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Echec annoncé ! par El-Houari Dilmi

18 avril 2012

El-Houari Dilmi

C’est l’histoire d’une fable à ne pas raconter la nuit, aux cancres ni aux à ceux pour lesquels l’école reste le «lieu-dit» le plus reculé du pays.     Quelque part dans un coin paumé du pays profond, la porte cochère d’une porte décrépie, faisant office d’un lieu où, parait-il, l’on apprend à lire dans la main et écrire dans le dos des autres, demeure fermé, avec le désespoir d’un condamné à l’échafaud. Mais pourquoi s’interroge Chalachou, cet instit’, dans la peau d’un moulin détourné par un mauvais vent, ne revient-il plus occuper les garnements du village, leur bourrer le crâne de choses qui ne font plus nourrir nos vaches, ni cuire notre pain bénit ?      C’est alors que Chalachou décida de réunir les sages du douar pour juger, sans plus attendre, cet instit’ aux idées « achetées » par des sous faussement neufs, pour s’expliquer avec lui sur les vraies raisons de son « échec » annoncé. Et Chalachou posa des questions qui veulent dire à peu- prés cela :

- Pourquoi tu ne réussis plus à apprendre à nos mioches que « l’art » d’investir dans la rue pour divorcer d’avec une école qui n’apprend plus à vivre. Pourquoi as-tu abandonné d’échanger ta culture « lucrée » contre nos incultures tenaces. Ta lecture contre nos injustes conjectures. Ton écriture contre nos terres incultes. Et tes bâtons en plâtre moulé contre le tableau noir de nos vies délavées… ?

- C’est parce que je suis en grève Monsieur Chalachou…

- Et ça veut dire quoi une grève, cette idée satanée, sortie tout droit de vos esprits enkystés ?

- Une grève, c’est une façon de s’arrêter pour mieux marcher Monsieur Chalachou. Reculer pour mieux avancer. Baisser l’échine pour mieux muscler ses vertèbres fatiguées. Vous savez, M. Chalachou, un instit’, c’est un homme lui aussi. Son métier, c’est d’abord de servir de levure dopée à la dignité trop plate de l’autre. Lui apprendre la vie à l’(en) droit. Un instit’, à part son souci de ne plus manger de pain noir, c’est, aussi, apprendre aux autres à mieux respecter son pain blanc. Un instit’, ça peut même ouvrir les yeux, faire apprendre des «choses» qu’il ne faut pas… Avec le risque de vous faire casser le nez… et votre «grosse» gueule. Perdre votre job, aussi inutile qu’une fausse prière. Un instit’, çà peut, aussi, faire monter très haut les autres, pour se retrouver, lui, au bas de l’échelle brisée.    Apprendre aux autres à compter jusqu’à l’infini quand lui, il n’a jamais rien compté que des bûchettes cassées. Oui, un instit’, ça peut vous donner un passeport pour traverser la terre et la mer, et même le ciel, pour se noyer, lui, dans son rêve confisqué et son métier rapetissé.

- Et que nous voulez-vous avec votre maudit métier ?

- Simplement défendre une profession chèrement payée, mais pas bien rémunérée…

- Encore des sous, des sous et encore des sous ! ; et ce n’est pas de la boulitique tout ça, avec vos têtes grosses comme nos brebis pleines et vos poches (dé) vidées comme nos espoirs trahis ?

- Non, non, rien de tout cela. Notre seul espoir, à nous autres, c’est de faire de l’Ecole une sorte d’hosto où ne rentrent que les gens en bonne santé, je veux dire…

- Taisez-vous !, faites-moi sortir cet abusé SVP, tranche Chalachou, incisif comme un canif. C’est vrai que j’ai oublié que l’obole a toujours retardé les révolutions… Ainsi aimait parler Chalachou au peuple des faux précepteurs…

Echec annoncé !

par El-Houari Dilmi

Echec annoncé ! par El-Houari Dilmi dans El-Houari Dilmi spacer

C’est l’histoire d’une fable à ne pas raconter la nuit, aux cancres ni aux à ceux pour lesquels l’école reste le «lieu-dit» le plus reculé du pays.     Quelque part dans un coin paumé du pays profond, la porte cochère d’une porte décrépie, faisant office d’un lieu où, parait-il, l’on apprend à lire dans la main et écrire dans le dos des autres, demeure fermé, avec le désespoir d’un condamné à l’échafaud. Mais pourquoi s’interroge Chalachou, cet instit’, dans la peau d’un moulin détourné par un mauvais vent, ne revient-il plus occuper les garnements du village, leur bourrer le crâne de choses qui ne font plus nourrir nos vaches, ni cuire notre pain bénit ?      C’est alors que Chalachou décida de réunir les sages du douar pour juger, sans plus attendre, cet instit’ aux idées « achetées » par des sous faussement neufs, pour s’expliquer avec lui sur les vraies raisons de son « échec » annoncé. Et Chalachou posa des questions qui veulent dire à peu- prés cela :

- Pourquoi tu ne réussis plus à apprendre à nos mioches que « l’art » d’investir dans la rue pour divorcer d’avec une école qui n’apprend plus à vivre. Pourquoi as-tu abandonné d’échanger ta culture « lucrée » contre nos incultures tenaces. Ta lecture contre nos injustes conjectures. Ton écriture contre nos terres incultes. Et tes bâtons en plâtre moulé contre le tableau noir de nos vies délavées… ?

- C’est parce que je suis en grève Monsieur Chalachou…

- Et ça veut dire quoi une grève, cette idée satanée, sortie tout droit de vos esprits enkystés ?

- Une grève, c’est une façon de s’arrêter pour mieux marcher Monsieur Chalachou. Reculer pour mieux avancer. Baisser l’échine pour mieux muscler ses vertèbres fatiguées. Vous savez, M. Chalachou, un instit’, c’est un homme lui aussi. Son métier, c’est d’abord de servir de levure dopée à la dignité trop plate de l’autre. Lui apprendre la vie à l’(en) droit. Un instit’, à part son souci de ne plus manger de pain noir, c’est, aussi, apprendre aux autres à mieux respecter son pain blanc. Un instit’, ça peut même ouvrir les yeux, faire apprendre des «choses» qu’il ne faut pas… Avec le risque de vous faire casser le nez… et votre «grosse» gueule. Perdre votre job, aussi inutile qu’une fausse prière. Un instit’, çà peut, aussi, faire monter très haut les autres, pour se retrouver, lui, au bas de l’échelle brisée.    Apprendre aux autres à compter jusqu’à l’infini quand lui, il n’a jamais rien compté que des bûchettes cassées. Oui, un instit’, ça peut vous donner un passeport pour traverser la terre et la mer, et même le ciel, pour se noyer, lui, dans son rêve confisqué et son métier rapetissé.

- Et que nous voulez-vous avec votre maudit métier ?

- Simplement défendre une profession chèrement payée, mais pas bien rémunérée…

- Encore des sous, des sous et encore des sous ! ; et ce n’est pas de la boulitique tout ça, avec vos têtes grosses comme nos brebis pleines et vos poches (dé) vidées comme nos espoirs trahis ?

- Non, non, rien de tout cela. Notre seul espoir, à nous autres, c’est de faire de l’Ecole une sorte d’hosto où ne rentrent que les gens en bonne santé, je veux dire…

- Taisez-vous !, faites-moi sortir cet abusé SVP, tranche Chalachou, incisif comme un canif. C’est vrai que j’ai oublié que l’obole a toujours retardé les révolutions… Ainsi aimait parler Chalachou au peuple des faux précepteurs…

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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