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La nouvelle de Yasmina Hanane Les feuilles de l’automne

4 mai 2012

EXTRAITS, Yasmina Hanane

 

Par : Yasmine HANANELa nouvelle de Yasmina Hanane     Les feuilles de l’automne dans EXTRAITS 380_200_150

Farid conduisait d’une main ferme sur l’autoroute. Il était environ 2h00 du matin, en cette soirée estivale, et le jeune homme était fatigué et pressé de rentrer chez –lui. Le sommeil commençait à se faire sentir et malgré la musique diffusée par la radio, il avait du mal à garder les yeux ouverts. Il huma à pleins poumons  l’air frais de la nuit. Après la longue journée caniculaire qu’il venait d’avoir, il n’était  point étonné de se sentir épuisé. 
Il freina devant un dos d’âne, puis reprit de la vitesse. Même à cette heure tardive, la circulation était dense. Il  ralentit pour laisser deux véhicules le dépasser.  Puis il se rabat complètement sur la droite, pour laisser cette fois-ci passer un camion. Il avait hâte de rentrer chez-lui pour se laver et se reposer. Seul un bon sommeil réparateur, lui permettra d’être en forme dès le petit matin pour affronter de nouveau d’autres clients.
Farid s’était spécialisé en management et marketing. Son expérience de plus de 15 ans dans le domaine lui permettait de travailler avec de grandes boîtes de publicité et de décrocher de grands marchés dans la publicité et la communication.
Il avait réussi à se faire un nom dans un domaine jugé difficile et épuisant. Certes, cela n’a pas été facile, mais à force de courage et de volonté, il avait surmonté tous les obstacles.
Il se revoit à 20 ans, encore timide et hésitant, un diplôme frais en poche, mais sans aucune expérience.
C’était un début assez contraignant. Son père avait voulu l’aider en l’orientant chez des connaissances à lui, mais Farid a fini par se lasser des promesses non tenues et des contrats fantoches. Non ! Il n’a plus jamais pu compter sur qui que ce soit. Il avait alors décidé de braver l’aventure en quittant sa ville natale pour habiter  une mégapole. Là où les gens connaissaient les  pleins pouvoirs de la publicité, et ne juraient que par le marketing dans leurs multiples transactions commerciales.
Farid avait vite compris les rouages. Savoir accrocher, savoir parler, savoir persuader et savoir décrocher le plus rapidement possible un contrat en bonne et dû forme.
Avoir et pouvoir. C’était çà le secret. Un homme aussi riche soit-il, ne saura gérer ses affaire, ni proposer ses produits sans les faire à priori connaître et par tous les moyens. L’image, le son, les couleurs, la musique, il faut savoir démontrer ses capacité, arracher des contrats, et signer avec des boîtes prometteuses.
Les années sont passées. Farid n’avait plus 20 ans, mais 40 ans. C’était un homme accompli qui avait  réussi dans sa carrière professionnelle, et sa situation  était des plus enviables.
Il donne un coup de frein pour éviter un autre dos d’âne. Cette fois-ci, il avait faillit ne pas le voir.  La fatigue commençait à avoir raison de lui.
Il  jette un coup d’œil à sa montre- bracelet. 2h30 …  Encore une quinzaine de kilomètres à parcourir, et c’est le salut.

 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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54 Réponses à “La nouvelle de Yasmina Hanane Les feuilles de l’automne”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    2eme partie

    Farid se frotte les yeux. Il faut tenir encore une trentaine de minutes tout au plus, et il pourra se reposer.
    Il entame un virage en épingle à cheveux, et allait contourner une barrière, quand un véhicule lancé à toute vitesse le dépasse puis s’immobilise juste devant lui.
    Mon Dieu ! s’écrie Farid, je vais lui rentrer dedans, je n’aurais pas le temps de freiner.
    Il tente pourtant d’appuyer de toutes ses forces sur les pédales du freinage… Mais….Peine perdue. Il percute le véhicule par derrière. Puis dans une dernière tentative de l’éviter, il donne un coup de volant et va percuter la barrière d’en face dans un fracas de métal.
    Il sentit quelque chose de chaud couler le long de son cou, mais réussi à s’extirper de sa voiture et se met à courir vers le véhicule avec qui il venait d’entrer en collision
    Quelques curieux s’étaient arrêtés et un jeune homme tentait d’ouvrir les portes de la voiture dont le pare brise et les vitres arrière étaient cassées. Le passager semblait inconscient.
    Farid s’approche du véhicule en boitant. Une douleur à sa jambe droite le tenaillait, mais il n’en avait cure. Seul comptait pour lui, le moyen de savoir s’il n’avait tué personne lors du choc des deux véhicules.
    Il tente tant bien que mal de se frayer un passage, et réussi à s’approcher plus près. Il entendit quelqu’un lui lancer:
    « Vous êtes blessé ….Votre chemise est tachée de sang… »
    Il ne prend même pas la peine de s’arrêter. Ses yeux cherchaient le passager de l’autre véhicule. Il tente d’ouvrir la portière avant, et réussi au bout d’une minute.
    Les phares de la voiture étaient restés allumés, et il n’eut aucun mal à constater que la conductrice était une femme !
    Une longue chevelure ondulée de couleur auburn cachait son visage, et son crâne reposait sur le volant. Elle était inconsciente. Une ambulance, toute sirène hurlante, arrive. Farid contourne le véhicule, et ouvrit toute grande la portière du passager.
    - Vite… faites quelque chose, lance t-il à l’intention des deux infirmiers et du médecin qui venaient de le rejoindre.
    On réussira sans trop de mal à extirper la jeune femme de son véhicule, et on l’allongea sur un brancard, avant de placer un masque d’oxygène sur sa bouche.

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    3eme partie

    Le médecin s’approche de Farid : – Vous êtes blessé monsieur, vous saignez.
    Farid porte la main à son front :
    - Oui. Je crois que j’ai une entaille au front.
    - Montez dans l‘ambulance, je vais tout de suite arrêter ces saignements, et puis vous ferez mieux de nous accompagner à l’hôpital, je dois vous examiner. Dans un tel cas, une hémorragie interne est toujours à craindre. Farid ne se le fait pas dire deux fois. Il était plutôt inquiet pour la jeune femme, plus que pour lui-même. L’ambulance reprend son chemin en sens inverse, et en moins de vingt minutes, ils sont à l’hôpital où les deux accidentés sont immédiatement conduits aux urgences. Farid est examiné par le médecin de garde, qui, hormis sa petite blessure au front, ne relève rien de grave. Par contre, la jeune femme n’avait toujours pas repris connaissance.
    Farid s’inquiète :
    - A-t-elle quelque chose de grave ?
    - On ne peut se prononcer sans procéder à quelques radios et analyses. Apparemment, elle est en état de choc.
    - Mais docteur, pourquoi n’essaye-t-on pas tout d’abord de lui administrer quelque chose pour la réanimer ?
    - C’est déjà fait. Si tout va bien, elle reprendra connaissance dans un instant.
    Farid fixe la jeune femme. Elle portait un jean noir et une chemise bleu clair. Elle avait perdu une chaussure, et on remarque un petit pied nu aux orteils peints d’un rouge éclatant. Farid se penche sur elle et remarque que sa bouche avait formé un léger rictus aux commissures. Souffre-t-elle ? se demande-t-il en regardant un visage aux traits réguliers.
    - Comment cela s’est-il passé ? demande une infirmière qui voulait connaître les circonstances de l’accident.
    - Je ne sais pas, répondit Farid. Cela s’est passé tellement vite. Cette dame s’est mise au travers de mon chemin. J’ai essayé de l’éviter et je me suis retrouvé projeté dans la direction opposée. Heureusement, qu’il y avait la balustrade.
    - Hum… Je vois. Je crois que le choc est plutôt psychique pour elle. À la voir ainsi, elle ne souffre d’aucune blessure apparente.
    - Je l’espère.
    La jeune femme avait remué, et l’infirmière se précipite vers elle :
    - Elle reprend connaissance lance-t-elle. Vite… un médecin…
    Le médecin de garde qui était sorti revint précipitamment :
    - Elle reprend connaissance, répète l’infirmière
    - C’est une bonne chose. Cela prouve que le cerveau est intact.

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    4eme partie

    Le médecin prend le pouls de la patiente, puis lui relève la tête et lui examine les yeux, puis la nuque et le crâne.
    La jeune femme pousse un soupir et entrouvrit un moment les yeux, avant de les refermer.
    - Non ! Ne refermez pas vos yeux madame. Ouvrez-les plutôt. Allez, revenez à vous.
    C’est terminé, le choc est passé.
    Le médecin, tout en parlant, tentait de réanimer la jeune femme. Cette dernière finira par ouvrir les yeux et regarder autour d’elle d’un air étonné :
    - Où… où… ?
    - Où vous êtes ? À l’hôpital, madame. Vous avez eu un accident, mais grâce à Dieu, vous n’avez rien de grave.
    La jeune femme regarde autour d’elle, puis revint vers le médecin et ses yeux se remplissent de larmes.
    - Pourquoi ?
    - Pourquoi quoi ? demande le médecin. Pourquoi vous êtes ici ?
    - Non. Pourquoi vous m’avez réanimée ? Pourquoi je ne suis pas morte ?
    Le médecin ouvrit ses yeux tout grands :
    - Alors là, madame, vous m’intriguez. On vous a réanimée parce qu’il le fallait, parce que vous devez continuer à vivre.
    Vous avez eu un accident de la circulation sur l’autoroute qui, fort heureusement, n’a pas laissé trop de séquelles.
    - Je ne veux pas vivre. Je veux mourir ! l’interrompt la jeune femme qui sanglotait à fendre l’âme.
    Farid qui, jusque-là, s’est tranquillement tenu dans son coin et avait suivi toute la scène, s’approche :
    - Excusez-moi, docteur. Vous permettez que je discute avec cette jeune femme ?
    Le médecin s’écarte.
    - Je crois que cette jeune femme couve une dépression qui n’a rien à voir avec l’accident.
    - Je vais essayer de discuter avec elle docteur.
    Farid s’approche de la jeune femme et lui prend la main. Elle lui jette un regard interrogateur.
    - Madame, calmez-vous. Je suis heureux de constater que l’accident ne s’est pas avéré aussi grave qu’on le craignait.
    - Qui êtes-vous ?
    - Le conducteur que vous avez dépassé et qui vous a percuté.

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    5eme partie

    La jeune femme se rallonge et lui jette un regard plein de tristesse.
    - Ah ! c’est vous…
    - Oui, madame. Je suis désolé, mais je n’ai pu vous éviter.
    La jeune femme pousse un long soupir :
    - Ce n’est pas grave. Je vois que vous êtes blessé au front.
    - Rien de sérieux, mais vous, pourquoi refusiez vous de revenir à la vie ?
    La jeune femme se met à pleurer doucement, et Farid lui tendit un mouchoir.
    Cela dura une bonne dizaine de minutes, avant que l’orage ne passe.
    Finalement, la femme se calme et se relève avant de remettre un peu d’ordre dans ses vêtements. Elle relève ses cheveux et les retient en une longue queue de cheval. Puis revenant vers Farid et le médecin elle lance :
    - Je suis confuse. Mais parfois la vie vous joue de ces tours !
    - Cela ne fait rien, madame. Je vois que vous êtes plus calme, lance le médecin, rentrez chez vous vous reposer, et revenez demain matin pour quelques examens supplémentaires.
    Mais je vous rassure tout de suite, votre état général ne prête à aucune inquiétude.
    Le médecin sortit et Farid lance :
    - Nos deux voitures sont encore sur l’autoroute. La vôtre est quelque peu endommagée, mais la mienne, mis à part quelques éraflures, ne m’a pas semblé avoir trop souffert de cet accident.
    - Je suis désolée encore une fois de vous avoir causé autant de peine.
    - Non… ne soyez pas tant désolée, les choses devaient se passer ainsi. Fort heureusement nous nous en sommes bien sortis.
    - Tout cela est de ma faute.
    - Cessez de vous culpabiliser. Ce n’est la faute à personne. Moi-même j’étais épuisé. J’avais roulé une bonne partie de la nuit, et la fatigue me taraudait. Et comme vous devez le savoir, les réflexes diminuent en cas de grande fatigue.

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    6eme partie

    La jeune femme baisse les yeux et se met à jouer avec le pan de sa chemise :
    - Tout cela est de ma faute, répète-t-elle.
    - Vous vous sentez fautive à ce point ?
    - Oui. J’aurais pu provoquer un drame. C’est de la pure inconscience de ma part.
    - Cessez donc de vous culpabiliser. Vous voyez que tout est bien qui finit bien.
    La jeune femme sans oser le regarder en face dit d’une voix à peine audible :
    - Je voulais me suicider.
    Farid cru avoir mal entendu :
    - Pardon ?
    - Je voulais me suicider. Mourir. Quitter ce monde de malheurs.
    - Je ne comprends pas
    Elle pousse un autre soupir affligé :
    - Il est pratiquement difficile à qui que ce soit de comprendre la réaction d’un humain au seuil de la folie. Je voulais me suicider et faire croire à un accident. Vous comprenez ?
    Farid la regarde un moment sans comprendre :
    -Excusez-moi, mais ce que vous me dites là est complètement insensé. Vous vouliez vous suicider et faire croire à un accident de la route ? C’est pour cela que vous vous êtes faufilée pour vous retrouver devant mon véhicule et vous faire percuter ?
    La jeune femme baisse encore les yeux et hoche la tête en signe affirmatif :
    - Oui. C’est ce que je voulais faire.
    Farid garde le silence un moment. Cette femme, jolie et encore jeune, voulait mourir. Elle voulait se suicider et faire croire à un accident de la route. Et dans tout ce scénario, c‘est lui qui aurait été impliqué. Il s’approche d’elle et lui prend le bras :
    - Vous vous imaginez ce que vous aurez pu provoquer ?
    Elle rougit et relève une mèche de cheveux sur son front avant de répondre dans un souffle :
    - Oui. Je sais. Je me rends compte à présent que j’aurais pu provoquer l’irréparable.
    Peut-être même une catastrophe, vu le nombre de véhicules qui circulaient ce soir sur l’autoroute et à grande vitesse.
    - Je vois que vous revenez à la réalité, mais je ne comprends toujours pas.
    - Vous voulez dire que vous ne comprenez pas pourquoi je voulais mourir ?
    - Oui. Vous êtes jeune, assez belle et apparemment en parfaite santé…

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    7eme partie

    La jeune femme se remet à pleurer doucement.
    - Et c’est cela le drame…
    - Pardon, Madame ?
    - C’est parce que je suis jeune et belle, que tout est arrivé.
    - Qu’est-ce qui est arrivé ?
    - Beaucoup de choses. Beaucoup d’évènements que le hasard a mis sur mon chemin.
    Farid jette un coup d’oeil à sa montre :
    - Je suis désolé, mais je dois rentrer me reposer. j’ai eu une journée assez longue, et j’ai un rendez vous important à 10h00. Il est déjà 4h du matin et le soleil ne va pas tarder à se lever.
    - Excusez-moi de vous avoir causé tant d’ennuis… Euh… Comment allez-vous faire pour rentrer ?
    - C’est simple, je vais prendre un taxi et aller récupérer mon véhicule sur l’autoroute. Et vous ?
    - Je ne sais pas. Peut-être devrais-je faire la même chose que vous. Prendre un taxi.
    - Bon, écoutez… Je vais vous faciliter les choses. Je récupère mon véhicule et je viens vous chercher. Nous aurons le temps de faire un constat dans la journée ou même demain. Ainsi vous aurez le temps vous aussi de faire remorquer votre véhicule.
    - Parfait, Monsieur…
    - Farid… Farid L.
    - Moi, c’est Sarah.
    - Joli prénom.
    - Merci. Mais cela n’a aucune importance.
    Farid sourit :
    - Un joli prénom fait toujours plaisir.
    Elle sourit de son côté.
    - Allez récupérer votre véhicule. Je vous attends ici.

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    8eme partie

    8e Une heure passe, avant que Farid ne revienne avec son véhicule pour récupérer Sarah. La jeune femme avait les traits tirés, et une petite bosse sur le front, qui prenait toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Elle monte dans le véhicule de Farid et porte la main à sa blessure :
    - J’ai dû heurter le volant en perdant connaissance…
    - Rien que ça ? répond Farid en souriant.
    - Oui. Oh je suis désolée. Vous aussi, vous avez cette entaille.
    - Je n’y pense même plus. Ah ! les femmes et leur coquetterie.
    Sarah sourit à son tour :
    - Nous sommes comme ça nous autres, nous n’aimons point avoir de bobo surtout sur le visage. Cela fait tellement inesthétique.
    Farid lui jette un coup d’œil en biais :
    - Il y a quelques heures à peine, vous parliez de suicide. Vous vouliez quitter ce monde, et maintenant vous vous inquiétez de votre apparence. Ah ! les femmes.
    Sarah éclate franchement de rire.
    - Ah ! voilà qui est mieux pour vous. Vous riez enfin.
    - Oui. Je ris de votre sens de l’humour et de votre manière de présenter les choses.
    - Mais c’est la réalité, non ?
    Sarah hoche la tête :
    - Oui.
    Un voile de tristesse dans les yeux, elle regarde Farid en face :
    - Je sais que j’aurais pu mourir cette nuit si vous n’étiez pas un bon conducteur, et si vous n’aviez pas réussi à maîtriser votre véhicule.
    Farid, compatissant, lui prend la main :
    - Cessez donc de ressasser tout ça. Je n’ai fait que ce qu’il fallait au bon moment. Tâchez de ne plus recommencer et n’en parlons plus.
    Sarah se tait et Farid reprend :
    - Où pourrais-je vous déposer Sarah ?
    - Euh… Je ne sais pas encore.
    - Comment cela ? Vous ne savez pas où aller ?
    - Si. Mais… Je ne veux pas aller chez moi. Je n’ai pas de chez-moi. Déposez-moi plutôt en ville. Je verrai plus tard.

