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Hier c’était mieux par El-Guellil

15 avril 2012

El Guellil

Ils l’ont mangé, ce pauvre pays. Ils l’ont divisé traftraf et ils l’ont bouffé. Chkoune pensait qu’on arriverait à ce stade ? Je me rappelle moi, quand mon cousin m’a appelé pour me dire qu’il m’a dégoté un boulot dans une grande charika où un autre de nos cousins était directeur. Purée, je n’ai vu ni à droite ni à gauche, j’ai pris ma valise, j’ai embrassé tout le douar, et à moi el-mdina. Kène el-kheïr ! Juste embauché, j’ai été mis à la porte. Toute ma carrière, je l’ai passée à la porte. Kène el-kheïr ! On rentrait comme on voulait, pour ressortir quelquefois aussitôt. 

Ce qui nous arrive aujourd’hui, je ne le comprends pas du tout. Les gens se haïssent. Z’mène, on s’adorait. Au boulot on était comme des frères. On ne faisait pas partie d’un organigramme, c’était un livret de famille. Quand l’un de nous s’absentait, l’autre pointait à sa place. C’était bien.

Aujourd’hui, ils l’ont bouffé ce pauvre pays. Ils l’ont asséché. Bekri, tu t’inscrivais sur une liste et tu attendais. Tu pouvais avoir un logement de fonction. Tiens, le mien, celui que j’ai vendu, c’est comme ça que je l’ai eu. Après, sur une autre liste, je me suis inscrit. Kène el-kheïr ! C’est comme ça que j’ai construit dans la coopérative où je suis.

Ils l’ont émietté ce pays. Les chacals, ils l’ont bousillé. Chkoune bekri te demandait de travailler ? L’essentiel était d’être présent. Et si l’envie te prenait de vouloir bosser, dès que tu vois le syndicat, ça te passe. Ça, c’était un syndicat qui oeuvrait pour le bien du salarié ! Il tapait fort sur la table. Jamais nos salaires n’arrivaient en retard. Je vais te dire une chose, tu ne me croirais pas : c’est grâce au syndicat que j’ai pu avoir un prêt véhicule. Oui monsieur ! Moi le gardien mis à la porte, j’ai eu ma bagnole ! Mais aujourd’hui, les chacals, ils n’ont rien laissé au zaouali. Bien sûr, le syndicat… non, je n’allais pas m’amuser à fouiller, à la sortie, les malles des voitures des représentants des travailleurs…H’chouma…

Deux ans avant ma mise à la retraite, grâce aux représentants des travailleurs, j’ai été promu chef dipartma sicuriti.         On m’a payé le pilirinage fi mekka. On m’a donné la midaille du service rendi. Une petite fichta, et je suis en retraite dorée. Je regrette rien, sauf que ça me fait mal de voir les chacals yaklou morçoyette, morçoyette… et ils te disent que l’usine était dificitaire… pour la vendre au privé…

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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