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50e ANNIVERSAIRE DE L’INDÉPENDANCE Tant qu’il y avait des hommes

2 avril 2012

Contribution

Voxpopuli : 

Si le titre que nous avons donné à notre texte ressemble étrangement à celui d’un film de Fred Zinemann, réalisé en 1953, l’histoire et la trame, par contre, sont tout autre. 
Les hommes auxquels nous faisons référence ont été les acteurs d’une époque inoubliable qui ont mené courageusement et solidairement une grande bataille nationale. Ils se sont regroupés collectivement pour le seul intérêt de la nation et le plus complet essor de liberté et de grandeur d’un peuple hors du commun. Ces hommes avaient réussi le pari d’atteindre des fins partagées. C’est ainsi que le recours judicieux à la théorie du choix rationnel dans sa variante «anticapitalisme » a été choisi comme modèle économique et social. Le marché ainsi replacé dans le cadre d’une planification centralisée a produit les effets escomptés. Ce système mis en place profitait à l’ensemble du peuple. L’enfer du chômage, de la précarité et de la fracture sociale était banni. Période de totale accalmie, le peuple heureux dans son nouvel environnement ne lui est jamais venu à l’idée de perturber le programme institutionnel. Même si pour beaucoup de l’hémisphère Sud, la disparité était manifeste en comparaison aux conditions existantes chez nous. Cependant, le chômage massif, voire structurel sévit toute une vie. Le monde en constante évolution et à l’égard des démocraties nouvelles, l’Algérie, consciente du rôle à jouer sur la scène internationale, avait prévu de se mettre au diapason et réformer ses institutions pour se frayer un chemin vers la «sociale-démocratie». Malheureusement, le sort en a voulu autrement. Les hommes qui présidaient aux destinées de ce vaste pays (le plus grand actuellement par sa superficie de tout le continent) n’ont pas eu le temps nécessaire pour mener à bien leur mission. Quelques décennies plus tard, les profondes mutations intervenues dans le passage brusque d’une économie centralisée à une économie de marche, de surcroît débridée, ont créé cette sorte d’arène où tous ceux qui ont quelque chose à gagner se cherchent, se fuient, s’attaquent, se défendent, rusent, se violentent, se trompent, se heurtent et s’écrasent dans une société devenue dès lors anomique… Comme si les personnes qui doivent gagner sont obligées de faire perdre les autres : pour qu’«UN» seul vive, il fallait que 1 000 meurent. Le monde opaque des affaires a pris racine dans le pays. Nonobstant les affaires saines conduites par l’Etat et quelques hommes intègres issus du secteur privé, les fripons ont fini par détruire tout ce qui restait du secteur industriel, construit par les mains de la vertu. Devant ce gâchis économique et social, la belle «Algérie» promue à jouer les premiers rôles, s’est retrouvée dans une situation de syncope morale et où tous les systèmes qui sont venus en remplacement ont fait faillite sur tous les tableaux. Maintenant que nous sommes dans une société supposée «productiviste » et dominée par les valeurs liées étroitement à l’emploi et au travail, le taux de chômage devrait être pratiquement nul sinon relativement acceptable. Au grand dam des générations nouvelles, la réalité prouve le contraire. Lorsqu’on répertorie toutes les causes du climat social qui s’emboucane, on ne peut qu’être abasourdi par le caractère délétère qu’elles présentent et par la disparition progressive des principes de la morale et de l’éthique, dilués comme un morceau de sucre dans une tasse de café. C’est ainsi que l’on a violenté l’appel du Premier Novembre 1954. Car c’est bien de la violation unilatérale de cette sorte de clause du contrat social, fondement de tout pouvoir politique, que vient la plus grande partie de nos maux. Pour espérer retrouver la dignité d’appartenir à un pays à l’histoire plusieurs fois millénaire, il s’agit de rompre avec ce qui a concouru à la catastrophe et s’atteler d’abolir les privilèges que se sont arrogés certaines classes de la société et qui ont pris au fil du temps un caractère ostentatoire. Il faut revenir à nos premières amours : chaque citoyen doit avoir sa place dans la société. Il ne faut pas, alors pas du tout, que le travailleur ait constamment devant lui, la hantise du chômage, synonyme de misère et de dépérissement. Il n’y a plus d’autre alternative que de pallier l’insuffisance de ce qui reste «d’industrie» par la renaissance des grandes entreprises «citoyennes, les vraies dont M. le président de la République avait promis la création, sous forme de grands ensembles, car c’est à l’Etat de reprendre les rênes, quand cellesci sont lâchées par les employeurs en difficulté. C’est à l’état qu’incombe la noble tâche d’assurer la protection de tous. Il n’est pas encore trop tard de stopper l’hémorragie en tirant sur le mors du cheval emballé, dans une course effrénée dans le mur. Endiguer le chômage et finir avec l’exclusion et la hogra, il n’existe d’autre solution que de décider d’une autre politique placée sous la bannière de la liberté, de la justice et de l’équité qui inverse celle d’une économie débridée qui aura longtemps enchaîné sous son joug oppresseur les forces immenses de la nation. Nous espérons que les hommes et les femmes qui présideront aux destinées des institutions après le 10 mai 2012 retiendront cette leçon. Qu’ils soient des revenants, des nouveaux (intellectuels, artistes, sportifs, citoyens lambda…), avec ou sans expérience, ils doivent se débarrasser d’un penchant éventuel au conformisme, mettre au placard toute forme de concupiscence et surtout de ne pas hésiter d’aller consulter le «peuple» car il est et reste la «nation», élevé à titre d’une entité juridique et politique. Enfin, ne jamais oublier que le pouvoir politique vient du peuple et est transféré à des représentants qui l’exercent.
Bob. Med (Belcourt) 


Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/04/02/article.php?sid=132320&cid=49

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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