RSS

Tunisie, menace sur les médias Par Hassane Zerrouky

26 avril 2012

Hassane Zerrouky

Chronique du jour : CE MONDE QUI BOUGE

Le procès de Nessma-TV, la menace de privatisation des médias publics brandie par Ennahda, sur fond de rapports conflictuels entre journalistes et autorités politiques, avec à l’arrière-plan les menaces salafistes, dénotent, si besoin est, que la transition vers la démocratie est loin d’être gagnée.
Commençons par le procès de Nessma-TV. Son directeur, Nabil Karoui, poursuivi et jugé pour «atteinte aux valeurs du sacré, atteintes aux bonnes mœurs et troubles à l’ordre public», après la diffusion en octobre de Persépolis, film d’animation de Marjane Satrapi, risque trois ans de prison. Le verdict sera prononcé le 3 mai prochain, journée de la liberté de la presse ! «Le jugement sera historique et aura un effet sur la région» du Maghreb, a-t-il assuré jeudi passé. «C’est le procès de la liberté d’expression en Tunisie après la révolution et il met en danger les Tunisiens qui veulent avoir le droit de s’exprimer sans demander la permission aux chefs religieux », a-t-il ajouté. Et si l’accusation a expliqué qu’il fallait poser des limites à la liberté d’expression, estimant que ce film était une attaque contre les croyances religieuses, l’avocat de Nessma-TV, Me Faouzi Ben Mrad, a rétorqué que «Dieu n’a mandaté personne pour le défendre». Aux alentours du tribunal, plusieurs dizaines de salafistes, en tout cas pas plus d’une centaine, certainement les mêmes qui avaient tenté en octobre dernier d’incendier le domicile du directeur de la chaîne de télé, brandissaient des pancartes appelant à l’exécution du directeur de la chaîne de télévision. Rien de moins. Face à eux, des dizaines de militants de gauche et de la société civile scandant : «Médias libres en Tunisie, ni Amérique, ni Qatar», allusion au soutien des Etats-Unis et du Qatar aux islamistes au pouvoir en Tunisie. En marge du procès de Nessma-TV, se déroule un autre combat tout aussi décisif pour le devenir d’une liberté de la presse encore fragile. Depuis le 2 mars, plusieurs dizaines de militants et sympathisants d’Ennahda se relayent pour camper devant le siège de la télévision publique Wataniya qu’ils accusent d’être aux mains de RCdistes (membres du RCD, parti dissous de Ben Ali) ou de «gauchistes » et, partant, de «semer la sédition et créer la zizanie dans le pays». Aussi revendiquent-ils «l’épuration» des médias publics, autrement dit une chasse aux sorcières. Ce que justifie en écho le porte-parole d’Ennahda, Nejib Gharbi, en affirmant qu’«Al-Watanyia a une orientation idéologique ». L’affaire fait grand bruit dans un pays où les attaques contre les journalistes et les médias sont récurrentes. Lesquels sont régulièrement accusés par les nahdhaoui de dénigrer la politique du gouvernement. Même le président Marzouki leur reproche de manquer d’impartialité dans le traitement des informations. Mais qu’à cela ne tienne, Rached Ghanouchi croit avoir trouvé la parade. Afin de ne pas être accusé de porter atteinte à la liberté de la presse et d’information, il a préconisé de privatiser les médias publics. Quoi de plus libéral, en effet, dans l’esprit de ce monsieur, que soumettre l’information aux lois du marché capitaliste ! Ainsi, dans un entretien datant du 18 avril aux quotidiens qatari Al-Sharq et omanais Oman, il s’est demandé «pourquoi les régimes démocratiques maintiendraient-ils des médias officiels» ? C’est pourtant le cas des Etats-Unis avec qui Ennahda envisage une «alliance stratégique» et de la Grande-Bretagne, où le leader d’Ennahda a vécu, deux pays disposant de puissants médias publics ? Aussi envisage-t-il de «prendre des mesures radicales dont, éventuellement, la privatisation des médias publics». A une vraie question, celle de la liberté d’informer, Ghanouchi oppose donc la privatisation des médias, à savoir les confier à des groupes d’intérêts privés, aux puissances de l’argent, où le traitement de l’information et le choix des programmes répondent plus aux lois du marché et à leur expression politico-libérale qu’à l’intérêt général.
H. Z.

Source de cet article :

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/04/26/article.php?sid=133422&cid=8

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Les livres de K79 |
liremapassion |
Le phaéton véloce |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Des histoires plein la tête.
| Oaristys
| jonathanjoyeux