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    9eme partie

    Farid, intrigué, s’arrête au bord de la route :
    - Je ne comprends pas. Il y a bien un endroit où vous vivez !
    - Oui… Je vis avec mon frère et sa femme me rend la vie infernale.
    En fait, c’est la maison de nos parents, mais depuis que ces derniers ont quitté ce monde, je me retrouve prise entre le marteau et l’enclume car je n’ai nulle part où aller.
    - Et vous ne voulez pas rentrer tout de suite chez vous après les évènements de cette nuit.
    - C’est un peu ça…
    Je préfère marcher un peu et mettre un peu d’ordre dans mes idées.
    Farid jette un coup d’œil à sa montre et constate :
    - Il est six heures du matin. Vous ne trouvez pas qu’il est encore trop tôt pour flâner en ville ?
    Sarah relève la tête et le regarde dans les yeux :
    - Même s’il était tard, je n’aurais pas eu le courage de rentrer. Je suis indécise quant à la solution à prendre.
    - Vous travaillez Sarah ?
    - Oui. Je suis ingénieur en informatique dans une boîte privée.
    Farid baisse la vitre et prend une cigarette.
    - Il est bien trop tôt pour penser à faire un constat, alors que diriez-vous d’aller prendre un petit-déjeuner quelque part ?
    - Vous croyez que…
    - Je ne crois rien, Sarah… Je sais que je dois voir un client à 10h, et d’ici là je dois régler toutes les formalités avec les assurances de nos véhicules, d’ailleurs je dois aussi passer chez moi pour me laver et me changer.
    - Allons alors prendre ce petit-déjeuner et peut-être qu’après je retrouverais un semblant de réconfort.

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    10eme partie

    Farid reprend le volant et s’arrête quelques instants plus tard devant une auberge au bord de la route. Il gare dans l’enceinte du parking et invite Sarah à le précéder à l’intérieur.
    La salle en cette heure matinale était encore déserte, et ils prirent place devant la fenêtre après avoir commandé leur petit-déjeuner.
    Jus d’orange, café au lait, croissant, confiture et beurre. Sarah paraissait affamée.
    Elle mangeait vite et s’est déjà reversée deux tasses de café. Par contre, Farid se contente d’une tasse de café noir.
    Il se sentait épuisé. Les cernes noires sous ses yeux dénotaient d’un manque de sommeil et d’une extrême fatigue. Il s’étire et bâille avant de revenir à sa cigarette.
    - Tu fumes trop ! lance Sarah d’une petite voix en osant le tutoyer.
    - C’est ce qu’on me dit. Mais parfois la cigarette apaise.
    - C’est une mort à petit feu.
    - Peut-être, mais moi c’est un long suicide individuel.
    Sarah sourit.
    - Tu me gardes encore rancune ?
    - Un peu… Je ne sais pas si tu te rends compte réellement de ton geste.
    Sarah dépose sa cuillère et se met à regarder sa tasse avant de répondre :
    - Désolée encore une fois Farid, mais sincèrement, j’étais réellement dépassée par les évènements. J’appréhende encore de rentrer chez moi.
    Poussé par une irrésistible curiosité, Farid ose poser la question qui lui brûlait les lèvres :
    - Pourquoi voulais-tu mourir Sarah ?
    La jeune femme lui jette un regard vide et plein d’amertume. Ses yeux s’emplissent de larmes et elle les essuie d’un geste nerveux.
    - Je voulais mourir pour en finir une fois pour toutes avec les aléas de ma vie. Un calvaire, mon existence.
    - Nous sommes tous sujets aux aléas de la vie sans pour autant penser au suicide à chaque fois que cela ne va pas.
    - Non. Ce n’est pas pareil. Je suis une femme assez forte de caractère, et si j’ai flanché aujourd’hui, c’est que quelque part, le vase a débordé.
    - Et pourquoi ce vase a débordé précisément cette nuit ?

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    11eme partie

    Sarah le regarde un moment puis lance :
    - Hier à cette heure-ci, j’étais encore dans mon lit prête à entamer ma journée comme à mes habitudes.
    Aujourd’hui, c’est-à-dire 24 heures plus tard, je suis en train de discuter avec un homme que je connais depuis à peine quelques heures, tout simplement parce que je n’arrive plus à trouver une symbiose à ma vie, et que je voulais y mettre fin.
    Mais je pense qu’il est encore trop tôt pour te parler de moi et te raconter ma vie Farid. D’ailleurs je crois que tu as rendez-vous avec un client à 10h. Donc sois gentil et dépose-moi quelque part avant de di paraître.
    - Je te déposerai où tu voudras, mais avant cela, faisons d’abord le constat, et passons à nos assurances respectives.
    - D’accord, et pendant que j’y pense, je vais tout de suite appeler un dépanneur pour faire remorquer mon véhicule.
    La journée passe comme prévu. Farid avait fini par rencontrer son client et signer un contrat de publicité, tandis que Sarah s’est occupé des formalités auprès des assurances et avait réussi à récupérer son véhicule. Dans l’intervalle, ils avaient échangé leurs coordonnées et Farid se prend à penser à cette curieuse jeune femme rencontrée par hasard, et qui voulait mettre fin à sa vie.
    Sarah, de son côté, s’était réconciliée avec elle-même et avait même fait un saut à l’hôpital dans la matinée pour des examens médicaux qui s’avérèrent satisfaisants.
    Dans la soirée, elle se retrouve seule chez elle, et pense à appeler Farid.
    Il était déjà 20h, et après une journée caniculaire, la fraîcheur de la nuit avait incité les gens à sortir de chez eux.
    Sarah se met au balcon, et aspira l’air à pleins poumons. Elle avait envie de sortir se balader un peu à travers les ruelles de la ville, mais décida en fin de compte de passer tranquillement la soirée à la maison.
    Elle se rendit dans la cuisine chercher quelque chose à manger, mais ne tombe que sur la moitié d’une bouteille de lait dans la réfrigérateur et un bout de pain rassis.

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  11. Artisans de l'ombre Dit :

    12eme partie

    Elle prend son porte-monnaie et descend s’acheter un sandwich. Puis revient à la maison, où elle s’affale sur le sofa du salon face à la télévision. Tout en mangeant, elle repense aux derniers évènements et se dit que si Farid n’était pas un bon conducteur, elle ne serait plus de ce monde à l’heure qu’il était.
    Elle frissonne et se demande d’où elle avait pu puiser le courage d’essayer de mettre fin à ses jours. Pourtant, après ce qui s’était passé la veille avec son frère et sa belle-sœur, elle était prête à se jeter du haut de son balcon où à se couper les veines.
    Puis, jugeant qu’un accident de voiture ferait plus “sérieux”, elle avait, sans réfléchir, tenté de provoquer un accident.
    Sarah termine son sandwich et s’essuie les lèvres. Elle se redresse et regarde l’heure à la pendule du salon. Il était déjà 21h. Mais, en été, les soirées étaient longues et animées, et il est certain que son frère et les siens ne rentreraient pas avant minuit ou 1h du matin.
    Elle zappe un moment à la recherche d’un programme intéressant sur l’une des différentes chaînes stellaires, puis fini par éteindre le poste de télévision. Elle prend un livre dans la bibliothèque et se met à lire, mais au bout d’un laps de temps, ses yeux se refermèrent et elle s’assoupit.
    Un bruit la réveillera en sursaut. C’était son frère et sa belle-sœur qui rentraient. Son frère portait un gosse endormi dans ses bras et sa belle-sœur poussait plus qu’elle ne portait la petite dernière.
    Sarah se lève et se dirige vers sa chambre sans leur adresser la parole. Elle met son pyjama et se met immédiatement au lit pour sombrer dans un profond sommeil.
    Au petit matin, elle se réveille mais cela n’avait plus d’importance. Elle avait assez dormi et, pour une fois, n’avait pas fait de cauchemars.
    Elle se sentit un peu plus gaie que la veille et décide de prendre un bain et de s’occuper de sa petite personne avant de se rendre au bureau.
    Après le bain, elle se maquille soigneusement, se coiffe et s’habille d’un ensemble d’été de couleur clair qui rehausse l’éclat de sa peau.

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  12. Artisans de l'ombre Dit :

    13eme partie

    Sarah avait dormi cette nuit là sans faire de cauchemars. Elle se réveillera plus gaie et prête à affronter une longue journée de travail. Dans l’intervalle, elle pense à Farid.
    Sarah se sentait légère et de bonne humeur. Elle déjeune en hâte vers la mi-journée, puis décide d’appeler Farid. Elle ne sait pas pourquoi à cette pensée son cœur s’est emballé. Un sourire effleure ses lèvres et elle se surprend à repenser pour la énième fois à cet homme qui lui avait sauvé la vie.
    Une sonnerie, puis deux, et on décroche :
    - Oui.. Allo !
    - Euh… Bonsoir, c’est bien Farid ?
    - Oui…
    - C’est Sarah…
    - Bonsoir, Sarah. Cela va-t-il mieux ?
    - Oui. On peut dire que je vais beaucoup mieux aujourd’hui.
    - Bien. Et la voiture… Tu as pu la faire remorquer ?
    - Bien sûr, mais elle est toujours chez le tôlier.
    - Je sais, mais je pense que les réparations ne prendront pas beaucoup de temps.
    - Je l’espère, car en ce moment je me sens toute perdue sans mon véhicule.
    - À la bonne heure, toi qui voulais te suicider, il y a quelques heures à peine.
    Sarah pousse un long soupir :
    - Oui… mais prend ça pour un coup de folie.
    - Je le pense bien. Ne pense surtout pas que tu es la plus malheureuse sur terre pour arriver à vouloir mettre fin à ta vie.
    - Parfois je le pense réellement. Tant que je vis avec mon frère et sa femme, ma vie est un éternel enfer…
    - Tu es aussi malheureuse que ça ?
    - Oui… Et même plus que tu ne le penses. Depuis la mort de mes parents, je ne retrouve plus mon chemin.
    - Je comprends, Sarah. Tu devais être très attachées à tes parents.
    - Il n’y a pas que cela. Je suis une femme très sensible, et il n’est pas facile pour moi de supporter certaines choses.
    - Certaines choses ?
    - Oui. Je… je ne veux pas abuser de ton temps, Farid, en te racontant ma vie. Je voulais juste te remercier.
    - Mais, il n’y a pas de quoi, ma chère.
    - Ah si si. C’est grâce à toi que je suis toujours en vie.
    - Non. C’est plutôt grâce à Dieu. La vie et la mort sont entre ses mains et seule sa volonté est faite. Mais, dis-moi, Sarah, pourquoi t’entêtes-tu à supporter les humeurs de ta belle-sœur et de ton frère ? Tu devrais mieux prendre ta vie en charge.
    - De quelle manière ?
    - Je ne sais pas moi. Déménager, par exemple. T’installer plutôt chez toi et vivre à ta guise.
    - J’y ai déjà pensé. Mais je suis l’héritière légitime de l’appartement de mes parents. Mon frère devait déménager il y a bien longtemps. Mais depuis le décès de ma mère, sa femme refuse de quitter la maison, et à chaque fois c’est les même problèmes qui ressurgissent, à savoir que je suis célibataire, et qu’il a une famille à charge, et que c’est à lui que devait revenir cet appartement.
    - Mais tes parents te l’ont légué, non ?

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  13. Artisans de l'ombre Dit :

    14eme partie

    Sarah pousse un soupir : – En bonne et due forme Farid. Et justement, parce que je suis une femme, et que mon frère gagne bien sa vie et peut s’acheter un appartement quand il voudra et où il voudra.
    - Voilà qui explique tout. Tu sais que tu peux le mettre dehors, Sarah ?
    - Oui. Mais d’où puiser le courage de fermer la porte au nez de mes petits neveux. Ils sont tellement innocents.
    - Mais pas leurs parents…
    Sarah pousse encore un soupir :
    - Tu vois Farid, je suis arrivée à me demander si à ce rythme, ma vie en vaut la chandelle.
    - Tu devrais savoir, petite sotte, que ton frère et ta belle-sœur sont en train de mettre la pression sur toi pour que tu quittes justement cet appartement.
    - Je l’ai déjà compris… Mais où est la solution ? “Je ne vais tout de même pas louer un appartement qui va me coûter les yeux de la tête, alors que j’ai déjà un appartement spacieux et bien situé.
    - Je te comprends, Sarah. Je comprends mieux maintenant les causes de ton pessimisme, mais je t’assure que cela ne vaut pas la peine de se torturer, même si parfois tu trouves qu’on est injuste envers toi.
    - J’essayerai de mieux cerner le problème dorénavant.
    - On verra. Et comment feras-tu pour rentrer ?
    - Je prendrai un taxi.
    - Un taxi pour te rendre au travail, un taxi pour rentrer, à ce rythme là, c’est ton salaire qui va y passer avant que tu ne récupères ton véhicule.
    - Oui, mais ai-je le choix ?
    - Bien, Madame. Pour ce soir, vous aurez le choix si je vous propose de vous déposer chez vous, si vous ne voyez toutefois pas d’inconvénient.
    Sarah sentit son cœur s’emballer.
    - J’aimerais bien Farid, si toutefois cela ne te dérange pas.
    - Aucunement puisque je serai libre cet après-midi.
    - Bien. Alors retrouve-moi au niveau de l’avenue M. au centre-ville.
    - Parfait. À 17h00 précise, j’y serais.
    Ils raccrochèrent et Sarah retourne à ses occupations.

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  14. Artisans de l'ombre Dit :

    15eme partie

    Farid vint la récupérer à l’heure prévue. Ils firent un tour en ville, puis Farid propose :
    - Et si on allait voir ton véhicule chez le tôlier ?
    - J’aimerais bien, mais je ne pense pas qu’on ait entamé les réparations depuis hier.
    Déjà que pour le dépanneur, c’était tout un problème pour acheminer le véhicule jusqu’en ville. Les vitres sont cassées et la tôlerie a subi des dégâts assez sérieux.
    - Je sais. C’est pour cela qu’il faut de temps à autre faire une virée chez ton tôlier, sinon les choses vont traîner davantage.
    - Tu as raison Farid. Mais, nous les femmes, nous ne sommes vraiment pas douées ni pour la mécanique ni pour la tôlerie. Les clous et le métal ont toujours été une affaire d’homme.
    - C’est pour cela que je te le propose. Un homme sait ce qu’il faut faire dans pareil cas. Au fait, et ton frère ?
    - Quoi mon frère…
    - Pourquoi ne s’occupe-t-il pas un peu de toutes ces choses qui te dépassent ? Tu l’héberges bien, non ?
    Sarah lui jette un regard avant de répondre :
    - Tu veux rire Farid ?
    - Moi ? Mais pas du tout. Pourquoi ?
    - Eh bien tout simplement parce que pour mon frère je n’existe même pas. Il n’est d’ailleurs pas au courant de l’accident.
    - Tu veux dire de ton intention de te suicider.
    Sarah sourit :
    - Absolument. D’ailleurs c’est par dépit que j’ai pensé au suicide. C’est lui et sa femme qui
    me mènent la vie dure à tel point que j’ai fini par penser que mon existence ne valait plus la peine d’être vécue.
    - Et le perdant dans tout cela c’est qui ?
    Sarah baisse la tête et répond d’une petite voix :
    - Bien sûr, c’est moi.
    - Tu vois, Sarah, ta mort les aurait plutôt arrangé. Ils auraient définitivement pris possession de l’appartement sans aucune gêne, ni crainte d’avoir à répondre demain devant les tribunaux.
    - Tu as raison, Farid. Mais j’avoue que sur le coup je n’avais pas réfléchi.
    - Dans la vie, il faut toujours réfléchir, et bien réfléchir avant d’entamer quoi que ce soit.

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  15. Artisans de l'ombre Dit :

    16eme partie

    Ils arrivèrent chez le tôlier. Farid engage une conversation avec ce dernier et exige un devis pour estimer le montant des réparations à entreprendre. Il examine aussi le véhicule de plus près et se fait promettre une remise en état dans un maximum de dix jours.
    Sarah ouvrit de grands yeux étonnés.
    - Mais c’est un défi que tu viens de lancer Farid !
    - Il le faut bien sinon les réparations vont traîner en longueur.
    - Tu peux le dire. Déjà qu’hier, ce tôlier n’a même pas daigné me fixer un délai. Il s’est tout bonnement contenté de me dire qu’il verra plus tard si les réparations vont prendre du temps ou pas.
    - Voilà donc qui te renseigne aujourd’hui et sur le coût et sur les délais.
    - C’est parfait. Et je ne saurais comment te remercier Farid.
    - Eh bien en acceptant de prendre un thé avec moi.
    Sarah rit :
    - C’était plutôt à moi de te le proposer.
    - Pourquoi ?
    - Pour te remercier pardi. Hier tu m’as sauvé la vie et aujourd’hui tu prends en main des choses dans lesquelles je ne comprends que dalle.
    - Eh bien invite moi donc…
    - À un thé ?
    - À ce que tu veux.
    - J’aimerais te proposer d’aller manger quelque part mais…
    - Mais quoi ?
    - Je n’aimerais pas abuser de ton temps.
    - Tu n’abuses pas de mon temps puisque c’est moi qui t’ai proposé de venir te récupérer.
    - Me récupérer d’accord, mais pas me tenir compagnie pour le reste de la soirée.
    - Pourquoi pas, si tu ne vois pas d’inconvénient.
    - Je n’en vois aucun. Alors que préfères-tu un thé ou un dîner ?
    - Moi je préfère les deux, lance Farid d‘un air taquin.
    Sarah éclate de rire :
    - On peut dire que tu es gourmand.
    - Et gourmet.
    - Eh bien tant mieux, car je connais un petit restaurant sur la côte qui prépare des mets succulents.
    - Alors allons-y pour ce restaurant. Mais comme il est encore trop tôt pour dîner, que dirais-tu d’aller prendre des glaces à la place d’un thé ?
    - Hum j’adore les glaces.
    - Bien. Alors madame allons-y.

