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La nouvelle de Yasmina Hanane La malette

4 mai 2012

EXTRAITS, Yasmina Hanane

 

Par : Yasmine HANANELa nouvelle de Yasmina Hanane     La malette  dans EXTRAITS 87_135_180

Maissa tressait ses cheveux en chantonnant. Le miroir lui renvoyait une image assez acceptable de son physique, qui selon ellle, nest ni laid, ni beau. Par contre, ses longs cheveux soyeux étaient ce qu’il y avait de plus attirant.
Ils étaient de couleur claire, ce qui contrastait avec son tein mat et lui donnait un air plutôt gai. Ses amies la trouvaient charmante, mais elle sait au fond d’elle-même qu’elle était loin de l’être. Ses lèvres grosses et sa bouche trop grande, son nez en bec d’aigle, reflétaient plutôt ses origines bédouines. Enfin, à moitié puisque de son père était plutot de descendance noble et sa grand-mère paternelle était une femme fort réputée dans cete ville que son grand-père avait rejoint tout au début de la guerre de libération.

Sa mère vivait dans cette ville, mais n’en était point originaire. Elle était plutôt une paysanne née sur sur les hauteurs de la campagne environnante, mais tout comme les autres, ses parents avaient fui les affres de la guerre et s’étaient réfugiés dans la grande ville.
Maissa avait aujourd’hui 43 ans ! Oui.. un âge qu’elle jugeait bein avancé au vu de son célibat prolongé. Qui voudrait d’une femmme avec un tel physique?, se demanda-t-elle souvent en se regardant dans la grande glace de sa chambre. Cette fois-ci aussi, elle s’accorda quelques minutes de comtemplation et tira sa langue en faisant la grimace à sa propre image. Elle tournoya sur elle-même plusieurs fois avant de s’arrêter pour admirer son reflet .
En tout cas, mon corps est bien fait : je ne suis pas très grande, certes, mais mes proportions sont parfaites. Ma taille est fine, et ma poitrine et mes hanches sont assez généreuses.
La jeune femme se sourit dans la glace avant de reprendre le peigne qu’elle avait abandonné quelques minutes plus tôt. Elle avait prévu une de ces coiffures africaines qu’elle affectionnait, mais en fin de compte elle changea d’avis .Non pas de tresses, même pas une longue tresse dans le dos… je vais changer poour aujourd’hui… Voyons, je vais laisser mes longs cheveux lâchés. C’est beau de les avoir comme çà sur les épaules. Allons voyons un peu si j’ai une barrette quelque part pour retenir cette longue mèche qui retombe sans cesse sur mes yeux. Voilà… C’est parfait… Un trait de rouge à lèvres et le tour est joué.
Elle recule un peu pour se regarder encore une fois  dans la glace. Elle tire un peu sur sa robe et se décide enfin à prendre son sac à main. Un coup d’oeil à sa montre-bracelet lui révèle que c’était presque l’heure de son rendez-vous chez le dentiste.
Une goutte de parfum et la voila qui déambule les escaliers de l’immeuble pour se retrouver dans la rue.

Mouissa se prépare pour sortir. Elle se contemple dfans la glace et se trouve juste acceptable avec un physique ni beau ni laid. Elle a rendez-vs chez le dentise et dépêche de s’y rendre.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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29 Réponses à “La nouvelle de Yasmina Hanane La malette”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    La Malette (2)

    Il faisait assez chaud pour un début d’automne et la jeune femme qui marchait sous un soleil de plomb jugea plutôt opportun de changer de trottoir pour se mettre à l’ombre. Vite dit, vite fait. Elle entreprend de traverser la rue. Mais au moment où elle s’apprêtait à rejoindre l’autre versant, une poignée de fer la tire en arrière. Elle trébuche et perd l’équilibre, mais quelqu’un la retient de justesse. Confuse, elle se retourne et se retrouve nez à nez avec un homme d’une quarantaine d’année.
    - Faites attention où vous mettez vos pieds ma petite dame. Un pas de plus et vous ne serez plus de ce monde.
    - Euh, comment… ?
    Elle reprend vite ses esprits et constate en effet, qu’elle avait échappé à une mort certaine. Un semi remorque venait de passer… Mais où est-elle donc ?
    - Oh, excusez-moi…
    - Vous n’avez pas à vous excuser madame. Je vous demanderais plutôt de faire un peu plus attention en traversant. De nos jours, et avec tous ces chauffards, il suffit d’un petit faux geste, et une catastrophe est vite arrivée…
    - Vous pouvez-le dire. Merci, Monsieur… Je ne sais pas ce qui m’arrive vraiment, d’habitude je suis plus prudente.
    La jeune femme reprend sa marche un peu ébranlée par cet incident. Elle se demandait comment elle avait pu faire une telle chose. Traverser une rue sans regarder ni à droite ni à gauche. Elle secoue sa tête. Non franchement c’est la première fois que cela lui arrive.
    Heureusement que le cabinet dentaire n’était plus très loin, sinon elle aurait rebroussé chemin pour rentrer chez-elle.
    Une dizaine de mètres plus loin, Maissa se retrouve dans une salle d’attente encombrée. L’après midi était déjà bien avancée quand son tour arrive. Le dentiste, un homme qui la connaissait depuis qu’elle était encore une toute petite fille, l’accueille chaleureusement, avant de procéder aux soins.
    - Il va falloir revenir encore deux ou trois fois pour terminer ces deux molaires… Lui dit-il… Elles sont profondément cariées, mais pas irrécupérables… Je préfère que tu les gardes encore quelques années. Je n’aime pas les extractions dentaires. Excepté dans certains cas irréversibles, je préfère que mes patients gardent leurs dents. Il suffit parfois de se faire extraire une dent pour se sentir un peu plus vieux…
    Il sourit :
    - N’est ce pas Maïssa ?
    Le jeune femme se rince la bouche avant de répondre :
    - Mais parfois on est vieux même en gardant ses dents. Le temps n’attend pas…
    - Oui je le sais bien moi qui frise déjà la soixantaine…Mais pourquoi dis-tu cela
    Maïssa ?
    Maissa est chez son dentiste. Ce dernier lui conseil de soigner ses dents pour les garder plus longtemps. Maissa lui dit se sentir déjà vieille même en gardant ces dents.

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    (4e partie)
    La jeune femme pousse un soupir : Je n’ai fait que çà durant de longues années. Tout au début de ma carrière d’hôtesse de l’air, je n’ai pas sentis le temps passer. J’aimais tellement mon métier. J’étais fascinée par tous ces déplacements à travers le monde, que parfois j’avais l’impression de n’avoir aucun port d’attache. Et cela m’était complètement égal. Mais ces derniers temps, l’angoisse a reprit le dessus. Je suis stressée, et nullement attirée par quoi que ce soit.
    - Non il ne faut pas te laisser aller à de telles idées. Grâce à dieu tu as encore tes parents, et une bonne santé. Je te conseillerais plutôt de reprendre tes voyages. Cela t’aidera à surmonter ton stresse. Tu seras en plein contact avec les passagers. Cela fait toujours du bien de découvrir de nouvelles têtes, et de nouvelles mentalités…
    - Je sais… Je crois que je vais me décider à reprendre finalement mes vols …
    - Voila qui est bien dit… Et surtout ne renonce pas.
    Maïssa prit congé de son dentiste, et reprend le chemin de la maison. En cours de route, elle s’arrête à un magasin, et s’achète quelques produits de beauté, ainsi qu’une nouvelle tenue. Cela lui remontait toujours le moral d’avoir quelque chose de neuf à mettre. Elle est enfin décidée à reprendre son travail. Son cœur est bien plus léger. La conversation avec son dentiste lui a fait le plus grand bien, elle qui d’habitude n’aime pas trop se confier.
    Elle rencontre quelques voisines sur son chemin, et échange quelques amabilités avec elles. À la porte de son immeuble, elle rencontre sa sœur aînée Meriem qui venait leur rendre visite et passer le week-end chez eux. Meriem était mariée depuis plusieurs années et mère de trois enfants. Maïssa aimait bien sa sœur, mais la jalousait quelque peu pour son bonheur d’être mère et heureuse dans son foyer.
    Les deux femmes s’embrassèrent, et montèrent ensuite dans l’appartement parental où les enfants les avaient déjà précédés.
    Prise entre les préparatifs du dîner, et les retrouvailles avec sa sœur, Maïssa, n’eut pas le temps de penser à son propre sort. Elle rit aux anecdotes rapportées par ses neveux, dont le plus jeune avait déjà huit ans.
    Le week-end passe. Meriem rentre chez-elle et Maïssa repense sérieusement à son travail. C’est décidé. Dans quelques jours, elle rejoindra son poste. Ces deux années de mise en disponibilité, lui ont plutôt fait plus de mal que de bien. Elle devenue taciturne à souhait et surtout sceptique pour tout ce qui concerne son avenir proche. “Dieu y pourvoira” comme le disait dans temps sa grand-mère paternelle.
    C’est décidé. Maïssa va rependre son travail. C’est peut- être une issue pour elle afin d’échapper à ses idées noires. L’oisiveté ne lui sied pas, et elle sait que si cela continue, elle finira par sombrer dans la déprime.

