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La nouvelle de Yasmina Hanane Maya

5 mai 2012

EXTRAITS, Yasmina Hanane

 

Par : Yasmine HANANELa nouvelle de Yasmina Hanane     Maya dans EXTRAITS 1366_200_150

 

On dit que le hasard fait bien les choses. En vérité, la destinée de chaque être humain dans ce monde est tracée bien avant sa naissance. Selon certains, il ne faut jamais forcer le destin, car dans ce cas précis, ce dernier pourrait se retourner contre nous et nous jouer de mauvais tours. 
Il faudra donc plutôt s’armer de patience et poursuivre son existence telle qu’elle a été conçue et prévue par notre Créateur.
Dieu offre à chaque créature son lot de souffrances et de bonheur. S’il est écrit que l’on doit souffrir, il est écrit aussi, que des moments de bonheur sont légion, et on ne reconnaît ce bonheur que quand il n’est plus là. On se plaît à dire alors, que nous étions heureux, sans trop le savoir.
Hélas, il faut savoir savourer la vie à sa juste valeur dans le meilleur comme dans le pire.
L’histoire qui va suivre, va nous révéler une facette cachée de notre société. Une facette dont on n’aime pas trop parler, car les tabous sont encore là, pour cacher une réalité pourtant invincible.
On était en pleine saison printanière et la ville baignée de soleil étincelait de mille couleurs. La matinée était déjà avancée, et les gens se bousculaient pour arriver chacun à une destination précise. Ce matin-là Samia, qui venait de se rendre chez sa coiffeuse, s’empresse d’aller acheter quelques gâteaux et des rafraîchissements. C’est que cette journée était bien particulière pour elle. Cet après-midi, on viendra demander sa main et, selon sa mère, le parti semble être des plus prometteurs.
“Un jeune homme bien en tous points, lui avait-elle dit. Tu ne trouveras pas mieux, et puis sa famille est aisée et ses parents semblent être des gens de bonne famille. Une des plus anciennes familles de la région, et dont les ancêtres avaient construit la moitié de la ville.”
Samia n’avait pas voulu trop s’attarder sur le sujet. Pour elle, le mariage n’avait pas de sens, si elle devait partager sa vie avec un homme qu’elle ne pourrait pas aimer. Mais on lui avait dit que l’amour venait après le mariage, et comme elle ne voulait pas contrarier sa maternelle, elle avait consenti à tenter sa chance. De toute manière, elle aura son mot à dire dans toute cette affaire. Si le prétendant n’est pas à son goût, elle n’ira pas par quatre chemins pour le lui faire sentir.
En attendant, il faut savoir recevoir la famille qui se présentera cet après-midi avec art et dans le concept de nos traditions.
La jeune fille pénètre dans une des plus grandes pâtisseries du quartier. Elle choisit des gâteaux aux amandes, des macarons et quelques confiseries aux fruits confits. Puis passe à la caisse, les bras chargés de boîtes.
Au même instant, un jeune homme se place derrière elle. Elle eu un mouvement de recul pour retenir une boîte qui menaçait de tomber et en se retournant, elle se retrouve plaquée contre le jeune homme qui, sans crier gare, brandit sa boîte de pâtisserie en bouclier et les gâteaux s’écrasèrent contre les cheveux et la robe de Samia qui, horrifiée, laisse tomber ses achats.
Le jeune homme était confus et se répandit en excuses.
- Désolé, vraiment, mademoiselle. Laissez-moi vous aider.
Il l’aide à se relever  et lui tendit un mouchoir pour essuyer son visage plein de crème.
Un groupe s’était formé autour d’eux et chacun tente tant bien que mal de minimiser l’incident.
Le jeune homme ramasse les nombreuses boîtes éparpillées et les replace tant bien que mal sur les bras de la jeune fille.
-  J’espère qu’il n’y a pas trop de dégâts.
-  C’est… ce sont des gâteaux secs, lance Samia, sans trop savoir quoi dire. Je crois que les dommages sont minimes.
-  Excusez-moi, je suis vraiment désolé…
- Heu… non, non, c’est plutôt moi qui vous dois des excuses. J’ai dû reculer et vous étiez juste derrière moi.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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7 Réponses à “La nouvelle de Yasmina Hanane Maya”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    2eme partie