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  16. Artisans de l'ombre Dit :

    17eme partie

    Ils passèrent une agréable soirée et Sarah, se sentit heureuse et détendue. Cela faisait bien longtemps qu’elle ne s’était sentie aussi à l’aise avec quelqu’un. Et pourtant Farid, elle ne le connaissait que depuis deux jours. Elle le regarde un moment puis lance :
    - J’ai l’impression de t’avoir toujours connu Farid.
    - On dit qu’à quelque chose malheur est bon, répondit Farid entre deux bouchées, je crois que c’est vrai. Cet accident nous a permis de nous rencontrer.
    - Et de devenir amis.
    - Bien sûr Sarah… Je me sens déjà si proche de toi.
    - Moi aussi Farid. Parle-moi donc un peu de toi.
    - Que veux-tu donc savoir ?
    - Ce que tu veux me confier. Que fais-tu dans la vie, quelles sont tes préférences en matière d’art, que fais-tu durant tes jours de repos…
    - Attends, attends l’interrompt Farid en riant, tu vas trop vite en besogne ma chère. Je suis comme le commun des mortels, je ne peux pas réponde à toutes ces questions en même temps.
    - Non mais, je ne te demande pas de répondre à ces questions en même temps. Tu peux prendre tout ton temps et me répondre successivement.
    - Hum je vois que comme toutes les femmes, tu es très curieuse. Je vais de ce pas satisfaire ta curiosité en te parlant tout d’abord de mon métier.
    - J’ai cru comprendre que tu étais dans la communication
    - Le marketing plus précisément. La publicité.
    - Très passionnant.
    - Mais aussi très éprouvant. C’est un métier qui demande de la patience et du savoir-faire.
    - Oui j’imagine. Rien qu’a voir tous ces flashes publicitaires sur certains produits on a l’impression que le marché dans tous ces domaines ne jure que par la pub.
    - Tu peux le dire. J’ai de tout le temps aimé la communication, et je me suis spécialisé dans le marketing et la publicité en fin de compte, après de longues et onéreuses études, puis après un passage à vide, qui m’a fait comprendre qui si l’on hésite trop, on est cuit. Alors j’ai pris mon courage à deux mains. Tout d’abord j’ai quitté mon petit village, et j’ai opté pour la grande ville, avant d’entamer des démarches auprès de certaines boîtes de grande renommée. De fil en aiguille, j’ai pu comprendre davantage les ficelles du métier. Et petit à petit j’ai construits mon propre nid. Cela m’a coûté de longues nuits sans sommeil, et des cheveux blancs, mais j’ai fini par me stabiliser et créer ma propre boîte.

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  17. Artisans de l'ombre Dit :

    18iéme partie

    La jeune femme ouvrit de grands yeux :
    - Bravo. On peut dire que tu as courageusement bravé l’aventure. Et comment cela marche-t-il aujourd’hui ?
    - Plutôt bien. Si l’on excepte les hauts et les bas routiniers.
    - Et à part ton métier ?
    - À part mon métier, je suis un fana du sport, j’aime le cinéma et je voyage souvent autant que je le peux. J’aime découvrir le monde et rencontrer d’autres gens.
    - Toute à fait comme moi Farid, je suis un être très sociable, mais les évènements que j’ai vécu, m’ont complètement déstabilisée.
    - Pourquoi n’essaies-tu pas de voyager, cela te permettra de couper court avec un quotidien routinier, et d’un autre côté, tu auras la possibilité de t’éloigner de chez-toi plus souvent.
    - J’y ai pensé. Mais comme je prends toujours mon congé annuel en hiver, je ne me sens pas le courage de m’aventurer loin de chez-moi.
    - Mais pourquoi prends-tu ton congé en hiver.
    - Parce que dans la boîte où je travaille, je n’ai pas le choix. Nous sommes deux équipes à nous partager un travail quotidien et routinier, et pour les congés, c’est toujours la première équipe qui prend les devants.
    Je suis donc obligée d’assurer l’intérim des cadres et de travailler sans relâche durant toute la période estivale.
    - Je n’aimerais pas être à ta place Sarah. Travailler sans relâche au moment où on a envie de tout abandonner pour courir pieds nus sur la plage, cela ne doit vraiment pas être gai.
    - Pas du tout. Je t’assure que parfois j’ai envie de pleurer rien qu’à la vue de ces gens qui se permettent des journées entières au bord de la mer.
    - Eh bien impose-toi pour cette année et prends ton congé avant la fin de l’été.
    - J’aimerais bien. Je vais de toute manière en faire la proposition.
    Il commençait à se faire tard, et Sarah commence à s’agiter :
    - Je crois qu’il est temps pour nous de rentrer Farid, il est déjà minuit passé, et je crois que tu travailles demain.
    - Toute à fait comme toi mais je voulais te faire changer un peu les idées et t’éloigner un peu de ta routine.
    - Merci la soirée a été très agréable.
    - Alors nous essayerons de programmer une autre soirée

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  18. Artisans de l'ombre Dit :

    19eme partie

    Sarah rit : – Attention, je risque d’y prendre goût Farid .
    - Et quel mal y a-t-il à cela ?
    Farid se lève et paye l’addition.
    - Hé… Mais c’est à moi de payer. C’est moi qui t’ai invité s’écrie Sarah.
    - Tu payeras la prochaine fois. Pour cette fois-ci c’est déjà fait.
    - Alors là on peut dire que tu sais t’imposer.
    - Je sais toujours m’imposer et au bon moment.
    - Bien, alors je vais retenir la leçon pour une autre occasion.
    Ils sortirent du restaurant et marchèrent un moment au bord de la mer. Sarah aspira un bon coup avant de lancer :
    - Que la vie est belle !
    - Tiens. Je pensais qu’elle était tellement triste pour toi, que tu voulais en finir avec elle.
    - Plus maintenant. Je vais dorénavant vivre et profiter des bons moments qu’elle nous offre.
    - Chiche..
    - Tu verras Farid. Je t’assure que j’ai meilleur moral depuis cet accident.
    - Alors décarcasse-toi pour vivre ta vie comme tu l’entends.
    - C’est ce que je vais faire. C’est promis.
    Il revinrent vers la voiture et Farid reprend le chemin du retour pur déposer Sarah une heure plus tard devant chez elle. Elle le remercie encore une fois de lui avoir rendu l’espoir et d’avoir réussi à lui faire oublier ne serait-ce que pour un moment les aléas de son existence.
    Quelques jours passèrent.
    Sarah avait enfin récupéré son véhicule et grâce à l’intervention de Farid, le tôlier lui le lui avait livré dans les délais prévus.
    Et grâce à Farid aussi, elle avait enfin pu renouer avec un quotidien normal, et son état moral ne prêtait plus à l’inquiétude. Reléguant ses mauvaises idées dans un coin de son cerveau, Sarah prend la vie du bon côté désormais.
    Elle avait fini aussi par comprendre, que tant qu’elle ne harcelait plus son frère pour quitter l’appartement, ce dernier ne la“dérangeait” pas trop.
    D’ailleurs elle les évitait lui et sa femme au maximum. Seuls ses petits neveux avaient une petite place dans son cœur.
    D’ailleurs c’est un peu l’innocence des deux gosses qui avait calmé sa rancœur, bien que dans ce vaste appartement légué pour elle par ses parents, elle n’avait plus droit qu’a sa chambre, et devait partagé la salle de bain et la cuisine avec les autres.
    Eux par contre avaient trois pièces à eux seuls. Restait le salon, que Sarah n’utilisait que rarement pour recevoir de temps à autres ses amies.

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  19. Artisans de l'ombre Dit :

    20eme partie

    Malgré tout, elle prend les choses du meilleur côté possible et s’amuse parfois même à rêver à un appartement plus spacieux qui lui permettra à elle et à la famille de son frère d’être plus à l’aise, oubliant pour un moment, que ces gens lui menaient la vie dure.
    Suivant les conseils de Farid, elle décide de prendre son congé avant la fin de l’été.
    Elle avait prévu une petite virée en Tunisie, et sans plus attendre, avait pris son billet d’avion, et s’était préparée.
    La veille de son départ, elle se décide à appeler Farid pour le mettre au courant.
    Ce dernier fut heureux d’apprendre, qu’enfin elle sort de sa coquille pour courir les contrées, et lui fait promettre de le rappeler dès son retour.
    Sarah ne lui avait pas avoué qu’elle ne partait pas seule. Effectivement, n’ayant pas l’habitude de voyager seule aussi loin de chez elle, elle avait fait appel à une amie pour l’accompagner.
    C’est donc par une belle journée estivale qu’elles prirent toutes les deux le chemin des vacances.
    Meriem, l’amie de Sarah, ne tenait plus en place.
    Elle voulait faire découvrir à cette dernière les mille et une merveilles du pays, et les sites paradisiaques qui attirent chaque année des milliers de touristes.
    Le voyage s’avéra très instructif. Sarah s’émerveillait devant tant de beauté, elle qui se morfondait à longueur de journée dans ses idées noires.
    Par contre Meriem avait déjà voyagé et connaissait bien la région.
    Si bien que quant elles arrivèrent en Tunisie, elle n’eut aucun mal à guider Sarah, et elles dénichèrent deux chambres dans un hôtel sur une falaise qui dominait la mer, et dont la réputation avait dépassé les frontières, en particulier pour ses prestations et ses plats traditionnels.
    Sarah était aux anges. Elle ne cessait de s’enthousiasmer à chaque fois qu’elle découvrait un paysage ou une crique.
    Durant un mois, elle avait réussi à parcours plusieurs centaines de kilomètres à la ronde et découvert que le monde ne se limitait pas à son travail routinier et à sa solitude.

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  20. Artisans de l'ombre Dit :

    21eme partie

    Elle est bien triste à la pensée de devoir bientôt rentrer chez elle et de reprendre son quotidien morose. Une seule lueur d’espoir la rendait tout de même heureuse : Farid.
    En pensant à ce dernier, elle se surprend à sourire et Meriem le remarque à maintes reprises.
    À la fin de leur séjour, elle ose lui poser la question :
    - Je te trouve parfois distraite, Sarah, mais je sens aussi que ton esprit bifurque vers quelque chose d’heureux.
    - Comment le sais-tu ?
    - Il n’y a qu’à voir ton sourire à ce moment-là pour le deviner.
    - C’est vrai, je suis heureuse de…
    Elle s’interrompt. Devrait-elle parler à Meriem de Farid. Jusqu’à ce moment, elle n’avait pas osé aborder ce sujet avec elle. Et à tout dire, Farid n’était rien qu’un ami, et encore un ami rencontré au gré du hasard. Tout de même, se dit-elle, il lui avait sauvé la vie. Et c’est suite à ses suggestions qu’elle est, aujourd’hui, en train de passer de merveilleuses vacances au bord de la mer, et dans un site qui incite au rêve et à la détente. Cependant, quelque chose en elle l’incitait à la prudence. En réalité, cet homme était encore un étranger pour elle. Et malgré tout, elle ne connaissait rien de lui. La dernière fois où ils s’étaient vus, il s’était contenté de parler de son travail et de ses distractions, sans donner d’autres détails ni sur sa vie privée ni sur sa situation familiale.
    - C’est vrai… Tu es heureuse, reprend Meriem. Mais continue donc, Sarah.Que voulais-tu me dire ?
    - Oh ! Rien d’intéressant, je vogue. Des pensées traversent mon esprit…
    - On peut tout de même déduire que ce sont des pensées assez bonnes à voir ces sourires qui se dessinent sur tes lèvres à chaque fois…
    Sarah sourit :
    - Tu penses ! Parfois je me morfonds dans ma solitude jusqu’à devenir triste et mélancolique.
    - Hum… Plus ces derniers temps. Apparemment, il y a du nouveau.
    - Oh ! non, rien de nouveau, il y a juste des passages comme ça dans la vie pour lesquels on fini par vouer un certain respect parce qu’ils marquent notre existence.
    - Tu veux dire… ?
    - Que j’ai quand même eu des moments assez heureux comme tout le monde.
    - Hum… moi aussi j’ai eu mes moments heureux. Ce qui ne va pas jusqu’à me provoquer ces états d’évasion de l’esprit jusqu’à oublier le reste du monde.
    - Mais, tu en faits une affaire de mes états d’esprit ma chère.

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  21. Artisans de l'ombre Dit :

    22eme partie

    Meriem s’approche d’elle et lui murmure à l’oreille :
    - J’en fais une affaire, parce que je sais reconnaître une femme amoureuse.
    Sarah sursaute :
    - Non… Non, tu n’y es pas. Je ne suis pas du tout amoureuse.
    - Mais si. On ne me l’apprend pas à moi qui suis tombée amoureuse des dizaines de fois.
    - Tu prends tes amourettes fantoches pour de l’amour Meriem.
    - Ce ne sont pas des amourettes fantoches. Mais un passage obligé dans la vie pour chaque être humain normal.
    - Hum. Ça c’est toi qui le dis.
    - Je le dis en connaissance de cause. Aller raconte.
    - Je te raconte ?
    - Ne fais donc pas l’innocente Sarah. Qui es donc l’heureux élu ?
    - Il n’y a pas d’heureux élu Meriem. Tu te fais des idées.
    - Arrête avec tes cachotteries Sarah. Je ne vais plus te harceler. Mais, je maintiens mes soupçons quant à une nouvelle relation amoureuse. Garde le secret si tu veux, mais je suis certaine que tu finiras bien par cracher le morceau.
    - Oh la la ! Mais tu en fais une maladie Meriem !
    - Mais c’est toi qui ne veux pas te confier.
    - Très bien. Je vais te dire en deux mots de quoi il s’agit.
    - Il s’agit donc bien de quelque chose.
    - Pas de grand-chose, ne te méprends pas.
    - Tout de même, il y a anguille sous roche.
    - Non loin de là. Voilà, il y a un peu plus d’un mois, j’ai rencontré un homme…
    - Beau, gentil ?
    - Beau oui. Gentil… très même… et surtout intelligent…
    - Oh ! Tu as une de ces chances Sarah. Tu es tombée d’une seule traite sur le gros lot. Le prince charmant dans toute sa splendeur.
    - Tu n’y es pas du tout Meriem. Cet homme m’a sauvé la vie.
    - Hein ! Comment ?
    - Mais laisse-moi donc te raconter un peu cette histoire, tu m’interrompes à tout bout de champ.
    - C’est fini. Je ne vais plus t’interrompre. Allez, vas-y, accouche.
    - Eh bien voilà. Un jour j’ai voulu me suicider et…
    - Tu voulais… quoi ?
    - Me suicider. Voilà que tu m’interrompes encore.
    - Mais on n’a pas idée Sarah, te suicider ! Cela me donne carrément la chair de poule.

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  22. Artisans de l'ombre Dit :

    23eme partie

    Sarah hoche la tête : – Et pourtant je voulais réellement mettre fin à ma vie. C’était suite à une soirée houleuse que je venais d’avoir avec mon frère et ma belle sœur.
    - Et cela a suffit pour te pousser à vouloir commettre un acte aussi irréfléchi..
    - Oui. J’ai pris mon véhicule et j’ai foncé sur l’autoroute et ….
    Sarah raconte toute l’histoire à son amie, et insiste sur le fait que c’est grâce à Farid qu’elle avait eu la vie sauve.
    Et c’est aussi grâce à lui qu’elle avait décidé de sortir de sa coquille pour voir le monde sous un angle différent et bien plus gai. D’où l’idée de ce voyage en Tunisie.
    - Moi qui me suis demandé quelle mouche t’avait piqué pour penser une fois dans ta vie à quitter ton petit nid douillet. Tu as toujours refusé de trop t’éloigner de chez toi….lance Meriem.
    Sarah sourit :
    -C’est vrai. Mais désormais, je vais courir le monde à la première occasion. Ce voyage m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses.
    - Et ce Farid.. Tu l’as revu avant le voyage.
    - Oui. Je voulais qu’il sache que j’avais pris ses conseils en considération.
    - Seulement ses conseils à lui. A ce que je comprends, cet homme doit avoir de l’influence sur toi.
    - Non pas de l’influence, mais il sait si bien présenter les choses qu’on a du mal à ne pas l’écouter.
    - Raison de plus donc pour l’admirer et l’aimer.
    - L’admirer oui. Mais l’aimer, tu es loin du compte.
    - C’est toi qui te trompes Sarah, parce qu’au fond de toi-même, tu l’aimes déjà.
    - Mais non…
    - Mais si… On le voit dans tes yeux. Et quand tu parles de lui, ton visage s’illumine.
    - Mais je ne connais encore rien de lui, sauf qu’il a un travail passionnant, et qu’il aime la vie.
    - Est-il marié… ?
    - Justement il ne me l’a jamais dit.
    - Pourquoi ne lui as –tu pas posé la question.. ?
    - J’ai essayé. Mais il a trouvé le moyen de me parler plutôt plus de son travail que de sa vie privée.
    - Je crois qu’il préfère laisser planer le mystère.
    - Mais pourquoi ? Je ne lui ai pourtant pas démontré que je suis prête à lui tomber dans les bras.

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  23. Artisans de l'ombre Dit :

    24eme partie

    Meriem la taquine : – Peut-être l’a-t-il compris sous cet angle.
    - Je ne le pense pas, sinon, il aurait trouvé le moyen de me l’avouer.
    - Je vois. Mais, apparemment, l’occasion ne s’est pas présentée.
    - Peut-être. Mais s’il avait jugé opportun de me l’avouer il l’aurait fait. C’est quelqu’un qui n’a pas du tout froid aux yeux.
    - C’est bien, Sarah. Pour une fois, tu es tombée sur une bonne affaire.
    Sarah lance un coussin à la tête de son amie :
    - Toi, alors, tu vois les affaires partout. Les bonnes comme les mauvaises… Je suis sûre d’une chose, Farid n’est pas comme les autres hommes.
    - Oui. Je l’ai bien compris Sarah. Cet homme n’est pas comme les autres, car il a réussi à accaparer ton cœur dès le premier jour.
    Sarah sourit :
    - Peut-être. Mais jusqu’à ce jour, rien ne me prouve que ce soit réciproque.
    - Qui vivra verra.
    Les vacances arrivent à leur fin et les jeunes filles reprirent le chemin du retour reposées et heureuses.
    Elles renouèrent avec leur vie quotidienne et Sarah reprit son travail. Elle avait dès son retour contacté Farid pour lui raconter son voyage et le remercier encore une fois de l’avoir incitée à mettre un peu de gaieté dans sa vie. Le voyage en Tunisie lui avait fait beaucoup de bien.
    Quelques jours passèrent. Sarah n’ayant plus aucune nouvelle de son ami décide un jour en fin d’après-midi de l’appeler et de l’inviter à prendre un café avec elle. Il accepte et elle en fut heureuse.
    Rendez-vous fut donc pris et à l’heure prévue, Farid vint la récupérer.
    - Comme c’est gentil de répondre à mon invitation, lance Sarah, avant de monter dans la voiture.
    - Tout le plaisir est pour moi, Sarah. Comme ça va ?
    - Fort bien…
    - Tes idées ne sont plus aussi noires qu’auparavant à ce que je vois.
    Sarah sourit.
    - Oui… C’est aussi grâce à toi.
    Farid la regarde un moment :
    - Tu as changé de look ?
    - Pas précisément. J’ai juste changé de coiffure.
    - Cette coupe te va à merveille.
    Sarah porte la main à ses cheveux.
    - Je suis contente qu’elle te plaise.
    - Tout me plaît.
    Elle rougit un peu avant de demander :
    - Qu’es-ce qui te plaît Farid ?
    - Tout en toi me plaît. Tes yeux, ta bouche, tes cheveux…Tu es une belle jeune femme. Le genre de femmes qui ne laissent aucun homme indifférent.

