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A propos du système éducatif en Algérie ! par Mohamed Yazzag

2 avril 2012

Contribution

Savoir c’est pouvoir», le génie des autorités est à son comble. Etant conscient du danger d’avoir des citoyens au sens vrai du terme, et toute la maturité et la conscience collective qui y en résultent, le pouvoir a saboté toute initiative du développement ou de réforme fructueuse du système éducatif. L’école algérienne vit le marasme et la bassesse générale. 

Parlant de qualité de la formation ou bien d’objectif éducatif. La formation des hommes et femmes de demain, capables de faire face à la mondialisation ainsi aux problèmes relatifs à la vie socioéconomique du pays n’est pas à l’ordre de jour !

Le rôle de l’école

Il est important de poser la problématique suivante : que-attend-on de l’école algérienne ? Autrement dit ; quelles sont les taches et les responsabilités de l’école vis-à-vis des enfants du pays ? Existe-t-il réellement une école moderne au sens de XXIe siècle en Algérie ?

Commençant par la dernière question, qui remet en cause l’existence même de l’école algérienne. Aujourd’hui en 2012, il n’y a pas une réelle différence entre «les madérisâtes» (les écoles coraniques des moyen-âge) et les écoles normales au sens universel du terme. La première catégorie est chargée de faire apprendre le coran et ses sciences ainsi de former des musulmans et des hommes de religion sur les bases islamiques. Cependant, l’école normale doit former des citoyens mûrs, éduqués, lettrés et spécialisés selon le besoin socioéconomique du pays. Or, malheureusement l’école algérienne, elle-même ne sait pas ce qu’elle voulait.

Dès sa première année l’enfant algérien est strictement obligé d’apprendre par cœur le coran et les sciences de religion. Il apprend une langue étrangère qui est l’arabe classique. Les cours se déroulent dans des scènes de violence physique et morale voire même des tortures et des harcèlements sexuels. Des enseignants surtout de l’ancienne génération, n’ont aucune notion de psychopédagogie ! Il y a même ceux qui enseignent aux élèves que la terre est plate, Copernic et Galilée n’ont pas de place dans les manuels scolaires. Une classe se compose en moyenne de 35 élèves, des fois elle peut atteindre 57 élèves. Ils restent à l’école de 8 heures à 15 h, 16h ou 17:30 heures selon la dose prescrite par la tutelle pour les hypnotiser.

L’Algérie n’est malheureusement pas concernée par les innovations, la didactique et les méthodes d’enseignement modernes, ni par la qualité ou le contenu des programmes destinés aux écoliers et aux étudiants. A titre d’exemple : l’histoire dans les manuels scolaires est arrêtée à 1962, à partir de cette date l’histoire du monde a fait une pause jusqu’à nouvel ordre. La philosophie est impie, on apprend juste les philosophes de l’islam et ceux qui ne sont pas contre le Dieu et le prophète.

L’enseignement des langues et civilisations étrangères marque l’agonie de l’école. L’élève, qui est déjà endoctriné d’intolérance et de haine du monde non-musulman, devient un prosélyte de l’idée : apprendre la langue des infidèles est impie.

Le sabotage de l’enseignement des langues vivantes n’est pas arbitraire. La langue véhicule la culture, la civilisation et la pensé des peuples, elle est également l’autre vision du monde. On privilégiant la vision «aveugle» et unilatérale des arabo-baathistes, on a inhumé tout progrès ou développements de la culture nationale.

La défaillance du système se caractérise également par la dégradation continue des modules de «lux», l’art dans tout ses genres ; la musique, la peinture le théâtre… sont réservés exclusivement aux clients du pouvoir ainsi quelque gens aisés. On commence des séances du sport (pas de séances éducatives, mais juste du jogging !!!), à partir de l’âge de12 ans et jusqu’à l’âge de 18 ans à la fréquence de 2 heures par semaine. Oui, le sport ici est limité par l’âge ! «On reconnait l’arbre à ces fruits», la décadence de la vie artistique et sportive…, le «non-savoir-vivre» en Algérie n’est qu’un résultat évident de la politique destructive «des monarques»

On ne peut expliquer un tel échec, un tel désastre, que par l’anxiété des tyrans, qui essayent à tout prix de préserver une place, qui n’est pas la leur. «Les fins justifient les moyens» par la clochardisation de l’école et de l’université, le régionalisme, l’extrémisme et la banalisation de la violence, l’algérien n’a qu’à chercher son pain, loin de la politique et des revendications. Par conséquent, la bande au pouvoir vit la tranquillité et la quiétude on attendant ses enfants finissent leurs études en outre-mer, pour leurs faire hériter un immense terrain de plus de deux million de kilomètres quarrés.

