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La nouvelle de Adila Katia C’est arrivé sur le Net

6 mai 2012

Adila Katia, EXTRAITS

 

Par : Adila KATIALa nouvelle de Adila Katia     C’est arrivé sur le Net dans Adila Katia 779_135_180

LA RENCONTRE ENTRE DEUX CŒURS

1re partie
Souhila ferme le journal et médite sur l’article qu’elle a lu plusieurs fois. Il parle d’alphabétisation. Elle imagine son village, tout près de Tizi Ouzou, ouvrir une classe, pour accueillir toutes celles qui auraient envie d’apprendre à lire et à écrire. 
- Il n’y a pas d’âge pour apprendre, dit-elle à sa collègue qui est en train de vérifier le magasin. Le correspondant de la région, la met-elle au courant, parle d’accueillir les femmes au foyer qui voudraient apprendre à lire et à écrire. On pourrait y inscrire nos mères !
Aziza  éclate de rire. Leurs mères se connaissent et leur passe-temps favori : médire sur les voisins, surveiller depuis les balcons ce que les gens font. Elles ont toujours quelque chose à dire. En bien, en mal. Elles ne sont jamais en panne de sujets croustillants.
- Je les voie mal se concentrer sur leurs livres ou leurs cahiers. Ce sera l’occasion, pour elles, de rencontrer d’autres mégères et elles troubleront les cours ! Même s’il y en a une qui voudra réellement apprendre, elles ne la laisseront pas.
- Mais elles vont respecter l’enseignante !
Aziza secoue la tête.
- La première qu’elles détourneront de sa mission, c’est bien elle. Sinon elles ne pourront pas bouger et s’occuper des autres.
- Tu crois vraiment qu’elles oseraient ?
- Souhila, ma chère, c’est à croire que tu ne les connais pas, dit Aziza, très sérieuse. Elles excellent dans leur domaine. Même si elles s’appliquent à écrire et à lire, elles ne rateront rien. Crois-moi, on ferait bien de ne pas leur en parler.
- Moi, malgré ce défaut, je suis tentée de mettre ma mère à l’école. Cela l’occupera. Elle n’aura plus le temps de jaser. Aziza hausse l’épaule. Elle range le cahier du magasin. Les deux amies ont ouvert une pâtisserie. Elles se sont spécialisées dans les gâteaux de fête. Cela leur rapporte beaucoup car elles ne chôment pas. Même en hiver, elles travaillent. Il y a toujours des clients qui organisent des réceptions, de dernière minute et c’est à elles qu’ils confient le soin de préparer les gâteaux orientaux et les pâtisseries. Leur sérieux et la qualité ont fait qu’elles ont une bonne réputation.
- Il faudra acheter…
Aziza fait la liste de ce qu’il manquera en magasin.
- Il faudra que ton père vienne avec nous. On mettra les achats dans sa fourgonnette.
- Je lui dirais, dit Souhila. On programme ça pour demain matin. Huit heures, c’est bon ?
- Tu partiras avec ton père pendant que j’assurerai l’ouverture de la pâtisserie, dit Aziza.
- Bien.
Il est près de dix-neuf heures lorsqu’elles décident de fermer. Il ne reste plus de gâteaux. Elles rentrent ensemble. Souhila pouffe de rire en voyant leurs mères aux balcons qu’un seul mur sépare.
- Qu’est-ce qu’elles peuvent encore se dire ? demande Aziza en soupirant.
- Elles profitent de l’air frais, répond Souhila, plus tolérante. Elles ne font rien d’autre…

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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55 Réponses à “La nouvelle de Adila Katia C’est arrivé sur le Net”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    2e partie

    LA RENCONTRE ENTRE DEUX CŒURS

    -Bonsoir yemma. Souhila n’a pas à frapper. Sa mère a déjà ouvert la porte d’entrée. Aziza passe lui souhaiter le bonsoir. Elle refuse d’entrer.
    - Une autre fois khalti.
    Souhila ferme la porte derrière elle. Elle se rend à la cuisine, pour y déposer un sac de petits pains.
    - J’ai du café, propose sa mère Houria. Je te sers une tasse ?
    - Non. J’ai eu ma dose de caféine, répond-elle en retirant ses chaussures plates. Papa est là ?
    - À la terrasse du café, lui dit-elle. Il doit jouer aux dominos.
    - Depuis qu’il est à la retraite, c’est devenu son jeu préféré.
    - C’est mieux que les cartes…
    - Salah est là ?
    - Je crois qu’il est encore dans sa chambre, répond la mère. Tu as besoin de lui ?
    - Oui et non…
    En fait, elle veut voir s’il est en train de réviser ses cours d’italien ou s’il est connecté. Depuis qu’ils ont une connexion Internet, il discute souvent avec des amis. Quand il n’a pas de recherche à faire.
    Souhila frappe doucement à la porte tout en ouvrant. Son frère se tourne en souriant.
    - Salut.
    - Salut. Qu’est-ce que tu fais de bon ? lui demande-t-elle en s’asseyant sur le bord du lit, près du bureau où il travaille.
    - Je me prépare à mes examens, répond-il en se levant de son siège. Je sais. Tu veux te connecter ?
    Souhila sourit, un peu gênée.
    - Juste cinq minutes. Après je vais aider maman, à la cuisine.
    - Prends ton temps. Je vais au salon.
    Souhila allume le pc et se connecte tout de suite. Elle est bien déçue. Son contact n’est pas en ligne. Pourtant, d’habitude, à cette heure-ci, il l’attend.
    Elle lui écrit un message, lui disant qu’elle l’attendrait vers vingt-deux heures. Puis elle éteint.
    Elle se rend à sa chambre et se change avant de rejoindre sa mère, à la cuisine.
    Elle l’aide à préparer le dîner puis cherche de quoi s’occuper. Elle trouve le temps long.
    Quand elle est à la pâtisserie, elle n’a pas le temps de penser à lui. Mais une fois, à la maison, elle n’a qu’une envie : le retrouver sur Internet. Il lui manque. Elle se sent si bien avec lui…

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    CHAPITRE PREMIER

    LA RENCONTRE ENTRE DEUX CŒURS

    Tu ne cesses de regarder ta montre, remarque Houria.
    Souhila sourit tout en débarrassant la table.
    - Il n’y a pas un nouveau feuilleton, ce soir ?
    La mère secoue la tête.
    - Pas que je sache ! Mais si tu veux, lui propose-t-elle. Je te raconte comment la fille du directeur a…
    - Non, yemma ! Je ne veux pas savoir !
    - Si, elle fait un prêt afin d’acheter une voiture !
    - Tu voudrais que j’en fasse autant ? demande la jeune fille.
    - Pourquoi pas ?
    Mais Souhila n’en voit pas l’utilité. La pâtisserie est située dans leur quartier et lorsqu’elles doivent s’approvisionner, elles font appel à son père. Il a une petite fourgonnette qu’il loue à un garçon, les jours de semaine. Salah n’a pas encore son permis alors personne ne l’autorise à prendre le volant, même s’il a appris à conduire auprès de ses copains.
    - Je préfère économiser. Je voudrais bien partir à Paris, lui confie-t-elle. Ou à Venise.
    - Je ne crois pas que ton père te laisse, réplique Houria.
    - Même Aziza veut s’y rendre ! On partira ensemble.
    - Pour des vacances ou pour toujours ?
    Souhila hausse l’épaule.
    - Pour des vacances, la rassure-t-elle.
    - Peut-être que tu te trouveras un Roméo, là-bas !
    - Si j’avais voulu me marier, ce serait fait.
    Houria manque de se fâcher.
    - À cause de toi, mon frère et mon neveu ne me parlent plus, lui rappelle-t-elle. Comme si tu allais trouver meilleur parti que mon neveu !
    _ Je ne veux pas vivre au bled, réplique Souhila.
    - Djamel t’aurait emmenée vivre en ville, affirme la mère. Il t’adore.
    - Et moi pas ! Mais même s’il “m’adore” ton frère n’aurait jamais accepté de le laisser vivre, loin d’eux. Et puis, ajoute la jeune fille, il n’a pas les moyens. Ni de louer ni d’acheter.
    - Tu ne lui as pas donné une seule chance, lui reproche Houria. Je verrais bien sur quel numéro tu vas tomber !
    Souhila regarde de nouveau sa montre et comme il reste une bonne heure avant son rendez-vous, elle chasse sa mère de la cuisine. Elle la nettoie puis rince le sol. Elle est si prise dans le ménage qu’elle en a oublié l’heure. Lorsqu’elle s’en rend compte, elle se presse d’en finir. Ses parents sont dans leur chambre où ils regardent la télé. Une fois les mains lavées, elle entre dans la chambre de son frère. Ce dernier est allongé un livre, à la main.
    - Si tu n’as pas besoin du micro ?
    - Non, c’est bon ! Vas-y…
    Elle s’assoie et tourne l’écran du micro, pour qu’il ne voie rien. Elle allume et se connecte. Elle a presque envie de crier de joie, en voyant son contact. Il l’attend depuis un moment. Il lui envoie un émoticône. Il est furieux. Souhila sourit…

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    4e partie

    CHAPITRE PREMIER

    LA RENCONTRE ENTRE DEUX CŒURS

    “Je suis là, écrit elle. Je m’excuse pour le retard.”
    Elle s’efforce à ne pas sourire, ne voulant pas attirer l’attention de son frère. S’il se doute qu’elle a un ami, sur Internet, il prendra plaisir à la taquiner du matin au soir.
    Elle n’y tient pas.
    - Tu postes une nouvelle recette ?
    - Oui, ment-elle.
    En fait, Souhila et Aziza ont un blog de cuisine et il est souvent consulté par des internautes. Des femmes, des hommes à la recherche d’un gâteau ou d’un dessert facile à préparer.
    - Si tu as envie de dormir, dit-elle à son frère en le voyant fermer son livre, j’éteins, propose-t-elle.
    - Non, reste… Je vais au salon, répond-il. Quand tu finis, fais-moi signe !
    - Merci !
    Elle attend que Salah ait fermé la porte, pour brancher le casque. Elle devra chuchoter pour ne pas être entendue. Enfin, si c’est inaudible, elle pourra toujours envoyer des messages.
    - Bonsoir.
    - Je ne me lasserais jamais d’entendre ta voix, dit son contact. Je pourrais passer des heures, à t’écouter… si tu n’es pas trop fatiguée, on discute jusqu’au matin !
    - Apparemment tu ne travailles pas ?
    - Si… Alors que dis-tu de ma proposition ?
    - Juste une petite heure, répond-elle. Après, je dois dormir… Je me lève tôt, lui rappelle-t-elle.
    - Souhila, c’est ton prénom ?
    - Oui. Mais toi, tu portes un pseudonyme et je voudrais bien connaître ton prénom ?
    - Merlin… Fais un vœu et je l’exaucerais !
    - Dis-moi ton prénom !
    - Amine.
    - Amine ?
    - Oui. Pourquoi en doutes-tu ? l’interroge-t-il tout en branchant sa caméra. Tu veux me voir ?
    - Oui.
    Ce ne sera pas la première fois qu’elle le verra.
    Il apparaît. Le pull bleu va bien avec la couleur de ses yeux. Souhila branche aussi la sienne, après avoir pris le soin, de remettre un peu d’ordre, dans ses cheveux.
    Elle ne s’est pas maquillée. La journée, elle se contente d’un peu de rouge à lèvres et d’un crayon noir, pour ses yeux.
    - Tu as des cernes, lui fait-il remarquer, un sourire au coin de la bouche.
    - Tu les vois, j’ai besoin de repos !
    - Oui. Mais fais-moi plaisir, reste encore un peu.
    Elle ne le pourra pas. Sa mère cherche après elle. Elle ouvre la page de son blog. Elle est en train de frapper une recette lorsqu’elle entre dans la chambre.
    - Ah ! tu es là. Je te croyais encore en train de nettoyer.
    - Non. Je devais copier une recette, ment-elle. Tu as besoin de moi ?
    - Je croyais que tu voulais regarder la télé. Si tu veux, on va au salon, propose sa mère.
    - J’ai l’impression que tu veux me parler, émet Souhila en se déconnectant. J’ai à peine vu papa, ce soir.
    - Oui. Figure-toi qu’il m’a chargé d’un message, dit la mère en haussant les sourcils. J’espère que tu vas m’écouter.
    - Mais bien sûr, affirme la jeune fille. Jusqu’au bout…