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    (3e partie)
    Maïssa secoue la tête : Parce que… Euh… parce que parfois je me sens plus vieille qu’une femme de 80 ans.
    - Non tu plaisantes ! Que se passe-t-il donc dans ta petite tête ?
    - Rien. J’ai fini par regarder la réalité en face. Mon miroir me renvoi chaque jour, l’image d’une femme qui vieillit.
    - Non mais… écoutez-moi ces babillages ! Maïssa est déjà une vieille mémère de 80 ans, alors que tu n’as que la moitié… Tu devrais peut-être changer un peu d’air quelque temps ma petite. Tu déprimes à en croire tes paroles…
    - Oui… je suis tellement enlisée dans mes pensées obscures, que j’ai faillit me faire écraser par un camion…
    - Je ne comprends pas pourquoi ce laisser-aller de ta part.
    Maïssa baisse les yeux avant de répondre :
    - C’est tout le monde, toute ma famille surtout qui voit en moi la vieille fille qui a raté sa vie, et qui ne sert plus à rien. Mon trousseau est déjà un souvenir lointain, et mes rêves ne sont plus que cauchemars… Qui aimerait avoir une fille aussi peu intéressante que moi chez-lui ?
    Pris de court par tant de détresse, le dentiste tire une chaise et s’assit derrière son bureau. Il ôte ses lunettes, et se met à les essuyer. Il jette un coup d’œil à la dérobée à la jeune femme assise en face de lui, puis lance :
    - Quel drame tu fais de ta vie ma petite… À t’entendre parler ainsi, on croirait que le monde s’écroule autour de toi. Vois-tu Maïssa chacun de nous vient au monde avec son destin bien tracé. Les uns trouvent la vie trop courte pour réaliser toutes leurs ambitions. Les autres la trouve plutôt bien longue parce qu’ils traversent des misères qui n’en finissent pas.
    - Je sais mais chacun trouve refuge quelque part, par contre moi…
    - Non. Il ne faut pas croire cela. Regarde donc autour de toi : les malades chroniques qui ne trouvent de soulagement dans aucun médicaments, les enfants abandonnés, les handicapés, les veuves avec des enfants en bas âge à leur charge, sans aucun revenu, les femmes malmenées par un mari brutal, et sans scrupule. Ne crois pas que tu es le bouc émissaire de tous les malheurs du monde, alors qu’il y’a des milliers de femmes de par le monde qui aimeraient se retrouver encore célibataire et sans contrainte.
    Maissa baisse la tête et se met à jouer avec la bride de son sac à main.
    - A chacun son malheur. Le mien vient de mon célibat endurci.
    - Tu n’es tout de même pas aussi vieille que ça ! Qui sait. Peut-être que tu rencontreras bientôt celui qui changera ta vie…
    - Le mot “peut-être” m’a fait rêver de longues années. Un mystère accumulé au terme “qui sait”, qui formalise davantage l’avenir… Je n’en peux plus…
    - Mais pourquoi ne reprends-tu pas donc ton travail ? Cela fait un bon bout de temps que tu es en mis en disponibilité si je ne me trompe pas..
    - Deux années. Je vais bientôt devoir reprendre sinon, je serais dans l’obligation de démissionner
    - Il faut reprendre ton travail Maïssa. Déprimée, Maïssa vide son sac. Le médecin essaye de minimiser les dégâts en lui parlant de la détresse des autres. À la fin, il lui conseille de reprendre son travail.

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    5iéme partie

    C’est décidé. Maïssa va reprendre son travail. C’est peut-être une issue pour elle afin d’échapper à ses idées noires. L’oisiveté ne lui sied pas, et elle sait que si cela continue, elle finira par sombrer dans la déprime.
    Une quinzaine de jours plus tard, vêtue de son uniforme, Maïssa reprend le travail. Pour ce premier jour, elle avait un vol de plusieurs heures vers une destination assez lointaine. La journée sera longue et rude. Oui, une dizaine d’heures de vol avant de pouvoir rentrer se reposer.
    Elle avait retenu ses cheveux en un chignon sur sa tête et arborait son plus beau sourire pour accueillir les passagers au seuil de la passerelle. Le beau temps l’aide à surmonter quelque peu ses préoccupations.
    Une vieille femme lui demande de l’aider à s’installer, et de lui ramener un verre d’eau pour prendre ses médicaments. Puis ce fut un enfant d’une dizaine d’années qu’elle accompagna jusqu’à son siège. Une fois tous les passagers installés, elle passe aux vérifications d’usage, et annonce le décollage. Sa collègue l’aida ensuite à distribuer les serviettes parfumées et les bonbons.
    - Tu as l’air en pleine forme Maïssa, lui dit-elle. Ton repos t’a apparemment fait beaucoup de bien.
    - Oh. De loin, je préfère encore travailler. Je suis mieux ainsi au milieu des passagers.
    Sa collègue sourit :
    - Quelquefois, le travail fait plus de bien que le repos. Aller, viens. Allons servir des rafraîchissements.
    Le vol s’avéra plus agréable que prévu. Le beau temps, l’ambiance, les passagers, le tout contribua à détendre l’atmosphère et à permettre un agréable voyage. Maïssa rentra chez-elle épuisée mais très contente de sa journée. Pour une fois, depuis bien longtemps, elle dormit d’une seule traite jusqu’au matin et sans faire de cauchemar. Bien au contraire, elle avait fait un rêve très agréable où elle s’est vu, tout de blanc vêtue, prendre le bras d’un très bel homme, et s’envoler vers des horizons paradisiaques. A n’en pas douter, son travail y était pour beaucoup dans cette relative reprise de confiance en elle.
    Des jours et des mois passèrent. Maïssa faisait de longs trajets, et parfois ne rentrait chez-elle qu’au bout de trois ou quatre jours. En particuliers lorsque des escales sont prévues. Parfois cela lui permettait de séjourner et de visiter des villes et des capitales de renommées. C’était l’un des aspects positifs de son métier. Mais d’autres fois, elle avait à peine le temps de prendre une collation. Le travail n’était pas de tout repos. Et souvent, elle doit venir en aide à des passagers malades, ou ayant la phobie de l’avion. Elle soignait les uns, calmait les autres, aidait des handicapés à se déplacer ou à manger, prenait soin des vieilles personnes. Et dans tout ce tourbillon de sollicitations, elle doit garder la tête froide et un sourire à toute épreuve.

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    (6e partie)
    Son travail d’hôtesse de l’air n’est pas de tout repos, mais cela permettait à Maïssa de s’occuper l’esprit. Les vols longues distances ont cette particularité de la rapprocher des passagers.
    Parfois, elle est si fatiguée qu’elle arrivait à peine à garder les yeux ouverts. Les vols nocturnes étaient les plus pénibles. Mais c’était son choix ce métier, et elle devait y faire face. Elle ne cessait d’ailleurs de se répéter cette phrase à chaque fois que cela commençait à devenir trop stressant. Elle avait choisi et devait assumer.
    Le printemps vint. Elle se sentit moins stressée, bien que la haute saison approchait avec ses affres et ses aléas. La saison chaude était synonyme d’un surplus de travail pour elle et ses collègues. Mais à bien penser, c’est aussi une saison pleine de rencontres, de retrouvailles et de bonnes surprises.
    Les vacances de printemps provoquèrent un rush de voyageurs aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur du pays. Des enseignants et des élèves, profitant de la belle saison, n’hésitèrent pas à se déplacer chez leurs familles ou chez des amis. Chargés de bagages, la plupart d’entre eux préfèrent la rapidité de l’avion aux longs itinéraires routiers.
    Maïssa travaillait sans relâche. Ses pauses ne sont en vérité que quelques heures volées çà et là entre deux vols à l’étranger. Ses missions ne se comptaient plus, et elle entame la haute saison dans un état d’esprit plus ou moins préoccupant, vu que ses crises d’angoisse, loin de l’avoir lâchée, revenaient sans cesse hanter ses nuits. Néanmoins, elle reprenait confiance en elle dès qu’elle est à bord d’un avion.
    Un long voyage sur un autre continent pour cette semaine occupa son temps. Elle avait du pain sur la planche avec ces centaines de passagers qu’elle devait rassurer, servir et aider.
    Au retour, l’avion était si bondé qu’on arrivait à peine à répondre à toutes les réclamations. Elle avait dû border un jeune enfant malade qui avait peur de l’altitude, et donner un calmant à un vieux monsieur qui était au bord de la crise de nerfs, avant de penser à servir le repas, puis à récupérer les plateaux.
    Epuisée, elle dut s’asseoir un moment pour récupérer quelques forces et se rafraîchir, laissant le soin à ses deux collègues de prendre la relève.

