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Souffles… Les enfants ont grandi ! Par : Amine ZAOUI

6 avril 2012

Amin Zaoui

Culture

Jeudi, 05 Avril 2012 10:00

Les enfants ont grandi ! Ceux qui sont nés au premier lever du soleil, du premier jour de l’indépendance, ont aujourd’hui cinquante ans ! Depuis que le coq du village a chanté l’heure de l’aube de l’indépendance, quelques rêves ont vieilli ! D’autres se sont rouillés! D’autres encore ont fleuri ! Nos grands-pères, nos pères, littéraires ou génitaux, tous, un jour ont pris le chemin vers le levant pour récolter les étoiles! La liberté ! Ils avaient une autre image de l’Algérie. Leur Algérie. Ils l’avaient imaginée libre, plurielle et moderne. Un demi-siècle après, et depuis le lancement du premier youyou d’une femme aux pieds nus noyés dans la boue, la tête et le cœur dans la liesse, je me demande : vivons-nous dans le rêve qui hantait cette femme, vivons-nous le symbolique de ce youyou d’indépendance ? Certes, cette femme campagnarde analphabète vénérait, comme toutes nos grands-mères et nos mères, la lumière de la lettre “
el harf”. Aujourd’hui nous avons huit millions d’écoliers, peut-être un peu plus, mais la quantité ne fait pas le rêve de cette femme-là. L’école est sinistrée et la femme au youyou est abattue. Certes, parce qu’elle apprenait des centaines de contes et des histoires fabuleuses, cette femme au youyou aimait le voyage, imaginait ses enfants et ses petits-enfants partir un jour visiter le monde, celui installé sur l’autre rive. Mais cette femme au youyou n’a jamais imaginé qu’un jour d’indépendance, ses enfants seront offerts aux requins et au sel de la mer. Et la femme au youyou est triste. Certes, nous avons refait une Algérie, mais ce n’est jamais celle rêvée par Kateb Yacine, Mohammed Dib, Bachir Hadj-Ali, Moufdi Zakariya, Jean Sénac ou Malek Haddad… La souffrance cisèle les hommes. Les vrais ! Et les Algériens sont pétris dans la peine et la tourmente. La souffrance parfait aussi “les belles lettres”. Elle taille les belles plume
s d’un roseau magique. L’histoire ! Ainsi jaillissent les beaux livres ceux qui ressemblent aux grands martyrs : Nedjma de Kateb Yacine, Qui se souvient de la mer de Mohammed Dib, Les enfants du nouveau monde de Assia Djebar, Le témoin de Djamel Amrani, L’As de Tahar Ouatar, L’élève et la leçon de Malek Haddad, Le démantèlement de Rachid Boudjedra.. Le mythe de la révolution algérienne n’a pas forgé uniquement des littérateurs algériens, mais il a enfanté aussi des écrivains maghrébins, arabes et européens : Driss Chraïbi, Edouard Amran Al-Maleh, Souleimane Al-Aïssa, Malak Abiadh Al-Aïssa, Al-Jawahiri, Nizar Kabbani, Badr Chakeer Assiyab, Abdel Wahab Al-Biyyati, Abderrahmane Al-Khamissi, Adonis, Mahmoud Darwich, Samih Al-Kacem, Kacem Haddad, Abdel Mouati Hidjazi… Il n’y a pas un seul poète arabe, un vrai poète, qui n’a pas chanté et mémorisé la révolution algérienne. L’Algérie contemporaine, depuis Isabelle Eberhart et Jules Roy en
passant par Albert Camus, Jean Daniel, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Frantz Fanon, Edouard Glissant, Nancy Huston…. et jusqu’à Alexis Jenni auteur de L’art français de la guerre, Prix Goncourt 2011, fascine, questionne et intrigue le texte. Elle séduit le roman. Des figures révolutionnaires, des martyrs ou des moujahidine, à l’image de Larbi Ben M’hidi, Ahmed Zabana, Ben Bella ou Djamila Bouhired… sont métamorphosées en icônes dans la littérature maghrébine, arabe et universelle. Même si elle a raté une partie de son image incarnée dans le youyou de cette femme campagnarde, l’Algérie, continue à séduire les écrivains, les poètes et les historiens dans ses moments durs comme dans ses moments de liesse. Afin qu’il ne se transforme pas en automne, il est recommandé aux émeutiers de ce Printemps arabe, de relire l’histoire de cette Algérie, de méditer sur son parcours dans la guerre comme dans l’après-guerre.

