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La nouvelle de Adila Katia A l’ombre de tes yeux

28 avril 2012

Adila Katia

 

Par : Adila KATIALa nouvelle de Adila Katia     A l’ombre de tes yeux dans Adila Katia 11617_200_150

Besma a l’impression d’étouffer. Elle allume la lampe de chevet et quitte son lit. Elle ouvre la fenêtre et respire profondément. L’air frais lui fait du bien. Au bout d’un moment, elle finit par se sentir mieux. Elle décide de laisser les volets ouverts et tire les rideaux. Elle espère pouvoir s’endormir un peu. 
Elle a besoin de se reposer. Elle a passé une semaine éprouvante. Les examens du bac n’ont pas été faciles. Elle pense s’être plantée à un examen de chimie. Les mathématiques et la physique n’ont jamais été ses points forts même si ses notes ont toujours été bonnes. Elle a conscience que si elle échoue au bac, les examens d’une de ses matières en seront la cause.
Même si elle a bien travaillé dans les autres matières, elle craint sérieusement l’échec. Rien que d’y penser, la sensation d’étouffement lui revient.
Cette fois, elle ne retourne pas à la fenêtre, elle sort de sa chambre et se rend à la salle de bain où elle se rafraîchit le visage.
- Qu’est-ce que tu fais là ? lui demande sa mère, surprise qu’elle soit encore debout. Tu ne te sens pas bien ?
-Si… Mais je n’arrive pas à dormir, confie la jeune fille.
- Tu dois te reposer un peu… Il est  près de minuit, dit Djamila. Où est-ce le bruit que font tes frères qui t’en empêche ?
- Non, non… Je suis inquiète…Ou plutôt angoissée…
La mère sourit et tente de la rassurer.
- Tu t’angoisses pour rien, lui dit–elle. Tu es bonne élève et tu t’es bien préparée pour les examens du bac.
- N’empêche, soupire Besma. C’est plus fort que moi. Je crois que je vais rejoindre les garçons, dans leur chambre ! Je vais passer un peu de temps avec eux.
- Si tu veux une tisane, il en reste !
Mais elle ne veut rien boire. Elle se rend au fond du couloir et frappe doucement à la porte de la chambre de ses frères. On ne lui répond pas mais la raie de lumière qui filtre en bas de la porte la pousse à insister. Comme elle est toujours sans réponse, elle décide d’ouvrir tout de doucement. S’ils se sont endormis, elle refermera sans faire de bruit.
Mais ces derniers ne dorment pas. Samir, étudiant en lettres, a le nez plongé dans un livre. Norredine le plus âgé d’entre eux, finit ses études en pharmacie. Il ne révise pas. Un casque sur les oreilles, il joue sur l’ordinateur. D’où elle se tient, elle peut voir des hommes tomber sous les balles d’un policier.
- Coucou !
Samir lève la tête et sourit. Son geste attire l’attention de Noreddine qui se tourne. Il enlève son casque et abandonne le jeu. Ils sont surpris de la voir.
- Comment se fait-il que tu sois encore debout ?
- C’est dans les gènes de la famille, personne ne dort ! réplique-t-elle. J’ai envie de dormir mais…
Elle soupire, agacée.
- Il fait chaud.
- Depuis quand la chaleur te gêne-t-elle ? demande Samir, en souriant, tout en l’invitant d’un geste de la main à s’asseoir sur son lit. Tu ne penserais pas aux résultats du bac ?
- Un peu…
- Juste un peu ?
- Je suis morte d’angoisse, réplique-t-elle. Je ne voudrais pas échouer !
- Pourquoi serait-ce le cas ?
- Je ne sais pas… J’ai peur… C’est plus fort que moi !
Samir et Noreddine tentent de la rassurer.
- Tu t’angoisses pour rien, dit Samir. Je suis sûr que tu auras la meilleure note de ta classe !
- Bac avec mention… Tu ne nous surprendras pas ! intervient leur aîné. En fait, c’est dans les gènes… Nos parents ont des génies!
Besma se rappelle que leur mère ne trouve le sommeil qu’une fois sa petite famille est endormie. Elle propose à ses frères, de vite se mettre au lit. Ils promettent de ne pas tarder. Leur père Abdou dort depuis un moment, épuisé par le voyage. Il s’était rendu au bled. Elle regrette de ne pas l’avoir accompagné. Peut-être que cela l’aurait aidée à se changer les idées ?

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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13 Réponses à “La nouvelle de Adila Katia A l’ombre de tes yeux”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    ——————————2iéme partie————————–

    Personne n’est surpris lorsqu’elle obtient son bac avec mention. Sa famille et ses amis s’y attendaient. La seule à avoir douté, c’est bien Besma. Elle avait craint sérieusement l’échec.
    Elle pleure de joie. Toute sa famille est fière d’elle. Tous lui reprochent ses angoisses. Ils ne l’ont jamais comprise. Même elle ignore l’origine de ses angoisses.
    - Tu as obtenu d’excellentes notes en maths, en physique, en science naturelle… en lettres aussi… Qu’as-tu l’intention d’étudier ?
    - Je pense à étudier l’informatique… En fait, je ne sais pas encore. Mais dès que je saurais, vous serez les premiers à l’apprendre !
    Quelques semaines après, elle se décide. Elle n’étudiera pas la médecine, ne deviendra pas architecte ou ingénieur mais tout simplement comptable.
    - Mais pourquoi ? Tu n’as jamais aimé les maths, remarque sa mère. Je te voie bien devenir médecin, mais comptable…
    - Je ne serais pas une simple comptable mais une expert-comptable… Si c’était un métier à la portée de tous, je n’aurais pas à fréquenter l’université pendant quatre ans !
    - Tu travailleras où ?
    - Je ne sais pas encore, répond la jeune fille. Pose-moi une question à laquelle je pourrais répondre…
    - Tes copines, elles étudieront quoi ?
    Besma sourit. Tout comme elle, elles ne se sont pas encore décidées.
    Ses frères comprennent qu’elle veuille prendre une autre direction que celle souhaitée par leurs parents. Ils l’encouragent à ne pas tenir compte de leurs remarques.
    - C’est toi qui vas étudier, pas eux ! Si tu n’as pas la passion, tu finiras par être dégoûtée ! Fais ce que tu veux ! C’est ton choix… Comme ça, tu n’auras pas de regrets ! Et puis tu ne pourras pas dire, c’est la faute à papa ou à maman…
    Besma est bien d’accord avec eux. Elle décide d’aller au bout de son envie. Elle étudiera à l’université, la technique de comptabilité, pendant trois ans. Elle fera un stage facultatif, dans une petite entreprise. Un stage qu’elle ne finira pas. Son père lui a déniché un poste, dans une société privée. Cet emploi tombe au bon moment car elle commençait à se lasser. Elle a envie de travailler.
    Ses frères ont fini leurs études. Le pharmacien resté sans emploi pendant des mois, travaille à l’hôpital. L’étudiant en lettres enseigne au primaire. Ce n’est pas ce qu’il souhaitait mais le chômage ne lui a pas laissé le choix.
    Besma est heureuse de pouvoir, tout comme eux, soulager leurs parents, financièrement. Elle peut aussi mettre de l’argent de côté. Elle voudrait acheter une voiture. Un jour…
    Elle ne pense pas à se marier. Elle n’a pas de petit ami. Ses anciens camarades d’études font leur vie, chacun de son côté. En fait, le seul qu’elle croise parfois, est Idir. Il a aussi étudié la gestion. Il travaille comme responsable des ressources humaines, dans une entreprise privée. Son oncle a bien voulu le prendre sous son aile.
    Ils se sont croisés dans la pizzeria où ils ont l’habitude de déjeuner. Ils se sont salués plus d’une fois sans vraiment aller jusqu’à discuter.
    La collègue de Besma, Lamia a bien remarqué qu’ils se passent quelque chose entre eux. Elle ne comprend pas ce qui les empêche de se rapprocher…