    Le jeune homme la regarde un moment, puis se met franchement à rire.
    - Pourquoi riez-vous ? lui lance Samia outrée.
    Le jeune homme lui relève une mèche pleine de sucre qui collait à son front et répondit toujours en riant :
    - Vous êtes toute en sucre et en crème. Vous ressemblez à une poupée de sucre. Vos cheveux sont tout blanc devant, vous avez encore de la crème sur vos joues et votre robe est toute imprégnée de gras.
    - Oh ! Ma jolie robe ! S’écrie Samia, en réalisant qu’elle devait ressembler à un polichinelle. Elle est toute neuve.
    - Cela ne fait rien, répondit le jeune homme. Vous habitez loin d’ici ?
    - Non, juste à côté, à deux pâtés de maisons. Pourquoi ?
    - Je vais vous déposer. Allez, ne vous formalisez pas.
    - Mais, non, je ne veux pas que vous me déposiez. Je vais payer mes gâteaux et rentrer, c’est juste à côté.
    - Mais, regardez-vous donc. Comment allez-vous faire pour traverser le quartier dans cet état ?
    Samia jette un coup d’œil au miroir derrière la caisse et constate que le jeune homme avait raison. Ses cheveux qu’elle venait de coiffer n’avaient plus rien d’attirant et sa robe était toute tachée, tandis que son visage portait encore les traces de crème et de sucre fondu.
    - Ne soyez donc pas ridicule. Je vais vous déposer juste devant votre immeuble.
    - Mais je ne vous connais pas…
    - Je ne vous demande pas de me connaître, je veux vous aider c’est tout.
    Samia ose regarder le jeune homme en face d’elle. Elle relève les yeux et eut un pincement au cœur. L’homme ressemblait à un dieu grec. Il était grand, fort et très beau. Un beau brin d’homme, se dit-elle. Dommage qu’elle recevait le jour même une demande en mariage, sinon, peut-être qu’elle aurait tenté de le séduire. Elle rit intérieurement, et répondit d’une voix plus calme :
    - D’accord, si vous y tenez. Mais laissez-moi tout d’abord payer mes emplettes.
    - À votre guise. Moi, de mon côté, je vais prendre une autre tarte, puisque la première vous l’avez déjà dévorée.
    Il lui fait un clin d’œil malicieux, et Samia se surprend à lui sourire. Mais que lui arrive-t-il donc ? se demande-t-elle.
    Quelques instants plus tard, elle se retrouve assise à l’avant d’un véhicule luxueux et sans trop savoir pourquoi, elle souhaite au fond d’elle-même que le temps s’arrête et que le jeune homme, comme dans les contes de fées, l’emmène loin de ces lieux, vers un endroit paradisiaque dont seuls les amoureux connaissent l’existence.
    - Alors, mademoiselle, vous habitez où exactement ?
    La remarque la tire de ses rêves et elle se rendit compte que l’immeuble où elle habitait n’était plus très loin.
    - Là, là, juste en face.
    Le jeune homme s’arrête à l’endroit indiqué et descendit du véhicule pour aider Samia. Il lui prend les paquets des mains et maintient la portière ouverte :
    - Vous devriez prendre un bain. Ah ! Ah ! Ah ! Dire que tout à l’heure vos cheveux brillaient.
    - Je venais juste de me coiffer.
    - Oui, cela se voyait. Dommage, mais ce n’est rien. C‘est des incidents sans gravité qui peuvent arriver aux plus avisés.