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    (7e partie)
    Avec l’arrivée des vacances, Maïssa ne chôme pas. Des voyages sur d’autres continents l’épuisèrent, mais elle sut y faire face, bien que parfois ses nerfs menacent de craquer. Quelques minutes avant l’atterrissage, elle reprend son service. Elle passe entre les rangs et vérifie que ses passagers étaient bien à l’aise et n’avaient besoin de rien. En passant devant les sièges de la première classe, elle s’arrête devant un homme d’une quarantaine d’années qui avait l’air mal en point. Il était pâle et se tenait la tête. Une migraine probablement, se dit Maïssa. – Cela va bien Monsieur ? lui demande-t-elle. Il relève la tête, et elle constate davantage sa pâleur. – Ma tête va exploser. Je n’arrive même pas à garder les yeux ouverts. – Vous avez une sale migraine. Cela va de soi avec le décalage horaire, l’altitude et la fatigue. Je vais voir ce que je peux faire pour vous. Elle s’éloigne et revient avec deux comprimés d’aspirine et un verre d’eau. – Voilà, cela va vous soulager. Nous allons atterrir dans quelques minutes, l’air libre vous fera du bien – Merci mademoiselle. Elle annonce l’atterrissage et demande aux passagers de boucler leurs ceintures. L’avion entame la descente et se pose enfin sur le tarmac. Maïssa fait un long soupir de soulagement. – Enfin, la journée est belle et bien terminée. Je n’en voyais plus le bout. Elle attend que tous les passagers aient quitté l’appareil, puis va s’enquérir auprès du commandant des dernières informations, avant de récupérer son sac et de s’apprêter à quitter l’avion. A ce moment précis, un objet attira son attention sur un des sièges de la première classe. Elle n’eut aucun mal à se rappeler que c’était le siège du passager qui avait la migraine, et à qui elle avait remis de l’aspirine quelques minutes auparavant. Elle s’approche un peu plus près et constate qu’il avait oublié sa mallette. Une belle mallette en cuir chromé. Elle s’en saisie et, remarquant qu’une de ses collègue la regardait, elle lance : – Un passager a oublié son bagage…
    - Oui, je vois.
    Tu devrais remettre cette mallette au commandant, ça a l’air d’être quelque chose de précieux. – Pourquoi au commandant ? Non, je vais tout simplement la remettre au service des objets perdus, peut-être que le passager en question s’en rendra compte avant sa sortie de l’aéroport, et reviendra la récupérer. Sa collègue hausse les épaules : – Peut-être. Fais comme tu veux Maïssa, moi, je suis trop fatiguée pour penser à autre chose qu’à aller faire un bon somme chez-moi.

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    8e partie
    Au moment de quitter l’avion, Maïssa remarque qu’un des passagers avait oublié sa mallette. Elle la récupère et s’apprête à la remettre aux services des objets perdus. Mais… Maïssa empoigne la mallette et descend les marches de la passerelle. Elle se dirige vers le hall des arrivées, et cherches des yeux dans la foule le propriétaire de la mallette. Sa migraine a dû le déstabiliser au point d’avoir oublié cette mallette sur son siège, se dit-elle. Un long regard dans la foule bousculante des passagers la renseigne. Non l’homme en question a dû quitter l’aéroport. Elle se dirige vers le service des objets perdus, puis se ravise. Ses jambes lui faisaient mal, et un torticolis lui tordait le cou. Elle décide de garder la mallette et de la ramener avec elle dès le lendemain. D’ici là, l’homme aura remarqué sa disparition et aura vite fait de se rendre compte de son oubli. Il va sûrement s’en inquiété et venir s’en enquérir. Elle rejoint son véhicule garé non loin de là et rentre chez-elle où à peine avait-elle pris un bain, qu’elle sombre dans un sommeil de plomb. Il faisait grand jour quand elle se réveille. Elle prend un petit déjeuner hâtif et revint dans sa chambre pour se préparer. Elle avait rendez-vous chez son dentiste, et un vol à 20h30. Ses yeux se posèrent sur la mallette. Ah ! Elle l’avait complètement oubliée celle-là. Que va-t-elle en faire finalement. Attendra-t-elle d’être à l’aéroport pour la remettre au service des objets perdus, ou bien… Elle hésite un moment… Devra-t-elle l’ouvrir plutôt et chercher une quelconque trace de son propriétaire ? Elle se sentit un peu gênée à cette perspective. Cette mallette appartient à un passager et elle n’avait aucun droit de l’ouvrir. Peut-être contient-elle des choses confidentielles ? Elle s’habille, se maquille, puis s’asseoit sur son lit en tirant la mallette vers elle. “Elle est peut-être codée ?” se dit-elle. Effectivement c’était le cas. Mais à bien y regarder, elle remarque un chiffre gratté discrètement à côté de la manette d’ouverture : 57… Elle compose le numéro, puis rajoute deux zéro à côté. Rien… Aucun déclic n’est perceptible. Elle essaye une autre combinaison. En vain. Elle recompose le chiffre 57 et rajoute un 57 à côté puis un 10… Rien. La manette refuse de s’ouvrir. Elle jette un coup d’œil à sa montre bracelet et constate que l’heure était bien avancée. Elle se lève et enferme la mallette dans son armoire, avant de se rendre chez le dentiste.

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    9e partie

    Maïssa a gardé la mallette avec elle. Elle essaye de l’ouvrir mais en vain. La mallette est codée, aucun chiffre composé n’arrive à la décoder. Que va-t-elle faire ? De retour chez-elle vers le milieu de l’après-midi, elle eut juste le temps de vêtir son uniforme et de rejoindre son poste de travail. Le vol de nuit s’avère moins pénible cette fois-ci, du fait que la plupart des passagers s’étaient endormis juste après le léger repas servi quelques instants après le décollage. Elle put même s’accorder un petit somme. De retour chez-elle au petit matin, elle n’eut qu’une seule pensée : la mallette. Une fois encore, elle essaya de l’ouvrir. Elle tenta d’autres chiffres, compose d’autres codes et fini par s’en lasser. Moins stressée que la veille, elle aida sa maternelle dans quelques travaux ménagers, puis prit un bain, et se rendit chez sa coiffeuse. Elle a devant elle deux journées de repos, et elle va en profiter pour s’occuper un peu de sa petite personne. Mais la mallette occupait ses pensées. Elle finira même par l’obséder. Au début de la soirée, elle revint à la charge et essaya encore de l’ouvrir mais sans résultat. Aucun code composé ne répondait. Maïssa sentit son sang bouillir dans ses vaines. Elle perdit patience et balance la mallette rageusement et de toutes ses forces contre le mur. A sa grande surprise, elle s’ouvrit et laissa échapper un flot de documents et des billets de banque. Maïssa se lève précipitamment et se met à ramasser fébrilement le contenu de la mallette éparpillé autour d’elle. Elle se rassoit sur son lit et tente de mettre de l’ordre dans les liasses des billets de banque et des documents. “Voyons tout d’abord si l’on peut trouver une trace du propriétaire ?” se dit-elle, en fouinant dans la paperasse. Elle finit par dénicher une carte bancaire et un agenda. La carte bancaire ne comportait pas grand-chose si ce n’est le numéro de domiciliation de la banque et le code personnel du client. Par contre, plusieurs documents, contrats, plans, bouclettes, etc. comportaient un nom et un prénom. Elle lut : Omar D., architecte. “Je suis une grande vilaine”, se dit-elle. Là je fouine dans l’intimité des gens… Néanmoins, elle continua à chercher dans le seul but de trouver une trace valable ou un indice lui permettant de contacter cet homme.

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    10e partie

    Elle se met à feuilleter l’agenda et tomba finalement sur les renseignement qu’elle cherchait. La première feuille comportait les coordonnées de l’intéressé et les suivantes plusieurs dates cochées et des numéros de téléphone. Elle lit attentivement la première page et découvre l’adresse d’un bureau et un numéro de portable. “Que vais-je faire ?” se demande-t-elle. “Dois-je appeler cet homme, ou me rendre chez lui ou à son bureau pour lui remettre la mallette ?” En fin de compte, elle décide de l’appeler. Elle se saisie de son portable et compose le numéro trouvé sur l’agenda. Une sonnerie, puis deux, puis trois… Mais personne ne décrochait. Elle laisse encore sonner quelque temps… Rien… Elle refait le numéro une deuxième puis une troisième fois… En vain. Elle bat en retraite, et se dit qu’il était un peu tard pour insister davantage. Elle se promet néanmoins de rappeler dès le lendemain matin. Il était environ 21h30 quand son portable se met à sonner. La jeune femme reconnut tout de suite le numéro et s’empressa de répondre : – Oui, allo bonsoir. – Bonsoir madame. Excusez-moi, mais je viens de découvrir votre numéro sur mon portable. Vous avez essayé de me joindre, mais au moment où ça a sonné j’étais au volant. A qui ai-je l’honneur s’il vous plaît ? – Euh, eh bien, c’est moi maintenant qui vais m’excuser car je ne sais comment me présenter à vous. – Quelle énigme ! Etes-vous quelqu’un que je connais déjà ? – Euh, oui, euh, non… Enfin, puis-je vous demander votre nom s’il vous plaît monsieur ? – Mon nom ? Vous m’appelez. Mais vous ne connaissez-pas mon nom ! Qui êtes vous donc ma petite dame ? Et que voulez-vous ?