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    ————————————03—————————-
    Lamia les a bien observés. Il saute aux yeux de tous que le jeune homme est intéressé. Serait-il timide ?
    Elle pose la question à Besma. Celle-ci ne se rappelle pas.
    - Non, je ne crois pas qu’il soit timide !
    - Alors, qu’est-ce qui l’empêche de s’asseoir à notre table ?
    - Je l’ignore, répond la jeune fille en le regardant le temps d’une seconde.
    Lamia sourit lorsqu’il remarque leurs regards. Besma, gênée, a détourné les yeux.
    - Tu es en train d’imaginer des choses ! S’il est là, c’est pour déjeuner à la va vite, tout comme nous !
    - Il te mange des yeux ! insiste Lamia. Comment le trouves-tu ?
    - Normal, réplique la jeune fille.
    - Moi, je le trouve craquant ! Il est si charmant… S’il le veut, je suis d’accord, pour nous donner une chance ! Mais qu’attends-tu ? Il est bien sous tout rapport !
    Besma n’a pas dit ce qu’elle pense de lui. Elle juge que son amie a tendance à tirer des conclusions hâtives. Idir ne les regarde pas. Il n’est intéressé ni par elle ni par sa collègue.
    Elle finit de manger et tient à retourner au bureau.
    - On prend un café avant, propose Lamia.
    - Non, j’ai beaucoup de travail, prétexte la jeune fille en prenant son sac. Il faut que j’y aille…
    - Je te rejoins tout à l’heure !
    Besma part, soulagée de ne pas avoir à rester une minute de plus. Elle ne tient pas à assister au manège de sa collègue. Elle voit bien que cette dernière est intéressée par Idir et qu’elle voudra provoquer sa chance.
    Elle reconnaît au fond d’elle-même qu’il est plutôt beau garçon. Elle n’a jamais pensé au compagnon idéal qu’elle pourrait avoir pour mari. Elle ne pense pas au mariage. Son cœur n’a pas encore connu l’émoi de l’amour. Studieuse et sage, avant, elle ne s’est consacrée qu’à ses études et à sa famille. Maintenant qu’elle travaille, elle n’a plus beaucoup de temps libre. En dehors du bureau, elle s’efforce à aider sa mère. Elle la soulage comme elle le peut.
    Car il y a des jours où elle ne finit pas tôt et où elle emporte du travail à la maison. Ces jours-là, elle ne peut pas grand-chose.
    Vite de retour au bureau, Besma n’a plus le temps de penser à Idir et lorsqu’une heure plus tard, Lamia rentre, elle ne lui pose aucune question. Elle est au téléphone avec des clients.
    - Je vais étudier votre proposition et en parler à mon responsable…
    Elle raccroche tout en se levant pour se rendre à son bureau. Mais ce dernier n’est pas là. Elle appelle alors leur chef, sur son portable qui l’écoute attentivement.
    - Préparez la facture, lui dit-il. Puisque c’est un bon client, il ne faut pas perdre cette occasion !
    Besma faxe les papiers à leur centrale, situé à Alger, et elle manque de sauter de joie lorsqu’on lui apprend qu’elle aura une prime.
    - Vous avez su traiter avec succès… Dorénavant, c’est vous qui discuterez avec les clients, décide leur grand patron. A chaque affaire de conclu, vous aurez une prime…
    Elle est satisfaite. Son travail lui plaît. En se donnant à fond, elle obtient de bons résultats. Elle n’a pas le temps de rêver devant l’écran de son ordinateur comme Lamia dont le travail s’en fait ressentir…

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    —————————-4iéme partie—————————-