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  24. Artisans de l'ombre Dit :

    25eme partie

    Rougissante Sarah pose quand même la question :
    - Je ne te suis donc pas indifférente Farid ?
    Il se tourne vers elle et lui prend la main :
    - Bien sûr que non. Tu es quelqu’un de merveilleux Sarah. Tu es belle et intelligente. Peut-être un peu faible de caractère parfois, mais tu sais remonter la piste.
    - C’est aussi mon lot dans cette existence qui me pousse parfois à agir sans réfléchir.
    - Je sais.
    Il conduisait d’une main ferme et ils arrivèrent bientôt à un salon de thé, non loin de la ville, que Sarah connaissait bien pour être déjà venue avec des amis.
    Ils s’attablèrent et commandèrent des cafés au lait accompagné de gâteaux traditionnels.
    - Alors comment vas-tu Sarah depuis ton retour de vacances… ?
    - Oh très bien. Je suis moins stressée et plus détendue.
    - Le voyage t’a métamorphosée à ce que je vois. Tu es bien bronzée et ta peau est luisante.
    Elle sourit et il reprend :
    - Même ton sourire est éblouissant.
    - Tu exagères Farid. Je n’ai pas changé de sourire tout de même.
    - Je t’assure que ton sourire est plus radieux qu’avant ton départ en vacances. Ce qui prouve que tu as bien apprécié ton séjour.
    - Ah oui, fort bien.
    - Tu étais avec une amie à ce que j’ai compris.
    - Oui avec Meriem. Une amie d’enfance.
    - Bien. Je voulais justement te voir renouer avec ton entourage et tes amis de façon à remettre un peu d’ordre dans tes idées et de couper avec un quotidien stressant.
    Je crois que c’est fait, et je suis très content pour toi.
    - Merci. Mais moi je te trouve un peu fatigué Farid. Ces cernes sous tes yeux n’augurent rien de bon.
    - La routine. Pour moi aussi ce n’est pas toujours le Pérou. Surtout dans mon domaine. Je suis quelqu’un de très actif, mais je devrais penser à ma petite santé.
    Ce que je n’ai pas fait depuis des lustres.
    - Le cordonnier mal chaussé. On donne des conseils aux autres et on s’oublie.
    - Tu peux le dire.
    - Et… Et chez toi, on ne te fait pas la remarque, on te pousse pas à prendre quelques jours de congé pour te reposer.

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  25. Artisans de l'ombre Dit :

    26eme partie

    Farid pousse un long soupir. – Non. Mes parents habitent loin pour remarquer quoi que ce soit et ma femme ne fait plus attention à moi depuis belle lurette.
    Sarah sentit battre son cœur. Finalement cet homme a daigné avouer qu’il était marié.
    - Ta femme est peut-être prise elle aussi par ses occupations.
    - Si tu veux Sarah.
    - Travaille-t-elle ?
    - Non, elle est femme au foyer.
    - C’est formidable.
    - Qu’es-ce qui est formidable ?
    - D’avoir un chez-soi, une femme qui t’attend le soir pour prendre soin de toi.
    - Farid se tût un moment puis reprend :
    - Le mariage n’est pas tout dans la vie Sarah. Au début, on se marie parce qu’il faut faire comme tout le monde, fonder un foyer, avoir des enfants, mais une fois les lampions des débuts éteints, on se surprend à se demander si on avait bien fait de se passer la corde au cou. Heureusement que parfois les enfants te font oublier cette terrible réalité.
    Intriguée Sarah regarde Farid un moment avant d‘oser demander :
    - Tu es aussi malheureux que ça Farid ?
    Farid pousse un soupir :
    - Pas malheureux, mais un peu déçu par la vie.
    - Je n’arrive pas à le croire. Toi qui m’as remonté le moral au moment où je pensais que tout était perdu, je ne te reconnais plus Farid.
    - Chacun a ses faiblesses Sarah. On ne choisit pas son destin. Tu vois, toi tu es malheureuse parce que ton frère et sa femme t’ont empoisonné l’existence, et moi je me sens quelquefois sans port d’attache, parce que je ne suis pas heureux en ménage. Ceci dit, je n’aime pas trop confier mes petits secrets à autrui. Tu es la seule Sarah à qui j’ai osé me confier et qui m‘inspire confiance.
    Émue Sarah lui prend la main :
    - Tu peux te confier Farid. Autant que tu le voudras, je te jure que personne n’en saura un mot.
    - Merci Sarah. Désolé de m’être laissé emporté par la conversation. Je crois que notre sortie devrait être plus gaie.

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  26. Artisans de l'ombre Dit :

    27eme partie

    Sarah rajoute du sucre dans sa tasse et croque dans un gâteau avant de répondre :
    - Ces gâteaux sont succulents, tu devrais y goûter.
    Farid s’exécute, et la conversation reprend sur un ton plus détendu :
    - Que fais-tu le week-end Sarah.
    - Rien de spécial. Entre le ménage et les courses, je lis ou j’écoute de la musique. Quand il fait beau, je sors un peu. Mais la solitude me pèse, et parfois je me sens oppressée par mes crises d’angoisse.
    - Cela se comprend. Tu n’es pas dans ton élément. Mais crois-moi parfois rien ne vaut la solitude. Ne dit-on pas que vaut mieux être seul que mal accompagné.
    - C’est vrai. Mais à la longue cela devient stressant.
    - Mais tu as des amis Sarah, pourquoi ne les contactes-tu pas ?
    - Oh ! À chacun ses préoccupations. Il faut dire que moi aussi, je n’aime pas trop les déranger.
    - Mais tu ne déranges personne. Il faut savoir appeler au bon moment c’est tout.
    - Comme pour toi ? Où me suis-je trompé ?
    Farid sourit :
    - Non tu ne t’ai pas trompé. On peut dire que tu as choisi le bon moment. Je viens de rentrer d’un voyage de trois jours. Je suis épuisé, mais ton coup de fil m’a fait du bien. Je ne voulais pas rentrer chez-moi tout de suite.
    - Parce que ta femme s’y trouve.
    - Pas du tout. Tout simplement parce que je ne vais trouver personne. Ma femme est chez ses parents en ce moment.
    - Alors qu’est-ce qui t’empêche de rentrer chez-toi te reposer ?
    - Je ne sais pas. Je vais te paraître idiot, mais parfois j’ai peur de rentrer chez-moi.
    - Pourquoi donc ?
    - Je ne saurais te l’expliquer. Il y a quelque part un blocage en moi que j’essaye de surmonter en pensant à mes deux enfants.
    - Hum. Je vois, tu as peur d’affronter la réalité.
    - J’ai plutôt du mal à vivre cette réalité, mais elle est là. Nous avons essayé de trouver un terrain d’entente plus vaste moi et ma femme. Nous avons essayé de discuter à maintes reprises. En vain. Ma femme a ses propres idées. Moi j’ai aussi les miennes, et c’est cette incompatibilité qui me chagrine.
    - Pourquoi avoir pris une femme qui ne partage pas tes idées ?
    - Nous y voilà. C’est un peu là le fond du problème.
    - Mais je ne comprends pas Farid. Un homme comme toi avec tous les atouts dont une femme pourra rêver, et qui gâche sa vie avec une femme qu’il ne supporte plus.
    - En fait on ne s’est jamais supportés.
    - Alors là c’est vraiment l’énigme.
    - Tu peux le dire. Si j’étais libre Sarah, je serais en ce moment en train de demander ta main, mais je ne suis ni libre, ni faux. Je ne pourrais te mentir sur ma vie privée. Je ne suis pas heureux, mais je ne peux pas quitter ma femme et mes enfants.

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  27. Artisans de l'ombre Dit :

    28eme partie

    Sarah le regarde avant de lancer : – On n’en est pas encore là, mais je ne comprends pas pourquoi tu as pris une femme que tu n’aimes pas.
    - En fait, je n’ai pas eu à choisir. La décision avait été prise par mon père alors que j’avais à peine 18 ans. Mon père avait un associé qu’il estimait particulièrement. Ils avaient travaillé ensemble de longues années et voulaient en fin de compte approfondir leurs liens en une union durable. C’était très simple, cet associé avait une fille qui devait avoir dans les 16 ans à l’époque, et la demande en mariage a été vite conclue. Mon père ne cessait de me répéter que je ne pouvais tomber sur un meilleur choix et son associé n’avait même pas consulté sa fille, pour lui les choses devaient se passer ainsi.
    - Donc cette femme de son côté n’avait pas eu le choix.
    - On peut le dire.
    - Mais pourquoi avoir accepté d’être le dindon de la farce ?
    Farid se tût un moment, puis pousse un long soupir avant de répondre.
    - Je ne sais pas si tu peux comprendre qu’à l’âge que j’avais à l’époque, je ne voyais qu’une chose : la fierté d’être considéré comme un homme accompli. Pour moi-même si le geste de mon père n’était pas anodin, je pensais que j’avais de la chance d’être déjà un adulte accompli, alors que les jeunes de mon âge étaient encore considérés comme des enfants.
    - Et ta femme dans tout ça ? Avait-elle de son côté accepté sans broncher ?
    - Ma femme est la fille unique. Elle était gâtée et ses parents ne lui refusaient rien. Si à cette époque elle s’était rebiffée, les choses se seraient passées autrement. Mais il se trouve que cette fille à l’époque était tombée amoureuse de moi au premier regard.
    - Ce qui ne me paraît pas étonnant. Tu es un très bel homme Farid.
    - Cela ne veut absolument rien dire.
    - Mais si. La preuve est que tu as vite conquis le cœur de cette femme.
    - Je sais. C’est pour ne pas la blesser aussi que je n’aie pas rejeté ce mariage. Ah l’inconscience de la jeunesse.
    - Il y a un peu d’orgueil aussi là dedans. Le sentiment de se savoir désiré et aimé.
    - Si tu veux Sarah. Mais cela remonte à très loin, et aujourd’hui, je n’arrive plus à me rappeler de tous les détails, sauf que ce mariage avait eu lieu deux années plus tard. Entre-temps, j’avais terminé mes études et je venais d’entamer ma vie professionnelle. Les années sont vite passées. Au début de mon mariage, j’ai tout de même essayé de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Nadjette était gentille, et faisait son possible pour m’être agréable. Mais à la naissance de notre premier gosse, tout a basculé. Elle me reprochait sans cesse mes déplacements et mes absences fréquentes. Pourtant elle savait bien que je devais me déplacer et m’absenter pour mon travail et mes affaires. Dès le début de notre mariage, je lui ai expliqué que mon travail n’était pas de tout repos. Elle paraissait comprendre. Je ne revenais jamais sans un petit cadeau pour elle. Mais soudain, c’était l’incompréhension. Et comme j’étais déjà vulnérable à tous les changements qui ont intervenu dans ma vie, le vase avait vite débordé. Ma femme prenait en exemple les filles de la famille et les voisines dont les maris avaient des horaires de travail précis. Elle ne voulait rien savoir d’autre. Nous avons déménagé pour habiter la grande ville, et même que j’avais voulu lui offrir le confort total en aménageant notre maison comme il se devait pour qu’elle ne se sente ni dépaysée ni délaissée, cela ne changea en rien son attitude envers moi.

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  28. Artisans de l'ombre Dit :

    29eme partie

    Nous avons continué à nous “supporter” tant bien que mal. J’offrais à ma femme des toilettes somptueuses et des bijoux, qu’elle refusait de porter. Je tentais de converser avec elle, de lui proposer de voyager avec moi de temps à autre. Rien à faire. Ma femme était devenue froide à mon égard, et rien ne semblait la dérider, même la naissance d’un deuxième enfant. Je me rendis donc à l’évidence. Notre mariage était un fiasco.
    Et si on est resté ensemble toutes ces années, ce n’est que par égard aux enfants.
    Farid se tût et lance un regard triste à Sarah.
    - Voilà, je crois t’avoir tout déballer. Tu m’excusera mais j’avais besoin de parler et pour une fois, l’envie de me confier à quelqu’un, en particulier à toi.
    Sarah ébauche un sourire :
    - L’honneur est pour moi Farid.
    - Mais toi Sarah pourquoi ne t’ai tu jamais mariée.
    Sarah souriait toujours. Elle prend une gorgée de café avant de répondre :
    - Tout simplement parce que je ne trouvais pas chaussure à mon pied. J’ai eu un tas de demandes en mariage, mais aucun homme n’a su m’accrocher.
    - Et tu as préféré le célibat à un compagnon de fortune.
    - Tout à fait.
    - Toi au moi tu as cette latitude.
    - Voyons Farid ne sois pas aussi pessimiste. Pense un peu à tes deux enfants, à tes affaires qui marchent bien.
    - Je sais. Mais crois-moi Sarah, quand tu dois fermer les yeux et supporter toutes ces choses qui t’empoisonnent l’existence, la vie n’est pas toujours rose. Aujourd’hui je ne trouve refuge que dans mon travail.
    - C’est déjà beaucoup. Il y a un tas de gens qui ne trouvent pas du travail, ou se voient dans l’obligation d’exercer une fonction pour laquelle ils n’ont aucun attrait.
    - Comme toi ?
    - Si tu veux. Je travaille tout juste pour gagner ma vie.
    Farid jette un coup d’œil à sa montre bracelet :
    - Il se fait tard Sarah. Je t’ai retenue trop longtemps.
    - Pas du tout. Ne crois pas que c’est le paradis chez-moi. J’essaye tout le temps de retarder mon retour à la maison.
    - Nous sommes donc deux malheureux à chercher un foyer heureux.
    Sarah éclate de rire :
    - Voilà qui est bien dit Farid. Mais je pense que dans tous ces malheurs, il y a toujours une lueur d’espoir.
    - Oui. Je le crois bien puisque je t’ai rencontrée. Désormais tu seras mon amie et ma confidente.
    - Je serais toujours là pour toi Farid. N’oublie surtout pas que tu peux compter sur moi
    - Et toi de même.
    Sarah rentre chez-elle plus malheureuse que jamais. Elle avait tant espéré que Farid fut libre. Cet homme lui plaisait tant. Il était l’image même de l’homme dont elle avait de tout le temps rêvé.
    Pour le comble de leur malchance à tous les deux, Farid était déjà pris, et même s’il lui avait confié ses déboires, il était bel et bien lié à cette femme et ne pouvait mettre terme à son mariage parce qu’il avait des enfants.
    Elle rumina ces idées toute la nuit. Ne pouvant ni trouver le sommeil ni trouver une quelconque solution à cette situation.

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  29. Artisans de l'ombre Dit :

    30eme partie

    Elle savait que l’amour de Farid lui était impossible, et même que ce dernier le lui avait certifié.
    Pour Sarah, c’était une autre facette de sa malchance dans la vie qui s’affichait, malgré qu’elle retrouve tout de même en Farid un ami sur qui compter en toute épreuve. De cela, elle n’en doutait point.
    Quelques semaines passèrent. Farid n’avait plus donné signe de vie à Sarah et cette dernière n’avait pas jugé opportun de l’appeler. Cependant un évènement se produit : Sarah venait de recevoir une demande en mariage d’un cadre supérieur et étant donné que cette fois-ci la proposition semblait assez intéressante, Sarah décide, après mûre réflexion, d’y donner une suite favorable. Mais avant cela elle préféra prendre l’avis de son ami. Un soir donc, elle forme le numéro de Farid et le met au courant de la situation :
    - As-tu bien réfléchi ? lui demande Farid dont la voix tremblait.
    - Oui… Je crois qu’il vaudrait mieux pour moi de quitter et mon appartement et la ville. Cet homme me propose d’aller vivre avec lui dans une ville de l’Est.
    - Mais tu le connais bien ?.
    - Pas exactement. Il a déjà travaillé dans notre entreprise quelque temps avant de changer de boîte. C’est quelqu’un de bien éduqué et d’honnête. Tout comme moi, il n’a presque plus de famille, et vit seul.
    - C’est donc quelqu’un qui te plait ?
    - Sur le plan relation oui.
    - Et sur le plan sentimental ?
    - Je n’en sais rien pour le moment. On dit que l’amour vient après le mariage.
    - Ne te méprends pas Sarah. L’amour ne vient que quand il veut se manifester. En fin de compte on se demande souvent si ce sentiment avait bien existé.
    - Je sais Farid. J’en connais même un bout depuis que je t’ai rencontré.
    - Moi aussi Sarah. Dommage pour nous deux que la vie ne nous ait pas permis de nous rencontrer et de donner libre cours à nos sentiments.
    - Je ne veux pas tomber dans le fatalisme, mais je crois que le destin de chacun de nous a été tracé dès sa naissance, ou même bien avant, c’est pour cela que souvent on ne peut rien changer.
    - C’est certain Sarah. Néanmoins, je t’en conjure, ne t’engage pas à l’aveuglette avec ce prétendant, peut-être mérites-tu mieux.
    - Le mieux aurait été toi-même Farid, répond Sarah en se mouchant, mais comme je n’ai jamais eu de chance dans ma vie, autant me contenter de ce qui se présente, cet homme est stable et sage. Il est gentil avec moi et m’a promis de tout tenter pour me rendre heureuse.
    - À la bonne heure mais tout de même réfléchis bien. Je ne veux pas que tu gâches ta vie, comme moi j’ai gâché la mienne, et je ne veux pas que tu regrettes ton geste plus tard.
    - Promis Farid, je vais encore y réfléchir. Et toi que deviens-tu ?
    - La routine. En ce moment j’ai décidé de prendre quelques jours de congé. Mes enfants sont en vacances, alors nous essayons de nous détendre au maximum.
    - Et ta femme ?
    - Eh bien, elle est là. Comme à ses habitudes elle me fait la tête, mais consent à nous accompagner moi et les enfants dans nos sorties. Tiens, ce soir par exemple, nous allons dîner sur la côte au Restaurant N…
    - Je connais ce restaurant, il est très chic. Cela te fera du bien de sortir un peu en famille.
    - J’essaye tant bien que mal de m’accommoder à mon existence, que veux-tu ainsi est mon destin.
    - Ne te plains pas trop Farid, tu serais tombé sur une femme encore pire que la tienne qui t’aurait mené la vie bien plus dure.
    - Et pourquoi ne me dis-tu pas que j’aurais pu tomber sur une femme comme toi qui m’aurait rendu heureux ?

