PUBLIE LE : 17-06-2009 | 00:00 | PAR SUZANNE AMOKRANE
Je n’ai rien voulu écrire sur le match du 7 juin pour ne pas heurter les sensibilités des lecteurs.

Je n’ai rien voulu écrire sur le match du 7 juin pour ne pas heurter les sensibilités des lecteurs. J’avais des idées tellement choquantes que par décence, j’avais décidé de laisser passer cette folie qui s’est emparée de moi. Sonnée comme j’étais, je n’avais aucune force pour écrire raisonnablement. Une fois l’orage passé, me voici de retour, avec moins de chauvinisme. Mais à peine ai-je remonté la pente que cette EN, qui a fait chavirer nos petits cœurs, se réinstalle en nous, pour nous emmener une fois de plus au ciel. Je n’arrête pas de disséquer les raisons de notre éclatante victoire sur le champion d’Afrique pour comprendre comment cette EN a pu humilier l’Egypte à ce point ? J’en ai conclu que la maturité à laquelle sont arrivés les joueurs et leur coach n’est pas étrangère à ce changement. Tout s’est joué dans l’esprit avec lequel les joueurs se sont présentés sur le terrain. Des guerriers, voilà ce qu’on avait vu ce jour-là. Les joueurs ont mordu leur match et n’ont rien lâché jusqu’au bout. Ce n’est que de cette manière que nos victoires deviennent possibles. La guerre de libération, tout comme les grandes victoires de nos sportifs, n’ont été rendues possibles que par la grâce de cette hargne propre à l’Algérien. Mais cette fois, il faut reconnaître que cette leçon de fight spirit nous a été donnée par nos enfants issus de l’émigration. Elle est venue de ceux qu’on accusait à tort d’être moins Algériens et moins chauds que ceux du pays. Une belle leçon de patriotisme lancée à la face de ceux qui avaient douté de l’envie de Yahia, Bougherra, Matmour, Ghezzal ou Mansouri de jouer avec leurs tripes. Je me demande si ceux d’ici auraient joué avec la même détermination, avec le même chauvinisme. La hargne avec laquelle Djebbour avait célébré son but n’avait d’égale que la joie qu’il nous a procurée. C’est dire si nos enfants venus d’ailleurs sont fiers des couleurs nationales. Des joueurs comme Ghezzal et Bougherra sont carrément restés au pays pour humer la réaction du peuple et prendre le pouls de leur cote après un tel succès. Mes collègues et confrères qui les ont vus dans leur patelin d’origine ont rapporté leur bonheur d’être dans cette authenticité. Ces joueurs, qui n’avaient pas vu leurs cousins et le douar d’origine de leurs grands-parents, ont été émus par toute l’affection avec laquelle la population les avait entourés. Ils sont venus jouer, gagner, redonner un immense espoir à des compatriotes qu’ils ne connaissaient ni d’Eve ni d’Adam, et ensuite voir du pays dans l’état qu’ils auraient aimé le découvrir. Pas l’inverse, comme le voudrait monsieur Lacen.
Suzanne Amokrane
suzanneamokrane@yahoo.fr
http://www.lebuteur.com/foot-en-vrac/actualites/lalgerie-dans-letat-quon-la-desire%E2%80%A6













15 avril 2012
SUZANNE AMOKRANE.