    -Je me demande comment tu peux être insensible, à son charme !
    Besma ne lève pas la tête, du dossier qu’elle étudie. Elle a à peine entendu Lamia. Il faut que celle-ci vienne s’asseoir sur le coin de son bureau pour qu’elle la remarque.
    - Ce n’est pas une chaise, lui dit-elle.
    - Je te parle du beau gosse Idir, lui rappelle Lamia. Peux-tu me dire ce qui ne tourne pas rond chez toi ?
    - Dans ma tête, tout est carré, réplique la jeune fille. Le jour où je fréquenterais un garçon, c’est parce qu’il ne se contentera pas d’un regard ou d’une relation sans lendemain… Le jour où j’accepterais d’avoir un petit ami, c’est parce que ses intentions sont honorables !
    - Comment peux-tu savoir si tu ne lui donnes pas une chance ?
    - Il ne l’a pas demandée, répond Besma. Cela fait des semaines que tu rêves de lui, pourquoi n’y a-t-il rien entre vous ? J’ai bien remarqué que tu faisais tout pour qu’il te voie!
    Lamia a un soupir qui en dit long. Elle lui répond franchement.
    - Je pense qu’il n’a d’yeux que pour toi ! Moi, je n’existe pas… Il ne semble pas me voir même lorsqu’on se retrouve face à face à la pizzeria ou au salon de thé !
    - Ne me dis pas que tu renonces à lui ! Puisqu’il te fait de l’effet…
    Lamia est réaliste. Elle n’a aucune chance auprès d’Idir.
    - Il est à toi si tu le veux ! Moi, je n’existe pas à ses yeux !
    Besma sourit tout en rangeant le dossier. Elle lui fait remarquer que depuis qu’elle a des vues sur lui, elle n’a pas beaucoup travaillé.
    - Tu ne mérites pas ton salaire ! Une grande partie des études, c’est moi qui les ai faites à ta place !
    - Je sais… Je te promets de m’y remettre, dit Lamia. Maintenant que je suis fixée autant me consacrer au travail…
    Besma, à son grand soulagement, la voit tenir parole. Elle qui ne déjeunait plus en sa compagnie finit par revenir à leurs habitudes. Elles se rendent à la pizzeria et un jour, alors qu’elle est en train de déjeuner, Lamia voit Idir venir à elles.
    - Le voilà ! Le voilà !
    Elle manque de s’étouffer avec le morceau qu’elle a dans la bouche. Rouge comme une tomate, elle tousse pendant un moment. Idir s’empresse de lui apporter un verre d’eau. Elle boit quelques gorgées et finit par retrouver son souffle.
    _ Ca va mieux ? demande-t-il, très inquiet.
    _ Oui… merci pour l’eau, dit-elle.
    _ De rien…
    Lamia décide de les laisser seuls. Elle ne finit pas sa part de pizza. Elle feint d’avoir oublié de fermer le bureau.
    - Je ne voudrais pas avoir de problèmes !
    Besma lui jette un regard, la priant de rester. Mais Lamia sait que sa place n’est pas là. Il a pris le courage de venir lui parler. Elle n’allait pas les gêner.
    - Tu permets que je m’assoie ? demande-t-il.
    Elle accepte d’un sourire. Elle ne peut pas refuser. Il prend place en face d’elle.
    - Tu peux te joindre à moi, l’invite-t-elle. Je ne pourrais pas finir cette pizza !
    Idir accepte. Il la met à l’aise, parlant de son travail, de leurs études. Besma réalise que Lamia n’avait pas tort. Il ne lui cache pas qu’il l’a toujours appréciée. Et qu’il a même envie de sortir avec elle…

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    ——————————–5iéme partie————————————

    -Sortir ensemble ? répète-t-elle. Je ne crois pas…
    - Pourquoi?
    - Je n’ai pas beaucoup de temps, réplique-t-elle. Sortir avec un garçon juste pour passer du bon temps, ce n’est pas de mes habitudes!
    - Je sais. Ce que je te propose, ce n’est pas de devenir mon amie uniquement mais aussi ma future femme !
    Besma rougit. Elle sent qu’il est sincère et sérieux. C’est un fils de bonne famille. Elle se rappelle que même étudiant, il n’avait pas de copine. C’était le bon copain de tout le groupe.
    - Tu veux te marier ? Non, c’est trop tôt pour moi, répond-elle doucement. Je ne veux pas te froisser mais je ne pense pas au mariage, maintenant !
    - On prendra le temps qu’il faut, propose-t-il. Jusqu’à ce que tu sois prête !
    - Je tiens à ce que tu sois discret.
    - Ce sera comme tu voudras !
    - Bien…
    - On se voie après le travail ? propose-t-il, fou de joie.
    - Pas aujourd’hui, répond-elle. J’ai promis à ma mère de l’emmener faire les boutiques. Elle veut de nouveaux rideaux !
    - OK ! Est-ce que je peux t’appeler au bureau ?
    - Oui.
    - Et chez toi ?
    Besma sourit.
    - Tu risques de tomber sur papa ou un de mes frères, réplique-t-elle.
    - Donc si j’ai envie de discuter avec toi, en dehors des heures de travail, ce n’est pas possible !
    - Oui.
    Idir fait mine d’être désespéré. Un coup d’œil à sa montre lui rappelle que c’est l’heure des braves.
    - Il faut y aller ! dit-elle alors qu’il sort une carte de sa veste et la lui remet.
    - Tu m’appelles quand tu veux !
    Besma la glisse dans son sac. Elle s’apprête à régler leur déjeuner mais il insiste pour le faire.
    - Si c’est ainsi tous les jours, tu vas te ruiner!
    - Pour toi, ça en vaudra la peine ! Est-ce que je peux t’accompagner à ton travail?
    - Non. Rappelle toi ! Je tiens à ce qu’on soit discret !
    Idir n’insiste pas. Elle est touchée par le fait qu’il le lui ait demandé. Elle aurait pu accepter mais comme ils travaillent dans le même quartier, elle ne veut pas être le sujet favori des collègues.
    Ils se verront ailleurs. Elle veut bien lui donner une chance. Idir est quelqu’un de bien. Seulement elle ne l’aime pas.
    Dès qu’elle pousse la porte du bureau, Lamia bondit de son siège, impatiente de connaître la fin du déjeuner. Elle se doute bien qu’il s’est déclaré.
    - Tu as accepté de le revoir ! Rassure-moi, tu n’as pas fait la bêtise de refuser!
    - Non mais je lui ai dit que je voulais qu’on prenne notre temps ! répond Besma. Je ne peux pas m’engager sans le connaître !
    - Le peu qu’on connaît de lui prouve qu’il est l’homme idéal, pour toi ou pour n’importe quelle femme !
    - Tu l’aimes vraiment?
    Lamia se détourne. Elle n’a pas besoin de répondre. Qu’est-ce qu’elle ne ferait pas pour être à sa place ? Pour entendre ces mots doux, pour voir ces yeux s’illuminer? Pour savoir qu’il est prêt à l’attendre ?
    Mais rien de ce qu’elle pourrait faire ne changera ses sentiments. Il aime Besma. Elle l’a tout de suite senti. Même si cela ne l’a pas empêché d’espérer pendant des semaines. Maintenant elle doit passer à autre chose. Elle se serait battue s’il y avait eu un seul espoir mais c’est joué d’avance. Elle voit bien qu’il est fou amoureux d’elle. Il est temps, pour elle, de passer à autre chose

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    ——————————6iéme partie————————-

