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Quand Abdellah Djaballah se place en «commandeur»

31 mars 2012

Universitaires

Quand Abdellah Djaballah se place en «commandeur» dans Universitaires Abdellah-Djaballahle 31.03.12 | 10h00

Le discours de Abdallah Djaballah, président du parti Justice et développement (PJD), publié sur le quotidien Al Khabar, le 25.03.2012, devrait interpeller tout(e) Algérien(ne) conscient(e) des pratiques politiques qui tirent davantage le pays vers le bas. Cette interpellation doit nous unir pour réagir, ensemble, contre les propos du discours morbide qui a rebondi encore une fois dans le lieu public. Par obligation, on doit «dénoncer», haut et fort, le contenu de ce discours insignifiant, creux, et «dangereux» pour la sécurité de nos vies et celles de nos enfants.

Ce monsieur a démontré clairement par des «paroles» qui ne sont pas les «siennes», qu’il est sur un champ politique «miné» et qu’il n’a, malheureusement, aucune compétence pour déminer ce chantier, afin que les Algériens(nes) puissent vivre une vraie expérience pour promouvoir leur citoyenneté socio-économique, culturelle et politique.
Il se place en «commandeur» pour inciter les Algériens(nes) : «à couper toute  main (mauvaise) qui ose s’approcher  des urnes pour modifier le résultat.»

Toutefois, bien que la justice en Algérie  ne soit pas toujours autonome et que sa mission reste encore loin pour soumettre toutes les personnes sans exception,  au-dessous des lois de la République, cela ne devrait pas, en principe, pousser des personnes, quelles que soient leur  place et leur autorité, à se mettre à la place de cette structure pour être le seul juge. Cet appel est dangereux et les problèmes des Algériens(nes) s’aggravent  davantage si cette personne continue à utiliser ce langage.
Le discours politique se construit grâce au travail qui devrait se faire par l’homme politique dans toutes les sphères de la vie. Il doit avoir les moyens matériels de son propre discours. Ces moyens sont le travail et l’effort qui se font auprès des populations et dans les institutions, censées éduquer, former et produire non pas de la marchandise seulement, mais plus encore, l’homme libre, cultivé, émancipé et ouvert à tout débat contradictoire. Voilà ce qui peut honorer et valoriser le (la) musulman(e).

Régler les problèmes matériels que l’Algérien(ne) rencontre dans sa vie de tous les jours, lui permettra effectivement, d’aller vers «Dieu», non pas par désespérance et fatigue, comme il le fait tout les jours, mais par fierté d’être musulman.
Voilà monsieur un petit aperçu sur la vraie «fonction» de l’homme politique,  que nous n’avons pas développée depuis l’indépendance et nous continuons à souffrir à cause de son absence.
Le discours de la politique se construit dans le temps. Il est en rapport avec les idées des hommes qui ne sont que des situations temporelles et séculières. La politique comme «métier» est en réalité un travail pénible.

Il exige un engagement pour régler les situations comme l’éducation, le travail, le logement, la santé, la sécurité des biens matériels, physiques, moraux et enfin, veiller à ce que les libertés individuelles et collectives soient respectées.
L’homme politique est un homme public. Il vit plus pour le peuple que pour sa famille. Il n’arrête pas d’évaluer ses initiatives et ses actions afin de les ajuster et les orienter, non pas par rapport à ses goûts et à ses propres perceptions, mais par rapport aux besoins et aux demandes exprimées par les différentes couches sociales de la société.
Les erreurs sont humaines et l’homme politique doit consulter des experts, doit lire les recherches et fréquenter les bibliothèques pour se mettre à jour.