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    11e partie

    Maïssa se mordit la langue. Depuis voilà trois jours qu’elle cherche à contacter cet homme, et maintenant qu’il est au bout du fil, elle ne sait pas par quoi commencer. Evidemment, elle aimerait tout d’abord savoir si elle parlait à la bonne personne avant de dévoiler l’objet de ses appels. – Eh bien, disons qu j’ai trouvé quelque chose qui vous appartient, s’empresse-t-elle de répondre. – Quelque chose qui m’appartient ? Quoi donc ? – C’est à vous de me le dire. Et j’aimerais d’abord savoir si vous êtes la bonne personne, c’est pour cela que je vous ai demandé votre nom. Sinon je peux toujours utiliser un autre stratagème : étiez-vous en voyage ces derniers temps ? – Oui, mais enfin… – Où étiez-vous donc parti ? – Mais que… – Donnez-moi uniquement le nom du dernier pays visité. – La G… – Ah… Je crois que je commence à me retrouver. N’aimeriez-vous pas me dévoiler votre identité ? Juste pour une dernière vérification ? – Mais, franchement, je ne sais quoi vous répondre. – Ne vous offusquez donc pas. Vous comprenez, j’aimerais être sûre de parler à la bonne personne. Elle entendit un long soupir, puis l’homme se lance : – Je m’appelle Omar D. Je suis architecte, je viens de rentrer il y a deux jours d’un voyage en G… Vous n’aimeriez pas connaître mon groupe sanguin, mon âge, la couleur de mes cheveux et celle de mes yeux, et… – Ne vous moquez donc pas de moi. En fait, Monsieur Omar, je ne suis autre qu’une des hôtesses de l’air qui vous avez servi à bord de l’avion venant de G… – Ah, je ne vois vraiment pas le rapport entre vous et… Que m’avez-vous dit avoir trouvé ? – Avez-vous perdu quelque chose ? – Euh, j’ai perdu, j’ai perdu ma mallette. Elle contenait tout un assortiment de documents et bouclettes… – Eh bien Monsieur, pourquoi ne l’avez-vous pas dit tout au début de notre conversation, quand je vous disais que j’étais tombée sur quelque chose qui vous appartenez… – Je pensais que vous me meniez en bateau ! Ah mon Dieu, je ne pensais pas retrouver cette mallette. Jamais. Et où l’avez-vous donc trouvée, madame ? – Sur votre siège.

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  11. Artisans de l'ombre Dit :

    12e partie

    Quel étourdi je suis ! Je l’ai cherchée partout, sauf auprès des services de l’aéroport. – Mais cette mallette est en ma possession. Je … Euh… vous me prendrez sûrement pour une folle, mais j’ai préféré la garder et chercher après vous. Ne me dites pas pourquoi, je suis incapable de vous répondre. En fait, je suis plutôt passible de poursuites disciplinaires auprès de mes supérieurs pour ne pas avoir remis cette mallette au service des objets perdus. – Ce n’est pas grave. Vous avez cherché à me contacter, ce qui prouve votre bonne intention. Mais, comment avez-vous pu avoir le numéro de mon portable ? Maïssa se sentit rougir de la tête aux pieds : – Je… j’ai cassé votre mallette. J’ai essayé tous les codes. Des tas de chiffres. J’ai passé un temps fou à essayer de l’ouvrir, mais en vain. A un moment, cela m’a tellement découragée que je l’ai balancée contre le mur, et là, elle a fini par s’ouvrir… Je suis désolée, monsieur ! – Non, ne le soyez pas. L’essentiel est qu vous ayez pu me joindre. Comment feriez-vous maintenant pour me remettre cette mallette ? – C’est à vous de voir monsieur… – Donnez-moi votre adresse, et je viendrai dès demain matin la récupérer. Maïssa réfléchit hâtivement : devrait-elle lui donner l’adresse du domicile de ses parents, ou bien lui fixer rendez-vous quelque part. Non, il vaudrait mieux que ce soit plutôt elle qui aille lui remettre son bien. – Eh bien à plutôt bien penser, je préfère venir vous la remettre moi-même à votre bureau. – Oui. Cela m’arrangerait, c’est très aimable à vous. Mais connaissez-vous l’adresse exacte de mon cabinet ? Maïssa se mordit encore une fois les lèvres : – C’est… c’est inscrit sur l’agenda… – Ah, très bien. Si cela ne vous ennuie pas, je vous y attendrai demain, disons vers les coups de 10h ? Je vais donner instruction à ma secrétaire pour vous laisser entrer. – Bien, Monsieur ! – Omar D… rappelez-vous. – Oui. Eh bien Monsieur Omar D… J’espère être à l’heure demain… – Très bien. À demain. Et merci beaucoup madame.

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  12. Artisans de l'ombre Dit :

    13e partie

    Ils raccrochèrent, et Maïssa se rendit compte qu’elle venait de discuter au moins pendant 30 minutes avec un homme qu’elle avait à peine entrevu lors d’un voyage. Elle hausse les épaules. Bah, après tout, ne voulait-elle pas lui remettre la mallette, et puis, cet homme avait quelque chose qui ne lui déplaisait pas : il avait une très belle voix au téléphone. Le cabinet d’architecture d’Omar se trouvait dans un des quartiers huppés de la ville. En descendant de son véhicule, Maïssa n’eut aucun mal à le retrouver. Elle contemple un moment la bâtisse qui se dressait devant-elle, avant d’appuyer sur l’interphone. La secrétaire lui répondit immédiatement, et Maïssa pu pénétrer dans un long couloir marbré. Un parfum très agréable s’en dégageait, et la fraîcheur qui y régnait la détendit instantanément. Elle prend l’ascenseur pour se retrouver en une minute au 3e étage de l’immeuble. Un panneau à l’entrée de l’appartement indiquait qu’elle était au cabinet d’Omar D. Elle sonne à la porte d’entrée, et une jeune femme vint tout de suite l’accueillir : – Bonjour, Madame. Mr Omar vous attend. Elle est tout de suite introduite dans un grand bureau agréablement meublé. Des plans de construction étaient étalés çà et là, ou accrochés sur des panneaux en bois. Une odeur de café attira son attention sur une tasse encore fumante déposée sur le grand bureau ovale, derrière lequel travaillait Omar. Il relève la tête à son entrée et se lève : – Bonjour ma bonne dame. Soyez la bienvenue. Vous ne pouvez pas savoir à quel point j’étais impatient de vous voir arriver. – Je crois que je suis à l’heure Monsieur, et même en avance de 5 bonnes minutes. – Oui. Mais mon impatience résulte du fait que la mallette contient des documents de haute importance, et mon agenda sur lequel sont inscrits mes numéros les plus utiles. Maïssa lui tendit la mallette : – La voici votre mallette Monsieur Omar. Je suis désolée de l’avoir gardée chez moi aussi longtemps ! – Ce n’est rien. Mais assieds-vous donc Madame ? – Mlle Maïssa F…

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  13. Artisans de l'ombre Dit :

    14e partie

    Melle Maïssa, vous ne pouvez savoir le degré de mon soulagement de retrouver cette mallette qui contient des contrats d’une extrême importance. Il soulève le couvercle de la mallette et fouille un moment dans le tas de paperasse qui s’y trouvait. Il ouvre une enveloppe et retire des billets de banque en monnaies étrangère et nationale… – Rien ne manque. Vraiment vous êtes un ange tombé du ciel Maïssa. – Je suis navrée d’avoir dû la casser pour accéder à vos coordonnées. – Ne faites pas donc de chichi… Je retrouve mes papiers, mon argent, mon agenda. Vous me rendez heureux et vous êtes navrée. Allons donc. Il contourne son bureau et se rassoit, avant de remplir une tasse de café et de la tendre à Maïssa. – Vous prendrez- bien un café mademoiselle. – Euh Oui… Mais je ne dois pas trop tarder. Je suis de service cet après-midi. – Ce n’est rien, nous sommes encore en début de matinée. Maïssa se met à siroter son café, sous le regard d’Omar. Elle se sentait un peu gênée d’être là devant cet étranger qu’elle connaissait à peine. Mais ce dernier voulant la mettre à l’aise reprend : – Cela fait longtemps que vous êtes dans ce métier d’hôtesse. ? – Une vingtaine d’années. – Hum. Un bon moment tout de même. Et ce métier vous plaît ? – Oh, à mes débuts oui… C’était fascinant de pouvoir voyager sans trop de frais. Mais à la longue, cela devient routinier et éreintant. En somme, c’est un métier comme un autre. Nous sommes nous aussi soumises à un règlement strict et à des horaires de travail les plus durs. – Vous n’aimeriez pas changer de métier Maïssa ? – Si, mais après vingt ans de service, cela devient quelque part une partie de soi-même. Et puis, à mon âge, je ne vois pas quelle formation je pourrais encore suivre ? – Votre âge ! Mais vous faites jeune Maïssa, pourquoi parlez-vous d’âge ? – C’est une réalité incontournable. On a beau faire jeune. On a l’âge qu’on a. – Vous me semblez pessimiste. – Euh, oui, si l’on veut… – Et pourquoi ?