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    3eme partie

    3eSamia lui prend les paquets des mains et le remercie :
    - Je suis désolée moi aussi pour votre gâteau.
    Le jeune homme hausse les épaules.
    - Je me suis tiré sans trop de dégâts moi. Ma tenue est impeccable.
    Samia sourit.
    - Oui. Par contre la mienne…
    - Cela ne se voit pas trop. Voyons, une belle femme comme vous peut parfois se négliger. Mais rien ne change dans son apparence, sa beauté l’emporte sur le reste.
    La jeune femme rougit :
    - C’est que…
    - Oui ?
    - C’est qu’on vient demander ma main aujourd’hui même.
    Le jeune homme demeure perplexe un moment puis lance :
    - Sans blague ?
    - Je n’ai pas envie de blaguer, Monsieur.
    - Djamel. Je m’appelle Djamel.
    - Moi, c’est Samia..
    - Alors, Samia, ce n’est pas une blague cette demande en mariage ?
    - Mais non. Je vous assure. Pourquoi doutez-vous donc de mes dires ?
    Le jeune homme se gratte la tête un moment puis répondit :
    - C’est que moi aussi je me retrouve dans la même situation. Cet après-midi, je dois me rendre avec mes parents pour demander la main d’une fille.
    - Vous la connaissez ? demande Samia à brûle-pourpoint.
    - Non, hélas. Mais comme mes parents insistent pour aller la voir, je n’ai pas su refuser. Cela ne veut pas dire que je suis consentant.
    - Eh bien, moi non plus.
    - Pardon ?
    - Je veux dire que moi aussi, ne connaissant pas le jeune homme, je ne vais pas me prononcer de si tôt pour accorder ma main. Mais un premier contact renseigne parfois sur bien des choses.
    - Tout à fait.
    - Eh bien, il ne reste plus qu’à nous souhaiter bonne chance.
    - Entre nous, lance Djamel, je… Je ne suis pas sûr d’accepter.
    - Pourquoi donc ? Attendez au moins de voir cette fille.
    - Je n’en ai plus envie.
    Il la détaille un moment, puis poursuit.
    - Je suis certain qu’elle n’est pas aussi belle que vous.
    Samia porte la main à ses cheveux encore pleins de sucre et répondit en rougissant :
    - Dans l’état où je suis, je n’ai rien d’une beauté.
    - Vous êtes très belle, Samia.
    Elle rougit encore et lance d’une voix à peine audible :
    - Vous aussi, vous êtes très beau Djamel.

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    4eme partie

    Un coup de klaxon les fera revenir sur terre.
    - Excusez-moi, mais je dois rentrer.
    - Je vais vous aider à transporter vos paquets.
    - Non, Euh… comprenez-moi, quelqu’un risque de nous voir.
    - Je comprends.
    - Merci pour tout.
    - Tout le plaisir est pour moi. Et bonne chance pour cet après-midi !
    - À vous aussi.
    La jeune fille s’éloigne et Djamel démarre en trombe. Il avait les idées embrouillées et eut du mal à se concentrer sur la conduite.
    Cette fille lui plaisait. Au premier coup d’œil, elle l’avait subjugué. Mais, comme parfois le hasard joue de mauvais tours, il se trouve que tous les deux avaient déjà le même jour des projets de mariage.
    Djamel appuie sur l’accélérateur. Non, cet après-midi, il dira textuellement à sa mère qu’il n’a aucune intention de se marier pour le moment. Même si la fille s’avère être la perle rare, dont sa maternelle n’a cessé de faire l’éloge. “Une fille bien comme il faut, lui avait-elle assuré. Belle, intelligente, et sa famille est connue. Tu ne trouveras pas mieux. »
    Il met de la musique. Mais son esprit était ailleurs. Il voguait vers cette jeune fille qu’il venait à peine de rencontrer et qu’il ne connaissait même pas. Pourtant, au premier regard, quelque chose avait vibré en lui. Même avec toute cette crème sur le visage, la jeune fille dégageait un charme fou. Il soupire. Ah ! comme parfois le hasard est cruel. Pourquoi n’ai-je pas rencontré cette fille hier ou la semaine dernière ? Se demande-t-il.

    Djamel arrive bientôt devant la villa de ses parents. Il avait oublié d’acheter le bouquet de fleurs, et à peine rentré, sa mère lui en fit la remarque.
    - Tu as oublié les fleurs !
    - Ah, c’est vrai mère ! Où avais-je donc l’esprit ? répondit-il, tout en se mordillant les lèvres. Son esprit était avec Samia, pardi !
    - J’espère que la tarte est assez bien présentée.
    - Je l’ai achetée chez le plus grand pâtissier de la ville.
    - Bien, mais n’oublie pas le bouquet de fleurs. Nous l’achèterons tout à l’heure juste avant de nous rendre chez la famille de la jeune promise.
    - Jeune promise. Déjà ma mère lui donne le titre de jeune promise.Je vois qu’elle a déjà tranché dans l’affaire pour elle-même, mais moi, je n’ai pas encore dit mon dernier mot.
    Son père vint le retrouver au salon, où ils prirent ensemble un café, avant d’aller se préparer pour se rendre chez la famille de la future mariée. Entre temps, Samia, qui était rentrée chez elle sa robe toute chiffonnée et sa tête encore toute sucrée, se surprit à sourire devant la glace de l’entrée. “Il est vrai que je ressemble à une poupée de sucre”, se dit-elle, en repensant aux dires du jeune homme qui venait juste de la déposer. Elle cesse de sourire et se met à penser à lui. “Mon Dieu, comme il est beau !” se dit-elle. Beau, gentil, galant. Il paraît bien à tout point de vue. Elle se rendit dans la cuisine où sa mère préparait le déjeuner et déposa ses paquets sur la table. Sa génitrice la dévisage un moment bouche bée.
    - Que t’est-il donc arrivé, Samia ? Tes cheveux sont pleins de sucre et ta jolie robe est toute sale.
    - Je sais, mère. Il m’est arrivé un petit incident dans la pâtisserie où je me suis rendue pour acheter les gâteaux.
    Samia se met à raconter à sa maternelle comment elle s’est retrouvée prise entre les gâteaux et le jeune homme qui était juste derrière elle.
    - Un très bel homme, n’omit-elle pas de préciser.
    Sa mère lui jette un regard de reproche.
    - N’oublie pas qu’on vient demander ta main cet après-midi.
    - Hélas ! lance Samia d’un air navré en se dirigeant vers la salle de bains.

