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Passé composé par El-Guellil

30 avril 2012

El Guellil

Ce jour-là, la porte de l’entreprise est fermée et la bouche de ses enfants ouverte. Il vendit alors les meubles qu’il avait achetés par facilités à la coopérative. Puis les bijoux de sa femme que ses parents lui avaient achetés, afin de remplacer les études qu’ils lui avaient refusées. Puis il brada son âme qui ne valait pas une semelle. Puis il attendit et rien ne vint frapper à sa porte. 

Alors, il se retourna vers ses amis qui le vendirent contre un rictus d’excuses. Alors il se donna le luxe d’être indigné, puis constata que c’était vraiment du chiki, lui qui a toujours refusé les chikayette. Alors, il écrivit des lettres ouvertes pour les journaux fermés sur leurs nombrils publicitaires. Puis il attendit. Alors, il signa des pétitions à répétitions, à défaut de chèques. Puis marcha dans les rues avec les autres pour revendiquer, puis tout seul pour oublier. Puis il pleura. Mais cela ne changea rien à la couleur du ciel. Puis il s’assit au seuil de sa maison en retard de paiement de crédit. Et il repensa. Que faire quand que faire est brûlé, et faire queue pour tout devient seconde nature ? Puis il commença ses châteaux d’Espagne avec un jeu Monopoly usé. Puis il fuma sa dernière cigarette et proféra son dernier blasphème. Sur ses quatre enfants, deux étaient scolarisés. Les deux autres étaient en salle d’attente. Puis il visita les cimetières. Et il s’interrogea pourquoi les morts ne disent pas ce qui les a tués. Avant de s’apercevoir que même les morts refusent de parler avec les retraités compressés…

Alors, il installa une table pour vendre au détail des cigarettes qu’il a fini par griller avec des allumettes importées de Turquie. Alors, se considérant étranger, il songea au Sud. Mais le Grand Sud était pour d’autres étrangers, étrangers. Puis il pensa mettre fin à ses jours, mais cela ne mettait pas fin à sa misère. Alors, il alluma une bougie à l’occasion du prochain 1er Mai et brûla ses fiches de paie pour mieux éclairer les sentiers qui vont mener les futurs retraités au moins-que-parfait à défaut de passé simple.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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