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  30. Artisans de l'ombre Dit :

    31eme partie

    Sarah pleurait sans retenue.
    - Ne me rends pas encore plus malheureuse Farid. Je ne sais déjà plus où j’en suis.
    - Tu es en train d’entamer un grand virage Sarah. Ta vie va changer maintenant. Alors, autant penser à l’avenir et effacer le passé. Soit heureuse, c’est tout ce que je te demande.
    - Merci Farid. Je prendrai en compte tes conseils sûrement.
    Ils raccrochèrent, et Sarah, comme hypnotisée, ne savait plus sur quel pied danser.
    Elle courait dans tous les sens dans sa chambre, changeait de place aux bibelots, sortait sur le balcon sans savoir exactement quoi faire.
    En fin de compte, elle décide d’appeler son amie Meriem et lui demande de venir chez elle en début d’après-midi.
    C’était le week-end, et Sarah ne travaillait pas. Curieuse et assez agitée, Meriem s’emmène à l’heure prévue et tout de suite après, Sarah la mettra au courant de sa situation.
    - J’ai bien compris que tu étais éprise de cet homme, lui lance Meriem sans préambule à la fin du récit. Farid, d’après tes dires, est bien ton style d’homme. Celui que tu cherchais depuis des lustres.
    - Oui… mais…
    - Oui mais quoi ? Cet homme a été d’une honnêteté exemplaire avec toi. Il t’a raconté sa vie et ses déboires, que veux-tu de plus, tu aurais pu tomber sur une brute qui aurait abusé de ta naïveté et de ton amour !
    - Tu peux le dire Meriem. De nos, jours rien n’est plus sûr.
    - Alors de quoi je me plains ?
    - Oh de rien. J’avais le cœur gros. Autrement dit, j’avais envie de parler.
    Je pense sérieusement à donner une suite favorable au dernier prétendant.
    - Et pourquoi pas, si tu vois qu’il est bien ?
    - Il a l’air assez bien et surtout il est mûr et semble savoir ce qu’il veut.
    - À la bonne heure. Tous mes vœux Sarah.
    - Merci mon amie.
    Meriem ne quittera son amie qu’en fin d’après-midi. À ce moment-là, et comme poussée par une force invisible, Sarah décide de sortir un peu.
    Il faisait bon après les chaleurs de l’après-midi, et en mettant son véhicule en marche, Sarah a eu une étrange idée : elle allait se rendre au restaurant N…, là où Farid avait prévu de dîner avec sa famille.
    Elle prit la route côtière et roule lentement, le cœur serré par l’angoisse. Va-t-elle supporter de voir Farid entouré des siens ?
    Elle savait que ce qu’elle faisait était insensé mais c’était bien plus fort qu’elle. L’amour peut donner des ailes.

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  31. Artisans de l'ombre Dit :

    32eme partie

    Elle arriva en vue du restaurant et se tint à l’écart. Plusieurs couples dînaient à l’extérieur, et elle enviait leurs rires joyeux.
    Elle arrêta son véhicule un peu plus loin, mais s’arrangea pour avoir une vue générale et assez nette de la terrasse.
    Elle attendit un moment puis le vit : Farid donnait la main à ses enfants, tandis qu’une femme d’aspect encore jeune et bien habillée les suivait de près. Sarah sentait ses yeux se mouiller. Même s’il était malheureux, Farid avait besoin de cette famille. Il semblait tellement proche de ses enfants qu’on sentait qu’il les adorait. Elle comprenait parfaitement maintenant que c’est cette symbiose totale qui l’avait empêché de mettre un terme à sa vie conjugale.
    Elle les regarde s’installer tous à une table dans un coin ombragé, et entend même de là où elle était le rire frais des enfants. Elle donne entièrement raison à Farid de s’être sacrifié pour eux.
    Rattrapée par des sentiments controversés et incontrôlables, elle donne libre cours à sa crise de larmes. La tête sur le volant, elle se met à pleurer à fendre le cœur.
    Une demi-heure passe, avant que la crise ne s’estompe. Elle relève la tête et jette un coup d’œil alentour.
    Une musique douce emplissait l’atmosphère, et des serveurs passaient à travers les tables. Farid dînait avec sa famille. Il semble même échanger quelques propos avec sa femme avant de faire une grimace à sa fille qui riait à gorge déployée.
    Malade de chagrin, Sarah reprend le chemin du retour. Elle met un peu de musique pour se détendre, et se promet de ne plus penser à qui que ce soit. Ni à Farid, ni à sa famille, ni à personne d’autre. Dès demain elle donnera sa réponse à Mustapha, son prétendant. Oui dès demain, elle acceptera d’unir sa vie à la sienne. Mais c’était compter sans la providence.
    Elle était encore au lit quant son portable a sonné. Sarah est étonnée et surprise de reconnaître le numéro de Farid. Que lui veut-il donc de si bon matin.. ?
    Elle décroche et lance d’une voix encore ensommeillée :
    - Bonjour Farid… Tu me surprends par ton coup de fil matinal.
    - Bonjour Sarah. J’aimerais juste te voir pour un moment. Peux-tu te libérer pour le déjeuner.. ?
    - Bien sûr.
    - Parfait, retrouvons-nous donc à l’heure du déjeuner.
    Elle s’habilla en hâte et mit une jolie robe d’été de couleur claire, puis se maquilla légèrement avant de se saisir de son sac à main et de dévaler à toute vitesse l’escalier de l’immeuble.

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  32. Artisans de l'ombre Dit :

    33eme partie

    Son esprit travaillait sans relâche. Elle avait encore en mémoire les images fraîches de la veille, et les éclats de rire des enfants de Farid.
    Son cœur se pince. Farid avait une famille, et ses enfants étaient adorables.
    Même si le courant ne passait plus entre lui et sa femme, l’ambiance familiale avait tout l’air d’être au zénith.
    Sarah se dépêche de trouver une place pour garer, rejoint son bureau et se plonge dans son travail.
    Les vacances lui avaient permis de se reposer, et son teint encore hâlé ne laissait personne indifférent. Quelques collègues vont même jusqu’à la courtiser, mais rien ne semblait pouvoir la dérider. Son esprit voguait vers des rivages interdits.
    Elle ne s’attendait d’ailleurs point à revoir Farid de si tôt et juste au moment où elle devait donner une réponse à sa récente demande en mariage.
    De quoi voulait-il donc l’entretenir ?
    Elle oublia le reste du monde et se consacra à sa tâche, si bien qu’elle ne vit pas l’heure passer.
    Il était déjà midi passé lorsqu’elle franchit le portail de l’entreprise pour se retrouver à l’extérieur. Farid l’attendait non loin de là et elle n’eut aucun mal à le repérer.
    Ils allèrent déjeuner dans une pizzeria et comme Sarah était impatiente de connaître le but de cette rencontre et elle se jeta à l’eau la première.
    - Alors. Que me vaut donc cette sortie aujourd’hui avec toi Farid ?
    Ils s’étaient attablés et avaient passé commande, et Farid la dévorait des yeux.
    - Eh bien, je ne veux pas te brusquer Sarah, mais j’ai bien réfléchi.
    - À quoi donc ?
    - À nous deux, et à notre avenir.
    - Notre avenir ? Sarah sentit son cœur battre la chamade.
    - Oui à notre avenir Sarah.
    - Mais je ne saisis pas bien le fond de ta pensée.
    - Eh bien, c’est simple. La demande en mariage que tu viens de recevoir m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses.
    - Par exemple.
    - Par exemple, je me suis rendu compte que je t’aimais au point de ne pas supporter que quelqu’un d’autre puisse être amoureux de toi, et te demander en mariage. Je suis jaloux de ce prétendent Sarah.
    La jeune femme sourit :
    - Vraiment Farid ? À ce point.
    - Et même plus que tu ne le penses.
    - Mais à quoi peut rimer tout ça. J’aurais été la plus heureuse des femmes si tu étais libre, et que tu m’avais demandé en mariage.
    - Nous y voilà Sarah. Je te demande justement en mariage… Veux-tu devenir ma femme.

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  33. Artisans de l'ombre Dit :

    34e partie

    Sarah le regarde, ébahie. Elle reste un moment interdite puis se ressaisit :
    - Tu me mènes en bateau, Farid.
    - Je n’en ai aucunement l’intention.
    - Et alors… ?
    - Je t’assure que je suis sérieux dans mes propos. Je te demande de devenir ma femme.
    - Mais….
    - Mais je suis déjà marié et père de famille…Ça je le sais déjà…. Acceptes-tu de devenir ma seconde femme… ?
    - Mais tu n’y penses pas… !
    - Oh ! que si…Je n’ai fait que ça une bonne partie de la nuit. Au petit matin, j’ai tiré les cartes au clair. Beaucoup d’hommes de nos jours vivent entre deux foyers pour des raisons connues d’eux seuls. Moi tu connais les miennes : je ne peux pas divorcer parce que j’ai des devoirs et des obligations envers mes enfants, et ma femme n’est plus pour moi qu’une compagne dans l’ombre. Cela fait longtemps que je n’ai plus de vie conjugale, et voilà que le destin te met sur mon chemin…. Ne vois-tu donc pas que si nous nous sommes rencontrés et aimés cela veut dire que le destin a déjà décidé pour nous… ?
    Sarah, interloquée garde le silence un moment. Elle n’arrivait toujours pas à assimiler la situation. Confuse et ne sachant quoi dire, elle se met à tourner sa fourchette dans son assiette un bon moment avant de relever les yeux et de regarder Farid en face.
    - Je t’ai vu hier avec tes enfants et ta femme.
    - Hein…Où çà ?…
    - Au restaurant N… sur la côte.
    - Mais où étais-tu donc, et avec qui ?
    - J’étais seule au volant de ma voiture. Ma curiosité a été telle, que j’ai fini par obéir à une forte tentation de voir ta famille.
    - Et alors.. ?
    - Tes enfants sont adorables.
    - Ça, je le sais…
    - Et ta femme paraissait encore jeune et belle.
    - Oui…Mais cela ne veut rien dire, nous sommes malheureux tous les deux en ménage.
    - Cela ne se voyait pas trop.
    - Mais je l’espère bien.
    - C’est pour cela que ta demande en mariage me prend de court.
    - Que veux-tu dire par là ?…
    - Que je ne veux pas gâcher la vie d’une femme et l’harmonie d’un foyer.
    - Mais tu ne gâches rien ma chère, puisque tout est déjà gâché et depuis longtemps.
    - Peu importe, mais je n’aimerais pas, Farid, devenir cette intruse que tu prends comme une roue de secours parce que ta vie familiale bat de l’aile.

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  34. Artisans de l'ombre Dit :

    35e partie

    Farid se tût à son tour et la regarde intensément avant de demander :
    - M’aimes-tu Sarah… ?
    Elle lève les yeux vers lui et répond :
    - Plus que tu ne le penses. Hier soir, j’ai même sangloté un bon moment en te voyant entouré des siens.
    - Oublie tout ça donc Sarah et donne-moi une réponse concrète. Si tu m’aimes, je ne vois pas pourquoi tu vas jusqu’à me faire toutes ces remarques qui n’augurent rien de bon.
    - Cela n’a rien avoir avec les sentiments. Je n’aimerais pas construire mon bonheur sur les ruines d’une autre. Cette femme, je ne la connais pas, je ne vois pas pourquoi je vais devenir sa rivale… C’est insensé Farid.
    - Mais elle ne saura rien.
    - Ah !
    - Oui. Elle ne saura rien. Nous allons nous marier et nous installer dans une autre banlieue.
    - Aussi simple que ça ?
    - Bien sûr ma chérie. Tu continueras à travailler pour meubler ton temps, et moi je te rejoindrais autant de fois que cela m’est possible.
    - C’est-à-dire que je deviendrais le bouc émissaire de tes caprices.
    - Pourquoi dis-tu cela, je veux t’épouser simplement parce que je t’aime.
    - Et moi je refuse d’épouser un homme déjà lié à une autre femme. Je ne suis pas une roue de secours Farid.
    - Mais je ne t’ai jamais considérée ainsi.
    - Peut-être que tu ne le sais pas encore, mais au fond tu ne veux m’épouser que pour fuir une réalité que tu ne supportes plus.
    Farid se prend la tête entre les mains.
    - Sarah… s’il te plaît ne me rends pas malheureux davantage. Mets-toi d’abord à ma place. Je suis marié certes, mais avec une femme qui ne m’aime plus, et toi tu vas te marier avec un homme que tu connais à peine et qui ne t’aimera jamais autant que je t’aime.
    - Mais qu’en sais tu donc ?
    - Je le sais. J’ai assez d’expérience dans ce domaine pour en tirer des conclusions.
    - Et si je refusais de t’épouser ?
    - Eh bien je le comprendrais. Tu es jeune et célibataire, que feras-tu donc avec un homme marié et de surcroît père de famille.
    Sarah se tût. Son esprit travaillait à mille à l’heure. Des idées se bousculaient dans sa tête, et elle se surprend à souhaiter être auprès de Farid pour toujours. Que va-t-elle donc lui donner comme réponse ?
    Va-t-elle accepter sa demande en mariage en gage d’amour pour elle, et même en ce qui la concerne, elle-même envers lui, au risque de vivre à l’ombre d’une autre femme, ou bien va-t-elle refuser ses avances, et donner une suite favorable à Mustapha son prétendant ?

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  35. Artisans de l'ombre Dit :

    36e partie

    Elle sentit une migraine la taraudait. Trop de choses lui arrivaient en même temps. Va-t-elle se retrouver dans un tourbillon d’hésitations et de questions, sans pouvoir trouver une issue ? Certes, c’est Farid qu’elle aimait. C’est ce dernier qu’elle aurait pu accepter les yeux fermés, s’il n’était pas déjà lié à une autre femme. Mais… le destin en a voulu autrement, et les choses étant ce qu’elles sont, elle ferait mieux de se ressaisir et de réfléchir avant de prendre une quelconque décision qui lui sera peut-être préjudiciable.
    Elle relève sa tête et jette un coup d’œil autour d’elle. Quelques couples échangeait des propos entre eux et riaient, des étudiantes prenaient un pot en groupe, et quelques jeunes dragueurs tentaient tant bien que mal d’attirer l’attention des jeunes filles.
    Elle sourit, et regarde Farid en face. Ce dernier attendait toujours sa réponse.
    - Alors Sarah ? Que décides-tu donc ?
    - Rien.
    - Comment ?
    - Je ne pourrais te donner aucune réponse pour le moment. La décision est trop sérieuse pour que je puisse m’engager comme ça à la légère.
    - Que veux-tu faire ?
    - Réfléchir…
    - Bien. Je n’insiste donc plus. Prends ton temps et réfléchis à ta guise. Seulement sache prendre la décision la plus adéquate à ta situation. Si tu veux de moi Sarah, je ne suis pas loin.
    - Seul le temps décidera pour moi. Je te donnerai ma réponse au moment opportun.
    - Ne me faits pas trop languir.
    - J’essayerai.
    Ils quittèrent le salon de thé, et chacun reprend son chemin. Sarah avait fort à faire au bureau et Farid partit en mission pour plusieurs jours. Pourtant chaque nuit, la jeune femme repense à la proposition qu’il venait de lui faire. Va-t-elle l’accepter ? Sera-t-il un bon mari pour elle si elle consent de le partager avec une autre femme, ou bien va-t-il la rendre malheureuse et retourner auprès de sa première femme si leur ménage ne marchait pas comme ils le voulaient ?
    Était-il sincère ou est-ce simplement une façon pour lui de se rapprocher d’elle et de l’avoir, tout en sachant qu’elle ne supportera jamais une rivale ?
    Toutes ces questions maintenaient Sarah éveillée de longues heures. Elle repense aussi à Mustapha son prétendant. Ce dernier de son côté attendait toujours une réponse à sa demande. Il était célibataire, avait son appartement, et n’attendait qu’un signe d’elle pour officialiser les choses. Mais Mustapha, elle ne l’aimait pas. Celui qu’elle aime c’est Farid.

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  36. Artisans de l'ombre Dit :

    37e partie

    Elle laisse passer quelques jours et prend le temps de réfléchir, et d’étudier mûrement la situation.
    Va-t-elle écouter son cœur et accepter d’épouser Farid ?
    Ou va-t-elle écouter la raison, et y renoncer pour épouser Mustapha ?
    Hésitante, elle demande conseil encore une fois à son amie Meriem, et cette dernière l’exhorte à réfléchir davantage avant de prendre une décision aussi sérieuse que celle concernant son avenir.
    “Si tu estime que tu peux partager Farid avec une autre femme, épouse-le, mais si tu vois que la chose pourrait te nuire ou porter préjudice à l’autre, tourne-toi plutôt vers Mustapha. Ce dernier semble être quelqu’un de bien.”
    Sarah est malade d’angoisse à l’idée de s’engager avec l’un et d’abandonner l’autre.
    Un après midi en sortant de son travail, elle rencontre Mustapha. Ce dernier, tout heureux de la revoir, n’hésite pas à s’approcher d’elle pour la saluer.
    - Bonjour Sarah. Comment cela va-t-il ?
    - Bien… Et toi comment vas-tu ?
    - Comme tous les hommes qui attendent une réponse de leur dulcinée.
    Elle rougit, puis relève la tête :
    - J’étais sur le point de te répondre Mustapha, seulement comme j’hésitais encore un peu, j’ai préféré temporiser.
    - La balance est-elle de mon côté ?
    - Heu… je… À vrai dire, je ne suis pas encore sûre de mon choix.
    - Ton choix… As-tu reçu une autre demande en parallèle à la mienne ?
    - Euh… Oui…
    - C’est quelqu’un que tu connais ?
    Elle hoche la tête :
    - Oui, pour être sincère.
    - Tu… tu l’aimes Sarah ?
    Cette question l’a mise mal à l’aise. Elle regarde autour d’elle et remarque que le jour déclinait. Les gens se dépêchaient de rentrer chez eux, et elle et Mustapha étaient encore là sur un trottoir à discuter de leur avenir.
    Elle le regarde en face avant de répondre :
    - Je crois que nous sommes fous l’un et l’autre.
    - Pourquoi ?
    - Parce que toi tu m’abordes comme ça au hasard d’une rencontre et tu entames tout de suite le sujet qui t’intéresse le plus. Et moi, je suis là à répondre à tes questions comme une collégienne prise en flagrant délit de copiage.
    Mustapha sourit :
    - Mais nous ne faisons rien de mal Sarah.
    Tu ne m’appelles jamais et tu ne cherches même pas après moi, ce qui signifie que je ne suis qu’un étranger parmi tous ceux qui viennent demander ta main. Et maintenant que j’apprends qu’il y a un autre lièvre dans la course, je comprends mieux la situation.
    Je pense que si je t’invitais dans les normes de l’art à nous rencontrer quelque part, tu refuserais.