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    5e partie

    CHAPITRE PREMIER

    LA RENCONTRE ENTRE DEUX CŒURS

    -Il a été touché par l’oncle d’un garçon qui espère se marier avec toi, lui apprend Houria. D’après ton père, le garçon est de bonne famille. Et en plus aisée…
    Souhila lève les yeux, au plafond.
    - Pourquoi ne m’as-tu rien dit tout à l’heure ?
    - Je l’ai appris après le dîner, répond la mère. Je n’étais pas en train de regarder la télé, avec ton père, il me parlait de la demande en mariage !
    - Super ! s’écrie la jeune fille. C’est tout ce qui me manquait !
    - Oui, un bon parti !
    - Pourquoi n’est-il pas venu me trouver ? Pourquoi a-t-il envoyé son oncle et pas son père ? Serait-il peureux ?
    - Mais non. Il tient à la tradition…
    Souhila soupire.
    - Il aurait pu passer par la pâtisserie, dit-elle. J’aurais eu une idée, sur lui.
    - Il est d’accord, pour que tu continues à travailler, poursuit sa mère. Il se peut qu’il t’en achète une… Que vous ayez votre propre pâtisserie !
    - Ah bon ! Mais je ne suis pas intéressée, réplique Souhila. Qu’il aille chercher ailleurs.
    - Ton père trouve que c’est un bon parti, insiste la mère très grave. Tu devrais prendre ton temps pour y réfléchir. La nuit porte conseil.
    - Et lui devra suivre le mien. Qu’il aille chercher ailleurs.
    - Est-ce que tu aurais quelqu’un ?
    - Non, non…
    Souhila aurait pu lui dire la vérité mais sa mère ne comprend rien à l’internet. Si elle lui confie qu’elle connaît quelqu’un et qu’elle discute souvent avec lui, elle l’aura derrière le dos. Elle ne peut pas en prendre le risque.
    - S’il y avait eu quelqu’un, tu l’aurais su. Je n’ai pas le temps de sortir…
    Dans le fond, elle reconnaît qu’elle n’a personne. Elle et Amine ne se sont jamais vus. Peut-être même qu’ils ne se verront jamais ?
    Certes, elle se sent proche de lui. Ils ont beaucoup de points communs. Tous deux adorent la musique raï. Elle adore danser dans les fêtes et si elle l’aurait pu, elle se rendrait même en boîte, pour se défouler. Ce ne sont pas les habitudes de la famille. Même les garçons ne fréquentent pas les boîtes. Mais elle aimerait bien y aller. Ils ont les mêmes goûts vestimentaires. Elle se ferait le plaisir de s’habiller à la mode mais son père désapprouve le port du court et du décolleté. Elle ne porte pas le foulard même si son père y fait souvent allusion. Elle feint de ne pas comprendre. Il se peut qu’Amine soit du même âge qu’elle. Elle sait qu’il n’est pas allé très loin, dans ses études, faute de moyens. Elle en a déduit que sa famille est modeste. Elle ignore s’il vit encore avec elle. Personne ne vient le déranger lorsqu’ils sont en ligne. Quand elle le voie sur l’écran, il porte ni casque ni oreillette.
    Si sa mère n’était pas venue lui parler du prétendant, elle lui aurait certainement posé la question. À leur prochain rendez-vous…

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    6e partie

    CHAPITRE PREMIER

    LA RENCONTRE ENTRE DEUX CŒURS

    -Je suis fatiguée, dit Souhila à Aziza. J’ai très mal dormi.
    Aziza sourit. Elle la regarde s’affairer derrière le comptoir.
    - Tu réfléchis à la demande en mariage.
    - Je croyais que ma mère ne le savait pas avant, hier soir.
    - C’est le cas, confirme Aziza. Figure-toi qu’il a approché plusieurs voisins afin d’avoir des renseignements, sur nous, notre travail !
    - Il aurait pu venir à nous. Qu’est-ce qu’il veut ?
    - Se marier avec toi, répond-elle. On dit du bien de sa famille. Rabah, le fils de Si Mansour…
    - Si Mansour ?
    Aziza hausse l’épaule.
    - Tu sais quoi, s’il voulait me demander en mariage, je ne ferais pas la fine bouche, confie-t-elle. Les bons partis sont rares. Lui, il est bien né… Sa famille est respectée et ils vivent bien.
    - Peut-être ? Mais quoi qu’il en soit, je ne suis pas intéressée, réplique Souhila. Depuis que je connais Amine…
    Aziza est au courant.
    - Mais tu ne connais rien sur lui… Vous avez juste des discussions sans fin. Elles ne mèneront nulle part.
    - Je me sens bien avec lui. On discute de tout, sans arrière-pensée, dit Souhila. Parfois on pense la même chose. C’est comme si on se connaissait depuis toujours.
    - Tu l’as vu ?
    - Oui, il est beau garçon, précise la jeune fille en souriant. Avec des yeux bleus ! Il portait un pull en laine, de la même couleur !
    - Un pull en laine ?s’écrie l’amie. Mais il habite où ?
    - Je n’en sais rien. C’est vrai qu’il fait beau, sur tout le pays. Que c’est l’été avant l’été…
    Souhila devient pensive. La remarque lui rappelle que ce n’est pas la première fois.
    - Je lui poserai la question, la prochaine fois, dit-elle. J’ignore même s’il vit en famille…
    - Que fait-il dans la vie ?
    - Je n’en sais rien…
    - Ce n’est pas juste. s’écrie Aziza. Lui, il sait tout de toi !
    - Il ne connaît pas mes vilains secrets !
    - Oui, dit l’amie avant de lui conseiller. Tu devrais te méfier… C’est peut-être un pervers ?
    Un pervers au visage angélique. Souhila veut bien prendre le risque d’être sa victime. Dans le fond de son cœur, elle sait qu’il est bon, attentionné et qu’il s’est habitué à elle. Et c’est réciproque.
    Elle pense à le voir, à l’approcher. Elle se rappelle qu’une fois ils ont parlé de s’appeler mais il a refusé de donner son numéro. Elle aurait voulu savoir de quelle région il est. Elle a hâte de finir sa journée. Elle n’a pas envie de travailler…

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    7e partie

    CHAPITRE PREMIER

    LA RENCONTRE ENTRE DEUX CŒURS

    Allez, ouste. Je fermerais toute seule.
    Aziza l’a vu perdu dans ses pensées, un bon nombre de fois et elle ne supporte plus le fait qu’elle doit presque la pincer, pour la ramener sur terre.
    - Non, non…
    - Il ne reste pas grand-chose. Deux ou trois clients et c’est bon. Je nettoie et ferme, la rassure-t-elle. Rentre. Peut-être que tu pourras voir…
    Souhila sourit de toutes ses dents.
    - Hum. J’ai hâte.
    Un client entre et la regarde dans les yeux. Souhila retrouve vite son sérieux.
    - Salam Allikoum !
    - Salam, répond-elle, attendant qu’il fasse sa commande.
    - Je suis Rabah, le fils de…
    - Soyez le bienvenue, s’écrie Aziza en souriant. À déguster ou à emporter ?
    - Non.
    - C’est le fils de Si Mansour, dit-elle à Souhila, en clignant de l’œil.
    - Ah… Alors, sers-le.
    Elle s’en va à l’atelier de confection. Elle se met à ranger, dans le magasin, les achats que son père leur a livrés, le matin. Aziza l’y rejoint. Elle est dans tous ses états.
    - Il veut te parler.
    - Je ne veux pas l’écouter.
    - Donne lui sa chance. En plus, il est si mignon, soupire Aziza. Tu perds quoi à l’écouter ?
    - Mon temps, répond Souhila en continuant de ranger. Allez, retourne derrière le comptoir. Si tu ne veux pas qu’on nous vole la recette du jour.
    - Non ! Il ne ferait pas ça.
    Aziza y retourne. Rabah est encore là, la recette aussi.
    - Elle s’excuse. Elle a à faire, dit-elle gênée.
    - Je peux attendre ? demande-t-il.
    - Elle va tarder…
    - J’ai tout mon temps, dit-il. Elle le mérite bien.
    - Ah !
    Aziza en conclut qu’il est amoureux d’elle sinon vu son comportement glacial envers lui, il aurait vite abandonné son envie de mariage. Il ne peut pas être aveugle. Elle ne veut pas de lui et il ferait mieux de ne pas insister. Aziza a envie de le lui dire mais ce serait se mêler de ce qui ne la regarde pas. Souhila n’apprécierait pas.
    Le prétendant va à sa voiture. Il a une vue, sur l’entrée de la pâtisserie. Souhila est soulagée de ne plus le trouver. Aziza n’ose pas lui dire qu’il est encore là.
    Des clients arrivent alors qu’elles allaient fermer. Ils prennent ce qui reste dans le frigo vitré.
    - Super ! Pas un gâteau de restant, dit Souhila. J’en connais un qui sera déçu.
    Après le départ des clients, elles ferment la pâtisserie. Aziza regarde dans la rue et voie Rabah au volant d’une belle voiture.
    Il démarre en les voyant partir. Il roule doucement, ouvrant la vitre, pour leur parler.
    - Je vous dépose quelque part ?
    Souhila écarquille les yeux, en le reconnaissant.
    - Non, répond elle avant d’ajouter à Aziza. Si tu veux partir avec lui, vas-y !
    - Non, non.
    - Vas-y. Je sais que tu en meures d’envie, réplique Souhila. Tente ta chance, avec lui. C’est un bon parti.

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    8e partie

    CHAPITRE PREMIER

    LA RENCONTRE ENTRE DEUX CŒURS

    -Pourvu qu’elle lui plaise ! Souhila sourit en les voyant partir ensemble. Elle voit combien Aziza est intéressée. Si cela marche entre eux, elle lui aura enlevé une épine du pied. Son père jugeait qu’il est bon parti. Il n’aurait pas accepté qu’elle refuse. Elle a bien vu ce matin, sa mine renfrognée. Elle en connaît la cause. Sa mère a dû lui en parler. Lorsqu’elle rentre à la maison, sa mère secoue la tête. Elle fait un signe vers le salon. Son père est là. Il n’a pas le moral, pour jouer aux dominos. Il regarde la télé. Elle peut entendre le commentaire de la speakerine annonçant une journée ensoleillée à travers tout le pays.
    Elle entre dans le salon.
    - Bonsoir, dit-elle d’une voix enjouée.
    C’est à peine s’il répond à son bonsoir. Elle feint de ne pas remarquer l’accueil glacial et elle se penche sur l’embrasser mais il détourne la tête.
    - Je sens mauvais ? demande-t-elle.
    Il lui fait signe de partir. Elle n’insiste pas. Elle n’est pas d’humeur. Tous deux ont leurs raisons. Elle peut comprendre qu’il ait envie qu’elle se marie. Elle a vingt-cinq ans et elle doit reconnaître qu’elle n’a pas eu beaucoup de prétendants. Juste un cousin et un garçon du village voisin. Maintenant que le fils de Si Mansour est intéressé, tous allaient lui reprocher sa folie. Car il faudrait qu’elle soit folle, pour qu’elle refuse ou qu’elle ait déjà quelqu’un.
    Il y a bien Amine. Elle se voie bien, à ses côtés. Mais qui sait où il est ?
    Elle va à la salle de bain où elle prend une douche. Lorsqu’elle en ressort, elle se sent mieux.
    - Je vais chez la voisine, lui dit sa mère. Je ne tarderai pas…
    Souhila en profite pour s’enfermer dans la chambre de son frère. Il n’est pas encore rentré. Elle se connecte.
    À sa grande surprise, Amine est là. Elle voie son beau sourire. Cela lui remonte le moral. Mais elle ne sourit pas. Elle pense à son père, à l’ambiance glaciale.
    - Qu’est-ce qui ne va pas ? lui écrit-il.
    Elle a besoin de se confier. Elle lui raconte qu’elle a été demandée en mariage et que son père voudrait qu’elle accepte.
    - Ça existe encore les mariages forcés, en Algérie ?
    La question la surprend.
    - Je pense que oui, écrit-elle. Pourquoi toi, tu vis dans quel pays ?
    La réponse tarde à venir. Elle lui envoie un “buzz”. Elle est sur les nerfs. Il ne semble pas s’en rendre compte.
    - Tu vis où ?
    - À Berlin…
    Souhila a l’impression de recevoir un coup au cœur. Elle ne l’imaginait pas aussi loin. Elle a envie de pleurer de déception. Ils ne se verront jamais…

