué par onze balles sous le regard de millions de Français devant leur JT ? Autant de questions auxquelles l’écrivain algérien a tenté de répondre.

Salim Bachi :

Mohamed Merah-Khaled Kelkal, trajectoire similiaire, pour même mort. Parce que les deux personnages sont habités de la même haine, la même violence, parce qu’ils ont été tous les deux terroristes et tueurs de sang froid, parce que personne ne saura jamais, faute de procès, ce qu’ils pensaient réellement et pourquoi ils ont agit, Bachi l’a imaginé. Un vrai monologue d’outre-tombe. Pour le Monde des Livres, il rédige un récit vif, poignant, troublant… L’auteur se prend vraiment au jeu. Et le lecteur a la sensation de lire les dernières heures d’un homme traqué. Un homme qui se remémore sa vie comme si la lumière blanche annonçant sa dernière heure l’éblouit. « J’ai trafiqué des scooters volés dans les quartiers huppés de Toulouse, près du Capitole (…) J’ai eu le temps de gamberger dans mon garage où je retapais mes bagnoles cabossées comme mon âme » écrit Salim Bachi. Car l’écrivain tente d’expliquer l’inexplicable, de comprendre quels troubles ont amené Mohamed Merah a tué de sang froid sept personnes.

« Putain, j’ai 24 ans et je vais finir comme Kelkal »

« J’avais envie de tout faire péter comme un gosse un peu mauvais, un sale gosse, pour sûr. Donnez moi vos avions et je vous donnerai mon scooter. Donnez moi vos bombes et je vous donnerai le pistolet avec lequel j’ai tué ces gamins pour venger d’autres gamins tués par des paras israéliens ou français. J’ai rendu le mal pour le mal et je ne regrette rien non je ne regrette rien… » Le contentement, la satisfaction voire l’arrogance de Merah éclatent au grand jour. Car le tueur au scooter avait prévu de frapper encore et encore. Il n’avait pas de remord. Une véritable machine prête à tuer. « Colère ? Je ne ressens rien, j’en aurais tué plus si j’avais pu (…) Putain, j’ai 24 ans et je vais finir comme Kelkal fait comme un rat dans un village ».

Bien sûr tout est fictif. Mais sous la plume de Bachi, cela semble tellement réel, vrai. De l’enfance de Mohamed Merah à ses débuts en tant que petite frappe, de sa conversation avec les forces du RAID à sa mort en direct devant les chaînes de télévision, le lecteur est pris par ce bref récit de vie. Salim Bachi ne justifie pas les actes de Mohamed Merah. Il cherche seulement à comprendre. Car personne ne saura…

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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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