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    5eme partie

    Elle ne cesse de repenser au jeune homme qui l’avait gentiment déposée et qu’elle trouvait bien sur tous les plans. Dommage qu’elle recevait le jour même une demande en mariage.
    Sa mère la suit un moment du regard.
    “J’espère qu’elle ne va pas commettre la bêtise de refuser un tel parti”, se dit-elle.
    Samia avait pris un bain et s’était recoiffée. Elle avait choisi de porter aussi pour la circonstance un joli kaftan, que son père lui avait offert pour son anniversaire.
    Un léger maquillage vint compléter le reste et elle se parfume devant sa coiffeuse toute en contemplant sa silhouette.
    “Je crois que ça ira ainsi, se dit-elle. Oh ! je me donne tant de mal pour rien, finalement je ne suis pas sûre d’accepter cette demande. Quel que soit ce jeune homme, je suis certaine qu’il n’est pas aussi beau que Djamel.”
    Elle ferme les yeux et se remet à penser à la rencontre de la matinée. Elle ira même jusqu’à s’imaginer en robe de mariée au bras de cet homme.
    La sonnerie de la porte la tire de son rêve. Elle entend sa mère souhaiter la bienvenue. La famille du prétendant est ponctuelle. Samia jette un coup d’œil à son réveil-matin : 16h30.
    “Ils doivent être très pointilleux dans leurs engagements », se dit-elle
    Elle entend des éclats de voix et des rires. Ses parents les ont sûrement introduits au salon et elle attendra le moment opportun pour aller leur servir des rafraîchissements.
    Comme elle hésitait encore à sortir de sa chambre, sa sœur aînée Nadjette vint la retrouver.
    - Alors, prête ?
    - Hum… Je ne sais pas trop.
    - Tourne-toi un peu que je te vois mieux.
    Samia se met à tournoyer sur elle-même.
    - Tu me vois comment ?
    - Ravissante.
    - Tu.. tu…
    - Je quoi ?
    - Je crois que j’ai le trac, Nadjette.
    - Rien de plus normal pour une fille qu’on vient demander en mariage.
    - C’est que je ne connais même pas le jeune prétendant…
    Nadjette sourit.
    - Si cela peut te rassurer, il est d’une beauté à couper le souffle.
    - Ah ! Tu l’as donc vu ?
    - Bien sûr, il est au salon avec ses parents et les nôtres. Et sans trop vouloir lui jeter des fleurs, sa famille semble être des mieux loties en tous points.
    Samia se mordit encore une fois les lèvres.
    - Il ne doit pas être plus beau que Djamel.
    - Djamel ? Qui est donc Djamel ?
    - Eh bien, quelqu’un que j’ai rencontré ce matin.
    Nadjette s’affole :
    - Tu plaisantes, petite sœur. Tu rencontres un inconnu dans la rue et tu…
    - Non, ce n’est pas un inconnu. Enfin si, je veux dire non, c’est un charmant jeune homme qui m’a aidé lorsque j’ai écrasé ses gâteaux en laissant tomber mes gâteaux. Il m’a aidé à…
    - Je n’ai rien compris à ton dialogue de folle. Samia prend conscience de ta situation. On vient demander ta main et tu dois te conduire comme une fille bien élevée et de bonne famille.

