Par : Yasmine HANANE
On dit que le hasard fait bien les choses. En vérité, la destinée de chaque être humain dans ce monde est tracée bien avant sa naissance. Selon certains, il ne faut jamais forcer le destin, car dans ce cas précis, ce dernier pourrait se retourner contre nous et nous jouer de mauvais tours.
Il faudra donc plutôt s’armer de patience et poursuivre son existence telle qu’elle a été conçue et prévue par notre Créateur.
Dieu offre à chaque créature son lot de souffrances et de bonheur. S’il est écrit que l’on doit souffrir, il est écrit aussi, que des moments de bonheur sont légion, et on ne reconnaît ce bonheur que quand il n’est plus là. On se plaît à dire alors, que nous étions heureux, sans trop le savoir.
Hélas, il faut savoir savourer la vie à sa juste valeur dans le meilleur comme dans le pire.
L’histoire qui va suivre, va nous révéler une facette cachée de notre société. Une facette dont on n’aime pas trop parler, car les tabous sont encore là, pour cacher une réalité pourtant invincible.
On était en pleine saison printanière et la ville baignée de soleil étincelait de mille couleurs. La matinée était déjà avancée, et les gens se bousculaient pour arriver chacun à une destination précise. Ce matin-là Samia, qui venait de se rendre chez sa coiffeuse, s’empresse d’aller acheter quelques gâteaux et des rafraîchissements. C’est que cette journée était bien particulière pour elle. Cet après-midi, on viendra demander sa main et, selon sa mère, le parti semble être des plus prometteurs.
“Un jeune homme bien en tous points, lui avait-elle dit. Tu ne trouveras pas mieux, et puis sa famille est aisée et ses parents semblent être des gens de bonne famille. Une des plus anciennes familles de la région, et dont les ancêtres avaient construit la moitié de la ville.”
Samia n’avait pas voulu trop s’attarder sur le sujet. Pour elle, le mariage n’avait pas de sens, si elle devait partager sa vie avec un homme qu’elle ne pourrait pas aimer. Mais on lui avait dit que l’amour venait après le mariage, et comme elle ne voulait pas contrarier sa maternelle, elle avait consenti à tenter sa chance. De toute manière, elle aura son mot à dire dans toute cette affaire. Si le prétendant n’est pas à son goût, elle n’ira pas par quatre chemins pour le lui faire sentir.
En attendant, il faut savoir recevoir la famille qui se présentera cet après-midi avec art et dans le concept de nos traditions.
La jeune fille pénètre dans une des plus grandes pâtisseries du quartier. Elle choisit des gâteaux aux amandes, des macarons et quelques confiseries aux fruits confits. Puis passe à la caisse, les bras chargés de boîtes.
Au même instant, un jeune homme se place derrière elle. Elle eu un mouvement de recul pour retenir une boîte qui menaçait de tomber et en se retournant, elle se retrouve plaquée contre le jeune homme qui, sans crier gare, brandit sa boîte de pâtisserie en bouclier et les gâteaux s’écrasèrent contre les cheveux et la robe de Samia qui, horrifiée, laisse tomber ses achats.
Le jeune homme était confus et se répandit en excuses.
- Désolé, vraiment, mademoiselle. Laissez-moi vous aider.
Il l’aide à se relever et lui tendit un mouchoir pour essuyer son visage plein de crème.
Un groupe s’était formé autour d’eux et chacun tente tant bien que mal de minimiser l’incident.
Le jeune homme ramasse les nombreuses boîtes éparpillées et les replace tant bien que mal sur les bras de la jeune fille.
- J’espère qu’il n’y a pas trop de dégâts.
- C’est… ce sont des gâteaux secs, lance Samia, sans trop savoir quoi dire. Je crois que les dommages sont minimes.
- Excusez-moi, je suis vraiment désolé…
- Heu… non, non, c’est plutôt moi qui vous dois des excuses. J’ai dû reculer et vous étiez juste derrière moi.






5 mai 2012
EXTRAITS, Yasmina Hanane