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    9e partie

    CHAPITRE PREMIER

    LA RENCONTRE ENTRE DEUX CŒURS

    -À Berlin ? Mais qu’est-ce que tu fais là-bas ?
    Souhila a l’impression que son cœur a manqué un battement. Elle espère qu’il est en train de plaisanter. Ou veut-il seulement mettre de la distante pour qu’elle ne se fasse pas d’illusion ?
    - J’y vis, j’y travaille… Est-ce qu’on peut se parler ?
    Elle secoue la tête et écrit “non”.
    - On risque de m’entendre, explique-t-elle. Une autre fois… Depuis quand vis-tu en Allemagne ?
    - Six ans et demi…
    - Ta famille y vit aussi ?
    - Non, elle est à Alger.
    - Comment as-tu fait pour partir ?
    - Je suis venu pour étudier, lui apprend-il. Après j’ai trouvé du travail et je suis resté… Je suis en règle, j’ai mes papiers et tout…
    - Je suis contente pour toi.
    Elle entend sa mère l’appeler.
    - À plus tard, écrit-elle. Ma mère a besoin de moi.
    Ils se donnent rendez-vous dans la soirée. Elle ferme la messagerie et sort de la chambre de son frère. Elle retrouve sa mère dans la cuisine.
    - On prépare quoi pour le dîner ?
    - Ton père ne voudra rien prendre, répond Houria. Dis-moi, Aziza, je l’ai vue descendre d’une belle voiture ! Je ne savais pas qu’elle avait un ami.
    - Je ne savais pas.
    - Il l’a raccompagnée jusqu’en bas, poursuit Houria; en la regardant les sourcils froncés. Tu ne le connais pas ?
    - Non.
    - Il n’est jamais venu à la pâtisserie ?
    - Non. Enfin, je ne crois pas, répond elle. Le dîner, je le prépare ou pas ?
    - Non, laisse, dit la mère. Je vais préparer des frites et de la salade ! Je me passerais de ton aide !
    - Je vais en profiter pour me reposer ! Demain, on commence très tôt, lui apprend Souhila. On a une commande de gâteaux pour des fiançailles !
    - Ce n’est pas comme toi qui fais la fine bouche ! D’ici quelques jours, vous en ferez pour Aziza ! Elle était surexcitée lorsque je l’ai croisée dans l’escalier !
    - Inch Allah ! C’est une fille bien. Elle le mérite !
    Souhila imagine la tête que fera sa mère lorsqu’elle apprendra avec qui Aziza est rentrée. Elle espère que cela marchera entre eux.
    Si Aziza réussit à l’accrocher, elle lui résout le problème. Son père la boudera quelques temps mais cela l’indiffère. Elle n’a aucune envie de se marier, maintenant.
    Même si elle le sait loin, dans un pays qu’elle ne verra jamais, elle s’imagine bien aux côtés d’Amine. Mais elle ne se fait pas d’illusions. Ils ne seront jamais ensemble et cela l’attriste plus que de raison…

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    10e partie

    CHAPITRE PREMIER

    LA RENCONTRE ENTRE DEUX CŒURS
    -À Berlin ? Mais qu’est-ce que tu fais là-bas ?
    Souhila a l’impression que son cœur a manqué un battement. Elle espère qu’il est en train de plaisanter. Ou veut-il seulement mettre de la distante, pour qu’elle ne se fasse pas d’illusion ?
    - J’y vis, j’y travaille… Est-ce qu’on peut se parler ?
    Elle secoue la tête et écrit “non”.
    - On risque de m’entendre, explique-t-elle. Une autre fois… Depuis quand vis-tu en Allemagne ?
    - Six ans et demi…
    - Ta famille y vit aussi ?
    - Non, elle est à Alger.
    - Comment as-tu fait pour partir ?
    - Je suis venu pour y étudier, lui apprend-il. Après j’ai trouvé du travail ! Et je suis resté… Je suis en règle, j’ai mes papiers et tout.
    - Je suis contente pour toi.
    Elle entend sa mère l’appeler.
    - À plus tard, écrit-elle. Ma mère a besoin de moi.
    Ils se donnent rendez-vous, dans la soirée. Elle ferme la messagerie et sort de la chambre de son frère. Elle retrouve sa mère, dans la cuisine.
    - On prépare quoi pour le dîner ?
    - Ton père ne voudra rien prendre, répond Houria. Dis-moi… Aziza, je l’ai vue descendre d’une belle voiture ! Je ne savais pas qu’elle avait un ami ?
    - Je ne savais pas.
    - Il l’a raccompagné jusqu’en bas, poursuit Houria en la regardant les sourcils froncés. Tu ne le connais pas ?
    - Non.
    - Il n’est jamais venu à la pâtisserie ?
    - Non. Enfin, je ne crois pas, répond-elle. Le dîner, je le prépare ou pas ?
    - Non, laisse, dit la mère. Je vais préparer des frites et de la salade. Je me passerais de ton aide !
    - Je vais en profiter pour me reposer. Demain, on commence très tôt, lui apprend Souhila. On a une commande de gâteaux pour des fiançailles.
    - Ce n’est pas comme toi qui fais la fine bouche. D’ici quelques jours, vous en ferez pour Aziza. Elle était surexcitée lorsque je l’ai croisée dans l’escalier.
    - Incha Allah. C’est une fille bien. Elle le mérite.
    Souhila imagine la tête que fera sa mère lorsqu’elle apprendra avec qui Aziza est rentrée. Elle espère que cela marchera entre eux.
    Si Aziza réussit à l’accrocher, elle lui résout le problème. Son père la boudera quelque temps mais cela l’indiffère. Elle n’a aucune envie de se marier, maintenant.
    Même si elle le sait loin, dans un pays qu’elle ne verra jamais, elle s’imagine bien aux côtés d’Amine. Mais elle ne se fait pas d’illusions. Ils ne seront jamais ensemble et cela l’attriste plus que de raison…

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    10e partie

    CHAPITRE PREMIER

    LA RENCONTRE ENTRE DEUX CŒURS

    Lorsque son frère rentre, il passe par la cuisine où il trouve sa mère en train de préparer le dîner.
    - Bonsoir man !
    - Bonsoir mon garçon, répond-elle en lui adressant un sourire.
    - Souhila est occupée ?
    - Non.
    - Pourquoi elle ne t’aide pas ? Vous avez l’habitude de travailler ensemble, remarque-t-il. Vous n’êtes pas fâchées au moins ?
    Houria secoue la tête.
    - On espérait marier ta sœur avec le fils de Si Mansour…
    - J’étais où quand il l’a demandée en mariage ?
    - Son oncle a trouvé ton père pour lui en parler… Il ne veut pas se présenter à la maison, suppose-t-elle, sans être certain d’avoir une réponse favorable !
    - Ça ne se passe plus comme ça maintenant ! dit il. Bekri, avant… Maintenant, ils se voient, se fréquentent et tout avant d’envoyer les parents !
    Si leurs poches sont pleines, on ne peut pas dire autant de leurs têtes !
    Houria sourit.
    - Ah oui ?
    - Oui. Sauf si ce garçon est un attardé mental et que sa famille ne veut pas qu’on le sache, émet le jeune homme, prenant ainsi le parti de sa sœur. Personne ne le connaît… On ne sait rien sur lui sauf qu’il est le fils de Si Mansour !
    - C’est suffisant, dit Houria. Être de bonne famille !
    - Maman !
    - Allez, va tenir compagnie à ton père ! Il a besoin de se changer les idées, lui demande-t-elle. Il ne supporte pas qu’elle puisse refuser ce mariage !
    - C’est son droit, réplique-t-il. Je préfère tenir compagnie à Souhila…
    - Oh !
    Salah fait un petit signe avant de quitter la cuisine. Il entre dans la chambre de sa sœur. Il la trouve en train de faire du rangement dans le placard qui lui sert de garde-robe.
    - Bonsoir !
    - Bonsoir… Où étais-tu ?
    - Avec des copains, répond-il. On a révisé ensemble ! Ça va ?
    - Ça pourrait aller mieux, dit-elle en souriant. Mais ce n’est pas grave…
    Avec un peu de chance, l’imbécile tombera dans le piège !
    Salah secoue la tête. Il s’assoit sur le lit et répète :
    - Le piège ?
    - J’ai demandé à Aziza de tenter sa chance avec lui, lui confie-t-elle. Elle s’intéresse à lui !
    Salah n’en croit pas ses oreilles.
    - Maman ne le sait pas ! en conclut-il. Elle va entrer dans une rage folle lorsqu’elle saura !
    - Ne vas surtout pas le lui rapporter !

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  11. Artisans de l'ombre Dit :

    11e partie

    CHAPITRE PREMIER

    Ho bon

    Souhila et Salah ont toujours été proches. Salah est d’un tempérament calme et sociable. Il s’entend avec toute la famille et tout le voisinage. Tous le prennent pour confident. Si leur mère passe son temps à raconter tout ce qu’elle a vu, lui, ne dit rien de ce qu’il a entendu. Il n’est pas aveugle. L’intérêt que porte sa sœur à son blog le laisse penser qu’il y a autre chose que la cuisine.
    - Pourquoi tu ne te confies pas à moi ?
    - Comment ?
    - Je… Je pense que tu connais quelqu’un à travers internet !
    - Quoi ? Mais tu es fou ! s’écrie-t-elle en rougissant. Tu le penses parce que je refuse de me marier avec l’autre imbécile ?
    - Non, affirme-t-il. Parce qu’à chaque fois que l’internet te fait faux bond, tu te mets dans tous tes états ! Et lorsque je te laisse tranquille, tu branches la caméra et tout…
    - Je n’ai pas le droit d’y toucher ?
    - Non, la rassure-t-il. Tu es libre de faire ce que tu veux ! Mais j’aimerais bien savoir !
    - Telle mère tel fils !
    - Maâlich ! Je le prends comme un compliment. Alors, tu dis ou tu ne dis pas ?
    La jeune fille soupire tout en tournant en boule un pull en laine avant de le jeter dans le fond du placard. Elle s’assoie près de son frère qui ne cesse de sourire. Il a vu juste. Il est fier de lui.
    - Écoute… C’est vrai. Je te prierais de le garder pour toi, lui dit-elle. C’est juste un garçon qui aime cuisiner !
    - Mon œil !
    Tous deux éclatent de rire.
    - Si, insiste-t-elle. Il cuisine… Il vit seul à Berlin !
    - Mais… ne me dis pas que tu espères l’y rejoindre !
    Souhila n’y a pas pensé. Il faudrait déjà qu’il y ait du concret entre eux. Comme ils sont séparés de milliers de kilomètres, elle ne voie pas comment ils pourraient mieux se connaître. Leur relation ne peut pas évoluer.
    - Il faudra un compte en banque bien fourni, un visa, un certificat d’hébergement, énumère-t-elle en riant doucement. Je ne pense pas qu’un jour, je puisse partir !
    Salah hausse les sourcils.
    - Qu’est-ce que tu en sais ? Peut-être qu’il viendra à toi ?
    - Je ne me fais pas d’illusions, dit-elle. Il faudrait qu’il soit fou de moi et je ne crois pas qu’il le soit !
    - Comment le savoir ?
    - Aucun moyen… Allez, laisse-moi finir ! Ils vont finir par se demander ce qu’on peut bien se raconter, dit Souhila. Salah obéit. Il s’apprête à sortir de la chambre quand il se tourne pour lui dire :
    - Tu sais… à partir d’aujourd’hui, tu te connectes quand tu veux ! Aussi longtemps que tu veux !
    La jeune fille le remercie d’un sourire.
    - Tout ça, pour te débarrasser de moi ! émet-elle. Allez, file !
    Alors qu’il tire la porte derrière lui, elle se demande si elle a bien fait de le mettre dans la confidence.

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  12. Artisans de l'ombre Dit :

    12e partie

    CHAPITRE PREMIER

    Les jours suivants, ils ont un problème de téléphone. La ligne a été coupée. Salah et Souhila se retrouvent sans connexion. Elle ne pourra pas se rendre tout de suite. Elles ont beaucoup de travail à la pâtisserie. Et Aziza s’absentait souvent. Apparemment, elle et Rabah se voyaient. Souhila ne lui demande jamais où ils se rendaient. Elle a remarqué que son associée a beaucoup changé.
    Elle ne lui parle pas de ses sorties. Elle semble avoir oublié que c’est Souhila qui l’a encouragée à le fréquenter. Avec un peu de chance, ils allaient concrétiser. Plus personne n’est venu parler à son père. Il continue à l’éviter et refuse de manger ce qu’elle prépare. Un jour en rentrant à l’improviste, elle tombe sur sa mère folle de rage. Une voisine lui a rapporté qu’Aziza a mis la main sur Rabah.
    - Comment a-t-elle fait pour l’approcher ?
    - Je ne sais pas… Ce doit être lui, dit Souhila qui ne veut pas blâmer son amie. Comme il est bien né, il se croit tout permis !
    - Je comprends pourquoi ils n’ont pas demandé de réponse ! Je vais voir sa mère et lui dire ce que je pense de sa fille ! jure Houria, les yeux exorbités par la colère. Quand je pense que tu l’as prise sous ton aile et que tu lui as appris le métier !
    - Maman, laisse tomber, la prie-t-elle. Il n’en vaut pas la peine !
    - C’est un bon parti !
    - Un de perdu, dix de retrouvé ! insiste-t-elle. Je suis encore jeune et belle. Il y aura toujours quelqu’un qui craquera pour moi !
    Elle prend sa mère par le bras et elles vont au salon. Il y a encore le plateau où du café est servi. Elle en déduit que son père est allé dans la chambre en les entendant parler. Elle n’allait pas le prier de revenir. Qu’il boude aussi longtemps qu’il veut cela lui est complètement indifférent.
    - Tu as eu la bonne idée d’en préparer ! Je vais en prendre… J’ai mal à la tête !
    Houria compatit.
    - Ce doit être cette nouvelle ! Est-ce qu’elle travaille aussi sérieusement qu’avant ?
    - Oui, bien sûr ! Pourquoi ?
    - La voisine d’en haut dit la voir vu passer en voiture presqu’un jour sur deux, répond la mère. Si c’est vrai, c’est qu’elle s’absente ! Il n’y a que toi à pouvoir me le dire !
    Souhila se voit contrainte à confirmer.
    - Deux ou trois fois… Elle se plaignait de migraine !
    - Ma pauvre fille !
    Souhila prend la main de sa mère et la serre.
    - Ne t’en fais pas maman ! Ma chance ne part pas avec lui ! Celui que le destin m’a choisi viendra un jour, dit-elle, se voulant rassurante avant de changer de sujet. Dis, ils ont rétabli la ligne ou pas ?
    - Je ne sais pas…
    Souhila abandonne sa mère et va décrocher le combiné. Elle soupire de soulagement en entendant la tonalité. Enfin, elle allait pouvoir se connecter. Amine lui a tellement manqué. Mais elle, lui a-t-elle manqué ?