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  37. Artisans de l'ombre Dit :

    38e partie

    Sarah se sent gênée : – Pourquoi dis-tu cela ?
    - C’est la réalité non ?
    - Peut-être pas.
    - Hum. Tu es gentille Sarah, mais je vois dans tes yeux une autre réponse. Tu es amoureuse d’un autre homme.
    - Tu vas vite en besogne Mustapha.
    - Pourquoi attendre donc ? La vie n’attend pas, et les meilleures années s’en vont si vite.
    Alors si tu vois que ton cœur bat pour un autre, cesse de te torturer et décide-toi une fois pour toutes pour donner une réponde à chacune des deux parties. C’est plus simple, non ?
    Sarah pousse un long soupir :
    - Tu as complètement raison Mustapha. Dans deux jours au plus tard tu auras ma réponse.
    - À ta guise, mais je pense que je l’ai déjà…
    - Hein ?
    - Ne t’étonne donc point si je préfère me retirer loyalement de ce jeu dans lequel je ne suis qu’un bouc émissaire. Ton cœur bat pour un autre homme, et cela se voit comme le nez au milieu du visage.
    - Non… mais… Je t’assure que tu te trompes Mustapha.
    - Ah ! ah !… On n’apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces Sarah. Ton long silence ces derniers temps renseigne sur bien des choses.
    - Tu tires des conclusions trop hâtives.
    - Pourquoi tarder, alors que la réponse est claire comme l’eau de roche ?
    Prise au piège de ses hésitations, Sarah ne savait quoi répondre. En effet, elle avait complètement ignoré Mustapha ces derniers temps.
    Et ce dernier a bien vite compris qu’il y’avait quelqu’un d’autre dans la course. Elle prend un air dégagé avant de lancer :
    - À ta guise Mustapha. Si tu préfères te retirer loyalement fais-le, puisque tu estimes déjà que je tiens à un autre homme.
    - Tu me le confirme donc ?
    Sarah sentit la gêne la gagner, mais se reprend :
    - Je n’ai rien à te confirmer. Pour le moment, je suis encore célibataire et libre comme le vent.
    - Non Sarah. Tu es encore célibataire certes, mais pas libre. Ton coeur bât la chamade pour un homme. Alors sois courageuse et affronte la réalité en face.
    Moi je n’existe pas pour toi, ou je suis simplement une roue de secours que tu aimerais utiliser le cas échéant.
    - Mustapha je t’assure que…
    - Que quoi ? Que je me trompe. Je me trompe rarement dans ce domaine ma chère. Je suis assez vieux pour savoir tirer les conclusions de certaines situations.
    Non Sarah. Je préfère qu’on arrête ce jeu qui ne mène nulle part.
    Sois au moins sincère envers toi-même et regarde les choses en face. Je ne suis qu’un pion dans un jeu d’échecs qui risque de durer.

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  38. Artisans de l'ombre Dit :

    39e partie

    Touchée dans son amour-propre, Sarah relève la tête et regarde Mustapha dans les yeux :
    - Ah c’est comme ça que tu analyses par toi-même les choses et tu veux me tarabuster pour te donner une réponse.
    - Je ne t’ai pas tarabusté. Seul le hasard aujourd’hui a fait que nous nous soyons rencontrés. Et étant donné que le contact entre nous est pratiquement nul, autant tirer tout de suite les ficelles du jeu.
    - Tu veux que je te dise Mustapha, je n’aime pas cette façon de raisonner. Tu es trop rapide dans tes conclusions.
    - Et toi tu es trop fine dans tes détours, mais pour quelqu’un comme moi le jeu est très clair. Aller dis-le…
    - Te dire quoi .. ?
    - Envoie-moi au diable, rejette-moi, mais sache le faire au moins honnêtement et sans détour.
    Sarah regarde un moment autour d’elle. Mustapha avait entièrement raison. Elle ne tenait pas du tout à lui, et son entêtement à le faire languir n’était autre que le résultat de ses hésitations. Et puis tant pis. Puisque l’occasion se présente bien pour lui signifier son refus à l’épouser, autant le faire tout de suite. Elle prend une profonde inspiration puis s’adresse à Mustapha d’un air buté :
    - Je vais être honnête avec toi si c’est ce que tu veux, je suis désolée, mais je ne peux pas t’épouser Mustapha.
    - Voilà qui est bien clair. Merci pour ta franchise Sarah. Dorénavant je saurais à quoi m’en tenir. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas garder un lien d’amitié.
    - Toute à fait, répond Sarah sans grande conviction.
    Mustapha la regarde un moment, puis lui lance avant de s’éloigner avec un petit signe d’adieu :
    - J’espère que tu seras heureuse avec l’élu de ton cœur. Tous mes vœux.
    - Merci… Au revoir.
    Elle était pressée de s’éloigner de lui. Elle se sentit mal à l’aise un moment. Mustapha était loin d’être idiot, et elle avait compté sans sa réaction vis-à-vis de son long silence envers lui. Les choses étant ce qu’elles étaient, elle était libre maintenant de donner une réponse à Farid. À cette idée son cœur s’emballe. Elle se hâte de rentrer à la maison pour l’appeler.
    Le mariage eut lieu rapidement et discrètement. Farid ne voulait en aucun cas ébruiter la chose, et Sarah fut de son avis. Pourtant quelque chose en elle refusait çA. Elle aurait aimé que la première femme de Farid soit mise au courant. Peut-être aurait-elle fini par accepter que son mari se remarie étant donné les circonstances et les relations qu’elle entretenait avec lui.
    Mais Farid ne voulait rien savoir. Pour lui, tout devait se passer ainsi qu’il l’avait programmé, et Sarah se retrouve mariéE et habitant dans un appartement meublé loué non loin de la ville. Un petit voyage de noces d’une dizaine de jours dans une ville de l’Ouest l’avait enchantée. Et comme au début de chaque union, Sarah, nouvelle mariée, se sentit si heureuse que son seul souci demeurait celui de devoir partager son mari avec une autre. Parfois une vague de jalousie la submerge. Elle se rend compte qu’elle n’aurait pas le courage de voir sa rivale en face, alors qu’au fond, elle reconnaissait que c’est elle-même l’intruse.

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  39. Artisans de l'ombre Dit :

    40e partie

    Dès leur retour à la maison, Farid et Sarah reprirent leur travail chacun de son côté. Farid devait s’absenter quelques jours pour les besoins d’une mission et Sarah en fut affligée lorsqu’il lui apprend qu’a son retour il doit passer voir ses enfants et… sa femme.
    - Et moi donc que vais-je faire pendant tout ce temps ? demande Sarah.
    - Eh bien m’attendre… répondit Farid sans vouloir trop commenter.
    Le manège commençait pour Sarah. Elle savait qu’elle devait y faire face. Accepter de mener une vie conjugale basée sur le partage et les privations.
    Elle aide Farid à enfiler son blouson, et lui dit :
    - Quand est-ce que je te verrai ?
    Il se retourne vers elle et lui prend les mains :
    - Dès que j’aurais un moment je serais à toi.
    - Mais quand ?
    - Oh ! Sarah évite-moi donc toutes ces questions qui n’ont aucun sens. Tu sais très bien que je dois travailler et voir mes enfants. Nadjette, ma première femme, ne doit se douter de rien.
    - Pourquoi ne pas lui dire la vérité… En fin de compte nous ne faisons rien de mal, nous sommes mari et femme, et un jour elle va finir par découvrir le pot aux roses…Pourquoi ne pas prendre les devants Farid ?
    Farid pousse un long soupir :
    - Tu ne comprends donc rien Sarah ?
    - Non je ne comprends pas pourquoi tu veux jouer à cache-cache, alors que le plus simple aurait été de la mettre au courant. Ne m’as-tu pas dit que rien n’allait plus entre vous ?
    - Raison de plus Sarah. Je ne veux pas rajouter de l’huile sur le feu.
    - Je préfère qu’on soit tout de même honnête…
    - Je préfère ne pas la blesser aussi. Le temps viendra où elle saura tout.
    Sur ce, Farid quitte la maison et Sarah se retrouve seule. Elle arpente les pièces de l’appartement et fini par se réfugier dans la cuisine.
    Des larmes coulaient sur ses joues. Elle aimait Farid. Elle l’aimait même beaucoup. Mais la souffrance de le savoir loin et avec sa première femme la torturait.
    Elle avait accepté ses conditions. Elle avait accepté de l’épouser en secondes noces parce qu’elle l’aimait. Lui aussi lui avait certifié que s’il avait décidé de se marier avec elle, c’est parce qu’il tenait beaucoup à elle. Mais la souffrance la poignardait.
    Que n’aurait-elle pas donné pour l’avoir à elle seule. Hélas, elle est arrivée en retard dans sa vie. Elle doit donc souffrir en silence et accepter sa situation.
    Six mois passèrent ainsi. Farid faisait la navette entre ses deux foyers, et se déplaçait pour ses multiples missions très souvent. Il avait proposé à Sarah de se rapprocher de son lieu de résidence en lui dénichant un poste de travail tout près de la maison. “Ainsi, lui dit-il, tu n’auras pas à faire de longs trajets chaque jour pour rejoindre ton boulot.”

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  40. Artisans de l'ombre Dit :

    41e partie

    Mais Sarah ne se sentait pas heureuse. Elle était même malheureuse quelquefois. Elle attendait tellement de la vie, que cette dernière lui paraissait injuste envers elle.
    Un jour, elle eut une idée. Pourquoi ne pas faire un enfant ? Oh oui, se dit-elle, seul la présence d’un bébé pourra peut-être arranger les choses pour elle. Elle aura de quoi s’occuper durant les absences répétées de son mari.
    Elle décida d’en parler le soir même à Farid. Mais ce dernier en fut plutôt choqué :
    - Un bébé ? Tu veux un bébé ?
    - Pourquoi pas Farid. Je suis une femme, et comme toutes les femmes mon vœu le plus cher est de bercer un enfant dans mes bras. Mon enfant…
    - Heu ! Oui, mais… Pas tout de suite. Laisse-nous au moins le temps d’apprécier la vie à deux.
    - Je ne vois pas cette vie à deux Farid. Tu es presque tout le temps absent. Un bébé pourra combler ce vide.
    - Heu ! tu va vite en besogne ma chérie.
    - Tu ne veux pas avoir un enfant de moi ?
    - Si. Oh si… Mais je crois qu’il est encore trop tôt pour en parler. Essaye d’apprécier ta liberté actuelle. Tu peux sortir, faire du shopping, rendre visite à tes amies. Un bébé va entraver cette liberté. Il va falloir s’occuper de lui, chercher une nourrice, se réveiller la nuit pour changer les couches et chauffer les biberons. Tu ne connais pas encore les contraintes avec un bébé sur les bras… Réfléchi un moment donc.
    Sarah secoue la tête :
    - C’est tout réfléchi Farid. Je veux un bébé et tout de suite.
    - Très bien. Mais ne viens pas te plaindre à moi si cela tourne mal.
    Quelques mois passent encore. Sarah n’arrive pas à tomber enceinte, et cela la déprime davantage.
    Elle avait fini par accepter sa vie de partage. Les jours lui paraissaient moins lugubres, mais le fait de ne pas arriver à concevoir un enfant la préoccupait.
    Un jour, elle va consulter un grand spécialiste en gynécologie, qui après plusieurs examens lui confirme sa stérilité. Elle est anéantie.
    Elle pleura toutes les larmes de son corps. Et même Farid n’arrivera pas à lui remonter le moral.
    Elle sombre dans la mélancolie, et voit le monde en noir. Et si Farid n’avait pas déjà des enfants ? se demandait-elle souvent.. Qu’aurait-il donc fait ? L’aurait-il répudiée ?

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  41. Artisans de l'ombre Dit :

    42e partie

    Elle lui pose le soir même la question. Mais ce dernier semblait plutôt soulagé de savoir qu’ils n’auront pas d’enfants ensemble :
    - Penses-y donc, Sarah. Le hasard fait bien les choses. Peut-être que ta stérilité tombe à point pour nous éviter d’autres problèmes.
    - Quels problèmes ? s’écrie Sarah. Pourquoi refusais-tu dès le début de notre mariage l’idée d’avoir un enfant avec moi ?.
    - Mais non Sarah ce n’est pas ce que tu penses. Je ne refusais pas d’avoir des enfants avec toi. Seulement comme j’ai déjà deux enfants, je voyais très mal l’arrivée d’un troisième gosse tout de suite.
    - Quel égoïsme ! Tu parles pour toi Farid ? Et moi dans tout ce jeu ? Que suis-je donc pour toi ? Un passe-temps ?
    - Mais non Sarah… Tu es ma femme.
    - Oui. Ta deuxième femme. Je suis la roue de secours. Je le pressentais bien.
    Elle se met à pleurer à chaudes larmes. Farid s’approche d’elle, la regarde un moment, puis tourne les talons et sortit. Elle se retrouve seule pour le reste de la journée, et sombre de nouveau dans la mélancolie. Farid avait décidé de passer la nuit ailleurs, chez sa première femme. Il commençait à en avoir marre des états d’âme de Sarah. Certes, il l’aimait bien, elle était jeune et jolie, mais il n’arrivait plus à supporter ses caprices. Un enfant…
    On n’a pas idée. Heureusement que le gynécologue était un ami à lui, et qu’il a joué le jeu. Oh ! oui fort heureusement. Farid lui avait téléphoné bien avant pour lui expliquer la situation et lui demander de spécifier à Sarah une stérilité chronique.
    En, fait le médecin avait refusé au début, mais Farid avait su le convaincre, et comme c’était un ami de longue date, l’affaire fut vite conclue. Ainsi Sarah ne va plus lui demander de lui faire un enfant. Quel cauchemar cela aurait été d’avoir encore un enfant. Il voulait une deuxième femme, certes, pour se prouver que Nadjette n’était pas l’unique femme sur terre, et qu’il pourrait avoir toutes les femmes qu’il voulait. Nadjette le terrorisait avec son caractère acariâtre.
    Elle était trop sûre d’elle et savait faire régner sa volonté. Tant pis, il avait maintenant une compensation. Sarah le comble de bonheur, et était aux petits soins pour lui. Mais l’idée d’avoir un enfant avec elle, ne l’enchantait guerre.
    Il se sentait quelque part égoïste. Ce qui lui faisait un petit peu mal, mais il préfère s’impliquer dans ses idées et oublier qu’il s’était vengé de Nadjette en épousant Sarah. Il roule un bon moment sur la route. La nuit était tombée. Une pluie fine avait mouillé son pare-brise. Il prend une cigarette puis allume la radio. Il n’avait pas envie de rentrer tout de suite chez-lui. L’air nocturne lui avait toujours réussi. Il aspire à pleins poumons une longue bouffée d’oxygène et tente de se relaxer.

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  42. Artisans de l'ombre Dit :

    43e partie

    Les enfants lui manquaient. Sa fille Adila allait encore lui faire des reproches : il lui avait promis de lui acheter un téléphone portable parce que ses résultats scolaires étaient motivants. Mais il avait passé la journée avec Sarah, et avait totalement oublié sa promesse. Tant pis, il lui dira qu’il avait été très occupé et lui remettra une somme d’argent pour qu’elle aille elle-même l’acheter dès le lendemain. Adila avait déjà 12 ans ! Le temps a tellement vite passé qu’il a du mal à croire qu’il cumulait 20 ans de mariage et que son fils allait sur ses 15 ans !
    Il avait consommé vingt ans de sa vie avec Nadjette. Vingt années qui n’avaient pas été de tout repos. Seule la présence des enfants avait pu compenser le manque affectif dont il avait toujours souffert. Nadjette, une fois les premières années passée, s’était plutôt entêtée à l’ignorer.
    C’est pour cela que l’idée de lui faire du mal ne cessait de le taraudait. Apprendra-t-elle un jour la présence de Sarah ? Saura-t-elle qu’il s’était remarié dans son dos parce qu’elle le rendait triste et malheureux ?
    Que fera-t-elle donc si elle venait à apprendre qu’il avait une autre femme dans sa vie ? Souffrira-t-elle ? Où bien fera-t-elle l’indifférente ?
    Il secoue sa tête, et tente tant bien que mal de chasser les mauvaises idées. Son instinct lui dictait la prudence. Il ne faut pas qu’il rate sa vie cette fois-ci encore. Quand il l’avait quittée, Sarah était anéantie. Elle voulait tant un enfant de lui. Mais cela ne va pas durer se dit-il, elle finira bien par se rende à l’évidence et accepter sa situation. Il saura l’apaiser.
    Sarah aimait les voyages, et lui n’en était pas indifférent. Une petite virée quelque part le week-end fera peut-être oublier à la jeune femme son envie d’avoir des enfants. Oh ! bien sûr elle pourra toujours consulter un autre médecin et découvrir la vérité. Mais d’ici là, il saura l’amadouer et lui faire entendre raison. Et même si un jour elle découvre la vérité, il va mettre ça sur le compte d’une erreur médicale.
    Il se décide enfin à rentrer chez-lui. Il était 21h. Les enfants avaient déjà dîné et regardaient la télévision au salon, tandis que Nadjette s’affairait dans la cuisine.
    - Ah te voilà enfin, il n’est pas très tôt, tu sais ?
    Farid se débarrasse de son blouson et tire une chaise devant la table.
    - Tu veux dîner ?
    Il secoua sa tête :
    - Non. Je n’ai pas très faim. Un verre de lait suffirait.
    Nadjette tire une bouteille de lait du frigidaire, et en remplit un verre qu’elle déposa devant son mari.
    - Où étais-tu donc passé Farid ?
    - Moi ? Tu connais mes allées et venues… Boulot toujours.
    - Tes missions ne se termineront donc jamais ?
    - Si… Quand je prendrais ma retraite. Disons dans une vingtaine d’années.
    - Et moi durant tout ce temps-là, je n’ai qu’à compter les murs.
    - Tu as les enfants… Ils t’occupent bien non ?
    - Mais j’ai aussi un mari que je ne vois qu’une fois tous les dix jours. Depuis combien de temps n’avons-nous pas formé une famille Farid. T’en rappelles-tu au moins.. ?