    -Je te souhaite d’être heureuse… dit Lamia. C’est un garçon bien, comme il n’en court plus dans les rues !
    - Merci ! Je souhaite de trouver le bonheur, toi aussi, réplique Besma, gênée à chaque fois qu’Idir appelle au bureau et que sa collègue les entend discuter.
    Elle a beau ne pas tarder au téléphone et prétexter avoir du travail tout simplement pour lui éviter de souffrir, Lamia devient pâle et son effort est apparent. Elle continue de l’aimer. C’est plus fort qu’elle.
    Besma n’a rien dit à Idir, des sentiments de sa collègue. Mais elle s’y voit contrainte. Ses appels remuent le couteau, dans son cœur.
    - Je croyais que tu parlais de discrétion vis-à-vis de ta famille mais pas de ta collègue ! Pourquoi ne m’en as-tu rien dit dès le début ?
    - Je ne pouvais pas savoir qu’il lui serait difficile d’oublier ! réplique-t-elle. Je ne veux pas qu’elle soit jalouse !
    - Tu as peur d’elle?
    - Non, mais notre amitié risque d’en prendre un coup et je ne veux pas travailler dans la tension ! C’est assez pénible ainsi !
    - Comment a-t-elle pu m’aimer? Je ne l’ai jamais regardée… J’ignore tout d’elle ! Elle ne m’intéressait pas, dit Idir. Elle s’est faite des illusions…
    - C’est pourquoi je te demande de ne pas m’appeler aussi souvent, le prie-t-elle. Je ne veux pas qu’elle souffre davantage !
    Idir le lui promet et il tient parole. Lamia n’a pas remarqué. Elle s’est donnée à fond, au travail au point où Besma lui a souvent proposé de faire une pause. Quelques semaines après, Lamia la surprend en déposant sa démission.
    - Pourquoi ?
    - Je crois que tu sais dans le fond !
    - Tu arrêtes de travailler parce que je le fréquente ? s’écrie Besma. Non, tu ne peux pas ! Ce n’est pas raisonnable!
    - Rassures-toi ! Je n’agis pas sur un coup de tête ! réplique Lamia. J’ai trouvé du travail, ailleurs. Je commence le mois prochain. J’ai ainsi le temps de me reposer.
    - Ah ! Et où vas-tu travailler ?
    - Dans une fabrique de produits laitiers, lui apprend-elle. C’est plus proche de chez moi et le salaire est plus avantageux !
    - Quand même… Est-ce qu’on se reverra ? demande Besma.
    - Si j’en ai le temps !
    Le lendemain, elle ramasse ses affaires et part à un moment où Besma était occupée ailleurs. À son retour, elle a trouvé le bureau vide et un peu mot : “Bonne chance.”
    Elle comprend la raison cachée de son départ. Lamia ne supportait plus de la voir s’épanouir dans sa relation avec Idir. Même si ce dernier ne l’appelait plus aussi souvent, le fait de sortir un quart d’heure avant, pour le voir et faire un bout de chemin ensemble, la rongeait. Sinon pourquoi partir travailler ailleurs ? Et partir sans même lui dire au revoir ? Sans même laisser un numéro où la joindre ?
    Elle a voulu partir et couper court avec elle, avec eux. Besma est peinée car elle croyait leur amitié plus forte.
    - Tu vas avoir plus de travail que d’habitude, lui fait remarquer Idir. S’ils ne prennent pas quelqu’un d’autre pour la remplacer !
    Mais ce ne sera pas le seul départ de la société. Le chef du dépôt a aussi démissionné. Le gestionnaire des stocks laisse sa place à Besma. Il devient son principal responsable. La jeune fille est heureuse de la promotion inattendue. Elle en oublie Lamia. Si seulement Salim, son responsable lui était plus sympathique, elle travaillerait avec plus de joie. Sans raison particulière, elle ne le supporte pas…

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    ———————————7iéme partie————————

    Besma sursaute lorsqu’une main se pose sur son épaule. Toute son attention est aux documents qu’elle est en train de lire. Même si elle a l’ouïe fine, elle n’a pas entendu Salim entrer.
    - Je ne voulais pas t’effrayer, dit-il, enlevant tout doucement sa main alors qu’elle se lève.
    - Ne recommencez plus ! réplique-t-elle.
    - Je ne t’effrayerai plus, promet-il en souriant. Je pensais que tu m’avais entendu entrer !
    - Ce n’est pas le cas, dit-elle. Et ne me touchez plus !
    Salim lève les mains.
    - Hé doucement ! Ce n’était qu’un geste amical…
    - Ne recommencez plus !
    - Inutile de crier, lui dit-il. J’ai compris…
    - Je l’espère ! Je ne veux aucun contact physique avec vous ! Est-ce clair ?
    Salim hoche la tête tout en souriant. Besma est hors d’elle. Elle n’en revient pas qu’il ait eu ce geste déplacé. Ils ne sont ni amis ni proches. Elle sait qu’il n’y a rien d’amical. Il lui suffit de le regarder pour en être convaincue. Il est à l’aise dans son nouveau poste. Il se croit tout permis.
    Il semble si sûr de lui. Son regard la met mal à l’aise.
    - Que voulez-vous ?
    - Si des clients viennent et me demandent, dis-leur que je serai absent, dit-il. Donne-leur ce qu’ils veulent !
    - Bien. Est-ce tout ? Je voudrais reprendre mon travail, lui rappelle-t-elle. Tranquillement…
    - Je ne vais pas tarder.
    Besma se demande ce qui le pousse à rester encore. Elle ne s’assoie pas. Elle ne supporte pas de l’avoir derrière le dos. Ni même l’idée de lui donner une occasion de s’approcher d’elle et de la toucher. De nouveau, elle bout de colère mais s’efforce à ne rien laisser paraître. Elle sent ses joues et ses oreilles brûler lorsqu’il la scrute de la tête aux pieds.
    - Tu es très charmante, dit-il. Peut-être même que tu serais belle si tu te coupais les cheveux!
    - Comment ?
    - Une coupe carré, avec des mèches blondes, je suis sûr que ça t’irait bien !
    - Vous vous prenez pour qui ?
    - Pour un chef qui tient à ce que sa gestionnaire des stocks soit présentable, réplique-t-il. As-tu un ami ?
    - En quoi cela vous regarde ? rétorque-t-elle.
    - Pour savoir…
    - Allez-vous me laisser travailler ?
    - Bien sûr, dit-il en souriant. Mais suis mon conseil, tu n’en seras que plus belle !
    Besma prend son sac et part, refusant de l’écouter davantage. Elle est furieuse et ignore que faire. Elle ne supporte pas sa façon de la regarder et ses suggestions. Elle a bien vu qu’il voulait l’énerver. Mais pourquoi ?
    Si tous les jours, à venir, il se permet de la toucher et de lui parler ainsi, elle doute fort de rester longtemps à ce travail. Dire qu’elle commençait à se plaire, dans son nouveau poste.
    Idir ne tarde pas à se pointer à la pizzeria. Il est surpris de la trouver là. Elle n’a pas l’habitude d’arriver la première.
    Elle est encore rouge de colère et il devine vite que quelque chose ne va pas.
    - Tu ne te sens pas bien?
    - Si.
    - Je n’en suis pas convaincu, réplique-t-il, sceptique. Tu ne veux pas m’en parler ?
    La jeune fille a un geste las, de la main et détourne les yeux. Elle n’a pas envie d’en parler, surtout avec lui…