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  13. Artisans de l'ombre Dit :

    13e partie

    CHAPITRE PREMIER

    -Ne me parle pas de téléphone ! Moi, j’enrage…
    - Maman, dit Souhila. Ce garçon n’est pas digne de moi ! Va le raconter à papa ! Qu’il cesse de me bouder !
    - Peut-être qu’il était las d’attendre ? émet Houria qui n’en revient toujours pas.
    - Peut-être ? Mais il aurait pu se trouver quelqu’un d’autre !
    Souhila secoue la tête puis va dans la chambre de son frère. Ce dernier est là. Il travaille sur son ordinateur et écoute de la musique. Il sursaute lorsqu’elle lui retire le casque des oreilles.
    - Bonsoir !
    - Bonsoir, répond-il en souriant. Ça va ?
    - Oui. Tu sais que maman est au courant ?lui demande-t-elle à voix basse.
    Il hoche la tête.
    - Elle est hors d’elle. Dis, cela ne va pas poser de problèmes entre toi et Aziza, à la pâtisserie ?
    - Je ne crois pas. Enfin, si elle veut arrêter, pour se consacrer à lui, dit Souhila, je ne tenterais pas de la retenir !
    - Tu ne pourras jamais t’en sortir seule !
    - Je mettrais une annonce dans le journal ! Ce n’est pas la fin du monde… Tu me laisseras l’ordinateur, ce soir ?lui demande-t-elle.
    - Bien sûr, répond Salah avant de remettre son casque qu’elle lui retire de nouveau. Quoi encore ?
    - Ne mets pas à fond la musique, lui conseille-t-elle. Tu risques d’avoir des problèmes d’audition plus tard ! Baisse le son !
    - OK, je le baisse, promet-il.
    Elle le laisse et va rejoindre leur mère à la cuisine.
    - Je vais me changer et je viens préparer le dîner, lui dit-elle. Maman, je m’en occupe !
    Houria continue à fouiller dans le frigo et en ressort des légumes.
    - Tu pourrais nous faire un couscous ?
    - Bien sûr !
    Le temps d’aller se changer, elle retourne à la cuisine et, alors qu’elle prépare le dîner, tout en pensant à Amine, sa mère, de son côté, ne cesse de ruminer sa colère. Elle ne semble pas pouvoir se remettre de sa déception. À ces yeux, Aziza a abusé de la confiance de sa fille. Elle les a trahis…

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  14. Artisans de l'ombre Dit :

    14e partie

    CHAPITRE PREMIER

    Souhila n’a pas le courage de dire la vérité. Si sa mère apprend que c’est elle qui a poussé Aziza à monter dans la voiture de Rabah, elle allait lui en vouloir des mois et des mois.
    Elle ne peut pas prendre le risque. La situation est assez pénible ainsi.
    - Tu devrais songer à la renvoyer, lui suggère Houria.
    Elle ne mérite pas de t’avoir pour amie ! J’ai envie de l’étrangler !
    - Tu ne devrais pas avoir des envies de meurtre, dit la jeune fille. S’il a pu se retourner aussi vite et prendre mon associée pour petite amie, c’est qu’il n’est pas digne de moi !
    Même marié, sa femme ne pourra pas lui faire confiance ! Moi, je ne peux pas m’imaginer avec ce type d’homme qui se croit tout permis parce qu’il est soi-disant de bonne famille !
    - Oui, moi aussi, je ne tolérerai pas que mon gendre…
    - Dieu merci, il ne le sera jamais ! Mais s’il te plaît, la prie Souhila, si on changeait de sujet ?
    Houria porte la main à la tête et lui demande :
    - Il y a encore du paracétamol ? J’ai mal à la tête !
    - J’en ai toujours dans mon sac.
    La jeune fille va en chercher et lui sert un verre d’eau.
    - Maintenant que tu l’as pris, tu devrais t’allonger un peu, lui conseille-t-elle. Dès que le dîner est prêt, je te préviens !
    Houria se rend dans le salon. Elle s’étend sur le canapé et finit par s’assoupir.
    Un silence tranquille règne. Souhila ne peut s’empêcher de sourire. Tout va comme elle le souhaite. D’ici quelques jours, cette histoire ne sera plus qu’un souvenir.
    Après s’être assurée que le dîner ne risquait pas de cramer, elle va retrouver Salah. Elle n’a pas la patience d’attendre la nuit pour se connecter.
    - Ok, je te laisse le micro, dit-il avant qu’elle ait pu formuler quoi que ce soit.
    - Merci, je te promets de ne pas tarder !
    - Prends ton temps !
    Souhila attend qu’il ait fermé la porte pour se connecter. Elle trouve de nombreux messages d’Amine. Il s’inquiète pour elle.
    Elle lui écrit des mots rassurants, lui parlant de la coupure du téléphone. Il n’est pas en ligne mais lorsqu’il ouvrira sa boîte, il saura qu’elle va bien.
    Elle lui fixe rendez-vous, tard, dans la soirée.
    Elle préfère attendre que toute la maisonnée soit couchée. Elle sera plus à l’aise.
    Elle ne tarde pas devant le micro. Elle se déconnecte et retourne à la cuisine. Le dîner est prêt.
    Elle va au salon. Son père et sa mère discutent. Ils se taisent en la voyant.
    - J’étais venue te réveiller, dit-elle en s’apprêtant à retourner sur ses pas. Le dîner est prêt !
    Mais son père lui demande de s’asseoir. Il veut lui parler…

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  15. Artisans de l'ombre Dit :

    15e partie

    CHAPITRE PREMIER

    -Finalement, tu avais raison ! lui dit son père. Ce garçon n’est pas digne de toi.
    - Heureuse que tu le reconnaisses, murmure-t-elle.
    - Je ne comprends pas pourquoi il a subitement changé ! Même son oncle n’en revient pas, ajoute-t-il. Il était confus et gêné en me rencontrant ce matin !
    - Son neveu n’était pas encore sûr de son choix, dit-elle. En revanche, ce qui est sûr, c’est qu’il veut se marier avec une fille qui s’y connaît en cuisine !
    Si elle en sourit, eux ont encore le visage grave. Elle décide de ne pas s’attarder. Le sujet est clos. Elle ne veut plus en reparler.
    - Et si on dînait ? propose-t-elle.
    Ils ne refusent pas.
    - Salah !
    - Je me suis servi…
    - Tu ne perds jamais ton temps, remarque Souhila en le rejoignant à la cuisine.
    Pour la première fois depuis longtemps, trop longtemps à son goût, le dîner se passe dans une bonne ambiance. Salah parle des deux examens qui lui restent. Il n’en a raté aucun, durant le premier semestre, et il est si confiant que Souhila ne peut s’empêcher de le mettre en garde.
    - Révise quand même. Ne tombe pas dans le piège de la facilité.
    - Ne t’inquiète pas. Je serais à la hauteur, la rassure-t-il. Mais il me faut des gâteaux. J’adore grignoter quand je révise la nuit.
    - Tout cela, pour me faire remarquer que je n’ai rien rapporté de la pâtisserie, le gronde-t-elle tout doucement. Je te préparerai ceux que tu aimes le plus, lui promet-elle. Si cela peut t’aider à avoir de bonnes notes.
    - Oui, Wellah.
    Les parents échangent un sourire. Ils n’ont pas eu beaucoup d’enfants mais ces deux-là font leur bonheur. Houria pense que c’est une bonne chose qu’ils n’aient pas à se séparer d’elle, tout de suite.
    Souhila s’occupe à ranger la cuisine pendant que Salah finit de travailler sur le micro. Leurs parents sont allés dans leur chambre où ils regardent un film.
    La jeune fille n’attend pas qu’ils soient couchés pour se connecter. Salah lui laisse le micro dès qu’elle entre dans la chambre.
    - Si tu veux, je vais au salon ? propose-t-il pour la mettre à l’aise.
    - Non, c’est bon…
    Salah prend son portable et branche les écouteurs avant de mettre de la musique. La jeune fille manque de sauter de joie lorsqu’elle le trouve connecté. Ils devaient discuter très tard mais cela ne l’a pas empêché de l’attendre dès maintenant. Ils prennent des nouvelles l’un de l’autre. Amine semble soucieux. Elle lui fait la remarque. Elle le trouve moins souriant.
    - Quelque chose ne va pas ?
    - Oui, écrit-il. Mon père est souffrant. Je crois que je vais venir au bled… J’ai peur qu’il parte sans qu’on se soit revu.
    - Il est vieux ?
    - 80 ans.
    Alors elle lui conseille de ne pas hésiter.
    - Est-ce qu’on pourra se voir ? demande-t-il.
    Souhila rougit. Elle n’y a pas pensé tout de suite. Mais ce serait l’occasion, de se connaître autrement que d’un micro à un autre…

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  16. Artisans de l'ombre Dit :

    16e partie

    CHAPITRE PREMIER

    -Dis, que penses-tu de mon idée ?
    - C’est une bonne idée, répond-elle. On verra quand tu seras là. S’il te reste du temps à tuer !
    - Même si je viens pour deux jours, je te verrais !
    - Incha Allah !
    - Tu habites où ici, précise-t-elle.
    - Du côté de Béni-Messous, écrit-il. On n’est pas très loin du grand hôpital…
    - Au moins, celui qui tombe malade, la nuit, vous l’emmenez aux urgences, répond-elle. C’est proche et c’est un hôpital qui a bonne réputation !
    - Oui. Tu ne m’as pas dit de quelle région tu es ?
    - À une vingtaine de kilomètres de Tizi Ouzou. Lorsque tu viendras, je te préciserais comment venir jusqu’à mon village !
    - Je compte sur toi !
    En jetant un coup d’œil vers son frère qu’elle voie assoupi, elle décide de mettre fin à la discussion.
    - Il faut que j’y aille. Mon frère est fatigué.
    - À demain !
    _ Incha Allah ! écrit elle. Bonne nuit !
    - À toi aussi.
    Elle ferme son compte et se déconnecte. Avant de sortir de la chambre, elle réveille Salah.
    _ Tu es épuisé. Mets-toi au lit ! Bonne nuit, petit frère !
    - Bonne nuit !
    Elle ferme la porte derrière elle. Elle va à sa chambre. Elle se met au lit même si elle n’a aucune envie de dormir. Le fait de savoir qu’Amine pense sérieusement à venir lui a permis de réaliser qu’ils pourront se voir. Elle craint son regard. Ils ont tant discuté qu’elle en sait beaucoup sur lui et vice-versa. Seulement, ce n’était que des discussions.
    Qui sait si son regard n’allait pas changer ? S’il sera toujours aussi emballé à l’idée de la connaître ? Si après leur rencontre, ce sera comme maintenant ? Elle s’est attachée à lui. Elle craint d’être déçue. Même s’il n’y a pas d’histoire d’amour entre eux et que leur relation est purement platonique, elle ne peut s’en empêcher.
    Qu’adviendra-t-il après ? La question la laisse éveillée une grande partie de la nuit. Elle a oublié de remonter son réveil. C’est sa mère qui la réveille, surprise de la trouver encore endormie.
    - Souhila, il est plus de six heures !
    - Oh non !
    Le temps de se laver et se préparer ne lui prend pas plus de dix minutes. Elle va frapper chez Aziza. Sa mère lui apprend derrière la porte qu’elle est déjà partie. Souhila fait le chemin, seule, consciente que leur travail risque d’en prendre un coup.
    Elle espère qu’elle pense à se retirer. Elle ne veut pas travailler dans une ambiance faite de suspicion et de jalousie. Elle comprend que son associée doit la prendre pour une rivale. Mais Aziza ne devrait pas. Elle est prête à lui faire un cadeau pour l’avoir débarrassée de son prétendant…

