Voter est un acte de citoyenneté légitimant l’autorité qui en est issue pour réaliser l’intérêt commun et à travers lequel l’individu deviendra un citoyen actif ayant des obligations et des devoirs.
Mais chez nous, en Algérie, le peuple est loin, à des années-lumière de cette approche de la citoyenneté. Pratiquer ce droit constitutionnel dès 18 ans est la meilleure chose qui pourra arriver à un individu au sens juridique durant sa vie pour se sentir utile dans sa patrie et son Etat. Nous voulons être des citoyens plus parfaits que ceux de Genève mais avant d’arriver à cela, les Algériens (nes) veulent des logements pour se marier et se sentir utiles pour leur pays car l’injustice qui gangrène ce secteur dégage une odeur insupportable. Aujourd’hui, nous trouvons des barons qui ont accès à tous les types de logements avec des facilités inimaginables, par contre les Algériens du deuxième collège habitent des bidonvilles ; le problème n’est pas dans le manque de logements mais plutôt dans la mauvaise gestion et la distribution dans ce secteur stratégique. Les Algériens réclament une école publique forte, riche qui forme l’élite de demain avec un programme ouvert sur l’universalité et le progrès. S’agissant de la santé, les malheureux font tout pour ne pas tomber malade, car avoir recours à l’hôpital veut dire mourir avant l’heure, faute de moyens dans les milieux hospitaliers, sans oublier le calvaire des malades chroniques, victimes des importateurs de médicaments sans se soucier de la vie des malades. L’anarchie touche pratiquement tous les domaines, sinon comment expliquer l’état actuel de l’université algérienne classée parmi les dernières du monde arabe et de l’Afrique, dépassée même par l’Ethiopie et la Somalie, bien qu’elle ait été à l’avant-garde des pays du tiers-monde à l’époque de Houari Boumediène. Demander, sans avoir honte, à nous les pauvres malheureux d’aller voter alors que nos jeunes s’aventurent sur des embarcations de fortune pour traverser la Méditerranée et affronter un avenir incertain, rien que pour gagner un morceau de pain pour les uns et à la recherche de l’eldorado pour les autres. La justice sociale a disparu de notre pays et au bout d’une année on a connu toutes les crises, celles du lait, du gaz butane et la dernière celle des patates dans le pays de la pomme de terre. On dirait que c’est Alice au pays des merveilles. Maintenant, nos amis, pour aller voter, donnez-nous à manger et rendez-nous l’espoir.
Ali Laouari
Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/04/11/article.php?sid=132723&cid=49













11 avril 2012
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