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    —————————8iéme partie——————————

    -Qu’est-ce qui ne va pas ? Idir voudrait comprendre ce qui l’inquiète au point de lui couper l’appétit. Elle est ainsi depuis quelques jours. Croyant qu’elle ne voulait plus manger à la pizzeria, il l’a emmené au restaurant et elle n’a pas touché aux plats commandés. Elle est là mais son esprit est ailleurs.
    - Tu as des problèmes, au travail ?
    - Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
    - Au lieu de me poser cette question, réplique le jeune homme, tu pourrais répondre à ma question ! Tu es différente depuis quelques jours !
    - Je suis un peu dépassée au travail, répond-elle. C’est fatiguant… Je n’ai que la pause-déjeuner pour souffler un peu ! Tu peux comprendre que je ne sois pas aussi loquace que d’habitude !
    - Oui, mais tu me dis vraiment tout,?
    Besma a beau affirmer que oui, il ne la croit pas. Ses soupirs ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd. Une autre pensée lui vient à l’esprit.
    - As-tu des regrets?
    - Des regrets, reprend-elle. À propos de quoi ?
    - Notre relation, précise-t-il. Regrettes-tu d’être avec moi ?
    Besma sourit et pose la main sur la sienne.
    - Non, non… Je me suis attachée à toi plus que tu ne l’imagines !
    - C’est vrai ?
    - Puisque je te le dis !
    Idir en profite pour la relancer quant à officialiser leur relation.
    - Personne n’est au courant à la maison ! Donne-moi un peu de temps pour en parler à ma mère et à mes frères !
    - Tu n’as qu’à me les présenter ! Ils sont jeunes, ils soutiendront notre relation, affirme Idir. Quand me les présenteras-tu?
    - À la première occasion qui se présente, promet-elle.
    Idir demande au serveur d’emballer les plats.
    - Tu les emportes au bureau et au premier cri de famine, tu déjeuneras !
    Il règle leur consommation. Besma devient pâle en voyant l’heure.
    - Déjà !
    - Tu es très fatiguée, prends un congé, lui conseille-t-il.
    - Je ne peux pas. Cela fait à peine trois mois que j’ai été promue et je ne crois pas que mon chef accepte ! répond-elle. Je vais m’efforcer un peu en attendant de pouvoir le demander !
    La jeune fille n’a pas le cœur à retourner au bureau. Elle n’a pas envie de se retrouver seule avec Salim. Il ne cesse de lui tourner autour. Lorsqu’il a à faire, à l’extérieur, il prend un malin plaisir à l’appeler. Plusieurs fois, si bien qu’elle décide de laisser décrocher pendant un moment. Évidemment, ce n’est que pour quelques minutes. Elle risque de perdre des clients. Elle ne peut pas se le permettre.
    Au bureau, elle trouve un bouquet de fleurs et un mot. Elle devine qui les a déposés et les jette à la corbeille. Elle ne veut ni de lui ni de ces cadeaux. Ce qu’elle veut, c’est travailler en paix.
    Il ne tarde pas à arriver après elle et son visage devient rouge de colère en voyant ce qu’elle a fait de son cadeau.
    - Je ne te les ai pas offerts pour les jeter ! s’écrie-t-il. Je voulais te faire plaisir…
    - C’est gentil mais je n’en veux pas, répond-elle doucement alors qu’elle sent la colère la gagner. Avant de me les offrir, vous auriez dû me demander si je suis libre !
    Salim fronce les sourcils, croyant avoir mal entendu.
    - Libre? J’ai bien entendu?
    - Oui… Parce que, figurez-vous, j’ai un fiancé, lâche-t-elle. Je ne crois pas qu’il apprécierait…

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    ——————————9iéme partie———————

    -Un fiancé ? reprend Salim en riant. Tu mens… Une fille comme toi ne peut pas en avoir !
    - Et pourquoi?
    - Tu n’es pas belle au point d’accrocher un homme pour la vie ! réplique-t-il.
    - Cela ne vous empêche pas de me harceler !
    - Tu te serais coupée les cheveux comme je te l’ai dit que tu serais belle… Un tout petit effort et tu deviendras une perle ! affirme-t-il en regardant vers sa gorge. Tu pourrais déboutonner ta chemise de deux ou trois boutons.
    - Pourquoi la garder dans ce cas ? rétorque-t-elle.
    - Je rêve de te voir sans !
    - Inutile de rêver, ça n’arrivera jamais ! Maintenant, je voudrais travailler. Des clients viendront prendre leurs livraisons, je dois préparer les papiers ! Où voulez-vous le faire à ma place ?
    - Tout ce que tu veux mais pas dans le cadre du travail, soupire-t-il. Ce sera quand tu veux et où tu veux !
    Besma attend qu’il soit sorti pour s’asseoir, à son bureau. Elle décide de changer l’installation. Elle demande au gardien de venir l’aider. Elle qui avait la porte derrière le dos, place le bureau près de la fenêtre. Elle a ainsi l’entrée en face et il ne risquera pas de la surprendre.
    Bien des fois, elle s’est sentie observée au point d’être troublée dans son travail. Elle sait que c’est lui. Ces appels, ces remarques, ces propositions indécentes et indignes d’un fils de bonne famille, elle ne les supporte plus.
    Elle ignore tout de sa situation familiale. Mais son comportement n’est pas celui d’un homme marié. Elle sait seulement qu’il a quarante deux ans et qu’il a toujours travaillé dans cette société. Leur employeur semble satisfait de lui. Elle ne le connaît pas vraiment même s’il a une bonne opinion d’elle, par ses qualités professionnelles. La jeune fille ne finit pas à l’heure habituelle, refusant de lui donner l’occasion de la retrouver au bureau. Une fois les clients venus et repartis avec les bons de marchandises, elle ferme le bureau et part. Elle ne rentre pas tout de suite chez elle et après avoir traîné un peu en ville, elle se rappelle qu’une de ses camarades du lycée a étudié le droit. Elles sont du même quartier mais depuis la fin de ses études, elle n’a pas eu souvent l’occasion de la voir.
    Leurs mères se connaissent. D’après la sienne, Karima fait un stage, dans un grand cabinet d’avocats, au centre-ville. Elle se renseigne et finit par le situer, deux ruelles plus loin.
    Karima est surprise de la voir, après tout ce temps. Son accueil est des plus chaleureux. Après avoir pris de ses nouvelles et de celle de sa famille, elle l’interroge sur les raisons de sa visite.
    - J’ai besoin de conseils, dit Besma. J’ai un chef qui ne cesse de m’embêter…
    - A-t-il essayé de te toucher ? Te fait-il des réflexions déplacées ?
    - Il m’a touché une fois.
    - Où ?
    - Il a posé sa main sur mon épaule.
    - C’est certainement un geste amical, dit Karima qui n’y voie aucun mal. Tu l’as mal interprété.
    - Et ses propos ? Il m’a demandé de me couper les cheveux, de déboutonner ma chemise… Il ne cesse de me harceler au téléphone ! J’ai l’impression d’être épiée…
    Karima voit que son ancienne camarade est déçue de ne pas être crue sur parole. Elle se lève prête à partir.
    - Tu es bien nerveuse ! Je ne te connaissais pas ainsi…
    - Je suis victime de harcèlement et tu voudrais que je reste calme ! réplique la jeune fille. Soit tu me conseilles, soit je vais trouver quelqu’un d’autre !
    Elle est à bout moralement. Karima ne s’en rend compte que maintenant. Elle la prie de se rasseoir.
    - Je vais appeler Maître Fatima car je n’y connais pas grand-chose, dit-elle à Besma. Elle pourra t’aider, elle est dans le métier, depuis longtemps…