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  43. Artisans de l'ombre Dit :

    44e partie

    Farid prit une gorgée de son lait, puis tire une cigarette :
    - C’est toujours la même chose avec toi Nadjette… Je ne vois pas quand es-ce que tu arrêteras avec tous ces babillages d’enfant gâté…
    Nadjette devient rouge :
    - Moi un enfant gâté… Et toi donc… N’es-tu pas l’inconscience même. Toujours à flâner ailleurs. Te rappelles-tu au moins les prénoms de tes enfants.
    - Adila et Sofiane.
    - Stupéfiant !
    - Mets un stop sur ta bouche pendant que tu es Nadjette. La journée a été longue et je suis très fatigué. Je vais voir les enfants.
    Farid sort de la cuisine, et se dirige vers le salon sous le regard furieux de sa femme. Adila lui saute au cou :
    - Papa… Enfin tu es là ! M’as-tu acheté le portable ?
    - Non.
    - Hein ? La fillette avait les larmes aux yeux.
    - Non mais tu pourras te l’acheter demain avec maman, je te laisserai la somme d’argent nécessaire.
    Adila secoue ses cheveux :
    - Je voulais tant que ce soit toi qui me l’offres.
    - Mais c’est la même chose ma chérie. Moi je n’ai pas le temps de courir les boutiques.
    La fillette embrasse son père et s’éloigne tandis que Sofiane se levait pour lui souhaiter à son tour la bienvenue.
    - Alors mon grand comment cela se passe-t-il ? lui lance Farid en lui ébouriffant les cheveux… Tu veilles bien sur ta mère et ta sœur ?
    - Cela va bien papa. À part qu’Adila fait parfois des siennes. Je trouve que tu la gâtes trop.
    - Toi aussi je te gâte, non ?
    - Oui mais pas autant qu’elle.
    - Allons Sofiane, t’ai-je refusé quelque chose mon fils ?
    - La moto…
    - Tu veux rire… La moto à ton âge ! Non mon fils occupe-toi d’abord de tes études, rien ne presse pour le reste.
    Farid s’étire, et s’allonge un moment sur le divan. Il pense à Sarah. Dort-elle ou pas encore ? Il jette un coup d’œil à sa montre-bracelet, et remarque qu’il était déjà tard. Mais n’y tenant plus il décide de l’appeler. Il se dirige vers la salle de bain et s’y enferme avant de composer le numéro de Sarah sur son portable. Elle décroche et répond d’une voix ensommeillée :
    - Oui, allo ?
    - Sarah c’est moi… ça va ?
    - Je dormais. Tu as vu l’heure qu’il est.
    - Tu m’excuses mais je voulais avoir de tes nouvelles avant de me coucher.
    - D’où m’appelle-tu donc ?
    - Heu. Je suis dans la salle de bain.
    - Hein ?
    - Heu… Je veux dire que je suis chez-moi avec les enfants.
    - Ah ! tu ne rentres donc pas ce soir ?
    - Non. Mais dès demain je serai avec toi. Nous allons programmer un petit voyage pour le week-end prochain.
    - Hum… on verra.
    - Je te jure que je parle sérieusement.
    - Écoute Farid, je viens de prendre un somnifère et je n’arrive plus à tenir mes yeux ouverts… Bonne nuit.
    - Bonne nuit. Dors bien.

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  44. Artisans de l'ombre Dit :

    45e partie

    Il raccroche et ouvrit la porte de la salle de bain pour se retrouver nez à nez avec Nadjette :
    - En voilà des manières… Pourquoi te cachais-tu dans la salle de bain pour parler au téléphone ?
    - Je ne me cachais pas. Je… heu… je voulais me brosser les dents et mon portable a sonné.
    - Avec qui parlais-tu ?
    - Avec un client pardi. Avec qui veux-tu que je parle à cette heure-ci.
    Si Nadjette n’était pas dupe, elle n’en laissa rien paraître. Mais Farid compris à son regard qu’elle n’avait pas cru un mot de ce qu’il avait débité.
    Il rejoint sa chambre et se met rapidement au lit faisant mine de dormir d’un profond sommeil dès que sa femme le rejoint.
    Le lendemain, à peine levé, Farid se rend à son bureau pour quelques formalités d’usage. Il effectue une petite mission de routine auprès de certaines agences de publicité, décroche quelques marchés, puis donne des instructions à son équipe avant de rejoindre un client avec qui, il avait rendez-vous pour le déjeuner.
    En fin de journée, il se rendit chez Sarah. Cette dernière venait de rentrer de son travail, et s’affairait dans la cuisine. Elle était encore abattue, et c’est d’un air las, qu’elle ouvrit la porte à Farid.
    - Bonsoir ma chère femme, lui lance ce dernier en lui tendant un joli bouquet d’œillets.
    - Bonsoir. Mais pourquoi ces fleurs, ce n’est pas mon anniversaire.
    Farid sourit :
    - Non, mais, pourquoi ne t’offrirais-je pas des fleurs Sarah, tu aimes bien les œillets n’est-ce pas ?
    Elle prit le bouquet et se dirige vers la cuisine pour chercher un vase. Farid la suit :
    - Tu es encore triste et mélancolique Sarah…
    Elle hausse les épaules d’un air impuissant :
    - Comment ne le serais-je pas Farid. Je suis une coquille vide. Une femme stérile. Voilà ce que je suis. Et tu veux me voir heureuse ?
    - Cesse de te tourmenter donc ainsi Tu n’es ni la première ni la dernière femme stérile de la planète. Comment font donc les autres femmes ? Elles finissent bien par accepter leur sort.
    - Facile à dire. Je me sens comme inutile, si tu veux le savoir.
    Farid s’approche d’elle et la prend par les épaules :
    - Et si on dînait dehors pour changer ?
    Elle se dégage :
    - Je n’ai pas envie de sortir.
    - Mais si. Nous allons sortir. Cela te fera du bien. L’air nocturne est un bon stimulant.
    Elle pousse un soupir :
    - D’accord. Mais nous ne nous tarderons pas, sinon j’aurais du mal à me lever au petit matin pour aller travailler.
    - Tes désirs sont des ordres.

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  45. Artisans de l'ombre Dit :

    46e partie

    Ils sortirent et passèrent la soirée dans un restaurant sur la côte. Un dîner tranquille en tête à tête leur permettra de se retrouver. Farid avait l’air enchanté, mais Sarah n’arrivait pas à se détendre.
    - J’ai programmé quelque chose pour le week-end prochain… lui dit Farid à la fin du dîner.
    - J’ai cru comprendre que tu voulais entreprendre un petit voyage.
    - Oui. Que préfère-tu Sarah ? Une ville de l’Est ou une ville de l’Ouest.
    - Toutes les villes d’Algérie méritent d’être visitée. Je te laisse donc le choix Farid.
    Il la regarde un moment :
    - Tu es sûre d’être en forme pour entamer un voyage de deux ou trois jours.
    Elle hoche la tête et hausse encore les épaules :
    - Oui, puisque tu l’as décidé.
    Il se tût puis pousse un long soupir :
    - Mais c’est pour toi Sarah que j’ai prévu ce voyage. C’est pour t’aider à sortir de ta coquille, tu sais bien que je n’aime pas te voir triste.
    Elle ne répond pas et se contente d’émietter un bout de pain dans son assiette.
    - Je te parle Sarah… réponds-moi donc.
    Elle soupire :
    - Que veux-tu que je te dise. J’ai un moral à zéro, et ma vie n’a plus aucun sens.
    Farid lui prend les mains :
    - Ne dis pas ça. Tout s’arrangera, tu verras. Tu finiras par oublier.
    - Oublier quoi ? Que je suis stérile ? lance t-elle sur la défensive
    Farid lâche ses mains et pousse à son tour un soupir :
    - Apparemment rien ne pourra te dérider ce soir.
    Elle se met à pleurer en silence :
    - Je n’arrive pas Farid. Je n’arrive pas à croire que je ne peux pas concevoir un enfant. Quelque chose en moi refuse cette hypothèse.
    Il la regarde un moment puis se lève :
    - Cesse de pleurer Sarah. Je n’aime pas te voir triste. Aller viens… rentrons.
    Sarah se lève et le suit, et ils sortirent du restaurant.

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  46. Artisans de l'ombre Dit :

    47e partie

    Le week-end venu, Farid tint à entamer son petit voyage avec Sarah. Leur choix se porte sur Oran, où ils passèrent trois jours dans un hôtel au bord de la mer. Sarah avait retrouvé un peu de sa sérénité.
    Quelquefois même elle répondait sans ambages aux plaisanteries de Farid, mais ce dernier sentait sa tristesse et se sentait aussi coupable de cette situation. Avait-il le droit de lui mentir et de la rendre aussi triste ?
    Il s’en mordait les doigts, mais s’en tenait à ses décisions initiales. Les jeux sont faits. Il avait décidé de ne pas avoir d’enfants avec Sarah. Les enfants l’avaient piégés avec Nadjette. Cette dernière les fait brandir tel un bouclier à chaque fois que cela s’avérait nécessaire dans leur couple.
    C’est pour eux qu’il n’avait pas voulu divorcer. C’est pour eux qu’il a vécu l’enfer avec une femme qu’il ne supporte plus.
    Et aujourd’hui, il n’était pas prêt à recommencer. Parfois il craignait que Sarah ne se rende compte de la supercherie. D’ailleurs elle lui avait déjà reproché plus d’une fois son indifférence. Va-t-elle le croire encore longtemps ou va-t-il falloir inventer encore autre chose ?
    On verra, se dit-il. Jusqu’à présent, il a su jouer le jeu et tenir au loin tous les fantômes de ses craintes.
    Il regarde Sarah qui se détendait au soleil. La journée était printanière et inspirait au repos. Mieux vaut en profiter car dès demain au petit matin c’est le retour au bercail.
    Sentant son regard Sarah se retourne et lui sourit :
    - À quoi penses-tu Farid ?
    Il secoue la tête :
    - À rien, je voulais juste te demander si tu ne veux pas faire un dernier tour en ville tout à l’heure.
    - J’aimerais bien, pourquoi n’irons-nous pas prendre un café dans ce joli salon sur la grande avenue. Il a l’air tellement accueillant.
    - Si c’est ce que tu veux Sarah, avec plaisir.
    Sarah rit :
    - Je veux autre chose aussi.
    - Quoi ?
    - Te sentir plus souvent à mes côtés.
    Farid rit :
    - Mais je suis avec toi Sarah.
    - Non, tu ne l’es pas tout le temps. Tu dois t’occuper aussi de ton autre femme.
    - Mais le plus souvent c’est avec toi que je suis, et puis tu connais ma situation, je n’y peux rien.
    Sarah se lève et le regarde tristement :
    - Là est tout le drame. Mais en fin de compte à quelque chose malheur est bon. Si tu n’avais pas des enfants avec ta première femme, peut-être m’aurais-tu répudiée.
    - Mais non, nous aurions pu en avoir et…
    Farid se mordit les lèvres. Il avait failli lâcher le morceau.
    - Nous aurions pu en avoir ? Mais je suis stérile, Farid, tu l’as donc oublié ?
    - Non… Je ne l’ai pas oublié, mais nous aurions pu en adopter…

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  47. Artisans de l'ombre Dit :

    48e partie

    Sarah le regarde d’un air sérieux :
    - Adopter…
    - Oui, nous aurions pu adopter un gosse ou deux et l’affaire aurait était close.
    - Adopter… Tu parles d’adopter Farid. Oui… Mais…c’est vrai, je n’y avais pas pensé. Tiens, c’est une bonne idée.
    - Tu trouves ? lui lance Farid, intrigué. Il se rendit compte trop tard de son erreur.
    - Oui c’est une bonne idée Farid. Tu es génial. Oui, je veux qu’on adopte un enfant. Comme cela je me sentirais moins coupable. Peut-être me permettra-t-il d’oublier ma stérilité ?
    Farid avait pâli :
    - Tu parles sérieusement, Sarah ?
    - Mais bien sûr que je parle sérieusement. Dès notre retour à la maison, je vais entamer les formalités pour adopter un enfant. Tu y vois un inconvénient ?
    Farid se prit la tête entre les mains :
    - Sarah, s’écrie-t-il, cesse donc ce manège ! Je ne veux pas adopter un enfant.
    - Pourquoi donc ?
    - Parce que j’en ai déjà deux.
    - Oui, mais ceux-là sont les tiens et moi donc, n’ai-je pas le droit d’en avoir ?
    - Si… Mais…mais Oh ! laisse tomber ce sujet Sarah, veux-tu ?
    - Pourquoi ?
    - Nous sommes en week-end, tu l’oublies. Nous nous sommes déplacés pour éviter tout le stress de ces derniers jours et maintenant tu reviens à la charge avec cet incessant problème d’enfants.
    - Mais je ne vois pas pourquoi tu ne veux pas en parler Farid. Tu ne veux donc pas me voir heureuse et comblée ?
    - N’es-tu pas heureuse avec moi ?
    - Si. Je me sens heureuse. Mais comme je dois te partager avec une autre, je ne le suis pas totalement.
    - Tu le savais pourtant.
    - Oui… Je ne le cesse de me le répéter. Mais avec un enfant, je sentirais moins ma solitude quand tu n’es pas là.
    Farid se racle la gorge :
    - Tu crois qu’avec un enfant adopté tu te sentiras mieux ?
    - Oui. J’adore les enfants, et je voulais tant en avoir avec toi.
    Elle sentit ses yeux se mouiller :
    - On dirait que la providence jongle avec mon bonheur. Un jour, elle me montre un visage serein et gai, et un autre jour, elle me tourne le dos.
    Farid se lève et s’approche d’elle :
    - Voyons Sarah, ne sois pas si triste. Moi aussi, j’aurais aimé avoir des enfants avec toi, mais nous n’y pouvons rien.
    - L’adoption ne t’arrange pas n’est-ce pas? Tu as peur d’avoir un enfant qui ne sera pas le tien. Ta fierté en ressentira un coup d’autant plus que c’est moi la stérile.

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  48. Artisans de l'ombre Dit :

    49e partie

    Farid lui prend le bras : – Ce n’est pas ce que tu penses. J’aimerais te voir heureuse Sarah. Heureuse et comblée.
    J’aimerais te voir rire à longueur de journée et même sans enfant nous pourrons être heureux.
    Regarde un peu autour de toi. Il y a des milliers de couples qui vivent sans enfants et qui sont heureux. Pourquoi ne le serions-nous pas ?
    - Tu ne peux pas savoir ma déception Farid, quand le médecin m’a appris que je ne pouvais pas avoir d’enfant. Qu’il n’y a aucun espoir.
    - Je le comprends parfaitement. Mais que peut-on faire ?
    - Tu sais très bien ce qu’on pourrait faire.
    Pourquoi refuses-tu d’entendre parler d’adoption ?
    - Eh bien parce qu’un enfant qui ne sera pas le fruit de notre amour ne sera jamais le nôtre.
    - Ah, nous y voilà. Tu parles d’amour mais tu refuses de regarder la vérité en face. Je me sens seule et délaissée quand tu n’es pas avec moi Farid.
    - Je le sais. Vois-tu, j’ai tout de même programmé cette sortie juste pour nous deux, juste pour nous retrouver ensemble ces deux jours.
    Sarah le regarde :
    - Et demain, tu iras vers elle.
    Farid hausse les épaules :
    - Oui… Je dois bien y penser non ?
    Elle baisse la tête et rougit :
    - Excuse-moi Farid. Je suis une incorrigible égoïste, je ne pense qu’a moi, alors que j’avais accepté tes conditions.
    Farid garde le silence un moment, puis comme pour changer de conversation il lance :
    - Tu voulais prendre un café dans le salon sur la grande avenue n’est ce pas ?
    Sarah sourit à travers ses larmes :
    - Oui… mais je n’en ai plus envie.
    - Aller, ne garde pas cet air triste. Lève-toi et va te changer. Tu as l’air d’une petite fille boudeuse.
    Elle rit :
    - Et toi donc. Tu as vu la tête que tu fais ?
    Il rit :
    - Je dois avoir la tête d’un enfant gâté.
    Ils se mirent à rire et Farid lance :
    - J’aimerais te voir tout le temps rire Sarah. Cela me rend tellement heureux.
    Elle sourit et lui prend le bras, et ils quittèrent les lieux.
    Le week-end terminé, ils rentrèrent chez eux en pleine forme. Sarah avait l’air plus détendue et Farid était moins stressé.
    Mais cela ne dura pas longtemps. Sarah avait repris cet air triste dès que Farid l’avait quittée, et le remord de ne pas pouvoir concevoir un enfant la torturait.