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  17. Artisans de l'ombre Dit :

    17e partie

    CHAPITRE PREMIER

    Même si elle n’apprécie pas le comportement d’Aziza, elle ne laisse rien paraître. Après un bref bonjour, elle met son tablier et son foulard et va surveiller la cuisson des petits pains.
    - Une panne d’oreiller ?lui demande Aziza.
    - Oui.
    - Tu as des regrets ?C’est ce qui t’a empêché de dormir ?
    Souhila sourit avant d’éclater de rire.
    - Oh que non !
    - C’est vrai ?
    - Je te jure que tu n’as rien à craindre, dit la jeune fille. Mais peut-être que tu veux mettre de la distance entre nous parce qu’il ne cesse de te poser des questions sur moi ?
    - Non.
    - Je pense que s’il t’accordait toute son attention, tu le prouverais autrement, insiste Souhila. Mon cœur me dit que tu songes à quitter ton travail !
    - Pourquoi continuerais-je ? Il a les moyens de me faire mener la grande vie, réplique Aziza.
    - Tu es sûre qu’il veut se marier avec toi ?
    - Oui.
    - Tu es grande, dit Souhila. Si tu songes à quitter uniquement pour qu’il ne me voie pas, ne serait-ce de loin, tu feras une belle erreur ! Il n’y a jamais rien eu entre nous ! Je ne suis pas une menace pour vous !
    - Toi, une menace ? ironise Aziza. Il a suffi que je parle une fois avec lui pour qu’il t’oublie !
    - Il voulait se marier avec moi, lui rappelle Souhila. Mais avec toi, il prend tout son temps… Combien de fois êtes-vous sortis ? Presqu’un jour sur deux, n’est-ce pas ?
    - Et alors ?
    - Il profite de ta naïveté, lui dit-elle. Il passe du bon temps seulement…
    - Tu dis n’importe quoi !
    - Le temps me donnera raison, insiste Souhila. Il ne se mariera jamais avec toi !
    - Tu es jalouse et tu regrettes d’avoir raté l’occasion d’être avec un homme merveilleux !
    - Ce morveux, un homme ! C’est fou comme tu as changé ! Es-tu aveugle ? l’interroge l’amie. Je ne veux que ton bien ! Je veux seulement te mettre en garde !
    - Garde tes conseils pour toi ! À partir de maintenant, le sujet est clos ! Souhila secoue la tête. Elle a compris. Elle ne se mêlera plus de ce qui ne la regarde pas. Cependant, elle ressent de la peine. Aziza est une amie de longue date et le fait d’être tenue à l’écart de sa vie privée la peine. Elle est plus clairvoyante qu’elle. Elle et Rabah n’iront pas loin dans leur relation. Il n’y aura rien de sérieux entre eux. Aziza ne semble pas vouloir le comprendre. Il profite d’elle.
    - Je vais mettre une annonce, décide celle-ci. On ne s’en sortira pas toutes seules !
    - Tu veux dire “tu ne t’en sortiras pas seule durant mes absences” ?rectifie Souhila.
    - Oui.
    Le temps de trouver une feuille blanche, elle écrit qu’elles recherchent vendeur et pâtissier. Souhila la regarde faire, n’en revenant pas. Aziza est si sûre d’elle. Alors qu’il n’y a rien de concret. Son réveil allait être brutal. Souhila ne souhaite pas être là ce jour-là…

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  18. Artisans de l'ombre Dit :

    18e partie

    CHAPITRE PREMIER

    L’ambiance est moins tendue lorsqu’elles prennent à l’essai deux jeunes récemment diplômés. Ils sont du village voisin et ils ont beaucoup de volonté. Aziza continue de s’absenter. Souhila ne lui fait plus aucune remarque. Elle a ses propres préoccupations.
    Amine ne se connecte plus chaque soir. Il prétend avoir beaucoup de travail. Il veut tout finir avant de prendre un petit congé.
    Lorsqu’elle demande des nouvelles de son père qu’elle sait malade, il reste évasif.
    - Je l’ai eu au téléphone, il se porte comme un charme, lui écrit-il. Mais maman prétend le contraire.
    - Tu devrais venir et voir de toi-même. Peut-être qu’il ne veut pas t’inquiéter !
    - Oui. Il m’arrive de le penser aussi, reconnaît Amine. Dès que j’obtiens mon congé, je débarque à Alger !
    Et ce jour arrive vite. Lorsqu’un vendredi matin, elle se connecte, elle a la surprise de trouver un message où il lui apprend qu’il est arrivé. Il lui laisse un numéro de téléphone fixe où elle peut le joindre.
    Même si elle en meurt d’envie, elle n’appelle pas. Elle n’ose pas. Elle préfère discuter avec lui. Elle ignore s’il tient vraiment à la voir.
    Elle est si préoccupée qu’elle manque de rater la commande de gâteaux faite par une mariée. Aziza n’était pas là, ce jour-là.
    - Je crois que je vais prendre une demi-journée, dit-elle. Est-ce que je peux compter sur vous ?
    Les deux recrues sont heureux de pouvoir lui prouver qu’ils en sont capables. Le lendemain matin, elle fait une grasse matinée. Ses parents se sont fait discrets. Seul Salah a osé montrer le bout de son nez. Il a cours à onze heures.
    - Je cherche une recette… Tu connais, celle du bonheur ?
    - Si seulement elle existait ? réplique-t-elle en se redressant sur son lit.
    - Il te suffit de te connecter, lui dit-il. Allez, debout, fainéante !
    - Je le ferai après… Bonne journée !
    Salah referme la porte. Souhila ne traîne pas au lit. Elle ne prend pas son petit-déjeuner, tout de suite. Après avoir dit bonjour à ses parents, elle va se connecter. Et là, surprise. Amine l’attend.
    - Pourquoi tu n’as pas appelé ?
    - Comme ça.
    - Dis-moi comment te trouver ton village ? Peux-tu sortir ?
    - Oui.
    - J’insiste pour te rencontrer, écrit-il. Fixe le lieu du rendez-vous !
    - On se verra à Tizi Ouzou, décide-t-elle.
    - Cet après-midi ?
    - Pourquoi si vite ?
    - Demain matin alors ? propose-t-il.
    Souhila accepte. Elle en est excitée tout le reste de la journée. Elle va chez la coiffeuse, prend un temps fou, à se choisir une nouvelle tenue. Elle veut être belle. Elle a tant attendu cette rencontre qu’elle veut le marquer à jamais…

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  19. Artisans de l'ombre Dit :

    19e partie

    CHAPITRE PREMIER

    Ho bon
    -Tu n’avais pas cours ?
    Souhila est surprise de trouver son frère à la maison.
    - Oui, mais il y a eu changement dans le programme, répond-il. Il nous a fait des polycopiés !
    - Ah !
    Elle réfléchit un moment avant de lui demander.
    - Salah, cela te dit une sortie en ville ?
    Ce dernier la regarde en faisant la moue.
    - Je ne savais pas que tu avais à faire !
    - Si. J’ai à faire. Tu m’accompagnes ou pas ?
    - Bien sûr ! Tu as à faire toute la journée ?
    - Je ne sais pas encore.
    Souhila prend son sac, prête à ressortir. Elle était rentrée déposer ses achats. En trouvant son frère à la maison, elle en a profité pour lui demander de l’accompagner. En route, elle le mettra dans la confidence. Il sait pour Amine. Elle sent qu’elle aura à le lui présenter.
    Sa mère l’entend prendre les clefs.
    - Tu entres, tu sors ! Qu’as-tu encore à faire dehors ?
    - Je me rends à la pâtisserie pour voir comment ils s’en sortent sans moi, dit-elle. Demain, je ne pourrais pas travailler ! J’ai des choses à faire à Tizi !
    - Ah bon ! Et quoi ?
    Souhila a déjà trouvé le bon prétexte.
    - Je dois avoir des cartes de visite. Une cliente m’a donné rendez-vous à son bureau pour que j’en choisisse une ! Il y a plusieurs formats, les caractères et tout…
    - Et ça te rapportera quoi ?
    - On les donnera aux clients. Ainsi, ils pourront nous contacter à tout moment, explique Souhila. Ils en parleront autour d’eux… Enfin, ça sert beaucoup !
    - Bien, puisque tu le dis ! Aziza va t’accompagner ?
    - Non. Il faut que j’y aille maman ! À plus tard !
    Souhila part. à la pâtisserie, aucune trace d’Aziza. Elle trouve les apprentis en plein service. Elle va mettre sa blouse et son foulard pour les aider.
    - Apparemment, c’est une bonne journée !
    - Les clients n’ont pas arrêté.
    - Je vois bien qu’il ne reste pas beaucoup de gâteaux, remarque-t-elle. Et les croissants ?
    - On les sort du four tout de suite ! Ils ont une belle couleur !
    Souhila découvre qu’ils aiment leur métier. Elle les prévient qu’elle ne pourra pas travailler.
    - Je compte sur vous pour bien vous occuper des clients !
    - On est là pour ça ! On assurera, promettent-ils. Partez tranquille !
    - Aziza est passée aujourd’hui ? demande-t-elle.
    Ils secouent la tête. Ils ne l’ont pas vue de toute la journée. Souhila prend quelques croissants pour le goûter et ne tarde pas à rentrer. En route, elle croise Aziza et Rabah. Elle détourne le regard. Elle ne veut pas les voir. Aziza la déçoit au plus haut point…

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  20. Artisans de l'ombre Dit :

    20e partie

    CHAPITRE PREMIER

    -Elle se comporte comme si elle était la patronne, dit-elle à ses parents. Elle est beaucoup plus à l’extérieur, à se pavaner au lieu de travailler. Au lieu de garder un œil, sur les apprentis. Heureusement qu’ils sont là !
    - Si tu veux, j’en touche un mot, à sa mère, propose Houria. J’ai bien envie de lui dire mes pensées. C’est une bonne à rien, sa fille. Une opportuniste.
    - Oh non ! s’écrie la jeune fille. Pas besoin de scandale. Il se chargera de la remettre à sa place.
    - Tu penses qu’il n’est pas sérieux ?
    - J’en suis même persuadée, affirme-t-elle. Mais assez parler d’eux. Je vais voir si Salah est prêt.
    Elle le trouve en train de lasser ses basquets. Il lève la tête, vers elle, l’air interrogateur.
    - Dis, tu n’as pas autre chose, à faire ?
    - Si, réplique-t-elle. Je t’en dirais plus en route.
    Salah secoue la tête. Il a compris.
    - Il est venu ?
    - Oui. Allez vite.
    Le quart d’heure suivant, ils sont en route, pour Tizi Ouzou. Dans le taxi, il y a une étudiante. Souhila ne peut pas parler devant elle, de son rendez-vous. Elle voie bien que son frère est impatient d’en savoir plus. Heureusement, il n’y a pas de circulation. Moins d’une demi-heure après, ils arrivent au centre-ville.
    Dès qu’ils sont loin de toute oreille indiscrète, Salah lui demande.
    _ Alors, il va venir ici ?
    _ Oui. Normalement, on s’est fixé rendez-vous, en face de la maison de la culture, lui apprend-elle. Il insistait pour me voir.
    - Oui. Et moi, pendant ce temps, je tiens la chandelle !
    - Non, répond-elle, gênée. Tu pourrais faire un tour. Et on se retrouve, dans une ou deux heures.
    - Papa serait heureux d’apprendre que je te sers…
    - Chut ! Je sais que tu es un gentil garçon. Sinon tu ne serais pas ici. Allez, file.
    Salah ne se fait pas prier.
    - Je te retrouve où ?
    - Ici. Je ne compte pas aller bien loin…
    En fait, à peine son frère s’est il éloigné qu’elle voie Amine arriver. Elle le reconnaît tout de suite. Elle le trouve encore plus beau. Elle sourit et se sent rougir. Il vient à elle, un bouquet de fleurs à la main.
    - Bonjour, disent-ils en même temps. Ça va ?
    Ils rient. Lorsqu’ils se regardent dans les yeux, tous deux retrouvent cette complicité qu’ils avaient eu à travers la messagerie.
    - C’est ton frère que j’ai vu ?
    - Oui. Il est curieux…
    En se tournant pour voir s’il était encore dans les alentours, elle l’aperçoit.
    - Il a l’air si sympathique, remarque Amine. Demande-lui de nous rejoindre.
    - Pourquoi ? l’interroge-t-elle tout en faisant signe, à son frère, de venir.
    - Comme ça… Je tiens à te connaître toi et ta famille, dit le jeune homme. Ton frère d’abord. Tes parents, une autre fois, ça attendra ma prochaine visite.
    - Mon père n’est pas aussi sympathique que mon frère ! réplique Souhila alors que son frère accourt à son geste.
    Elle fait les présentations alors qu’ils s’échangent déjà une poignée de main.
    - Salah, je te présente Amine.
    - Oui, je sais. Alors, pourquoi vous voulez me voir ?
    Amine sourit, prenant tout son temps, pour lui répondre.