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    ———————————-10——————————–Besma n’a pas à attendre longtemps. Maître Fatima s’apprête à partir lorsque Karima est allée la trouver afin de lui parler de son cas. La porte restée ouverte lui permet d’entendre leur discussion.
    - Elle veut porter plainte ? Elle a besoin d’un avocat ?
    - Elle veut être conseillée, répond Karima. Après, elle avisera.
    - Bien. Juste cinq minutes, dit l’avocate. J’ai rendez-vous à l’extérieur.
    Besma s’efforce d’être brève lorsqu’elle lui raconte ce qu’elle est en train de subir comme pression.
    - Fais un rapport à ton employeur.
    - S’ils ne me croient pas ?
    - En effet, sans preuve, ce sera sa parole contre la tienne, affirme l’avocate. Mais tu ne peux pas garder le silence. Il pourrait se retourner contre toi.
    - Je suis nouvelle au travail. S’il y a bien une personne qu’ils croiront, ce sera lui. Je me sens battue d’avance, murmure-t-elle. Si je garde le silence, je risquerai de devenir folle. Si je dis ce qui se passe, il fera un enfer de ma vie. Et…
    - Y-a-t-il quelqu’un à qui tu peux te confier ?
    - Oui, ma mère.
    - As-tu un ami ?
    Besma hoche la tête.
    - Confie-toi à lui, lui conseille l’avocate. Il pourrait te soutenir dans cette épreuve et aller discuter avec lui. Ton responsable ne voudra sûrement pas se frotter à lui. Ou à toi, dans ce cas…
    - Oui, peut-être. Merci pour vos conseils.
    - N’oublie pas, ajoute l’avocate. Des preuves, essaie d’en avoir.
    Besma la remercie une nouvelle fois. Une fois seule avec Karima, elle lui demande de ne rien dire à sa mère.
    - Tu ne peux pas garder ça pour toi. Il faut mettre ta famille au courant ! s’écrie son ancienne camarade.
    - Ils voudront que je quitte mon travail, réplique la jeune fille. Je les connais bien. Ils vont me tenir pour responsable de la situation.
    - Non ! Je ne crois pas ! Je connais ta famille et je suis sûre qu’ils comprendront, insiste Karima. Parles-en à ton petit ami.
    - Notre relation est à peine sérieuse que tu voudrais que je lui dise “voilà, au travail, il y a quelqu’un qui se sert de tous les moyens pour me toucher !” Crois-tu qu’il voudra encore de moi après ?
    Karima trouve que Besma exagère.
    - Qu’en sais-tu ? Est-ce que je le connais ?
    - Non, je ne crois pas. Il était dans mon groupe.
    - J’étais loin à cette époque. Tu as toujours été sage, tu sauras prendre la bonne décision, dit Karima en la raccompagnant dehors. J’espère que le problème se résoudra de lui-même.
    - Si j’aurais besoin d’un avocat, je connais l’adresse maintenant.
    Besma rit mais elle est loin de ressentir de la joie. Elles échangent leur numéro et décident de programmer une sortie un jeudi. Elle ne tarde pas à partir. Une fois dehors, elle ne peut s’empêcher de regarder autour d’elle.
    - Qu’est-ce qui m’arrive ? se demande-t-elle. Suis-je en train de devenir folle ?
    Elle se pose la question car le sentiment d’être suivi ne la quitte pas. Son sixième sens ne peut pas la tromper. Qui la suit ? Elle a beau scruter les visages autour d’elle, aucun ne lui est familier. Elle maudit Salim et décide de rentrer à la maison. ? la tête qu’elle fait, sa mère devine vite que la journée s’est mal passée…

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    —————————-11iéme partie—————————–

