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«Quand je parle de Boumediène, j’ai toujours l’impression qu’il a été tué»

15 avril 2012

Contribution

Voxpopuli : 

Le titre du livre Le développement national contrarié* en Algérie écrit par Abdeltif Rebah nous rappelle ce qui se disait au lendemain de la désignation, en 1979, de l’officier supérieur le plus âgé de l’armée aux commandes du pays qu’est Chadli, son programme était dans la destruction de ce qui a été fait au temps de Boumediène. 
L’auteur fait un bilan de l’économie de l’Algérie où l’épure du développement entamé au lendemain de l’indépendance apparaît malgré toutes les réformes-restructurations-privatisations, de liquidations d’entreprises publiques et toute l’opacité entretenue sur le projet de développement de l’économie nationale Aujourd’hui, nous pouvons dire, grâce aussi à cette publication, que nous avons deux périodes, et que la vox populi avait bien raison à ce sujet dès le début. C’est, à mon avis, la richesse du livre. Un de ces vides du livre, de Monsieur Abdeltif Rebah, pose problème. Les tâches d’édifications nationales caractérisent un des bilans positifs de la période du président Boumediène et l’engineering national devait en être le marqueur. Pour minimiser ces TEN, certains vont jusqu’à gommer les luttes de cette période quand d’autres assimilent la construction de toute une industrie à une route ou autoroute, et du coup, l’assimilent à la période actuelle. Quand je parle de Boumediène, j’ai toujours l’impression qu’il a été tué, ce qui me permet d’affirmer encore aujourd’hui que ceux qui l’ont assassiné ne peuvent être que les ennemis de l’indépendance économique de l’Algérie. L’indépendance économique était dans l’idéal des novembristes comme condition sine qua non à la consolidation de la liberté du pays. Le préalable à cette condition est dans l’industrialisation qui, elle, est à son tour conditionnée, disent les économistes, par l’accumulation. Il y a encore aujourd’hui jusqu’à des universitaires qui affirment qu’au lendemain de l’indépendance, l’Algérie, non seulement était dans un néant industriel, un vide et dans tous les domaines, et laissent croire que se sont là les facteurs de l’échec. Ils attribuent donc l’échec de l’industrie au manque d’accumulation. Oui l’industrialisation a été un échec mais elle n’était pas une utopie, comme il est entendu. Monsieur Rebah rapporte dans son livre que «le statut de Sonatrach promulgué par décret du 31 décembre 1963 est la copie quasi in extenso de la loi de 1868…» de la législation française. Cela peut vouloir dire qu’il y a un vide juridique, certainement, mais pas seulement, car la vérité de la Palice a cette constante de cacher la vérité vraie, qui dans ce cas est, qu’au lendemain de l’indépendanc, nous osions disposer du savoir universel et particulièrement celui qui fait partie de notre «butin de guerre». 
Nous disposions de la rente pétrolière

Je rappelle que nous avions aussi en 1962 plus de six usines de charpentes et de chaudronnerie à travers le territoire national, à Alger, Oran et Annaba. La charpente faite à Alger a servi à la construction de plusieurs édifices dont la Grande-Poste d’Alger qui, elle, remonte aux environs de l’année 1920, cet exemple pour dire que l’Algérien a vu faire, et de manœuvre il a été ouvrier pendant longtemps, et parfois jusqu’à chef d’équipe, à la veille de l’indépendance. Nous avions donc des ouvriers d’expérience dans le secteur, sans oublier que des Algériens d’origine étrangère étaient encore à leur poste le plus souvent de maîtrise et de cadre bien après l’indépendance, en plus des coopérants. Le regroupement de ces usines à d’autres de même activité a donné la Société nationale de métallurgie. Quelques années plus tard, il lui a été ajouté une unité d’architecture industrielle appelée plus commodément l’Engineering, pour faire de cette entreprise un ensemblier. Il faut rappeler que l’Engineering avait atteint, en 1977, un effectif de plus de 400 travailleurs, dont l’écrasante majorité était des architectes, ingénieurs, projeteurs, dessinateurs. Au moment où le ministère de M. Belaïd Abdeslam confie la construction des usines aux multinationales, clés en main, produits en mains et tutti quanti ; les 5 000 travailleurs de la SN métal et tout l’équipement, un matériel lourd, restent en sous-charge. L’autre exemple est que la Sonatrach avait, par ses propres moyens, construit l’oléoduc Haoud El Hamra-Arzew «100% algérien», inauguré en 1966 par Boumediène comme indiqué dans le livre, des années après elle confiait la construction de ses pipes aux multinationales à l’instar du gazoduc confié à Bechtel par le même Bélaïd Abdeslam, au lendemain de l’assassinat du président Boudiaf. Au moment même où les capacités nationales chômaient. Certes, la rentabilité financière n’était pas leur souci, par contre le temps était leur talon d’Achille et sa gestion a été confiée au Grand Capital. Ceci dit, peut-on parler de modèle ? Le ver était dans le fruit, et il ne pouvait en être autrement, c’est ce qui facilite l’acte de seriner l’idée que les pouvoirs qui se sont succédé depuis 1962 à 2012 sont identiques, jusqu’à confondre le ver et le fruit, et qui a comme conséquence, cet amalgame entre le nationalisme porté par l’élan du Mouvement de libération national et son déloppement socioéconomique et un nationalisme déclinant jusqu’à la pratique de l’islamisme et son économie «libérale».
Kouidri Saâdeddine Alger le 09-04-12

*Edition Inas Alger, mars 2012

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/04/15/article.php?sid=132865&cid=49

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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