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  14. Artisans de l'ombre Dit :

    15e partie

    Maïssa se sentit tout à coup ridicule d’être là dans ce bureau et devant un inconnu à répondre à des questions sur sa vie. Doit-elle étaler ses intimités devant cet homme qu’elle ne connaît même pas ? Elle se lève, tire sur sa jupe et s’apprête à prendre congé : – Merci pour le café Mr Omar. – Déjà, vous partez ! – Je vous ai déjà dit que je suis de service cet après-midi, et j’aurai à peine le temps de me préparer si je tarde encore un peu plus. – Mais vous n’allez pas partir comme ça, Maïssa. Pour vous remercier de votre geste, je vous invite à dîner. Choisissez le jour qui vous arrangera. Maïssa est prise de court. Elle ne s’attendait vraiment pas à ce que les choses prennent cette tournure. – Mais je ne pourrais… – Voici ma carte de visite, l’interromp Omar. Appelez-moi dès que vous aurez un moment à vous. Maïssa prit la carte et la fourre dans son sac. Omar la remercie encore et lui serre la main, avant de la laisse partir. Quelques jours passèrent. Maïssa qui était surchargée de travail n’avait ni le temps de repenser à Omar ni celui de l’appeler. D’ailleurs, à maintes reprises, elle s’est demandé si elle devait donner suite à son invitation. Elle ne connaissait finalement rien de cet homme, sauf qu’il était architecte et avait un cabinet dans un quartier très chic. Elle continua donc à mener sa vie entre ses voyages et sa famille. Bien sûr, la solitude lui pesait plus que jamais, et une envie irrésistible de changer s’emparait souvent d’elle, au point de la rendre malade. Mais tout compte fait, elle se disait qu’elle avait eu de la chance d’être en bonne santé et d’avoir un travail qui lui permettait tout de même de bouger très souvent. Un jour, alors qu’elle venait de rentrer d’un long voyage, la sonnerie de son portable la réveille au beau milieu d’un sommeil réparateur. Encore endormie, elle décroche sans savoir qui pouvait bien l’appeler. Elle n’eut aucun mal une seconde plus tard à reconnaître la voix. Cette voix mielleuse qu’elle trouvait si belle. – Allo Maïssa, c’est Omar, j’espère que je ne vous dérange pas. Une mélodie cette voix. Cette fois-ci, elle est bien réveillée.

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  15. Artisans de l'ombre Dit :

    16e partie

    Elle s’asseoit, tire la couverture sur ses jambes, avant de répondre d’une voix encore lourde de sommeil. – Non. Mais vous avez vu l’heure qu’il est. – Je sais qu’il est un peu tard, mais tout de même pas trop. Il est à peine 21h30… Ne me dites pas que vous dormez déjà. – Euh, si. Vous savez bien que je perds la notion du temps après mes voyages et… – Oh, excusez-moi, je suis un grand vilain. J’ai complètement oublié. Mais en fait, j’ai essayé de vous joindre cela fait des jours. – C’est réussi pour ce soir… – Désolé Maïssa, mais comme vous n’avez pas donné suite à mon invitation, j’ai jugé opportun de vous la rappeler. – C’est gentil. Mais ne vous inquiétez donc pas pour ça. – Comment ça, je ne m’inquiète pas. J’y tiens toujours, et absolument à ce qu’on se revoie. – Hum. Je ne sais pas si… – Si tu auras le temps… Tu trouveras bien un moment Maïssa ! Omar l’avait tutoyée. Elle relève le ton familier dans ce premier pas. Mais continue à le vouvoyer. – Vous savez, avec mes occupations… – Tutoie-moi donc Maïssa. Pourquoi hésites-tu tant ? – C’est que… – C’est que quoi ? – On ne se connaît pas assez. – Cela ne veut rien dire. On a déjà eu à discuter ensemble à deux ou trois reprises. Je ne vois pas la raison de ces réticences. Elle pousse un long soupir intérieur. Que lui veut-il donc ce Omar. Un dîner en tête à tête. Et après. ? La laissera-t-il en paix, ou va-t-elle s’embarquer dans une aventure sans issue comme par le passé. “Je n’ai plus l’âge de vivre des aventures sans lendemain”, se dit-elle. Néanmoins elle répond : – Je vais essayer Omar. Mais ne m’en veut surtout pas si de temps à autre le vouvoiement revient. Je ne connais encore rien de toi. Pour moi, tu es encore un étranger. – Cela ne fait rien. Nous aurons le temps de nous connaître. Et si l’on revenait à mon invitation. – Euh, tu y tiens vraiment ?

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  16. Artisans de l'ombre Dit :

    17e partie

    Omar pousse un soupir – Plus que jamais. – Alors, ne verras-tu pas d’inconvénient si je préférerais plutôt un déjeuner qu’un dîner. – Pas du tout. Mais pourquoi donc ? – Tout simplement parce que je suis une femme à principes, et pour une première invitation, je préfère un déjeuner à un dîner. Prends-moi pour une vieux jeu si tu veux, mais je n’ai pas l’habitude de veiller à l’extérieur quand je ne suis pas de service. – Tu n’es pas vieux jeu Maïssa, mais je dirai plutôt une femme avisée. Où veux-tu donc déjeuner ? Me permets-tu de te proposer un restaurant un peu à l’écart du grand monde ? – Ce serait parfait, à condition que ce ne soit pas trop loin de la ville. – Voyons donc, pouvons-nous nous voir dans deux jours ? – Dans deux jours, tu veux dire après-demain ? – Oui, si toutefois tu n’es pas de service. – Non, j’ai deux jours de repos et cela me semble parfait. Le surlendemain, Maïssa, toute excitée de se rendre à son rendez-vous, se prépara méticuleusement. Elle ramasse ses cheveux en un chignon sur sa nuque, se maquille soigneusement et opte pour un tailleur classique, bien qu’elle soit tentée par une tenue plus décontractée. “Non, je préfère paraître plus élégante, se dit-elle. Sait-on jamais comment va-t-il prendre les choses, si je m’emmenais en jeans.” Elle se rendit à l’heure prévue à ce restaurant sur la côte qu’elle découvre au hasard de ses investigations au milieu d’une verdure luxuriante et de fleurs épanouies. – Charmant comme endroit, se dit-elle en garant au pied d’un arbre. Elle pénètre dans l’établissement, et n’eut aucun mal à reconnaître Omar qui était déjà installé à côté d’une grande fenêtre au fond de la salle. A sa vue, il se lève et vint à sa rencontre. – Bonjour Maïssa, comment vas-tu ? – Très bien, et toi ? – Bien. La journée est splendide. Et cela aide à garder un bon moral. Il laide à s’installer, et demande deux boissons fraîches et le menu du jour.

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  17. Artisans de l'ombre Dit :

    18e partie

    Maïssa se détendit. Le restaurant paraissait très propre et le décor rustique donnait à l’atmosphère cet air ancien et chaleureux. Le serveur dépose devant elle un grand verre de jus naturel et une limonade devant Omar. Maïssa remarque que la tenue de ce dernier était simple et élégante. Un blazer bleu sur une chemise blanche au col échancré, et un pantalon de couleur grise. L’homme n’était pas mal non plus, remarque-t-elle. Grand, assez svelte, le regard noir et rieur, et de beaux cheveux châtain foncés dans lequel brillaient quelques mèches blanches. Quel âge peut-il bien avoir ? La quarantaine sans doute. – Le portrait te plaît ? Elle sursaute à cette remarque, et se rendit compte qu’elle était entrain de le dévisager ouvertement. – Euh, excuse-moi, j’étais un peu distraite. Je ne voulais… – Mais cela ne me déplaît pas Maïssa. Certes, je ne suis plus de la prime jeunesse, mais quand une femme comme toi daigne me regarder, je m’en trouve flatté. Il rit : je t’embarrasse avec ces propos ? Quel idiot je suis. Maïssa baisse les yeux. Elle joue un moment avec ses doigts, puis relève la tête et rencontre le sourire de Omar : – Je suis comme ça, j’ai un caractère trop franc, lui dit-il. – Mais j’aimerais que tu sois franc Omar. Je ne sais pas quoi te dire au juste. Mon esprit s’est mis en branle. Souvent, quand on rencontre une personne pour la première fois, on ne peut s’empêcher d’enregistrer ses traits… – Pour la deuxième fois… – Hein ? – C’est bien la deuxième fois qu’on se rencontre, non ? – Heu, oui… j’ai oublié… – Mais la première fois, ce n’était pas dans un restaurant, c’était dans mon bureau. Maïssa rougit légèrement, mais se reprend : – C’est suite à cette rencontre qu’on a convenu de ce rendez-vous… – Cela t’a-t-il dérangé Maïssa ? – Non… Euh, mais comme je n’ai pas l’habitude de répondre à des invitations d’inconnus… – J’ai oublié que j’étais encore un inconnu. C’est incroyable, mais j’ai cette impression bizarre de d’avoir toujours connue.

