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Le lieutenant, un roman subtile de Kate Grenville

26 avril 2012

Auteurs FRANCAIS

Dans ce roman plein de subtilités, il y a quelque chose de La mort absurde des Aztèques, écrit par Mouloud Mammeri. Mais avec la prose en moins.

Le lieutenant, un roman subtile de Kate Grenville  dans Auteurs FRANCAISKate Grenville

Daniel Rooke était un homme taciturne ; c’est un solitaire. Mais brillant. Déjà à 5 ans, quand il est entré à l’école, il savait déjà lire depuis un an. Sa passion : collectionner dans un carnet les nombres spéciaux, ceux qui n’étaient divisibles que par eux-mêmes et par un. Etrange ? Oui, d’ailleurs, son intelligence est vite repérée. Daniel Rooke ne passe pas longtemps inaperçu. A 8 ans, il reçut une bourse du docteur Adair. Le jeune prodige rejoint l’académie navale de Portsmouth. Un paradoxe, car Daniel vient d’un milieu modeste et cette institution accueille plutôt la haute société britannique. 

Mais Daniel ne perd pas son temps, il se découvre deux passions : l’astronomie et la navigation. D’où son rêve de partir loin, voyager. Encore une fois le Dr Adair sera là pour lui mettre les pieds à l’étrier en le présentant à l’astronome royal. Lequel l’envoie en exploration scientifique en Australie pour y étudier le retour d’une comète. Mais n’anticipons pas sur l’histoire, car avant de rejoindre l’hémisphère sud, Daniel rejoint les forces navales de l’armée britannique confrontée aux guerres coloniales. Mais Rooke se rend compte qu’il n’est pas taillé pour la carrière militaire. Il attendait juste de réaliser sa vocation. Celle du grand voyage. A son retour donc, Daniel Rooke embarque avec des prisonniers dans le Sirius à destination de la Nouvelle Galles du sud. Les prisonniers sont condamnés à vivre dans une colonie pénitentiaire. Kate Grenville s’inspire donc de la vie de William Dawes, un tout jeune lieutenant des  »marines » qui accompagne en 1788 la première flotte acheminant des bagnards d’Angleterre en Australie.

A l’arrivée, Daniel s’installe à l’écart des autres pour mener ses recherches et observations astronomiques. Seulement cette terre était habitée, ce dont se rendra compte l’astronome qui prend conscience de la présence d’aborigènes. Les « naturels » comme il les appelle apparaissent et disparaissent d’une facilité déconcertante. Curieux, Daniel se lie d’amitié avec un groupe d’enfants, et notamment une jeune fille aborigène. Tous les deux, chacun apprend la langue de l’autre. La rencontre entre Tagaran, la jeune Aborigène et Daniel est un pur régal. Un amitié naît de cette relation entre deux personnes issues de deux mondes. Très vite le jeune scientifique découvre la culture de ce peuple premier, sa richesse. Le choc pour le scientifique bardé de connaissances. Mais l’équilibre précaire entre aborigènes et colons va vite vaciller. La réalité colonialiste rappelle à l’ordre (au désordre) le jeune passionné.

Au risque de déflorer le suspense, arrêtons ici le résumer de cette histoire qui aurait pu avoir lieu en Algérie, ou dans n’importe quelle ancienne colonie française. Kate Grunville nous offre là un roman qui explore les déchirures profondes qui ont traversé la conquête de cette terre australienne. Mais au-delà, c’est un peu le clash d’une rencontre entre deux peuples, deux civilisations : un épris de sa liberté, vivant en harmonie sur sa terre et l’autre, ambitieux, conquérant, destructeur et toujours avide de terres. L’auteur nous rappelle à quel point l’homme est pervers, égoïste. Dans Le lieutenant publié par Métaillié, Kate Grenville nous montre des aborigènes très intelligents, plus intelligents que les colons. Un hommage sans doute à ce formidable peuple exploité, avilie, réduit à l’esclavage pendant des siècles et presque exterminé. L’écrivain autralien explore les impossibles relations coloniales sans tomber dans l’image d’Epinal.

Kassia G.-A.

Le Lieutenant, de Kate Grenville, éditions Métaillié

Par Le Matin DZ 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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