A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Souffles… Les enfants ont grandi ! Par : Amine ZAOUI”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    L A C H R O N I Q U E D E
    Chérif Abdedaïm
    «Dis Bernard, tu dors bien la nuit ?»

    L ors du récent colloque tenu à Marseille sur
    le thème «La guerre d’Algérie…cinquante
    après», le philosophe de caniveaux,
    sioniste, BHL s’est illustré encore une fois par ses
    propos nauséabonds vis-à-vis de l’Algérie, des
    Algériens et d’une figure de proue de notre
    Révolution, en l’occurrence la Moudjahida Zohra
    Drif Bitat qui faisait partie des invités. A ce propos
    cet «illu-miné» des ténèbres n’a pas raté
    l’occasion de nous vomir quelques
    «fulgurances» outranciè-res : «L’Algérie n’est
    pas un pays arabe ni islamique mais un pays juif
    et français, sur un plan culturel ». S’adressant à
    la Moudjahida, il lui avait posé la question :
    «Ne faites-vous pas des cauchemars ?». Enfin,
    pour couronner sa diatribe enragée, il ne s’est
    pas privé de «prophétiser» que «l’Algérie
    connaîtra elle aussi un printemps arabe».
    Décidément pour un colloque qui devait traiter
    sainement de la guerre d’Algérie, on devine
    clairement la source de la pollution. Pour un
    philosophe de cette «trempe» habitué à la
    ponte de papelards de second degré, c’est
    notoirement simpliste. Pour commencer, il aurait
    pu, au moins pour une fois, montrer un peu de
    décence vis-à-vis d’une femme aussi
    courageuse, une femme qui a combattu
    l’injustice et qui demeure quand même le
    symbole d’une révolution. Aussi nul en philo
    qu’en histoire, le philosophe malgré lui (ah!
    Molière ! que rates-tu là ?) semble halluciner.
    Au lieu d’accuser Madame Drif de «terroriste»,
    BHL aurait pu ouvrir , ne serait-ce qu’une petite
    parenthèse sur les attentats commis par ses
    «con-sionistes» de l’Irgun, du Lehi et consorts,
    soit en Palestine, soit en Algérie, en participant
    aux crimes de l’OAS. Que Mme Drif fasse des
    cauchemars, ça je ne le pense pas. Les justes
    dorment du sommeil des justes. Encore une fois,
    le pseudo-philo sioniste semble confondre
    cause juste et crimes contre l’humanité, à
    l’image dont il a été le médiateur (en Bosnie, en
    Tchétchénie, en Afghanistan, au Soudan et enfin
    en Libye). Autrement dit, à notre tour de lui
    demander: «Dis Bernard, tu dors bien la nuit ?»
    Et là, on n’a pas besoin de sa réponse, étant
    convaincus que les innocents – hommes,
    femmes et enfants assassinés par sa faute en
    Libye – doivent sourire dans leurs tombes. Ce
    raciste de surcroît – conformément à la
    résolution 3379 des Nations unies qui, en 1975, a
    jeté l’opprobre sur le sionisme le jugeant comme
    «une forme de racisme et de discrimination
    raciale» – semble fier de «porter en étendard sa
    fidélité à son nom et sa fidélité au sionisme et à
    Israël». Ainsi, après avoir tenté de jeter son
    dévolu sur la Syrie et reçu une «gifle» de
    l’opposant Suhair Atassi, figure emblématique
    de l’opposition syrienne ( à ne pas confondre
    avec les mercenaires assistés par les Occidentaux
    et leurs sbires du Golfe), le voilà qui louche vers
    l’Algérie. Serait-ce son acolyte Sarkozy qui lui
    aurait soufflé le tuyau ? On se rappelle notamment
    la fameuse «prophétie» sarkozienne
    largement relayée sur le net : «L’Algérie, c’est
    dans un an». Enfin, que dire d’un pseudo
    philosophe qui considère les enfants tués à
    Ghaza comme des dommages inévitables de la
    guerre contre le terrorisme. Prise de position qui
    nous rappelle celle d’un homme politique
    français qui, en 1941, avait légitimé les
    boucheries coloniales en Algérie : «Je crois que
    le droit de la guerre nous autorise à ravager le
    pays». Encore une fois nous lui reposons la
    question : «Dis Bernard, tu dors bien la nuit ?»
    C. A
    La NR 4295 – Samedi 7 avril 2012

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

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