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  49. Artisans de l'ombre Dit :

    50e partie

    Elle se morfondait tant dans sa solitude qu’elle décida d’inviter son amie Meriem à venir passer une nuit avec elle. Cette dernière vint la rejoindre sans se faire prier, et c’est d’un air affligé que Sarah lui raconte ses déboires.
    - Tu n’es tout de même pas aussi malheureuse que ça Sarah, s’indigne Meriem. Farid t’aime bien et ton problème de stérilité n’en est vraiment pas un.
    Il faut savoir accepter son sort. Vois-tu Sarah dans la vie on ne peut pas tout avoir.
    - Mais je suis comme cette belle plante qui ne peut pas se reproduire. Je me sens si inutile.
    - Arrête avec tes balivernes. Tu n’es pas inutile. Tu es une femme jeune et belle et tu as un mari qui t’aime.
    - Mais pour lui le problème n’en est pas un. Il m’a certifié qu’il ne voulait pas avoir d’autres enfants, il en a déjà deux avec sa première femme. La coïncidence est tellement frappante. Je suis stérile. Cela l’arrange bien quelque part.
    - Hum… Tu as pensé à l’adoption ?
    - Oui. Mais là aussi, je me heurte à un mur d’incompréhension. Farid ne veut pas en entendre parler.
    - Pourquoi ?
    - Il dit qu’un enfant qui n’est pas le nôtre ne sera jamais tout à fait notre enfant.
    - Quelle philosophie !
    - Le comble, c’est que lui a déjà ses deux enfants, donc je serais toujours la seule perdante dans l’affaire.
    Meriem se tait un moment et regarde son amie puis lance :
    - Combien de médecins as-tu consulté Sarah ?
    - Un seul médecin. Un gynécologue. Pourquoi ?
    - Eh bien ma chère amie, parce qu’un seul médecin parfois ne suffit pas.
    Vois-tu, il suffit d’une petite erreur d’analyses pour qu’on se trompe.
    - Mais c’est le Dr M., c’est un grand spécialiste dans son domaine.
    - C’est toi qui le dis. N’importe qui peut se tromper. Tu oublies que ne nous sommes pas des anges.
    - Que me suggères-tu Meriem ?
    - Eh bien d’aller voir un autre médecin pardi ! Pourquoi s’entêter à prendre en considération un seul diagnostic.
    - Tu me proposes de voir un autre médecin ?
    - Il le faut Sarah… Rien n’est jamais sûr.
    Sarah se met à réfléchir :
    - Je crois que tu as raison Meriem.
    - Eh bien qu’attends-tu donc pour te décider.
    - Tu connais un bon gynécologue toi ?

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  50. Artisans de l'ombre Dit :

    51e partie

    Meriem semble réfléchir un moment :
    - Peut-être. Bon soyons sérieuses, dès que je rentre chez moi, je vais contacter ma sœur aînée. Elle s’était traitée chez un gynécologue au début de son mariage justement pour un problème de stérilité. Elle est aujourd’hui la mère comblée de deux adorables enfants.
    - Oh ! Meriem, s’il te plaît, dépêche-toi de me donner les coordonnées de ce médecin.
    - C’est promis, Sarah, dès demain je prendrais cette affaire en charge.
    Ainsi donc fut décidé et Sarah se retrouve, encore une fois, affrontée aux multiples tests et analyses médicaux. Pourtant, cette fois-ci, le médecin semblait plus optimiste.
    Farid roulait à vive allure sur l’autoroute. Sa dernière mission l’avait épuisé.
    Certes, il avait réalisé de bonnes affaires et ses multiples investigations auprès des clients lui avaient permis de décrocher des contrats publicitaires à long terme. Mais Farid n’était pas dans son élément. Sarah l’avait contacté pour lui annoncer qu’elle avait consulter un autre gynécologue pour son problème de stérilité. Farid se mord les lèvres. Sarah va découvrir la vérité bien trop tôt. Que se passera-t-il alors ?
    Il tente tant bien que mal de se concentrer sur la route, mais son esprit refusait d’obéir. Il avait mal aux yeux et les lumières des lampadaires des deux côtés de la chaussée l’aveuglaient.
    Il appuie davantage sur l’accélérateur. Il voulait arriver le plus tôt possible chez lui. Les enfants lui manquaient. Même s’il appréhendait les remontrances de Nadjette, il ne va pas rater l’occasion ce soir pour leur rendre visite. On était en plein automne et les feuilles des arbres jonchaient le sol. Farid aimait l’automne. Il aimait cet air nocturne humide et frais, après les chaleurs de la journée et ces feuilles sèches qui se décrochaient des arbres.
    Il met la radio et se met à fredonnait l’air d’une chanson connue qu’on diffusait à ce moment précis. Mais les idées noires tel un leitmotiv revenaient.
    Que va lui dire Sarah lorsqu’elle découvrira qu’elle n’était pas stérile ? Va-t-elle deviner que jusqu’à présent il avait pris des précautions avec elle de façon à ce qu’elle ne tombe pas enceinte ?
    Va-t-elle lui demander pourquoi et saura-t-il la convaincre ? Où bien continuera-t-il à lui mentir en lui spécifiant que peut-être l’erreur vient de ce médecin qu’elle venait de consulter, sinon pourquoi ne serait-elle pas encore enceinte ?
    Des pensées se bousculaient dans sa tête. Il s’arrête à l’entrée d’une agglomération et descend acheter quelques fruits et des confiseries pour les enfants. Ses enfants. Il remue la tête et sourit.
    Il les aimait bien ses enfants. Ils étaient tout pour lui sur cette terre. Sans leur présence dans sa vie, il n’aurait pas su quoi faire.

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  51. Artisans de l'ombre Dit :

    52e partie

    Il remonte dans son véhicule et se remet au volant. Dans quelques instants, il sera chez-lui. Le mot le fait rire. Où est donc ce chez-lui maintenant ?
    Chez Nadjette ou chez Sarah ? Les deux femmes sont susceptibles chacune à sa manière, mais pas pour les mêmes raisons.
    L’une voulait l’avoir chez elle tout le temps et ignorait la présence de l’autre, tandis que la seconde consent plus ou moins à le partager et voulait un enfant de lui.
    Il secoue la tête et stationne le long du trottoir près de la maison.
    Il sonne à la porte et Sofiane vint lui ouvrir.
    - Salut fiston, lui lance-t-il en lui ébouriffant les cheveux.
    - Bonsoir papa…
    - Adila est dans sa chambre ?
    - Non. Elle est avec maman chez grand-père, je pense qu’elles vont passer la nuit là-bas.
    - Et toi, tu te retrouves seul à la maison ?
    - Oh, mais je suis assez grand maintenant pour cela, tu oublies que je ne suis plus un bébé, papa.
    - Hum… Alors, mon grand garçon, nous allons passer une belle soirée en tête à tête. Tu veux bien ?
    - Bien sûr, papa, cela fait si longtemps qu’on ne t’a pas vu…
    - Je sais, mon fils. Mais je ne peux faire mieux.
    Mon travail, mes missions et tout le reste absorbent tout mon temps. Heureux encore que je puisse trouver un moment de temps à autre pour venir.
    - Mais cela n’est pas suffisant, papa. Maman dit qu’on ne pourra jamais former une véritable famille si tu t’obstines à t’absenter tout le temps de la maison.
    - Mais je le fais pour vous permettre de vivre à l’aise et dans le confort. Si je m’échine ainsi à travailler aussi dur, c’est parce que, quelque part, je ne veux pas que vous manquiez de quoi que ce soit, et puis, dans mon domaine, c’est comme ça.
    On doit donner le maximum de nous-même pour nous en sortir. Grâce à Dieu les affaires marchent bien.
    Sofiane regarde son père un moment puis lance d’une petite voix :
    - Maman nous a dit quelque chose tout à l’heure à ton sujet. Mais je ne l’ai pas cru.
    Farid regarde son fils d’un air interrogateur :
    - Qu’a-t-elle donc encore dit cette chipie ?
    Sofiance baisse les yeux et rougit :
    - Je ne peux pas te le dire. C’est insensé.
    - À ce point ? Mais qu’a-t-elle bien pu te mettre dans la tête, mon fils.
    - Oh… Je… Oh ! papa, dis-moi que ce n’est pas vrai ?

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  52. Artisans de l'ombre Dit :

    53e partie

    -Dis-moi que ce n’est pas vrai, papa…
    - Je te dis quoi, mon fils… Qu’est-ce qui n’est pas vrai ? Vas-tu enfin parler ?
    Sofiane renifle et relève la tête puis regarde son père dans les yeux :
    - Est-ce vrai que tu vis avec une autre femme ?
    Farid sentit une transpiration désagréable lui inonder le corps. Il sentit le sol se dérober sous ses pieds, mais se contint.
    Il prit son fils par le bras et l’entraîne au salon :
    - Sofiane, écoute moi bien…
    - Je veux juste savoir si c’est vrai papa…
    - Assieds-toi, mon fils, et écoute-moi.
    Farid prit une profonde inspiration :
    - Il ne faut pas prendre tout ce qu’on te raconte pour argent comptant. D’abord, je suis tout le temps en mission, ensuite dès que je rentre je viens vous voir. Comment maman a-t-elle pu avoir de telles idées envers moi.
    - Je ne sais pas. Il paraît que quelqu’un de sa connaissance t’a vu avec une femme dans une ville de l’Ouest.
    - Hum… Mais je travaille aussi avec des femmes, des femmes d’affaire, des commerçantes…
    - Oui, mais celle-là précisément n’est ni femme d’affaires ni commerçante.
    Et puis, Maman a même pu dénicher son adresse. Cette femme habite à quelques kilomètres de chez nous.
    Farid se mordit les lèvres. Ainsi donc Nadjette avait tout appris. Le coup de fil dans la salle de bains lui avait déjà révélé quelque chose la dernière fois et c’était plus simple par la suite d’entamer une enquête.
    - Alors papa, tu vas nous quitter ?
    - Pardon ?
    - Tu vas nous quitter papa ? Moi et Adila et maman ?
    - Pourquoi dis-tu cela ?
    - C’est maman qui le dit. Elle a même précisé que tes longues absences pour les missions ne sont que des subterfuges.
    - Mon Dieu !
    Farid se prit la tête entre les mains :
    - Mais où a-t-elle donc été dénicher tout cela ?
    - Je ne sais pas. Maman parlait avec quelqu’un au téléphone il y a quelques jours, et c’est depuis qu’elle a su que tu avais une seconde femme.
    Sofiane pleurait et Farid vint le prendre dans ses bras :
    - Assez ! Assez, mon grand homme, ne fais pas de chichi. Maman ne t’a raconté que des chimères. Allons, ressaisis-toi.
    - Ce n’est donc pas vrai ?
    - Mais non, mon fils. Tu vois bien que je suis à la maison à la fin de mes missions.

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  53. Artisans de l'ombre Dit :

    54e partie

    Sofiane renifle et s’essuit les yeux :
    - C’est bon papa, puisque tu dis que ce n’est pas vrai, je te crois sur parole.
    Farid l’attire à lui :
    - Apprends une chose mon fils : toi et Adila,vous êtes tout ce que j’ai de plus précieux dans ce monde. Jamais je ne vous abandonnerai.
    - Nous t’aimons tellement papa…
    - Et moi bien plus.
    Farid console son fils tant qu’il le pouvait, et ce dernier finit par se calmer. Ils dînèrent ensemble, et Sofiane, épuisé, finira par s’endormir. Farid se retrouve seul, et malgré sa grande fatigue, il ne trouve pas le sommeil. Les confidences de son fils l’ont anéanti. Nadjette a découvert le pot aux roses. Comment a-t-elle fait ? Il y a une complicité quelque part, c’est certain. Elle a dû charger quelqu’un de le surveiller. Sinon comment aurait-elle appris qu’il était avec Sarah à Oran. Et maintenant que va-t-elle faire. Comment saura-t-il affronter sa colère ? Il ne pourra plus cacher son jeu bien longtemps. Que va-t-il se passer ?
    Farid tente de se calmer. Il prit son portable et forme le numéro de Sarah pour la prévenir au cas où Nadjette oserait aller la retrouver.
    La sonnerie retentit un bon moment avant qu’on daigne décrocher. Ce n’était pas Sarah, mais son amie Meriem qui répondit :
    - Oui allo… Ah Farid…
    - Peux-tu me passer Sarah ?
    - Elle dort. On vient de lui injecter un somnifère.
    - Pourquoi ? Elle est malade ?
    - Heu… plus que ça. Tout d’abord elle a découvert qu’elle n’était pas stérile et toute l’histoire montée à ce sujet, ensuite ta femme l’avait appelé pour lui signifier qu’elle n’avait plus qu’à faire ses bagages et à s’en aller si elle n’aimerait pas avoir affaire à elle.
    Farid sentit un froid dans son dos.
    - Ma femme ?
    - Oui…Je veux dire la première… Il paraît qu’elle s’est même présentée à la maison, alors que Sarah était chez le médecin. Tu imagines un peu la tournure des choses pour elle. Recevoir comme cela deux chocs en même temps. Oh !Farid pourquoi as-tu fais cela… Pourquoi n’as-tu pas pris les devants avec ta première femme, et pourquoi es-tu allé jusqu’à tricher, car tu refusais d’avoir des enfants avec Sarah.Tu la connais, elle est très susceptible et sa réaction pourra s’avérer incontrôlée.
    - Mais je n’ai pas triché. Je voulais juste gagner du temps.
    - Mais entre-temps, tu as faits des victimes.
    Farid se sentait de plus en plus mal.
    - Désolé Meriem, mais je vais arranger tout ça avec Sarah. Dis-lui de ne pas s’inquiéter. Je serais à la maison dès demain matin.
    - Je ne pense pas que tu vas trouver qui que ce soit, nous avons décidé de partir très tôt.
    - Où ça ?
    - Sarah veut rentrer chez-elle. Elle veut entamer une procédure de divorce. Je suis désolée de te l’apprendre, mais elle ne veut plus entendre parler de toi.
    Farid pousse un soupir :
    - Demande-lui de me donner une seconde chance, je suis sûr que si elle le veut, nous pourrions redémarrer à zéro. Même que je mettrais les choses au clair avec Nadjette, ma première femme.
    - Que veux-tu que je te dise Farid. Je transmettrai ton message, mais je ne suis pas sûre de la réaction de Sarah. En fin de comptel, tu la connais très mal. Elle t’aimait tellement et la déception a été un choc pour elle.

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  54. Artisans de l'ombre Dit :

    55e partie et fin

    Farid se met à réfléchir rapidement :
    - Meriem, veux-tu me rendre un service ?
    - Dans la mesure du possible.
    - Retiens Sarah près de toi demain matin jusqu’à mon arrivée. Il faut qu’on discute.
    - Je ne te promets rien, mais j’essayerai.
    - Bien. Je compte sur toi.
    Il raccroche et sentit ses yeux se mouiller. Sarah avait découvert la vérité et Nadjette avait découvert Sarah. C’était le bouquet pour ce soir.
    Demain, il va falloir qu’il quitte la maison avant l’arrivée de Nadjette. Sinon, il aura du mal à s’extirper de ses griffes. Son moral ne s’y prêtait nullement. Nadjette était une véritable tigresse et elle ne lâche jamais prise.
    Une idée traverse son esprit. Tiens, pourquoi ne partirait-il pas tout de suite rejoindre Sarah. Il prendra les devants et à son réveil, il saura la calmer. Sarah était moins coriace que Nadjette, et plus tard, il reviendra expliquer à cette dernière que son geste n’était pas anodin. Que son remariage n’était pas un fait du hasard, et que c’était elle-même, avec son caractère acariâtre qui l’avait poussé à fuir vers une autre femme
    Il se rendit dans la chambre de Sofiane et constate que ce dernier dormait à poings fermés. Il sortit alors de la maison et se dirige vers son véhicule. La nuit était bien avancée, la fatigue le taraudait, mais il n’en eut cure. Il va rouler jusqu’au matin pour rejoindre Sarah et lui dire qu’il l’aimait et lui demander pardon.
    Il reprend le volant et se met à rouler à grande vitesse. Il est déjà sur l’autoroute et les phares des véhicules venant en sens inverse l’aidaient à tenir les yeux ouverts. Ses pensées allaient de l’une à l’autre de ses deux femmes.
    Entre Nadjette et Sarah, il y a un monde. Il y a une vie. Il y a 20 ans de vie conjugale avec la première et à peine une année avec la seconde. Mais il aimait Sarah. Nadjette n’était que la mère de ses enfants, et aussi loin que remontent ses souvenirs, il ne se rappelle pas avoir vécu heureux avec elle. Cette femme l’avait réduit à néant. Il ne connaissait plus de chaleur familiale ni de repos auprès d’elle. Chaque fois qu’il retournait vers elle, elle le recevait à coup de remontrances, quand ce n’est pas des scènes violentes qui éclataient entre eux. Pourtant, Dieu seul sait s’il a essayé de remettre les pendules à l’heure. À maintes reprises, et durant toutes ces années, il a essayé de la raisonner. Il a essayé de discuter avec elle afin de trouver un terrain d’entente. En vain. Nadjette ne lâchait pas. Elle avait des principes bien à elle et des opinions très arrêtées. Pour elle, il était le père de ses enfants, avec des obligations envers eux, mais en dehors de ça, rien n’avait plus d’importance. Il était son mari tout au plus, et même dans ce rôle, il se sentait de trop.
    Par contre, Sarah, était tout le contraire. Douce, chaleureuse, avenante, aimante, elle avait su l’attirer et le subjuguer. Elle était belle et captivante, et à chaque fois qu’il allait vers elle, il se sentait revivre. Mais pourquoi a-t-il fallu qu’il refuse de concevoir un enfant avec elle ! Mon Dieu, se dit, Farid, j’aurais dû lui dire la vérité. Lui dire que je ne voulais pas d’enfants, du moins dans l’immédiat, lui expliquer le fond de ma pensée, au lieu de lui mentir et de garder notre mariage secret. J’ai été l’instigateur d’un véritable fiasco dans sa vie. Je ne me le pardonnerai jamais.
    Emporté par ses pensées, Farid conduisait d’une main ferme sur l’autoroute. Il avait de la peine à se concentrer et à garder les yeux ouverts, mais il tenait à arriver le plus tôt possible chez Sarah.
    Il venait de doubler un camion, quand les phares d’un véhicule venant en sens inverse l’aveuglèrent. Il tente de se rabattre sur la droite et donne un coup de volant. La voiture dérape, puis entame une succession de tonneaux, avant de percuter un arbre dont les feuilles jaunâtres s’éparpillèrent telles des mouettes autour du véhicule. Farid suit leur mouvement un moment avant de fermer les yeux pour l’éternité.

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