    -Cela fait des jours que tu te comportes comme une condamnée, dit Djamila, la suivant dans sa chambre. Je voudrais savoir pourquoi ?
    Besma évite de la regarder. Elle prend tout son temps pour enlever sa veste, l’accrocher, retirer ses chaussures et s’allonger en soupirant.
    - C’est quoi ses manières ? l’interroge-t-elle en s’asseyant près d’elle.
    Besma se détourne, s’efforçant à ne pas céder à l’envie de pleurer. Tout serait si simple si Salim ne la harcelait pas. Pourquoi l’a-t-il choisie ? Pourquoi ne fixe-t-il pas une autre fille ?
    - Hé bien ! Je croyais t’avoir bien éduquée, poursuit Djamila en se levant, s’emportant malgré elle. Tu me tournes le dos, tu ne me parles pas… Je voudrais savoir pourquoi ? Qu’est-ce que tu reproches à ta mère ?
    - Rien ! Tu cries pour rien, répond-elle, surprise par sa vive réaction. Je suis seulement fatiguée ! Je n’ai pas le droit de l’être ?
    Djamila ne la croit pas. Elle a deviné qu’il y a autre chose. Sa fille est étrange et si lointaine. On n’entend plus ses rires, elle ne retrouve plus ses frères, pour d’interminables discussions, en face de la télé. Il y a un mur entre eux. Cela n’est jamais arrivé auparavant.
    - Quelqu’un t’embête?
    - Non.
    - Cela ne se passe pas comme tu veux au travail ?
    - Oui, reconnait la jeune fille en se redressant. Je me sens dépassée… Il y a beaucoup de travail, pour une personne…
    - Pourquoi ne leur demandes-tu pas d’embaucher quelqu’un pour t’aider ?
    - J’enverrais demain, un courrier, à la direction. Si mon chef le veut aussi, ajoute Besma.
    - Pourquoi refuserait-il ?
    “Pour être seul, avec moi, pense-t-elle. Un employé de plus le gênerait.”
    - Par souci d’économie.
    Djamila ne comprend pas.
    - Il ne va pas le payer de sa poche que je sache ! C’est la société…
    - Je suis d’accord avec toi ! N’empêche que je pense qu’il n’appréciera pas mon idée, insiste la jeune fille. Maman, si tu n’as pas besoin d’aide, je voudrais me reposer un peu !
    - Ce n’est pas encore l’heure de préparer le dîner ! Tu peux essayer de dormir un peu…
    Besma la remercie et lui sourit avant qu’elle ne sorte. Elle s’étend sur son lit et ferme les yeux. Elle voudrait ne plus penser à Salim, à ses avances.
    Elle voudrait chasser son image, de son esprit mais c’est plus fort qu’elle. Elle le voit, même les yeux fermés. Elle l’entend rire. Elle ne peut pas être en train d’imaginer son rire. Ce n’est pas possible.
    Elle ouvre les yeux et tend l’oreille. Elle reconnaît le rire de Salim, sa voix. Elle a l’impression de recevoir un couteau dans le cœur.
    - Il est là… Il est venu…
    Elle se redresse doucement, priant pour que ce soit un tour de son imagination. Que viendrait-il faire ici ? D’ailleurs, il ignore où elle habite.
    Lorsqu’on frappe à la porte, elle réalise qu’il est bien là. Elle peut entendre sa mère l’excuser. Si sa fille est rentrée plus tôt que d’habitude, c’est parce qu’elle est fatiguée, ces jours-ci…

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  11. Artisans de l'ombre Dit :

    ———————————12iéme partie————————-

    -Besma ! Besma… Ton chef est là, il voudrait te parler !
    La jeune fille écoute sa mère, ayant l’impression de plonger dans un cauchemar. Maintenant qu’il sait où elle habite et comment se faire inviter, chez elle, que fera-t-il d’autre ?
    Son harcèlement n’allait pas s’arrêter. Il n’est pas du genre à baisser les bras.
    La jeune fille pense à ne pas sortir de la chambre mais ce serait éveiller les soupçons de sa mère. ? contrecœur, elle sort. Il se tient dans le couloir, souriant à sa mère.
    - Allez au salon, je vais faire du café, propose celle-ci alors que Besma lui lance un drôle de regard.
    - Maman, il ne va pas tarder, réplique-t-elle avant de s’adresser à lui. Qu’est-ce qui vous amène ?
    - En voilà une façon de parler, lui reproche sa mère avant de se rendre à la cuisine. Tu sembles oublier que tu travailles pour lui !
    - Je ne le sais que trop… Comment avez-vous fait pour savoir où j’habite ?
    - Il y a ton adresse dans ton dossier administratif, répond-il. Je n’ai pas eu à chercher longtemps !
    - Qu’est-ce qui vous amène ?
    - J’avais besoin du registre. Donne-moi la clef de ton bureau.
    - Mais je l’ai laisséE au gardien, réplique-t-elle.
    - Il affirme ne pas l’avoir.
    - Je ne l’ai pas, insiste-t-elle.
    - Il affirme le contraire.
    - Je suis surprise… Mais demain, je le verrai et je lui demanderai ce qu’il en a fait. Maintenant, j’aimerais me reposer. Au revoir.
    - Ta mère m’a proposé du café, lui rappelle Salim en souriant, prêt à s’asseoir alors qu’elle veut le raccompagner à la porte. Au fait, où est ton père ?
    - Qu’est-ce que vous lui voulez ?
    - Je le connais et c’est un homme bien.
    J’aurais voulu lui dire bonjour.
    - Je lui transmettrai. Au revoir…
    - Bien, j’y vais. ? demain beauté.
    Besma se tourne pour voir si sa mère n’est pas dans les parages. Elle est soulagée qu’elle ne soit pas là lorsqu’elle le presse de partir.
    Lorsqu’elle claque la porte et ferme à double tour, comme s’il pouvait ouvrir de l’extérieur. Sa mère accourt. Elle s’en prend à elle.
    - Mais qu’est-ce qui t’arrive enfin ?
    - Rien.
    - J’étais en train de préparer du café. Je l’ai invité, lui rappelle-t-elle.
    - Tu n’aurais pas dû.
    - En voilà des façons ! Tu m’as fait honte tout à l’heure, s’écrie Djamila. Mais qu’est-ce qui ne va pas dans ta tête ?
    - Pourquoi l’as-tu laissé entrer ? Pourquoi l’as-tu invité à prendre le café ? l’interroge la jeune fille, rouge de colère. Ce n’est pas un membre de la famille ou un ami mais mon responsable.
    - Figure-toi que s’il n’était pas une connaissance à ton père peut-être que j’aurais hésité à l’inviter. Mais comme tu viens de me le rappeler, c’est ton chef et c’est une raison de plus pour être polie avec lui. Je me demande comment il fait pour te supporter à longueur de journée.
    Besma n’en revient pas. Elle a la nette impression que si elle se plaignait de lui, de son comportement, sa mère ne la croira pas et que quoi qu’elle dise, elle donnera raison à Salim. Elle voit bien qu’il a réussi à l’impressionner…

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  12. Artisans de l'ombre Dit :