Les formateurs

Revendiquer ces droits est naturellement raisonnable. Cependant, avoir des droits au détriment des autres est immoral et contre le principe même de l’éducation. Nos enseignants ont observé des grèves de deux mois voire illimitées pour quelque dinars de plus. Où-sont l’éthique, la déontologie et l’esprit de l’enseignement ? On aura aimé observer des settings, des revendications de la part des consternés directs, des enseignants, pour améliorer le programme scolaire ou pour réformer l’école. Des interventions de la part des syndicats, des professeurs pour dénoncer «au moins» la manière et l’obscurité, dont les manuels scolaire sont rédigés.

Le travail de l’enseignant ne doit pas être une source de richesse matérielle ou un métier lucratif. Il doit être avant tout un amour du savoir et le devoir d’émanciper les gens de l’ignorance et d’obscurité. Comment peut-on éduquer les élèves si on n’est pas un bon exemple à suivre ? Où-est la conscience citoyenne des enseignants de contribuer à la construction d’une société pacifique, homogène, tolérante et surtout civilisée?

Si les forces du mal organisent des meetings cinq fois par jour pour faire convertir la nation à l’extrémisme religieux, à la confusion et aux ténèbres, à la haine et l’oisiveté, les intellectuels ne peuvent pas rester des téléspectateurs, qui regardent un drame à la Hollywoodienne ; ses acteurs sont les misanthropes «Exterminators» d’un système politique pourrit, vieillit et cancérogène. Qui va arrêter cette machine de destruction massive ? En tout les cas, ce n’est pas la fuite en avant, ni le laxisme ou le dégagement de responsabilité, mais c’est la prise de conscience, le volontarisme, la lutte pour les libertés et la résistance. C’est l’implication dans le changement positif et le devoir de dire non à la vandalisassion de la société. La création des commissions du suivit et du control du système éducatif est primordial.

Les parents

On ne va pas parler sur le devoir des parents de donner une bonne éducation aux enfants, ni le rôle de la famille dans la construction d’une société respectable. Mais on va parler des parents en tant que partenaires de l’école, en tant que acteurs indispensables sur la scène éducative et en tant que organisation des parents d’élèves. Cette fameuse organisation qui forme la carcasse d’un cadavre mort-né avec un rôle esthétique, verrouillé dans un cercle d’intérêts personnels et du businesses.

L’absence totale d’un tel organisme sur le terrain est lui-même un crime. Livrer ses propres enfants à la débauche et à l’acharnement des autorités pour y faire des cobayes et de pions est une complicité très grave avec la junte bornée au pouvoir. Jusqu’à quand on va accepter des ministres, qui réchauffent leurs fauteuils, qui n’ont rien avoir avec l’éducation et les études. Des ministres qui ne peuvent pas rédiger une contribution dans un journal. Les ignorants ne peuvent enseigner que de l’ignorance.

Les parents doivent exiger une éducation digne et une formation de qualité et gratuite pour leurs enfants ; une éducation sur les bases du respect, de tolérance, du pardon et de compréhension (voir l’article 26 de la déclaration universelle des droits de l’homme). Une éducation morale et intellectuelle, qui aura comme objectif de former des citoyens actifs, des hommes et femmes responsables et capables d’assurer l’apogée et le développement de leur pays, qui peuvent garantir la démocratie et la fierté nationale.

Si les algériens veulent vraiment un avenir meilleur, ils doivent irréversiblement reformer l’école. L’école qui forme des clochards, des ignorants et des terroristes ne peut pas former des démocrates et des citoyens responsables. On étant un bon élève de l’histoire, on peut tirer les leçons de nos voisins européens. L’Europe d’aujourd’hui est développée grâce à l’école et au savoir : de la Renaissance en Italie à l’innovation de l’imprimerie par J. Gutenberg (1400-1468). De l’Humanisme au siècle des Lumières et du rationalisme… la dernière phrase prononcée par le célèbre écrivain, poète et dramaturge allemand Goethe (1749-1832) est : «Mehr Licht» ; plus de lumière !!!

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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