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    6eme partie

    Samia pousse un long soupir.
    - Oui, je sais. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai passé une demi-journée devant ma glace.
    - Tu es magnifique, allez, suis-moi, j’ai déjà préparé le plateau de boissons que tu vas servir.
    - Je ne sais pas si je vais tenir le coup. Mes mains tremblent et mes jambes menacent de me lâcher.
    Nadjette sourit.
    - Ne t’en fais donc pas, je serai derrière toi pour te retenir en cas d’urgence.
    Elles rirent et sortirent de la chambre pour se rendre dans la cuisine, où un plateau de rafraîchissements et de gâteaux était prêt à être servi. Samia s’en empare et se dirige d’un pas lent vers le salon. Elle entendit nettement la voix de son père qui parlait de sport et celle de sa mère qui discutait sans discontinuer avec la future belle-mère.
    Samia fit son entrée d’un pas hésitant. Ses joues prirent une couleur pourpre, et elle n’osa pas relever les yeux.
    - Allez, secoue-toi, lui chuchote Nadjette à son oreille. Ne sois surtout pas timide, relève la tête ton homme est juste en face de toi.
    Samia avance de quelques pas et dépose le plateau sur la petite table du salon. Elle s’apprêtait à souhaiter la bienvenue à sa future belle-mère qui s’était levée à son entrée et son regard croisa celui de son prétendant.
    Pendant quelques secondes son cerveau refusa de fonctionner. Elle suspendit son geste et demeura perplexe un moment. Non ! Elle doit rêver. Ce n’est pas possible ! Le bel homme qui lui faisait face ne devait pas être ce prétendant qu’elle appréhendait quelques instants plus tôt de rencontrer. Le jeune homme de son côté avait l’air des plus surpris. Ses yeux semblaient vouloir sortir de leurs orbites et la couleur de son visage avait viré au rouge. Nadjette pince discrètement sa sœur et lui chuchote à l’oreille :
    - Qu’attends-tu pour embrasser ta belle-mère et souhaiter la bienvenue à ton beau-père et à ton futur fiancé.
    Samia se reprend vite et s’exécute. Elle embrasse sa future belle-mère et tendit la main à son futur beau-père, puis à son prétendant.
    - Viens t’asseoir auprès de moi, lui dit la vieille dame, tu es tellement belle ma chère fille, que je ne cesserais jamais de te contempler. N’est-ce pas mon fils ?
    Le jeune homme, qui avait l’air plus mort que vif, hoche la tête sans pouvoir prononcer un mot.
    - Mais qu’attends-tu donc Omar pour faire ta demande dans les normes de nos coutumes, lance la vieille femme à l’adresse de son mari cette fois-ci.
    Le vieil homme toussote, s’agite, puis serrant ses mains l’une contre l’autre, s’adresse au père de Samia :
    - Voilà, chers amis, nous sommes venus, aujourd’hui, avec la volonté de Dieu et de son Prophète, demander la main de votre fille Samia pour notre fils.
    - Attends ! Attends ! l’interrompt la vieille femme, tu devrais tout d’abord te présenter et présenter notre famille, mon cher mari. Ces braves gens ne nous connaissent pas encore.
    - Hum… oui… Si cela devait se faire au début, je ne le savais pas moi. C’est notre fils unique, et c’est la première demande en mariage que je parraine.