    ————————13iéme partie—————————

    Ce soir-là, Besma ne dîne presque pas. Elle regarde sa famille manger avec appétit. Parfois elle sent le regard de sa mère et alors, elle se tourne vers elle, en souriant.
    - Tu n’as pas mangé, remarque celle-ci. Tu voudrais autre chose ?
    “La paix” pense la jeune fille en s’efforçant à sourire encore.
    - Non, c’est bon, répond-elle. Tout à l’heure, j’avais goûté…
    - Tu n’as rien pris ici ! se rappelle sa mère.
    - Avant de rentrer… Quelqu’un a besoin de quelque chose, à la cuisine ? demande-t-elle. Je m’y rends.
    - Non, tout est là.
    Besma est soulagée de ne pas avoir à retourner à la salle à manger. Elle se met à ranger la cuisine sans même attendre qu’ils aient fini. Après la visite de Salim, elle est restée dans sa chambre et a feint de dormir, donnant ainsi le temps à sa mère, de préparer le dîner.
    Le plan de travail de la cuisine est plein de tasses et d’assiettes de gâteaux, du goûter. Elle les lave. Et prépare le dessert.
    - Que fais-tu ? demande son frère Samir, entré silencieusement dans la cuisine. Tu as des soucis ?
    - Non. Pourquoi cette question ?
    - Tu n’es pas comme les autres jours. Tu es pensive, dit-il. Plus que d’ordinaire !
    – Ah… Tu as trop d’imagination ! lui reproche-t-elle. Tu prends ton dessert maintenant ?
    - Plus tard, j’ai des recherches à faire sur Internet, répond-il. ?a se passe bien au travail ?
    - Oui. Pourquoi cette question ?
    - Maman a dit que ton chef est passé.
    - Ah bon ?
    Elle abandonne la cuisine et retourne à la salle à manger. Leur mère est encore en train de parler de Salim. Elle ne cache pas à Abdou que Besma a été grossière.
    - Il n’avait pas à venir ici ! Il n’y a rien d’urgent au point de nous déranger en dehors du travail !
    - Il voulait la clef de ton bureau !
    Besma ne se laisse pas faire.
    - Il passe son temps à aller et venir, s’absentant quand cela lui chante ! poursuit-elle. C’est moi qui fais tout. S’il travaillait sérieusement, il aurait été là, avant mon départ !
    - Je l’ai invité à prendre le café ! Je crois qu’elle l’a renvoyé, ajoute Djamila. Je ne te comprends pas. On ne t’a pas éduquée ainsi…
    - C’est lui qui manque d’éducation ! Qu’il connaisse papa, qu’il ait besoin de la clef, ce ne sont pas des raisons, pour venir ici, réplique la jeune fille. Moi, je suis bien. C’est lui chez qui ça ne tourne pas rond !
    Elle se tait en remarquant qu’ils la regardent tous, surpris par sa façon de parler. De nouveau, elle quitte la table, ne supportant pas leurs regards inquisiteurs. Samir à qui rien n’échappe, revient discuter avec elle.
    - ?a se passe comment au travail ?
    - Je suis épuisée, répond-elle. J’ai un chef qui ne fait rien et je dois me courber devant lui ! Il n’est pas question d’éducation mais d’un chef qui profite de la situation ! Il sait que je risque de me retrouver au chômage ! Je dois me taire et tout… Je ne supporte pas l’injustice… Car c’est injuste qu’il soit payé pour le travail que j’effectue en son absence !
    - Pourquoi tu ne te plains pas à tes responsables ?
    Besma soupire. Elle doit leur parler d’un autre sujet, encore plus grave. Elle est inquiète du fait qu’il connaisse depuis longtemps Salim et qu’elle n’est là que depuis quelques mois. Ils risquent de ne pas tenir compte de son rapport. Rien que d’y penser, elle enrage…

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  13. Artisans de l'ombre Dit :

    —————————14iéme partie——————————

    Elle ne dort presque pas cette nuit-là. Salim la poursuit dans son sommeil. Elle fait des cauchemars. ? deux reprises, sa mère s’est levée pour voir d’où venaient les cris.
    Elle a trouvé Besma, en sueurs et en larmes. Celle-ci repousse la main de sa mère.
    - Ce n’était qu’un mauvais rêve !
    - Tu veux un verre d’eau ?
    - Non, éteins la lumière en sortant, la prie Besma avant de tirer le drap sur son visage.
    Djamila ne tarde pas à retourner au lit. Elle ne s’inquiète pas. N’importe qui peut faire un mauvais rêve. Seulement au petit matin, Besma prend tout son temps, pour se lever et traîne les pieds.
    D’habitude à cette heure-ci, elle a pris son petit-déjeuner et elle est déjà prête à partir. Djamila s’inquiète en la voyant pâle et fatiguée. Lorsqu’elle refuse de prendre son lait, elle la gronde comme si elle était encore une enfant.
    - Tu ne peux pas partir le ventre vide ! Tu risques d’avoir une hypoglycémie !
    - Ce n’est pas mortel ! réplique Besma en prenant son sac à main. Au revoir maman !
    Elle l’a dit si lentement et l’intonation de sa voix est si triste que Djamila tente de la rattraper. Besma est déjà sortie et dévalait les marches d’escalier lentement.
    - Ma fille ! Reviens…
    Cette dernière ne l’entend pas. Elle pense à la journée qu’elle allait passer au bureau. Si Salim décide de rester dehors, elle se sentira bien. Mais s’il décide d’être derrière son dos…
    L’idée lui donne la chair de poule. ?tant en retard, elle prend un taxi pour se rendre à son travail. Le gardien est là, Salim aussi…
    La porte de son bureau a été enfoncée.
    - Pourquoi ?
    - On n’arrivait pas à l’ouvrir, répond-il. J’avais des dossiers à récupérer !
    - Il faudra placer une nouvelle serrure, dit-elle avant de se rendre compte que quelqu’un a touché à l’ameublement du bureau. Pourquoi avoir remis le bureau à cet endroit ?
    - Je refuse à ce que tu touches aux meubles, réplique Salim en la toisant du regard.
    - Je ne peux pas voir les clients arriver, dit-elle. Parfois ils me font sursauter !
    - Tu es une jeune femme pas une gamine, rétorque son chef. Rien ne peut t’effrayer ! Ou t’impressionner. Pas même moi…
    Besma évite son regard, voyant bien qu’il fait allusion, à son accueil de la veille. Elle n’a pas de regrets. S’il ose revenir chez elle, elle sera grossière s’il le faut. Il doit comprendre et accepter le fait qu’elle n’est pas intéressée. Son harcèlement doit cesser. De nouveau, elle songe à rédiger un rapport.
    - Est-ce que vous pouvez me laisser travailler maintenant ?
    - Je vais placer un autre bureau, ici, lui apprend son chef. Comme ça, je n’aurais pas à me déplacer. Je t’aurais à l’œil !
    - C’est trop étroit, dit-elle en sentant son front inondé de sueur. Vous ne serez pas à l’aise…
    - Mais si ! affirme-t-il en souriant. Temps que j’ai ce que je veux…
    Mais la jeune fille est aussi déterminée que lui. S’il croit pouvoir parvenir à ses fins, il se trompe. Elle ne cédera pas. Quand le comprendra-t-il? Elle a conscience qu’il usera de tous les moyens afin de mettre la pression sur elle. Elle est loin de s’imaginer de ce qui l’attend. Car elle aura beau rester sur ses gardes, il trouvera le moyen de l’approcher et de la toucher…

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