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  21. Artisans de l'ombre Dit :

    21e partie

    Souhila bat des paupières, se demandant si elle n’est pas en train de rêver. Le contact est vite passé entre elle et Amine. Et entre lui et son frère, c’est comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Elle n’en revient pas. Elle les regarde discuter de tout, de rien, rire aux éclats.
    Le serveur qui est venu prendre leur commande, lui pose la question deux fois. Elle sursaute presque quand Amine touche sa main.
    - Je m’excuse… Je ne voulais pas t’effrayer, dit-il. Apparemment, tu n’étais pas là !
    - Si.
    Elle prend le menu et choisit.
    - Pour moi, de la salade, des frites et des sardines grillées, décide-t-elle.
    Il en prend note et quand il s’éloigne, elle leur demande.
    - Et vous, vous ne prenez rien ?
    - Si, on a commandé avant toi, répond Salah. Pendant que toi, tu étais sur une autre dimension !
    - Tu pensais à quoi ?l’interroge Amine en la regardant dans les yeux.
    Elle rougit. Salah qui vient d’apercevoir un camarade dans la rue, se lève en s’excusant.
    - Je reviens tout de suite, promet-il.
    Amine sourit et lui repose la question.
    - Tu pensais à quoi ?
    - Tout se passe si bien, répond-elle. J’ai l’impression qu’on a dû se connaître dans une vie antérieure !
    - Moi aussi. Je me demande si je n’ai pas en face de moi la femme de ma vie ? s’interroge-t-il. Si je ne dois pas envoyer mes parents voir les tiens ? Si on ne devrait pas se marier rapidement ?
    - Quoi ?
    Souhila ferme les yeux. A-t-elle bien compris ? Il se demande quoi ?
    -Écoute, peut-être que tu veux prendre le temps d’y réfléchir mais, moi, je viens de me décider ! Si tu veux, on se marie ?
    - On ne peut pas se décider sur un coup de tête ! comme ça ! réplique-t-elle. Il faut qu’on y réfléchisse calmement !
    -Moi, je suis décidé ! Je te donne le temps qu’il faut pour y réfléchir !
    Salah qui revient en même temps que le serveur, remarque que sa sœur ne sourit pas. Qu’elle est même grave. D’ailleurs, c’est à peine si elle touche aux plats qu’elle a commandés…

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  22. Artisans de l'ombre Dit :

    22e partie

    -Pourquoi tu fais cette tête ? demande Salah. Tu n’as pas déjeuné et tu es soucieuse ! Je peux savoir ce qu’il t’a dit qui ait pu te mettre dans cet état ?
    Souhila se doit de lui dire la vérité.
    - Il veut se marier avec moi !
    - Tu devrais être contente ! s’écrie son frère. Il est beau et sympathique en plus d’être un fils de bonne famille !
    - Ça va trop vite !
    - Même s’il fait sa demande officiellement, tu ne pourras pas le rejoindre avant des mois, lui dit Salah. Mais pourquoi hésites-tu ?
    La jeune fille ignore pourquoi. Son frère continue à l’interroger.
    - Dans le fond, quelque chose te déplaît en lui ?
    - Non !
    - Il t’a tenu des propos déplacés ?
    - Non ! s’écrie-t-elle.
    - Alors pourquoi hésites-tu ?
    La jeune fille s’arrête et lui dit en souriant.
    - Tu ne peux pas comprendre !
    - Si, j’en suis capable ! affirme Salah. Depuis qu’on a quitté le restaurant, tu cours presque ! Tu dis qu’il est bien mais tu le fuis !
    - Non ! J’ai l’impression de rêver, lui confie-t-elle en rougissant. C’est trop beau pour être vrai ! Si c’est un rêve que je ne me réveille pas !
    - Non, tu ne rêves pas, la rassure Salah. En fait, si tu refuses, ta vie deviendra un enfer ! Ça, je peux te le jurer !
    - Et pourquoi ?
    _ Parce que le bonheur ne frappe pas deux fois à la même porte ! Tu as son numéro au moins ? lui demande-t-il.
    - Oui.
    - On rentre maintenant ?
    - Non, on passe au bureau pour y choisir une carte de visite, lui rappelle-t-elle. Si je rentre sans, maman va se poser des questions !
    - Laisse tomber la carte de visite, lui suggère Salah. Choisis une pour les invitations à ton mariage ! Peut-être que tu n’auras pas le temps de le faire plus tard !
    Trois jours plus tard, elle lui donne raison. Amine ne voulait pas repartir sans connaître sa réponse. Elle ne s’attendait pas en acceptant à ce qu’il décide de venir avec ses parents à la fin de la semaine.
    La demande est acceptée. La veille de son départ, ils prennent le temps de fêter les fiançailles et de se marier à la mairie.
    C’est aussi à la mairie qu’ils découvrent qu’ils sont nés le même jour et le même mois. Un autre signe du destin. Ils décident de fêter leur mariage le jour de leur anniversaire avant de s’envoler pour Berlin.
    Cinq années ont passé depuis. Un garçon et une fille sont nés de leur union. Ils sont heureux. Ils n’hésitent pas à raconter leur histoire. Grâce à Internet, ils ont trouvé le bonheur et le vrai !
    FIN DU CHAPITRE PREMIER

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  23. Artisans de l'ombre Dit :

    Chapitre II

    Comme une bouteille jetée à la mer

    1iére partie

    S amir est réveillé par les cris de ses neveux qui se chamaillent devant la télévision. Ce n’est pas la première fois, et il a beau les mettre en garde et enlever la multiprise, ils n’y ont jamais cru.
    Il se redresse et regarde son réveil. Il n’est que neuf heures. Samir ne peut s’empêcher de grincer des dents. Il est rentré vers deux heures du matin et il n’a pu s’endormir qu’à l’aube. Il regrette de ne pas être tout simplement resté dans le cybercafé qu’il tient au village.
    La veille, il a reçu toute une famille qui tenait à discuter avec leur fils et leur belle-fille. Ces derniers vivent à l’autre bout du monde et avec le décalage horaire, ils n’auraient pas pu les contacter le matin ou l’après-midi. Samir est resté à la disposition de la famille vu qu’il y avait des coupures. Il a été bouleversé par les larmes de la mère qui n’a pas revu son fils depuis neuf ans.
    Il vit en Arizona et s’est marié avec une Américaine d’origine indienne. Grâce à la webcam, il a pu leur montrer ses trois enfants. Et il a pu voir ses parents qui ont pris de l’âge. Il était bouleversé et semblait avoir réalisé qu’ils ne sont pas éternels. Le temps file et lui, pour des raisons qu’ils ignorent, n’a pas pu revenir au pays.
    Samir a encore en tête des brides de leur conversation. Que même les chamailleries de ses neveux ne peuvent chasser. Comme il tient à se faire respecter, il se lève et enfile ses claquettes. Il sort sans bruit de sa chambre et il les surprend en pleine bagarre. Tout ça, parce que l’un veut regarder une série policière et l’autre, des dessins animés.
    - Du calme ! Arrêtez !
    Ils se figent sur place et regardent vers la porte. Samir n’a pas l’habitude de lever la main sur eux et même s’il est tenté de le faire, il se contente juste de leur tirer les oreilles. Sans leur faire mal.
    - Pourquoi vous ne me laissez pas dormir ? Pourquoi faut-il toujours que vous vous leviez aux aurores lorsque c’est les vacances ?
    - Aami (mon oncle), on ne recommencera plus, promet Massi, l’aîné. On se réveillera en même temps que toi !
    - Moi, je dormirais jusqu’à l’après-midi, promet Lyes.
    - Asseyez-vous ! leur ordonne-t-il avant de prendre place en face d’eux. Je ne vous demande pas de dormir, juste de ne pas faire de bruit et de ne pas vous bagarrer ! Pourquoi vous ne vous entendez pas ?
    - Ils passent en même temps, répond Lyes.
    - Essayez de vous entendre, en attendant qu’il y ait une deuxième télé, leur conseille-t-il. Sinon je vous interdis d’y toucher ! Est-ce clair ?
    - Oui. Wallah qu’on ne recommencera plus !
    Samir veut bien les croire et pour donner plus de poids à ses paroles, il leur demande d’éteindre la télévision jusqu’à nouvel ordre.
    Il va prendre des vêtements propres dans la chambre avant de s’enfermer dans la salle de bain. Il en ressort douché, rasé et coiffé.
    Dans sa chambre, il essaie de mettre un peu d’ordre, ramasse le linge sale qu’il va fourrer dans la machine à laver. Il remarque l’absence de sa belle-sœur.
    - Ya louled, où est Sakina ?
    - Chez la couturière, répond Lyes.
    Samir se sert du café puis sort sur le balcon de la cuisine. Là, leur voisine d’en face est en train de ramasser le linge. Lorsqu’elle l’aperçoit, elle lui sourit et prend tout son temps pour plier le linge. Sans cesser de sourire…

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  24. Artisans de l'ombre Dit :

    2eme partie

    -Alors là, petite, tu n’as aucune chance !
    Il n’en revient pas. Samir finit son café, à l’intérieur. Il n’a aucune envie qu’elle imagine des choses. Il n’est pas intéressé. Même s’il est encore libre…
    Sa belle-sœur Sakina rentre. Elle sourit en le voyant.
    - Bonjour !
    - Bonjour, répond-il. Tu ne devrais jamais les laisser seuls… Prends-en toujours un avec toi ! Tout à l’heure, cela aurait pu mal finir !
    - Ils se sont bagarrés ? Ce sont leurs cris qui t’ont réveillé, conclut-elle. Vraiment… Pourtant je leur avais dit de ne pas faire de bruit !
    - Et puis, quand tu vas chez la voisine, ne tarde pas !
    Sakina hausse les sourcils.
    - Je n’ai pas tardé, affirme-t-elle.
    - Cela fait plus d’une demi-heure que je suis levé, dit Samir. Donc, plus d’une demi-heure que tu es sortie ! La prochaine fois, prends-les !
    - Oui, promet-elle. Tu n’ouvres pas tôt aujourd’hui ?
    - Je ne suis pas rentré tôt, hier soir, lui rappelle le jeune homme. Mais j’y vais…
    - Tu veux que je te prépare quelque chose à emporter ?
    - Non. Je me contenterais d’une tranche de pizza ! Merci quand même… Boualem rentre à quelle heure ?
    Son frère enseigne les mathématiques, au lycée et durant les vacances, il donne des cours de soutien.
    Uniquement aux élèves qui ont besoin d’améliorer leur niveau. Un ami lui laisse un local et il a aménagé un coin pour y recevoir ses élèves.
    - Vers dix-huit heures !
    - Si tu as besoin de quelque chose ? Il ne manque rien à la maison ?
    Sakina ne veut pas profiter de sa gentillesse. Elle prétend qu’il ne manque rien. Samir va prendre ses clefs et son téléphone portable. Mais avant de partir, il retrouve ses neveux au salon. Il les autorise à allumer la télévision.
    Ils lui sautent au cou et il serait tombé s’il n’y avait pas eu de fauteuil derrière lui.
    - Hé, doucement !
    Sakina les a rejoint et secoue la tête.
    - Pourquoi leur autoriser ce qui a été interdit un moment plus tôt ?
    - Pour qu’ils comprennent que je les aime !
    - Avec toi, ils savent que la punition ne risque pas d’être longue !
    Samir sourit tout en ouvrant la porte, pour partir.
    - Ce ne serait plus une punition mais de la torture ! Allez, ferme derrière moi ! Si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi !
    Sakina le remercie et lui souhaite une bonne journée. Elle ferme derrière lui, tout en pensant qu’il est un ange. Elle va à la fenêtre, pour le regarder partir et là, elle tombe sur la voisine d’en face. Celle-ci scrute l’entrée du bâtiment. Elle n’a pas remarqué sa présence puisqu’elle n’hésite pas à lui sourire et se pencher au balcon pour le regarder. Elle lui fait un petit signe de la main.
    - J’ignorais qu’elle en pinçait pour lui !
    Sakina se promet de l’avoir à l’œil. Il n’est pas question que son beau-frère se marie…

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  25. Artisans de l'ombre Dit :

