L’Algérie, terre de Saint Augustin, Apulée, Ibn Khaldoun et Mohamed Arkoune, a été un champ fertile pour la production de la pensée et des idées éclairées qui ont contribué à l’enrichissement du patrimoine intellectuel et culturel universel.
L’Etat algérien post-indépendence est conduit par un système psychotique qui niait toutes les réalités et les différences, un système qui portait une phobie envers tout ce qui est culturel et intellectuel. Les dirigeants du pays ont tenté de juguler tout processus qui va dans le sens de faire valoir l’intelligence ou qui va reconduire le peuple vers ses valeurs authentiques et universelles. Les décideurs du pays ont consumé le foyer de l’intelligence, ils l’ont remplacé par celui de la terreur, de la l’intégrisme et de l’obscurantisme. Une Algérie qui congédiait les meilleurs de ses enfants, une Algérie portée par l’amnésie, oubliant ceux qui ont sacrifié leur vie pour cette chère patrie. Le pire s’est produit par une école défaillante qui a produit des mutants, des diplômés illettrés et des esclaves heureux de leurs malheurs, le résultat, l’intellectuel a perdu sa place dans la société, un grand fossé s’est creusé entre les deux parties, des Algériens de la couche instruite qui ne connaissent pas leurs écrivains et penseurs et des Algériens de la même strate qui n’arrivent pas à contenir les messages de ses érudits. La famille des Amrouche représente cet exemple vivant de toute cette discrimination, d’ostracisme, de maltraitance et de rejet catégorique de toute pensée différente. Aujourd’hui, nous nous devons de poser cette question afin de trouver une réponse probante et convaincante : pourquoi toute cette haine ? Parce que la famille des Amrouche est tout simplement chrétienne et que l’Algérie officielle n’a imposé que l’Islam comme seule et acceptable religion des Algériens. Parce que Fadhma At Mansour est la première romancière en Afrique du Nord et que pour les dirigeants, nous devons être classés premiers que dans les différentes sortes de maux. Parce que Jean Amrouche représentait la voix de l’intellectuel algérien pendant la révolution et qu’en réalité ceux qui appartiennent à ce système sont ceux qui ont refusé la primauté du politique sur le militaire ou la primauté de la pensée sur l’action. Parce que Taous Amrouche chantait en berbère des chants qui nous font voyager dans les temps les plus anciens, en racontant nos légendes et nos sacrifices, en faisant imaginer des tableaux de notre beauté et charme éternel, mais la réalité, c’est que nous vivons dans un Etat qui a créé une culture officielle enclavée dans l’andalou et l’orientale, en écartant toute cette dynamique culturelle qui s’inspirait de l’algérianité. Le pire se produit aujourd’hui, même des années après la disparition de la famille des Amrouche, le pouvoir ne cesse pas de porter atteinte à leur mémoire et à la mémoire collective de tout un pays et même universelle en détruisant ce qui qu’il leur reste, en l’occurrence leur maison à Ighil-Ali, un geste qui renseigne sur toute cette haine profonde qui est portéé sur tout ce qui est intellectuel et authentiquement algérien.
Amar B.
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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/04/26/article.php?sid=133391&cid=49















26 avril 2012
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