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Ce que nous devons faire… Par Ahmed Halli

9 avril 2012

Ahmed Halli

Chronique du jour : KIOSQUE ARABE

halliahmed@hotmail.com
Il y a, à mon humble avis, deux façons de combattre l’intégrisme islamiste et ses manifestations délirantes et intolérantes : la première, c’est celle que nous avons expérimentée à grande échelle depuis deux décennies, avec les résultats catastrophiques que l’on sait, et ça continue. 
La méthode est simple et découle d’une vision aussi simpliste et monochrome de la société algérienne, telle que rendue à son port et dans l’état où on l’avait voulue. Nos dirigeants à courte vue ne pouvaient se résigner à l’idée que le peuple qu’ils avaient libéré voulait se débarrasser d’eux, l’ingrat ! Ils ont donc choisi l’explication la plus accommodante, et qui avait l’avantage d’éviter aux neurones le choc des réveils trop brusques. On a donc couru comme un seul homme (l’un des avantages majeurs du parti unique), vers la conclusion la moins dérangeante. Puisque les Algériens n’aspiraient qu’à se rendre à la mosquée cinq fois par jour, et plus si affinités, donnons-leur plus de mosquées et plus de temps pour s’y rendre. Il suffit en somme de tirer au bon moment sur le tapis de prière pour désarçonner l’islamiste arrogant et pour prendre sa place, à toutes fins utiles comme l’édification du plus haut minaret du monde. Resserrons l’étau autour des musulmans «non engagés», en réduisant drastiquement le nombre de leurs temples, tels que bars et autres débits de boissons alcoolisées de qualité douteuse et d’origine incontrôlée. Le FLN qui étrennait des barbes fraîchement acquises, en plus de celles abandonnées par certains de ses élus, dont Abassi Madani, n’inspirait toujours pas confiance en dépit de ses professions de foi. On lui a donc ouvert le flanc pour en sortir non pas une splendide Eve, mais un parti habillé de pied en cap et équipé pour les batailles fictives à venir. On a donc créé un parti imberbe, et pour mieux le distinguer de son géniteur, on lui a choisi un chef à moustaches, sachant que dans la culture islamiste les deux ne vont pas de pair. Pour l’encadrement, on n’avait que l’embarras du choix tant l’éventail était large et l’appel d’air stimulant. Il y avait là, outre les clients habituels des nouveaux bazars, des patriotes résiduels, ainsi que des laïcs vieillissants, préférant à la griserie des comptoirs l’euphorique repentance d’une omra. Et comme il fallait un troisième sigle pour donner le change et servir de vitrine au nouveau parti unique, on a fait appel au bon vieux Hamas. Un parti islamiste, pas comme les autres, et apparemment plus attiré par les ors et l’apparat des palais du pouvoir que par les appels du muezzin. Deux décennies plus tard, vous pouvez contempler devant vous ou à vos pieds, selon la posture dans laquelle vous vous tenez, l’Algérie telle qu’elle a été modelée par un pouvoir aux trois sigles, FLN, RND, HMS, qui n’en font qu’un en réalité : FIS. Les trois sigles règnent, mais c’est le FIS qui gouverne, ou à tout le moins dans son inspiration idéologique et dans son programme politique. Al- Mounqidh, l’organe central du FIS, a cessé de paraître, mais certaines de nos «Une» nous rappellent quotidiennement que le FIS a aussi fondé une école de journalisme, plus performante que celle de son géniteur, le FLN. Le FIS n’est plus là, mais ceux qui sont issus de sa matrice idéologique peuvent enregistrer leur victoire la plus probante : le changement de nos habitudes vestimentaires. Le FIS l’avait annoncé, la coalition tripartite qui gouverne sous son étendard l’a fait : le hidjab, le djilbab et le niqab, les trois témoins de la résignation féminine, dominent la cité. La foi, rhabillée, dite «engagée», a désormais ses parangons féminins et ses conversions aux nouveaux credo du wahhabisme. Tel journal nous apprend que l’actrice Nawal Zaâtar vient de se recouvrir la tête, parce que ses cheveux auraient été une source de fitna pour les téléspectateurs algériens. Curieux ! J’ai vu quelques scènes de Nawal Zaâtar, mais ce ne sont pas ses cheveux qui m’ont laissé un souvenir impérissable. Qu’importe : Nawal a décidé, comme Khadjdja Bengana et d’autres, d’annoncer publiquement sa conversion au hidjab. En général, les nouvelles voilées récitent l’antienne telle qu’enseignée dans les bonnes chorales islamistes : «J’ai combattu le diable et je l’ai vaincu.» C’est la version préférée des artistes égyptiennes, sur le tard, et c’est la plus répandue, mais il y a aussi d’autres variantes, comme les visions nocturnes ou les rêves. Or, Nawal Zaâtar, dont on a perdu de vue la «forte» présence depuis pas mal de temps, a fait un rêve. Et comme il y a des rêves pour chaque étape de la vie, notre actrice a rêvé du Prophète, ce qui l’a décidée à se voiler et à ne plus accepter de jouer des rôles sans hidjab, comme elle l’a annoncé à l’adresse des réalisateurs éventuellement intéressés. Là aussi, point d’innovation puisque Souhair Albabili et Hanane Turk, pour ne citer que celles-là, ne tournent plus que voilées. Quant à nos rares productions cinématographiques et télévisuelles, elles s’adaptent si bien que Nawal Zaâtar n’aura guère du mal à trouver des rôles couvrant son affriolante chevelure. Voilà pour la première leçon qui consiste à tout faire pour perdre une bataille tout en faisant semblant de vouloir la gagner. La seconde méthode, qui a ma préférence et qui est tout le contraire de la résignation devant les aléas du sort, consiste à se battre pied à pied. Il faut que les intellectuels attachés aux idéaux de liberté se mobilisent non pas pour un combat à l’épée, mais pour une bataille d’idées. L’exemple nous vient, notamment, de cette Tunisie, si proche et si lointaine, où des universitaires comme Amel Gramé tournent en dérision les soudaines poussées de barbes, au lendemain de la révolution. «Vous pouvez arborer des barbes de la longueur que vous voulez, dit-elle, mais prenez garde à ne pas toucher à nos droits. Car, dans ce cas, nous serons là pour vous arracher vos poils de barbe un par un.» De Tunisie encore, le penseur Lakhdar Afif est sorti ces dernières semaines de son silence pour porter le fer là où ça fait le plus mal, la confrontation des croyances religieuses et des certitudes scientifiques. Mettant en opposition le Dieu des théologiens et le Dieu des scientifiques, Lakhdar Afif fait un pied-de-nez à son vieil ennemi Ghannouchi, notamment au sujet de la création. «Si on se base sur la Genèse, dit-il, Dieu aurait créé l’homme il y a 6 000 ans, or, cela concorde approximativement avec la construction de la muraille de Chine telle que la situent les historiens.» D’où la question cruciale de débattre, enfin, comme on le fait partout ailleurs dans le monde dit libre, des nombreuses contradictions entre le temps biblique et le temps scientifique. À un niveau plus humble, ne serait-il pas temps de penser à ce que nous devons faire, sachant pertinemment que ces gens-là ne travaillent pas pour nous, et encore moins pour le pays.
Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/04/09/article.php?sid=132664&cid=8

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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