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    7eme partie

    Il s’essuie le visage avec un mouchoir et reprend :
    - Voilà, notre famille est bien connue dans la région. C’est la Famille F., dont vous avez sûrement entendu parler.
    Les parents de Samia hochèrent la tête simultanément.
    - C’est l’une des plus grandes familles que nous connaissons, lance la mère de Samia. Et nous ne doutons point de votre noblesse.
    - Nous non plus, nous ne doutons point de la vôtre. Vous êtes aussi une des familles les plus anciennes, et les racines familiales sont très importantes pour une famille comme la nôtre, répondit la mère du prétendant.
    - Vos intentions à notre encontre sont des plus honorables, et nous sommes heureux de vous accueillir, soyez les bienvenus.
    - Tout le plaisir est pour nous.
    - Hum… reprend le vieil homme, si vous permettez maintenant que je fasse ma demande dans les règles de l’art.
    - Bien sûr, mon cher ami, ne te formalise surtout pas. Nous formons déjà presque une même famille, répondit le père de Samia, en lançant à sa fille un regard plein de sous-entendus.
    - Eh bien, pour commencer, votre fille est une vraie beauté. Nous sommes heureux de demander sa main pour notre fils. Bien sûr la dernière parole reviendra aux deux concernés, mais, nous, leurs parents, sommes déjà bien consciencieux de notre choix et nous serons heureux d’accueillir votre fille Samia dans notre famille. À votre tour de poser vos conditions.
    Les parents de Samia, comme de coutume, n’osèrent pas se prononcer rapidement, mais son père se sentit tout de même dans l’obligation de répondre.
    - Nous n’avons aucune condition à poser. La noblesse de votre famille nous a déjà largement renseigné sur vous. Et votre fils, au fait, que fait-il dans la vie ?
    - Il vient de terminer des études approfondies à l’étranger. Nous sommes très fiers de lui. Il a commencé une belle carrière d’informaticien et compte s’installer bientôt à son compte. N’est-ce pas Djamel ?
    Le jeune homme hoche la tête, mais il avait encore un air abasourdi qui intrigua son père.
    - Parfait, dit le père de Samia. Notre fille a fait de bonnes études et travaille aujourd’hui dans une banque.
    - Nous le savions déjà, lance la future belle-mère. Mais ce que nous ne savions pas, c’est qu’elle est aussi belle qu’un clair de lune. Les gens qui nous ont orienté vers vous ne se sont pas trompés en faisant ses éloges.
    - Consentez-vous à accorder la main de votre fille Samia à notre fils Djamel ? demande le futur beau-père.
    Les parents de Samia se turent un moment par modestie. Mais pour eux, il était clair que leur fille ne trouvera pas meilleur parti. Le père après un temps lance :
    - Bien sûr, si Dieu le veut, et par sa volonté et celle de son Prophète Mohamed, nous estimons que notre fille ne peut trouver mieux qu’une famille comme la vôtre, mais comme vous l’avez déjà précisé le dernier mot appartient aux futurs mariés.
    Tous les regards bifurquèrent vers Samia et Djamel. Ces derniers osèrent enfin se regarder en face et Djamel esquisse un sourire.
    - Dois-je comprendre par ton silence, ma fille, que tu es consentante ? demande le père de Samia.

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    8eme partie

    Samia rougit et sa mère vient à son secours :
    - Laisse-lui le temps de réfléchir. C’est une décision importante dans sa vie. Je pense que dans de telles circonstances, il faut toujours aller doucement et sûrement, n’est-ce pas ?
    - Oh oui, reprend la mère de Djamel. Mais je crois que les jeux sont déjà faits. Si le mektoub nous a orientés chez vous, c’est que quelque part, la décision a déjà été prise par la providence.
    - Samia, sers les boissons, et surtout ne sois pas timide, ces gens sont presque déjà les tiens.
    Tout le monde rit. Djamel semblait heureux et Samia encore plus. Qui aurait prédit quelques heures plus tôt que l’homme pour lequel son cœur avait vibré à la première minute serait là dans leur salon pour demander sa main.
    Elle se lève d’un air réservé tout de même, un peu intimidée, et se met à verser les boissons dans les verres, avant de servir d’abord sa future belle-mère, puis son futur beau-père, ses parents, et enfin Djamel. Ce dernier lui prend le verre des mains et lui lance le même regard malicieux que celui de ce matin. Samia rougit et esquisse un léger sourire.
    - Quel coïncidence ! Je n’aurais jamais cru que la poupée de sucre de ce matin serait ma future femme, murmure Djamel.
    Future femme ! Il a dit future femme !
    Samia sentit ses jambes trembler. Elle revint s’asseoir auprès de sa belle-mère. Cela voulait dire… Cela voulait dire que cet homme va devenir son mari. Un aussi bel homme !
    Elle ferme les yeux et revoit le rêve de ce matin. Elle portera une longue robe de mariée avec une longue traîne et un diadème sur la tête. Elle ressemblera à une princesse des Mille et une nuits, que le prince viendra chercher.
    Un bras la secoue. C’était sa sœur Nadjette.
    - Tu t’endors ou quoi ?
    - Je réfléchissais.
    - Tu auras tout le temps de réfléchir plus tard. Cet homme te plaît-il ?
    Samia ébauche un sourire. Quelle question ! Cet homme plaira à la plus réticente des femmes.
    - J’ai compris à ton air heureux que tu va enfin te décider à te caser. Il était temps pour toi. N’avais-je pas raison tout à l’heure de te dire que cet homme était d’une beauté à couper le souffle.
    - Oui. C’est le même homme…
    - Le même homme ?
    - Oui. L’homme dont je t’ai parlé tout à l’heure.
    - Je ne comprends pas.
    - Enfin, je te raconterai plus tard. Mais lui, c’est Djamel. C’est…
    Elle s’arrête net et regarde sa sœur.
    - Nadjette, tu imagines que cet homme est mon futur mari !

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