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  18. Artisans de l'ombre Dit :

    19e partie

    Maïssa ébauche un sourire : – Tu me dis ça pour me mettre à l’aise. – Non, c’est la réalité. Le serveur vint prendre la commande et Omar change de sujet : – Tu vas goûter à des plats traditionnels bien de chez-nous Maïssa. Ce restaurant y propose une variété. Que préfères-tu ? Un couscous ou un ragoût… – Je prendrai la même chose que toi, puisque tu sembles t’y connaître Omar. – Eh bien, optons pour le couscous. Ils reprirent leur conversation, et Omar demande : – Qui es-tu Maïssa ? Parle-moi un peu de toi. La jeune femme rit. – Il y a à peine quelques minutes, tu disais m’avoir déjà rencontrée et toujours connue… – Dans une vie antérieure peut-être, l’interrompt Omar. Mais je te le jure, c’est une impression qui ne veut pas me quitter. – Et que veux-tu savoir sur moi. – Tout ce que tu consentiras à me raconter. Ton travail, ta vie, ta famille… Maïssa hoche tristement la tête. – Il n’y a pas grand-chose à raconter Omar. Tu connais mon travail. Je suis une célibataire endurcie, et je vis encore entre mon père et ma mère dans un trois pièces cuisine au centre-ville. Le reste de mon temps se réduit à mes allers-retours entre deux avions. Omar la regarde bien en face avant de lancer : – Et ce n’est pas ce dont tu as rêvé, je présume. – Non, j’avais d’autres ambitions quand j’étais plus jeune. Puis après… – Et tu remets tes ambitions aux calendes grecques sous prétexte que tu es trop vieille. – C’est la réalité. – Cesses de raconter des bêtises.

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  19. Artisans de l'ombre Dit :

    20e partie

    Excuse-moi, mais sincèrement Maïssa, je trouve aberrant que quelqu’un vienne me dire qu’il a largué ses projets et ses aspirations parce qu’il a tel âge… – J’ai 43 ans Omar. Je ne suis plus une petite fille. – Ni une vieille mémère. Et je ne vois pas comment tu vas vivre tes prochaines années dans un tel état d’esprit. – En dehors de mon travail, je ne vois vraiment pas ce que je pourrais faire. – Beaucoup d’autres choses. – Lesquelles ? – je ne sais pas moi. Tu viens de parler de tes ambitions… – Oh, laisse tomber… Parle-moi de toi à ton tour Omar. Omar se redresse. Le serveur venait de déposer leur commande et se met à les servir. Maïssa hume l’odeur relevée de la sauce et sourit : – ça a l’air bon ! – C’est l’une de nos spécialités, répondit le serveur… Vous apprécierez à coup sûr. Le couple se met à manger, et Omar remplit leurs deux verres d’eau. – C’est toujours un plaisir pour moi de manger un couscous. Ma mère et par la suite ma femme le préparaient tellement bien ! Maïssa s’arrête de manger. – Ta femme ? – Oui… Elle se reprend. Naturellement. Que va-t-elle croire. Cet homme doit être marié et doit aussi avoir des enfants. Elle se sentit tout à coup gênée d’être assise là auprès d’un homme mûr et de surcroît déjà lié. Mais pourquoi a-t-elle donc accepté son invitation ! Elle relève la tête, et une mèche se dégage de sur son front. Omar la lui relève d’un geste prompt. Elle le regarde, puis baisse les yeux sur son assiette. Le couscous étai succulent. Mais ce rendez-vous commençait à prendre une tournure désagréable. Certes, elle ne s’attendait pas à quelque chose d’extraordinaire avec cet homme. Même pas à une petite amourette. Mais tout de même apprendre qu’il était déjà marié lui provoquait un pincement au cœur qu’elle n’arrivait pas à s’expliquer.

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  20. Artisans de l'ombre Dit :

    21e partie

    Loin de s’offusquer pourtant, elle essaye de faire contre mauvaise fortune bon cœur, et sourit avant de lancer :
    - Tu es un fin gourmet Omar.
    - Oui. Tu peux le dire. J’aime bien manger. En fait, j’aime tout ce qui est beau, et tout ce qui fait plaisir à un être normal. J’aime bien m’habiller, voyager, me distraire, sortir avec des amis…
    Il lui jette un coup d’œil malicieux, avant d’enchaîner :
    - Comme maintenant, je suis avec toi…
    - Tu me considère déjà comme une amie ?
    - Ne l’ais-tu pas…
    - Si, mais peut-être un peu nouvelle pour toi…
    Il sourit :
    - Nouvelle ? Mais ma chère dans ce monde, on rencontre tous les jours des gens, les un t’accrochent et l’amitié fait vite son œuvre, mais les autres te répugnent, et tu fais tout de suite un rejet psychologique envers eux. Pour toi, c’est très simple. Les choses ont évoluée d’elles-mêmes.
    - Tu ne m’as toujours pas parler de toi Omar.
    Il hoche la tête et se tut un moment avant de reprendre.
    - Que veux -tu savoir de moi ?
    - Tout. Je t’ai bien raconté une partie de ma vie.
    - À quand la suite ?
    - Quand tu m’auras raconté la tienne.
    - Eh bien… (Il se met à jouer un moment avec sa cuillère) Eh bien… j’aimerais que tu saches que je suis quelqu’un d’ambitieux mais de très simple. Je suis architecte depuis plus de vingt ans. Grâce à dieu je gagne bien ma vie. J’ai plusieurs projets en cours, et je passe mon temps libre à pratiquer une discipline sportive. J’aime la natation et le tennis. Ma vie se résume la plupart du temps à mes projets et à ma famille.
    Maissa ose enfin formuler la question qui lui brûlait les lèvres :
    - Tu as des enfants Omar ?
    - Oui deux. Mehdi 10 ans, et Katia 5 ans.
    - Ils sont beaux ?
    - Oui. Très beaux. Mehdi est en quatrième année primaire et Katia est encore au préscolaire.

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  21. Artisans de l'ombre Dit :

    22iéme partie

    Maïssa se mordit les lèvres. Sa sensation de gêne s’accentue. Mais elle ne laisse rien paraître.
    - Et en dehors de tout ça Omar… Quelles sont tes distractions ?
    - Eh bien, j’aime la lecture, je suis un féru de l’informatique, j’aime les longues randonnées pédestres et, quand j’ai un moment, j’aime sortir en mer… Cela me change vraiment les idées.
    - En sommes, tu as une vie bien pleine.
    Omar se tue et un éclair de tristesse passe sur son visage. Maïssa remarque même un pli soucieux sur son front. Il se verse un grand verre d’eau et le boit d’une seule traite avant de répondre :
    - Oui. Je suis très occupé. Mais cela ne m’empêche pas de m’accorder de temps à autre du bon temps.
    - Comme aujourd’hui.
    Maïssa avait balancé sa phrase sans réfléchir. Mais Omar n’y fait guerre attention.
    - Je suis quelqu’un qui aime vivre. Mais la vie parfois prend des tournures dramatiques.
    Ils étaient au dessert et Omar qui avait commandé une salade de fruits se met à manger du bout des lèvres. Quelque chose le préoccupait, c’était clair. Un mauvais souvenir a peut-être remonté à la surface.
    - Oh, excuse moi Maïssa. Je t’embête sûrement avec tout ça…
    - Pas du tout. Mais (elle jette un coup d’œil à sa montre) je crois qu’il est temps pour nous de rentrer.
    - Déjà !
    - Oui. J’ai rendez-vous chez mon dentiste, et je présume que tu dois retourner à ton cabinet.
    - Non. Pour aujourd’hui j’ai pris mon après-midi. Je voulais qu’on passe ensemble un peu plus de temps, Maïssa.
    Maïssa se dérobe :
    - Cela suffit pour cette fois-ci. Une autre fois peut-être, lance-t-elle sans conviction.
    Omar lui prend les mains.
    - Une autre fois je te présenterai à mes enfants.
    Maïssa sentit son malaise s’accentuer.
    - Oui, j’aimerais bien les rencontrer.
    Ils se quittèrent et chacun retourne à ses occupations.