    3eme partie

    Elle ne s’est jamais doutée de l’intérêt que la voisine porte à son beau-frère. Elle espère qu’il n’y a rien entre eux. En s’attardant sur la question, elle se demande s’ils ne se fréquentent pas à l’insu de leurs familles. Elle n’a pas pu voir le visage de son beau-frère. Elle enrage d’être dans l’ignorance.
    Elle a toujours cru qu’il n’a aucun secret pour elle. Il a l’habitude de se confier à elle. Elle sait qu’il a fréquenté une fille qui s’est mariée avec son meilleur ami. Il ne s’en est jamais remis. Enfin, c’est ce qu’elle croyait. Elle a hâte d’être en fin de soirée. Samir n’a pas d’heure fixe. Elle pense à trouver un prétexte pour l’appeler et lui demander de rentrer plus tôt que d’habitude.
    Samir ignore qu’elle est en train de se soucier. Il arrive au cybercafé que le propriétaire à ouvert, en attendant son arrivée. Hamou a apporté du café.
    - Salam alikoum !
    - Salam !
    - Il y a du monde ?
    - Trois jeunes, répond Hamou. Du café ? propose-t-il.
    - Je viens d’en prendre, dit Samir en sortant un paquet de cigarettes.
    Il en allume une avant de s’installer derrière le micro.
    - À quelle heure as-tu fermé hier soir ?
    - Très tard.
    - Tu ne devrais pas.
    Samir lui explique que les jeunes du quartier viennent chaque jour en fin de journée. Soit pour travailler, soit pour jouer sur Internet.
    - Cela permet d’avoir une bonne recette, dit-il.
    - Bien. Je te laisse travailler. S’il y a quoi que ce soit, tu sais où me trouver.
    Hamou tient un bureau d’informatique à l’autre bout du village. Ils se connaissent depuis quelques années. Ils ont tous deux fait des études d’informatique. Samir n’a pas pu trouver de travail, même en ville. Quant à Hamou, son père, un émigré installé en Allemagne, lui, a acheté deux locaux. Il a ouvert un cybercafé et le bureau de services informatiques. Il a pris plusieurs gérants qui ne l’ont pas satisfait et il a fermé quelques mois. C’est par hasard qu’il est tombé sur Samir et il lui a tout de suite proposé le poste.
    Le jeune homme travaille pour lui depuis des mois et ils n’ont rencontré aucun problème. Ce n’est pas le boulot dont rêvait Samir mais il n’a pas le choix. Il a déposé sa candidature dans bien des entreprises. Pour l’instant, il n’a reçu aucune réponse mais il ne désespère pas.
    Comme d’habitude, il jette un coup d’œil sur les sites des quotidiens. Il lit quelques articles puis fait quelques jeux. Ceci, en gardant un œil sur les clients. Parfois, l’un d’eux a besoin d’aide. Il va l’aider, lui explique comment faire.
    Le cybercafé n’est jamais vide. Les clients sont nombreux et fidèles. Samir les connaît tous. Les fréquentables et ceux qui ne le sont pas. Comme ceux qui viennent d’entrer pour lui proposer de vendre des cigarettes.
    - À l’intérieur ? demande Samir, qui craint qu’il y ait autre chose dans la cigarette. Non, ce n’est pas possible !
    - On fait juste un petit tour, insiste le jeune. Tu auras ta part.
    - Non, allez faire votre commerce ailleurs !
    Samir refuse de les laisser passer.
    - Sans faire d’histoire, les prie-t-il.
    - On ne peut te forcer !
    Il les regarde sortir soulagé. Il ne veut pas de problèmes avec eux et avoir la conscience tranquille. Il ne supporterait pas de leur avoir permis de gâcher la vie des jeunes, en les rendant accro à leur drogue ou autre.

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  26. Artisans de l'ombre Dit :

    4eme partie

    -V ous auriez pu les laisser entrer, dit un jeune client venu régler son dû.
    -Non, pas même de l’eau, répond Samir. Si c’était seulement des cigarettes, maâlich mais là, il y a el kif, kachiette et moi, je refuse d’être la cause de votre perte !
    En fait, Samir est un garçon qui ne touche à rien. Pas de cigarette, pas de chique. Il ne boit pas d’alcool. Son frère se permet parfois, une bière ou deux mais jamais il n’est rentré ivre. Son père, un enseignant à la retraite, est un homme pieux et très respectueux des autres. Même son grand-père, Allah irahmou, connu à travers le pays, ancien moudjahid, était réputé pour sa grandeur d’âme.
    Samir se voit mal fermer les yeux, devant le mal que cause la drogue. Il tient à avoir la conscience tranquille. Aucun jeune de son village n’en souffrira par sa faute.
    - Ici, il n’y aura aucune drogue! insiste le jeune homme. Je ne peux pas vous interdire d’y toucher mais ils ne feront pas leur sale commerce ici !
    - OK ! Saha… Moi, je croyais que c’était juste des cigarettes ! Pour ceux qui ont à travailler sur micro et qui n’ont pas le temps de sortir en acheter !
    - Rien ne les empêche de sortir, réplique Samir en lui rendant sa monnaie.
    - À la prochaine !
    Il regarde le client partir. Il se demande s’il est vraiment aussi naïf qu’il l’a laissé paraître.
    Le reste de la journée se passe tranquillement. Dès qu’il commence à ressentir la fatigue, il met de l’ordre dans son bureau puis décide de fermer. Il a décidé de partir avant l’arrivée des clients habitués à se connecter en début de soirée.
    Avant de rentrer, il s’arrête devant une supérette où il achète des friandises pour ses neveux. Il prend aussi des fruits. Lorsqu’il arrive devant le bâtiment, il regarde en direction de leur étage. Il lui semble avoir vu un rideau bouger.
    Il ne se doute pas que Sakina est en train de surveiller son retour. Elle garde un œil sur le balcon d’en face. La voisine est là, toute souriante. Le vent du soir joue avec ses cheveux qu’elle ne cesse de ramener en arrière. Elle regarde vers Samir qui passe sans lui prêter un seul regard.
    - Est-ce qu’il m’a vue ? se demande Sakina. Ou est-ce elle qui n’a pas vu ?
    Le jeune homme ne tarde pas à rentrer. Les garçons l’accueillent en lui sautant au cou, comme d’habitude.
    - Devinez ce que je vous ai apportés !
    - Des bonbons et des gâteaux, répondent-ils.
    - Ont-ils dîné ?demande Samir, à sa belle-sœur.
    - Oui, tu peux leur donner…
    Les garçons le soulagent des sachets et les emportent à la cuisine. Sakina le suit au salon où il s’affaisse sur le canapé.
    - Je suis à bout, dit il. Je vais me coucher, s’il te plaît, arrange-toi pour qu’ils ne fassent pas de bruit !
    - Mais tu n’as pas dîné !s’écrie-t-elle.
    - Trop fatigué, répond il en se levant pour se traîner jusqu’à sa chambre. Mon frère n’est pas encore rentré?
    - Si, mais il est ressorti pour discuter au café! Il ne devrait pas tarder, lui dit-elle. On n’a pas encore dîné. En fait, on t’attendait. Tu pourrais faire un effort ! En plus, vous ne vous êtes pas vus depuis hier!
    - Je sais. Je le verrai demain…
    Lorsqu’il ferme la porte de sa chambre, elle soupire de déception. Elle a tant de questions à lui poser. Mais elle ne peut pas le forcer à rester debout. Elle devra prendre son mal en patience et attendre demain. Elle retourne à la fenêtre et grince des dents, en voyant la voisine, regarder vers elle.

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  27. Artisans de l'ombre Dit :

    5eme partie

    Le lendemain, Samir se lève tôt. Il a l’occasion de voir son frère Boualem. Ils prennent le petit-déjeuner ensemble.
    - Quand pars-tu chercher les vieux ?
    - Ce jeudi, répond Boualem.
    - Cela fait une semaine qu’ils sont à Michelet. Ils doivent trouver le temps long, insiste le jeune frère. Ils n’ont pas l’habitude de rester aussi longtemps chez notre sœur, lui fait-il remarquer.
    - Ils te manquent à ce point ?
    Samir hoche la tête.
    - On peut le dire, répond-il. La maison est vide sans eux !
    - S’ils écoutent derrière la porte…
    Sakina les rejoint. Elle se sert une tasse de café qu’elle prend en leur compagnie. Elle n’est pas impatiente de retrouver ses beaux-parents alors, elle tente de changer de sujet.
    - Tu étais mort de fatigue hier !
    - Il fallait être mort pour ne pas entendre les cris des enfants. Ton frère leur a offert une PlayStation !
    - Ah bon… Bien, cela va leur permettre de jouer ensemble ! Il faut que j’y aille, dit Samir en se levant. Hier, je n’ai pas nettoyé avant de fermer !
    - Tu as besoin de quelque chose ?
    - Non.
    Comme d’habitude, avant de partir, il met un peu d’ordre dans sa chambre. Après un coup de peigne, il prend ses clefs, prêt à partir. Il tombe sur Sakina, dans le couloir.
    - Tu pars déjà ?
    - Je vous ai dit, j’ai à faire !
    - Ou… tu as quelqu’un à voir ? émet-elle à voix basse.
    - Non, répond Samir, en lui jetant un coup d’œil interrogateur. Qu’est-ce qui te fait penser ça ?
    - J’ai juste cru que tu avais quelqu’un, réplique-t-elle, toujours à voix basse.
    - Non.
    - Non, quoi ?
    Samir la rassure.
    - Je n’ai personne. Juste vous et mon travail…
    Sakina respire mieux. Elle sourit même. La nuit passée, elle n’a cessé d’imaginer ce que serait la maison avec une belle-sœur qui la concurrencerait. Avec une femme qui le détournerait des siens…
    - Je te souhaite une bonne journée !
    Le jeune homme la remercie et part après avoir dit au revoir à son frère. Comme la veille, la voisine d’en face surveille son apparition. Elle porte une jolie robe rose et n’hésite pas à faire un geste vers lui lorsqu’il lève la tête et l’aperçoit.
    Samir ne peut s’empêcher de sourire tout en regardant vers leur étage. Il comprend mieux l’attitude et l’inquiétude de sa belle-sœur. Même elle garde un œil sur lui…

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  28. Artisans de l'ombre Dit :

    6eme partie

    -A h les femmes ! pense-t-il en riant presque. Comme si c’est aussi simple que ça !
    Samir, comme il l’a dit à sa belle-sœur, n’a pas de petite amie et n’a aucune envie d’en avoir une. Il imagine mal sa belle-sœur s’entendre avec une autre que son reflet dans le miroir. À la maison, lorsque sa mère tente d’imposer son opinion ou de prendre une décision, la discussion tourne vite à la querelle. Bien des fois, Sakina est partie chez ses parents, fâchée.
    Comme son mari lui donne toujours raison et sachant que la belle-mère n’accepterait jamais de se séparer de son fils ou de briser leur foyer, elle en profite.
    Sa mère, de guerre lasse, a fini par rendre le tablier, se contentant de regarder sans émettre d’opinions. Elle la laisse faire.
    Samir a bien tenté de discuter avec Sakina mais elle est si butée et si persuadée d’avoir raison que c’est une perte de temps de vouloir la raisonner. En regardant en arrière, il voit encore la voisine.
    - Pauvre petite, pense-t-il. Va voir ailleurs ! Tu n’as aucune chance avec moi et surtout avec Sakina !
    Il se rend au cybercafé et paye un jeune, pour faire le ménage. Le temps d’aller aider dans la boutique d’en face, le propriétaire, aami Mahmoud. Le sexagénaire se démène avec les rouleaux de tissus qu’il a achetés au marché de gros. Il apprécie son coup de main.
    - Pourquoi travailles-tu seul ?
    - Les garçons ont à faire, aujourd’hui, répond aâmi Mahmoud qui a l’habitude de lui raconter ses soucis.
    Et puis, je leur ai crié après ! Ils manquent de respect à ma femme !
    Il avait perdu sa femme à la suite d’une grave maladie mais n’a pas porté le deuil longtemps. Moins d’une année après, il s’est remarié avec une femme plus jeune mais le contact ne passe pas entre elle et les enfants de son mari.
    - Tu les as vus ?
    - Non, mais ils boudent tout le temps, répond aami Mahmoud. Elle s’occupe d’eux, de la maison et elle doit en plus les ménager !
    - Je vais voir tes fils et discuter avec eux, propose Samir. Peut-être qu’ils accepteront de faire un effort ?
    Le vieil homme le remercie. Une fois le dernier rouleau à l’intérieur de la boutique, Samir retourne au cybercafé. Des clients ne tardent pas à arriver. Il s’occupe d’eux et quand il a un moment, il ouvre sa boîte mail. En plus des publicités habituelles, il y a un courrier. L’expéditeur est une femme. Il ne la connaît pas.Il ouvre le courrier. Il peut y lire un message d’une femme au bord de la dépression. Elle traverse une période très difficile et elle éprouve le besoin de discuter. “Je ne me suis jamais sentie aussi seule, écrit-elle. Jamais… ” Samir, pris de compassion, décide de répondre. Il veut bien l’écouter. Il sent sa détresse…

