Je m’en vais vous raconter un fait véridique. Vous le publierez si vous estimez qu’il vaut la chandelle. Cela s’est passé en juillet 1960. Nous étions une bande de gamins — six ou sept — âgés de neuf à onze ans environ et nous avions pris l’habitude d’aller chaque après-midi jouer au baby-foot dans un café tenu par un pied-noir.
C’était le seul établissement possédant ce jeu. Ledit établissement recevait aussi de nombreux soldats qui venaient y faire ripaille car en plus de l’alcool, on y servait aussi des merguez, des brochettes, etc. Or, un jour, aucun de nous, gamins algériens, n’y alla, peut-être par lassitude sans plus et c’est ce jour-là précisément qu’une grenade y fut lancée, causant des blessures et des dégâts matériels. Deux ou trois jours après, nous voulûmes y retourner pour jouer. A la porte, nous fûmes accueillis par le maître de céans, un balai dans les mains. Il nous traita de petits terroristes car il croyait que nous savions que ce jour-là une grenade allait être lancée chez lui, ce qui était faux. La réalité, nous l’avons apprise plus tard : le fidai avait différé à deux ou trois reprises son lancer parce que nous nous trouvions dans ce café et il ne voulait pas que des «petits frères» soient touchés. Le jour où nous n’y sommes pas allés, il passa à l’action. C’était le temps des héros.
Miloud Bordj Bou Arréridj
Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/04/11/article.php?sid=132721&cid=49















11 avril 2012
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