Ighil-Ali, l’association Taos et Jean Amrouche a finalement eu raison de l’ONM qui s’opposait à l’érection, sur la place des Martyrs, de la statue représentant Jean El Mouhoub Amrouche. Jean Amrouche est-il réhabilité pour autant ?
Cette statue de six mètres, socle compris, semble robotique, sans souplesse, figurine géante plantée derrière des câblages entre deux hideuses bâtisses, évoque davantage celle d’un dictateur arabe ou nord-coréen que celle d’un homme de lettres philanthrope. C’est peut-être le but recherché que de faire un monument de propagande politique ? Mais quand on sait que cette dernière n’a jamais été efficace, on perd sur les deux tableaux, politique et artistique. L’initiative des concepteurs de ce projet est louable eu égard au rejet «officiel» des Amrouche (intellectuels, Kabyles et chrétiens. «Trinité» qui ne correspond pas aux constantes de la nation voulue par Ben Bella, paix à son âme enfin), mais le mépris des arts par les pouvoirs publics (n’en déplaise à Mme Toumi qui confond la Culture avec la Société du spectacle), l’arrogante médiocrité que l’école algérienne transmet au lieu du Gai Savoir, ressortent violemment dans le résultat de leurs efforts et les perpétuent inconsciemment mais en tout cas objectivement. Le livre que le personnage tient semble glisser inexorablement le long de ce corps rigide. Tout un symbole. Comme dirait un vieil ami rebelle contraint à la résignation mais toujours débonnaire, mâaliche !
Nabil Kabli
P. S. : «Je meurs pour m’être retourné sur moi-même. Il est interdit de se voir et j’ai fini de me connaître. Comme la femme de Loth, que Dieu changea en statue de sel, puis-je encore vivre audelà de mon regard ?»
Albert Memmi
Dans son roman : La statue de sel(dans lequel il fait allusion à Jean Amrouche).
Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/04/26/article.php?sid=133389&cid=49














26 avril 2012
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