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  22. Artisans de l'ombre Dit :

    23iéme partie

    Maïssa rentre chez-elle. Pour elle, cette rencontre n’avait rien de particulier, sauf que sa frustration avait augmenté d’un coup du fait de savoir qu’elle venait d’accepter un rendez-vous avec un homme déjà lié à une autre femme. Elle se demandait cependant pourquoi que le fait que cet homme soit marié la contrariait. Ne trouvant pas de réponse logique à cette question, elle se dit que peut -être au fond d’elle-même, elle espérait approfondir cette relation.
    Elle reprend ses activités, et tente d’effacer de son esprit Omar D. et la rencontre du restaurant. Elle se promet de ne plus le rappeler, et ira même jusqu’à effacer son numéro de son portable. Ce qui était peine perdue, puisque lui même avait le sien, et pouvait la rappeler quand bon lui semble.
    Les jours passèrent et se ressemblèrent pour cette jeune femme qui se morfondait de plus en plus dans sa solitude.
    Elle se découvrit néanmoins une passion pour la lecture, et se plongeait de longues heures dans des œuvres assez intéressantes. Ce qui lui permit d’oublier de temps à autre sa monotonie.
    Trois semaines sont déjà passées depuis sa rencontre avec Omar. Ce dernier ne l’avait plus recontacter. S’était-il dit qu’il perdait son temps avec elle, lui qui avait déjà une femme et des enfants, ou bien était-il tellement pris par son travail, qu’il n’avait pas eu le temps de penser à l’appeler.
    “Bah. Se dit-elle, que vais-je encore chercher ? Je sais qu’avec un homme marié on ne peut récolter que des problèmes.”
    Elle essaye de le chasser de ses pensées et occupe ses journées entres son travail, ses lectures, et ses parents.
    Son père venait de partir en pèlerinage à La Mecque, et elle passait souvent de longues soirées à discuter avec sa maternelle. C’était pour elle une grande consolation cette entente avec sa mère. Elle se disait souvent qu’elle avait de la chance d’avoir des parents compréhensifs.
    La saison tirait à sa fin, et le travail se régularisait, après le rush de la haute saison, et la rentrée. Maïssa, voyageait souvent, mais était moins bousculée, et moins stressée. Elle aimait ses moments qu’elle passait à bord d’un avion pas trop encombré. Cela la stimulait de pouvoir faire des brins de conversation avec les passagers et de se sentir plus proche d’eux.

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  23. Artisans de l'ombre Dit :

    24iéme partie

    Un jour, et au moment de l’embarquement, elle fut surprise de reconnaître Omar parmi les passagers à destination de Paris. Ils se saluèrent et Omar la complémente même sur sa bonne mine. La jeune femme se sentit rougir, mais tint à garder un air passible, et juste après le décollage, elle se faufile parmi les sièges pour s’approcher de lui – Ah notre charmante hôtesse n’a pas oublié ses bonnes manières ! S’exclame Omar qui apparemment heureux de la revoir souriait de toutes ses dents.
    - Commet vas-tu Omar ?
    - Très bien et toi ?
    - Bien…
    - Tu as l’air en forme. En meilleure forme que lors de notre dernière rencontre.
    - Oh, je ne sais pas. En tout cas, notre dernière rencontre remonte à plus d’un mois.
    - Oui… Désolé Maïssa… Mais je n’étais pas là. Un projet à l’étranger m’a retenu pour deux bonnes semaines, puis j’avais des chantiers à prospecter et tout un arsenal de plans à mettre en œuvre. Et comme tu vois, je suis à nouveau en déplacement.
    - C’est bien d’être aussi occupé.
    - Tu trouves ?
    - Je trouve ton travail très passionnant.
    - Le tien aussi l’est…
    - Non pas autant. Le mien est routinier, par contre toi tu dois rencontrer des gens intéressants, consulter des experts, travailler sur de nouveaux plans…
    Omar sourit :
    - Tu as des connaissances sur le métier à ce que je vois.
    - Non. Juste une idée. Que puis-je te servir Omar, un jus, un café ?
    - Un café. Mais tu ne vas pas t’en sortir comme çà…
    - C’est-à-dire.
    - J’aimerais discuter avec toi Maïssa.
    - De quoi donc ?
    - De beaucoup de choses. Il est vrai qu’on ne se connaît pas encore assez, mais je t’assure que depuis notre dernière rencontre, je n’ai pas cessé de penser à toi.
    Maïssa lui jette un regard incrédule :
    – Qu’ai-je donc de spécial pour occuper autant tes pensées.
    - Tu n’as rien de spécial. Mais tu as un air franc qui ne trompe pas, et tu es si douce.
    - Qu’en sais-tu. Tu viens de dire qu’on ne se connaissait pas encore assez.
    - Certes. Mais ma chère, il y a un instinct en chaque être humain qui nous pousse à apprécier une personne ou à la rejeter. Le mien me pousse à t’apprécie Maïssa.

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  24. Artisans de l'ombre Dit :

    25e Partie

    Maïssa ébauche un sourire poli, et se rappelle que cet homme était déjà marié. Cherche-t-il une aventure avec elle. Et si c’est le cas, va-t-elle l’accepter ?
    Elle lui sert un café et s’éloigne pour s’occuper des autres passagers.
    Durant les deux heures de vol qui s’ensuivirent, Maïssa évite Omar. Elle ne voulait ni susciter sa curiosité vis-à-vis d’elle ni discuter trop longtemps avec lui de peur d’attirer l’attention sur elle. Mais ce dernier l’interpelle alors qu’elle passait devant lui juste avant l’atterrissage :
    - Maïssa… veux-tu dîner ce soir avec-moi….
    Maïssa qui ne s’attendait pas du tout à de tels propos est prise de court.
    - Euh… Mais je…
    - Ne me dis surtout pas que tu vas rentrer ce soir. Ta collègue vient de me confier que vous allez passer la nuit à Paris.
    - Oh, je vois que Monsieur est bien renseigné.
    Omar sourit. Maïssa découvre tout à coup que son sourire était éblouissant. Comment ne l’a-t-elle pas remarqué auparavant.
    - Dis oui, s’il te plaît Maïssa. Acceptes de dîner avec moi.
    - Je ne sais pas si je serais en forme pour te tenir compagnie le temps d’un dîner.
    - Tu as l’air très en forme, et je suis certain que tu tiendras encore deux petites heures supplémentaires avant d’aller te coucher. Pour ne pas trop te perturber, nous n’allons pas trop nous éloigner de ton hôtel. Je présume qu’il ne doit pas être trop éloigné de l’aéroport.
    - Oui. Nous avons des chambres réservées à l’hôtel R… Ce n’est pas très loin de l’aéroport.
    - Alors, vas-tu répondre à ma question ?
    - Je vois qu’on ne peut rien te refuser Omar. C’est d’accord. Mais juste pour une heure ou deux.
    - Parfait ma chère. Et maintenant vas-tu enfin nous annoncer l’atterrissage.. ? Maïssa sourit et s’éloigne pour se renseigner auprès du chef de cabinet quant à l’annonce de leur arrivée à Paris.
    Deux heures plus tard, le téléphone sonnait dans sa chambre d’hôtel, et elle eut juste le temps d’enfiler un manteau pour rejoindre Omar qui l’attendait à la réception.
    Il se rendirent à un restaurant situé non loin de là, et commandèrent un dîner léger. Puis lui prenant les mains, et sans aucun prélude, Omar lance :
    - Maïssa, veux tu m’épouser ?

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  25. Artisans de l'ombre Dit :

    26iéme partie

    Prise de court, la jeune femme eut du mal à déglutir. Elle crut n’avoir pas bien compris, mais Omar reprend : – Maïssa veux-tu devenir ma femme. Je sais que tu vas encore me rabâcher qu’on ne se connaît pas encore assez, mais je ne vois aucun inconvénient à te dévoiler mes intentions envers toi…
    Maïssa avale un verre d’eau, et les mains tremblantes dépose le verre avec fracas sur la table.
    - Là. Tu es surprise. Mais vois-tu Maïssa, nous n’avons plus vingt ans tous les deux, et la vie n’attend pas. Profitons du temps présent avant qu’il ne soit trop tard.
    Maïssa prend une longue inspiration avant de pouvoir articuler ses mots :
    - Mais… Mais Omar tu es un homme marié.
    Une ombre de tristesse passe dans les yeux d’Omar :
    - J’étais marié.
    De plus en plus intriguée, Maïssa ouvrit de grand yeux.
    - Tu ne l’es plus ?
    - Non
    - Ne me dis pas que tu es divorcé !
    - Non. Je suis veuf, Maïssa
    Non loin d’eux un groupe de jeunes discutaient bruyamment. Les uns riaient, d’autres lançaient des boutades. L’ambiance était des plus conviviales.
    Maïssa avait encore du mal à assimiler ce qu’elle venait d’entendre. Le menait-il en bateau ? Omar est veuf ? Est-ce la vérité ? Mais enfin pourquoi lui mentira-t-il sur sa situation de famille. Une phrase lui revient en mémoire : lors de leur déjeuner, Omar avait fait allusion à sa femme quant à la préparation du couscous. “Ma mère et ma femme par la suite le préparaient bien”, avait-il précisé employant un temps passé.
    Sur le coup, elle n’y avait pas prêté attention. Mais Omar aujourd’hui lui déclare carrément que sa femme est décédée, et il veut l’épouser.
    - Ma femme est décédée; reprend-il. Je suis veuf depuis voilà plus de deux ans.
    - De quoi est-elle décédée ?
    - D’une maladie incurable… Epargnes -moi s’il te plaît les détails. J’ai vécu un calvaire insurmontable lors de sa maladie. Durant des mois, je ne cessais de courir les hôpitaux et les médecins. Nous avons tenté l’impossible pur la sauver. Mais Dieu Tout- Puissant en a décidé autrement.

