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PATRIOTES 90 Abdelhak: Trahi, mais toujours fidèle à la patrie !

3 mai 2012

Contribution

Voxpopuli : 

«On n’a aucune valeur…», ceci fut la réponse d’un patriote lorsque je lui ai dit que vous avez sauvé la nation de l’anéantissement par les hordes intégristes.
C’est pour cela et avant de commencer mon témoignage, j’aimerais remercier en mon nom et au nom de la jeunesse algérienne ces dignes héritiers des Ben M’hidi, Amirouche et consorts pour leurs sacrifices durant les deux décennies passées. Témoigner du combat d’Abdelhak n’est pas chose aisée, étant donné que je le côtoie presque quotidiennement depuis 4 ans et qu’il m’est difficile de devoir faire preuve de concision pour ne pas lasser les lecteurs. Ce chauffeur communal issu du village de Tagza – Daïra de Sigus, Wilaya d’Oum-El-Bouaghi –, né en 1958, n’a eu qu’un seul mot d’ordre qui est toujours d’actualité pour lui, c’est : l’amour de la patrie. Il a grandi en ayant un profond respect pour la personne du colonel-dictateur Houari Boumediène. Pour lui, cet homme représentait au mieux la grandeur de l’Algérie indépendante et révolutionnaire. Militant de longue date au sein du FLN, il a quitté ce parti après l’arrêt du processus électoral pour deux raisons principales : le premier est qu’il s’est rendu compte de la manière dont les «mouhafedhs» distribuaient les lopins de terre, la deuxième étant ceux qui ont piétiné les cartes du FLN pour rejoindre le FIS et qui ont rendossé le «costume» du FLN après l’arrêt du processus électoral. Après une attaque qui s’est produite en 1994 par les terroristes sur Sigus, la population locale s’est rendu compte du danger que représentent les terroristes. Abdelhak a fait demande pour obtenir une arme, il l’a eue en 1995 après une intervention du chef de Daïra de l’époque – Samir Abid, frère de Saïd Abdid – pour qu’il puisse «bénéficier» de ce privilège empoisonné. A cause de l’isolement du village de Tagza, il a dû dormir dans le siège de la commune, laissant sa famille chez sa mère, de peur des représailles des intégristes vu qu’il était armé. Il m’a parlé les larmes aux yeux de sa mère – que Dieu ait son âme – qui refusait de rester chez elle de peur d’être tuée, ce qui est compréhensible. Face à cette situation inextricable, Abdelhak cherchait désespérément un toit à Sigus parce que vivre dans le village de Tagza était devenu impossible, surtout pour lui qui est armé et de surcroît il travaille pour l’État. Finalement, il n’a trouvé qu’un garage qui m’a fait pleurer quand je l’ai vu tant il était dans un piteux état. Sachant que ses enfants – 7 garçons – ont jusqu’à maintenant des problèmes respiratoires, à cause de la précarité de ce lieu. Heureusement pour Abdelhak, après les années noires, il a pu bénéficier d’un logement, avec l’aide du même Samir Abid. Il a continué à faire son devoir — je tends à dire sa contribution – pour servir son pays en sa qualité de patriote. La récompense qui lui a été décernée fin 2011 ne fut pas une médaille, mais on lui a retiré le salaire qu’il percevait – lui et tous les patriotes qui travaillent – et aucune distinction morale, ni une prime ni une pension ne lui a été décernée. Quelquefois, je le harcèle pour qu’il me dise ce qu’il ressent : sa réponse est toujours la même, en regardant vers les montagnes, il me dit : «Ce n’est pas la perte du salaire de patriote qui m’a fait mal, c’est la manière dont on nous a…» à ce que je me souvienne, il n’a, malgré toutes mes «doléances», jamais terminé sa phrase jusqu’à présent. Je n’ai pas voulu parler du combat sur le terrain, mais juste donner un aperçu sur les sacrifices d’ordre personnel de la deuxième vague des moudjahidine algériens. Sachez, seulement, que cet homme et malgré la marginalisation qu’il subit – comme les milliers de ses compagnons – n’a jamais exprimé des regrets pour son engagement patriotique et qu’il continuera – et je me permets de parler en son nom sur ce point – de défendre sa patrie comme il le pourra. Gloire à nos martyrs, et gloire à nos patriotes !
Chawki Benzhra (21 ans) – étudiant en traduction, à l’Université Mentouri – Constantine

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/05/02/article.php?sid=133586&cid=49

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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