Les experts en politique ont produit une définition simple et claire. Ils ont inscrit dans leur manuel que la politique est un métier qui : «fonctionne avec des idées et des actions (mouvantes). Elles sont appelées  à changer  afin de suivre les transformations provoquées par des actions politiques préliminaires, établies et dirigées en effet, par l’homme politique lui-même.»
Le travail de l’homme politique est donc de «veiller» à ce que la société évolue pour mesurer la validité de son projet et l’efficacité des actions entamées pour améliorer les situations données. C’est le nom de cet «homme politique» qui  se gravera dans les esprits et deviendra un monument historique. C’est ce nom qui s’inscrira dans la mémoire des générations et celle de toute l’Algérie.
En revanche, le dogme religieux et son discours ne changent pas. Le discours de la religion n’est pas celui de la politique parce que le premier n’appartient  pas à l’homme et il n’est pas non plus son produit.
Le discours religieux n’a pas changé depuis et ne changera pas dans le futur. C’est un ordre divin, établi et conçu par sa propre bénédiction.

Le champ du politique relève du «profane», alors que celui de la religion  relève du «sacré». Il y a tout un monde entre celui du «sacré», le monde propre, celui de la religion, que tout homme, sans exception, peut sentir, à condition qu’il accède par sa propre expérience privée, à l’éthique «morale».
Paradoxalement, la politique s’inscrit dans  un «champ compétitif humain». Son outil est le calcul rationnel qui tente de résoudre des problèmes de la vie sociale. Les politologues ont dit que le métier de la politique est : l’art de gérer les différences.
Il faut savoir que l’Algérie ne peut pas tenir devant d’autres conflits «intestinaux», comme celui du «terrorisme».  Il ne faut pas oublier que l’Algérie est fragile.

Le phénomène de la harga, l’immolation des jeunes et les derniers suicides de petits anges enfants de la Kabylie, vous obligent, vous les hommes qui prétendez être en mesure de trouver des solutions miraculeuses à nos problèmes et vous poussent aussi pour que vous vous fermiez dans une pièce de vos villas spacieuses, afin de revoir vos calculs. Mettez-vous devant un miroir et lisez ce conseil, vous allez  pouvoir  réussir, peut-être, à faire sortir le (djen) mécréant qui vous habite et vous trouverez la voie de la raison, «Inchallah».
- Références :

Les propos rapportés par le journaliste  Boubekeur Makhloufi. Bordj Bou Arréridj. El Khabar, du 25.03.2012. quotidien sous le N° 6665.

Larbi Mehdi. Université d’Oran

© El Watan

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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Quand Abdellah Djaballah se place en «commandeur»”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Saad Abdallah Djaballah (arabe : سعد عبدالله جاب الله) (né le 2 mai 1956 à Skikda) est un homme politique algérien.
    Biographie

    Militant musulman dans les années 1970, il a longtemps subi les exactions du pouvoir (emprisonné presque deux ans, victime de 2 tentatives d’assassinat). Activiste influent, notamment dans les milieux intellectuels et universitaires de l’Est algérien, il est l’un des fondateurs de l’organisation ENNAHDA, mouvement qui prit le statut de parti politique (Mouvement de la Renaissance Islamique) en 1989 et duquel il a été évincé en 1998 par une faction dominante menée par Lahbib Adami. Ce qui le poussa à créer un autre parti, le Mouvement pour la réforme nationale AL ISLAH où il sera à nouveau évincé par Djahid Younsi le secrétaire général de la dite formation. Les deux partis ont vécu des défaites électorales sévères après le Départ de Djaballah ( 3 sièges seulement pour Elislah en 2007, alors qu’il occupé 43 sous la présidence de Djaballah)
    Djaballah adopte une vision proche des frères musulmans mais affirme l’indépendance de son mouvement.
    Il s’est présenté aux élections présidentielles à deux reprises, en 1999 et en 2004. Lors d’autres élections, il s’est retiré de la course avec d’autres candidats juste avant la tenue des élections. Lors des élections de 2004, il est arrivé troisième avec un score de 4,8%.
    Le 30 Juillet 2011, Djaballah annonce dans un rassemblement populaire la création d’un nouveau parti politique nommé le Front de la Justice et du Développement (EL-ADALA), le 10 Février 2012, Le parti El-Adala a tenu son congrès constitutif a Alger avec la présence de plus de dix mille (10000) sympathisants,

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