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  26. Artisans de l'ombre Dit :

    27iéme partie

    -Je suis désolée pour toi Omar… – C’était une dure épreuve mais J’ai survécu. J’ai surtout voulu redonner du courage à mes gosses. En particulier à Mehdi, qui avait 8 ans à l’époque, et qui était très attaché à sa mère. Katia, elle, n’avait que trois ans.
    Une jeune fille s’approche de leur table et regarde Omar droit dans les yeux.
    - Monsieur.. Nous sommes en train de jouer à “danse avec les loups”, c’est un jeu qui consiste à prendre comme partenaire un parfait étranger pour danser un moment avec lui. Acceptez-vous de danser avec-moi ?
    Omar sourit :
    - Cela aurait été avec plaisir Mademoiselle, mais je suis un piètre danseur…
    - Cela ne fait rien, vous n’êtes pas obligé d’être une étoile pour danser cinq minutes avec moi.
    Omar hésite, mais Maïssa le pousse du coude :
    - Allez, vas-y… ne mets pas cette jeune fille dans l’embarras.
    Omar se lève et se dirige vers la piste où il esquisse quelques pas de danse avant de revenir à sa table.
    - Ne me mets pas dans l’embarras de ton côté. Maïssa vient danser avec moi.
    - Moi… ! Mais je ne sais pas danser…
    - C’est simple. Il faut suivre le rythme de la musique et cela vient tout seul.
    - Mais je te jure que je ne connais pas… Je n’aime pas…
    - Arrêtes avec tes réticences. Viens. Laisse-moi te guider, tu verras que c’est facile.
    Omar tire Maïssa par le bras et l’oblige à se lever et à le suivre sur la piste de danse. Elle exécute quelques pas maladroits, puis sentit le bras d’Omar entourer sa taille et corriger ses pas. Elle voulut se dégager, mais à sa grande surprise, elle se sentait si bien dans les bras d’Omar qu’elle n’en eut plus aucune envie de le faire.
    Ils dansèrent un long moment, et bercée par la musique, Maïssa avait déposé sa tête sur l’épaule de son partenaire et s’était laissée aller.
    La musique s’arrête et mit fin à la douceur exquise d’un moment. Maïssa sursaute quand elle sentit la main d’Omar prendre la sienne. Il la raccompagne à leur table, mais garde sa main.
    Elle sentit une grande sérénité l’envahir.
    - Alors ainsi Maïssa, tu veux me faire croire que tu n’aimes pas danser ?

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  27. Artisans de l'ombre Dit :

    28iéme partie

    Maïssa sentit une légère rougeur envahir ses joues, mais elle sourit et répondit d’un air décontracté :
    - Tout dépend du cavalier finalement.
    - Tu vois que j’avais raison. En fait, j’ai toujours raison… J’ai toujours su prendre mes initiatives au moment qu’il faut.
    - Hum. Je vois. Et même cette invitation à dîner a dû être calculée et prévue.
    - Oui. Mais c’est parce que je voulais qu’on ait un moment à nous. Je voulais te parler.
    - C’est fait.
    - Pas tout à fait, mais c’est de toi que dépend la suite. Tu n’as toujours pas répondu à ma demande en mariage.
    - Tu es sérieux Omar. Tu veux vraiment m’épouser.
    - Tu y vois un inconvénient ?
    - Mais on se connaît à peine.
    - Nous y voilà encore. Mais ma chère, le temps est précieux et les années n’attendent pas. Nous avons toute la vie pour nous connaître.
    - Mais…
    - Mais quoi ?
    - Ne vas-tu pas regretter un geste aussi hâtif ?
    - Moi, je ne regrette jamais ce que j’entreprends.
    - Heu… Mais moi, je ne prends jamais de décision sans réfléchir…
    - Tu veux réfléchir ? À ta guise ma chère. Mais je n’ai pas l’intention d’attendre un bail.
    - Je prendrais juste le temps qu’il faut pour peser le pour et le contre qu’une telle décision risque de me provoquer.
    - Tu doutes de toi alors…
    - Non pas du tout. Mais comprends-moi Omar, si ce matin à mon réveil quelqu’un m’avait dit que je vais recevoir ce soir une demande en mariage, je ne l’aurais pas cru.
    Omar sourit :
    - Je sais que je suis trop vite allé en besogne. Mais il y a un quelque chose en moi qui me dit que si je ne prends pas les devants, je risque de te perdre. Et c’est la dernière chose que je souhaiterais.

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  28. Artisans de l'ombre Dit :

    29iéme partie

    Maïssa est émue :
    - Tu as donc peur de me perdre Omar ?
    - Oui. Et bien plus que tu ne le penses.
    - Vraiment ?
    - Vraiment. Depuis notre dernière rencontre, je n’ai cessé de penser à toi et à la douceur qui émane de tes yeux. Je sais aussi que tu seras une mère parfaite pour mes enfants. Et cela compte énormément pour moi.
    - J’adore les enfants. Mais avec mes fréquents déplacements et un travail comme le mien, ne crains-tu pas qu’il y ait plutôt des conséquences négatives ?
    - Non. Je sais que tu aimes ton métier, mais je sais aussi que tu sauras partager ton temps entre ton travail et des obligations familiales. Me suis-je trompé ?
    - Non…. Au contraire, je trouve que tu es bien plus perspicace que moi.
    - Alors, Maïssa, prends ton temps mais ne réfléchis pas trop.
    - Ne crains-tu pas de rencontrer un de ces jours une femme plus belle, plus jeune et élégante que moi, qui saura occuper ton cœur, et alors tu vas regretter cette décision hâtive ?
    Omar hausse un sourcil :
    - Crois-tu petite espiègle que c’est les femmes qui manquent. Belles, jeunes, élégantes, j’en ai rencontrées des dizaines, mais aucune n’a su m’accrocher. Seule toi, par ta simple présence, a su faire vibrer quelque chose en moi…
    Maïssa se lève :
    - Je risque de passer le reste de la nuit ici à t’écouter me conter fleurette. Je crois qu’il est temps pour nous deux d’aller prendre quelques heures de repos.
    - Tu as raison. Je vais t’accompagner jusqu’à ton hôtel. Mais rendez-vous est pris dans une semaine. Je te téléphonerais dès que je rentre de ce voyage à Paris. Je crois que tu auras amplement le temps de mettre fin à tes nombreuses hésitations.

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  29. Artisans de l'ombre Dit :

    30iéme partie

    Ils se séparèrent à la réception de l’hôtel, et Maïssa rejoint sa chambre sur un nuage rose. Tant de choses lui arrivent en un laps de temps très court ! Le vol du lendemain, bien que très tôt, lui paraît très agréable. Elle se sentit légère et pleine d’entrain. Une fois chez-elle, elle met sa mère au courant de la demande en mariage d’Omar. Cette dernière est très heureuse d’apprendre que sa fille va enfin se caser.
    Une semaine plus tard, et comme prévu, Maïssa donne une réponse à Omar. Elle accepte de devenir sa femme, et est pressée de rencontrer ses enfants. Elle les trouve adorables et bien élevés. Le mariage est fixé dans un mois, et Maïssa procède aux derniers soins dentaires. Elle revoit son dentiste et n’hésite pas à ui annoncer la bonne nouvelle. Finalement, le destin, ce fameux farceur, prend le devant au moment où l’on s’y attend le moins. Qui aurait dit que le simple oubli d’une mallette a suffi à déclencher tout un processus et mettre fin au célibat endurci d’une femme qui ne croyait plus en l’avenir. Le dentiste trouvera tout de même une réponse bien placée : “C’est ainsi. Quelquefois, il suffit de peu pour être heureux. Un simple clin d’œil au destin, et nous voilà servi. Alors que durant de longues années, on se morfond à attendre une chose qui n’arrive jamais… ”
    Maïssa unira sa vie à celle d’Omar un jour de printemps. C’est une femme radieuse qui convolera en justes noces, entourée de tous les gens qu’elle aime.

    Y. H

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