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  29. Artisans de l'ombre Dit :

    7eme partie

    “Si tu as besoin de parler, d’avoir un avis neutre, je suis à ta disposition. Tu peux compter sur moi pour t’aider à traverser cette épreuve.”
    Samir ne s’est pas présenté. Il le fera plus tard lorsqu’elle demandera à mieux le connaître.
    - Salam alikoum !
    Samir ferme sa boîte mail et se tourne vers ammi Mahmoud dont il a reconnu la voix.
    - Salam, répond-il en souriant. Il ne fallait pas…
    - Si.
    Le vieil homme a apporté une corbeille de fruits.
    - Je tenais à te remercier pour tout à l’heure, dit-il gravement. J’ai passé mon temps à me plaindre et tu m’as écouté jusqu’au bout !
    - On a tous besoin d’être écoutés à un moment, le rassure Samir, avant de lui parler du courrier qu’il vient de recevoir.
    Ammi Mahmoud, qui ne connaît rien à l’internet, s’étonne qu’un message envoyé de l’étranger puisse arriver aussi vite.
    - Du Canada, dis-tu ?
    - Oui, de n’importe où. Il arrive à la minute même, précise le jeune homme. Tu peux recevoir des documents, des photos… Tu peux même voir tes amis, ta famille, installés à l’étranger ou à Oran… ou ailleurs. Ils doivent seulement avoir un ordinateur et une connexion internet !
    - C’est magnifique ! Dommage que ceux qui sont morts ne peuvent pas communiquer par internet !
    - Oui.
    - Mon fils, je te laisse gagner ton pain, dit le vieil homme. Bonne journée !
    - À toi aussi !
    Samir laisse la corbeille de fruits dans un coin et à chaque client, il l’invite à se servir. Entre-temps, il garde un œil sur sa boîte mail qu’il a rouvert. Il n’est pas surpris de trouver une réponse de Nathalie. Elle lui a envoyé une invitation pour discuter. Il accepte l’invitation. Ils discuteront plus tard, lorsqu’il sera seul. Nathalie ne tarde pas à apparaître. Elle a branché sa webcam et tout en lui envoyant des messages, il peut la voir pleurer. En fait, il est surpris. Agréablement surpris. Elle doit avoir son âge. Elle est belle, pense-t-il en souriant, tout en allumant sa webcam, à son tour pour qu’elle le voie. Samir peut la voir écarquiller les yeux. Comme si elle n’en revenait pas…

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  30. Artisans de l'ombre Dit :

    8eme partie

    Nathalie secoue la tête, n’en revenant toujours pas. Elle lui écrit un message qui le surprend.
    - Je t’ai déjà vu !
    - Je n’ai jamais mis les pieds au Québec, écrit Samir en riant doucement.
    Mais Nathalie est formelle.
    -Je t’ai vu dans mes rêves, écrit-elle. C’est étrange… en envoyant mon message à des destinataires inconnus, je ne m’attendais pas à tomber sur toi ! Samir est un peu déçu. Ainsi, d’autres ont reçu le même mail et ils doivent lui avoir répondu. Il se demande si elle a toute sa tête. S’il fait bien d’être en contact avec elle. Que cherche-t-elle au juste ? Est-elle vraiment à bout ? Les problèmes dont elle parle existent-ils ?
    Samir décide de prendre du recul. Si elle a d’autres conseillers, elle pourrait s’en sortir sans lui. S’il est vrai qu’elle a des soucis insurmontables. Il est gagné par le doute.
    - J’ai du travail, écrit-il.
    - Je peux avoir ton numéro pour t’appeler ?
    - Je n’ai pas de téléphone, répond-il. On s’écrira plus tard.
    Samir ferme la boîte de dialogue. Il ne sait plus quoi penser.
    - Ça va ? lui demande un client.
    - Oui.
    Il tente de se concentrer sur son travail, jette un coup d’œil sur la presse, fait quelques jeux. Mais il ne parvient pas à sortir de son esprit la lettre de détresse de Nathalie. Il a été pris de compassion. Il ne cesse de penser à elle.
    Elle doit être en train de discuter avec d’autres contacts. Curieux, il ouvre sa boîte mail et, là, il tombe sur des messages qu’elle n’a cessé de lui envoyer durant les heures écoulées. Elle prétend avoir besoin de lui, de ses conseils.
    Samir est tenté de répondre puis se ravise. Il décide d’attendre un jour ou deux. Ou même trois avant de regarder de nouveau ses messages. Il ne veut pas réagir à chaud.
    Ce soir-là, en fermant le cybercafé, il pense à la jolie voisine. Sera-
    t-elle au balcon à attendre son retour ? En arrivant devant leur bâtiment, il s’arrête et sourit en apercevant la voisine. Elle est là au rendez-vous. Elle porte une chemise blanche sur une robe à bretelles rouge. Son sourire éclaire son visage sympathique.
    Il ne se rappelle pas l’avoir croisée dans le quartier. En tournant les yeux, il voit sa mère et sa belle-sœur en train de regarder vers lui. Elles discutent et il se demande si la voisine n’est pas leur sujet de conversation.
    Sa mère Fetouma le lui dira certainement. À son sourire, il s’imagine son bonheur de savoir qu’il pouvait avoir une petite amie.
    Il se demande comment elle s’appelle. Il le regrette. Il se doute bien qu’elle ne doit pas sortir fréquemment sinon elle serait venue jusqu’au cyber.
    C’est la deuxième femme de la journée à vouloir le connaître. Celle qui vit à l’autre bout de la planète n’a rien caché de sa vie privée. Et il ignore tout de celle qu’il a à quelques mètres de lui. Comment y remédier ?

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  31. Artisans de l'ombre Dit :

    9eme partie

    -Yemma ! Comme je suis content ! Tu as fait bon voyage, j’espère ?
    - Oui. Je savais que j’allais te manquer, dit Fetouma en ouvrant les bras pour l’y serrer. Comment vas-tu ?
    - Bien. Comment va ma sœur et sa famille ?
    - Elles vont bien. Elles t’embrassent bien fort, lui dit-elle. Ta sœur Zineb t’invite à passer un week-end ! Tu lui manques.
    Samir lui promet de trouver un moment de libre pour leur rendre visite.
    - Je prendrais bien une tasse de thé, dit-il à sa mère, tout en se dirigeant vers la cuisine. Bonsoir !
    Sakina, les lèvres pincées, répond à peine. Elle le sert sans un mot. Il en déduit qu’elle l’a vu regarder vers la voisine.
    Elle ne supporte pas l’idée qu’il puisse y avoir une autre femme dans la maison. Mais c’est chose inévitable. Un jour, cela arrivera. Il prend son thé et rejoint sa mère au salon.
    - Je vous ai vues discuter, lui dit-il.
    Fetouma secoue la tête.
    - Elle a failli avoir un arrêt cardiaque en te voyant regarder vers la fille, lui confie-t-elle. Si elle croit que tu vas rester célibataire toute ta vie, elle se met le doigt dans l’œil !
    - Ça ne risque pas d’arriver avant longtemps, dit-il très fort. Il me faudra un vrai travail, un appartement… Beaucoup d’argent !
    - Ton père t’aidera, le rassure Fetouma.
    - Mais au fait, il n’est pas là ?
    - Il est allé voir ses cousins. Il rentrera dans deux ou trois jours. Comment ça s’est passé durant mon absence ? lui demande-t-elle. A-t-elle pris soin de toi ?
    - Comme d’habitude.
    - Dis, cette fille t’intéresse ?
    - Non. Mais elle me fait les yeux doux. Aujourd’hui, au cyber, j’ai reçu un mail, lui raconte-t-il. C’est une étrangère. Elle s’appelle Nathalie.
    - Une étrangère ! Oh non, je ne veux pas que tu ailles vivre loin d’ici, dit la mère. Je ne le supporterais pas.
    Samir rit doucement.
    - Ne t’inquiète pas. Je ne partirai pas avant un an ou deux !
    Fetouma est sérieuse.
    - Je ne veux pas que tu partes ! Maries-toi ici ! Avec la voisine, avec une autre. Peu m’importe qu’elle soit de l’Est, de l’Ouest, qu’elle soit targuie ou chaouie… Tant qu’elle est Algérienne et que vous vivez au pays, je n’y vois aucun inconvénient, mon fils.
    Ce dernier pose son bras sur ses épaules et la serre contre lui.
    - Tu t’inquiètes pour rien !
    - Je serais là à ton départ, poursuit-elle. Mais j’ignore si à ton retour, tu me trouveras encore là !
    - Inch Allah, tu auras la vie longue ! Tu seras là pour moi et mes enfants ! Ici ou ailleurs !
    - Cette étrangère, pourquoi s’intéresse-t-elle à toi ?
    Sakina semble attendre cet instant, pour les rejoindre. Elle brûle de curiosité.
    - Une étrangère ? reprend-elle.
    - Oui, une Canadienne, répond-il.
    - Waouw ! s’écrie-t-elle. Tu en as de la chance ! Mais, lui fait-elle remarquer sur un air de reproche, tu es devenu cachotier ! Avant, je savais tout de toi.
    - Tu te trompes ! Tu es au courant en même temps que la famille ! Mais tu es une femme suspicieuse et jalouse.

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  32. Artisans de l'ombre Dit :

    10eme partie

    -D ’où te vient cette assurance ?
    C’est cette idiote qui te donne des ailes ou cette étrangère qui doit être une vieille alcoolique que la solitude ronge ?
    Samir sourit.
    - La méchanceté gratuite n’apporte rien de bon, réplique-t-il. Tu parles d’elle en ignorant tout d’elle !
    - Oui, c’est ça ! Le petit de maman prend de l’assurance ! Imagine leurs réactions lorsqu’elles sauront !
    - Va, retourne à tes occupations ! intervient Fetouma avant de s’adresser à son fils. Fréquente qui tu veux ! Il n’y a rien de dégradant à être respectueux Envers ses parents et autrui !
    - Je sais. Elle ne m’impressionne pas.
    - Tant mieux. Promets-moi de me tenir au courant pour la fille d’en face et pour l’étrangère !
    Il le lui promet. Même s’il n’a aucune intention de fréquenter la jolie voisine, ce qui serait de la pure folie, vu la réaction de sa belle-sœur. Elle risquait de mener la vie dure à l’élue de son cœur si un jour il en a une. Il fera tout pour qu’elle ne vive pas sous le même toit qu’elle. S’il réussit un jour sa vie, il jure au fond de son cœur de prendre ses parents. Il ne les laissera pas subir la méchanceté de Sakina le restant de leur vie.
    Il ignore comment il fera pour s’en sortir mais, il se le jure. Il fera leur bonheur. Ils ne méritaient pas d’être traités comme des moins que rien.
    Ils avaient vendu leur vieille maison à des cousins pour aider Boualem dans l’achat de cet appartement. Samir serait bien resté dans leur vieille maison.
    Son soupir n’échappe pas à sa mère.
    - Ne t’inquiète pas ! Dieu n’abandonne pas ses créatures !
    - Inch’Allah !
    Les jours suivants, Samir n’ouvrira pas les messages de Nathalie. Il se doute bien qu’elle doit le prier de répondre, qu’elle ne doit pas comprendre son mutisme.
    Un soir où les clients ne veulent pas se déconnecter, il finit par céder à la tentation. “Comme une bouteille jetée à la mer” le bouleverse. Elle lui raconte sa vie. Elle est fille de parents divorcés. Elle n’a jamais connu son père. Elle a juste des photos où il la tient sur ses genoux. Sa mère s’est consacrée à elle durant toute sa vie. Elle lui raconte son aventure, avec un Tunisien. Ils ont vécu ensemble. Le jour où elle a appris que sa mère souffrait d’un mal incurable, elle a voulu la prendre chez elle. Et depuis, c’est l’enfer au quotidien. Son concubin ne veut pas d’elle. Il passait son temps à lui chercher la petite bête. Lui, qui était de nature patient s’est transformé en boxeur. À plusieurs reprises, elle s’est retrouvée aux urgences. Depuis quelques semaines, elle a pris son destin en mains. Elle lui a demandé de partir. Elle a choisi de garder sa mère ne supportant pas de la voir souffrir. Elle n’a qu’elle.
    A-t-elle bien fait de le mettre à la porte ? Elle se pose la question. Elle a appris récemment qu’elle est enceinte. Elle ignore si elle doit apprendre la nouvelle, à son ex-compagnon ou continuer la vie ? Lorsqu’elle pense au bébé à venir, elle ne voudrait pas le priver de son père mais elle craint que rien ne puisse le ramener à de meilleurs sentiments. Elle sait que sa mère ne sera pas éternelle. Sa maladie ronge son espérance de vie de jour en jour. Nathalie, après avoir déballé son inquiétude et toutes les questions qui l’empêchent de dormir, lui demande conseil.

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  33. Artisans de l'ombre Dit :

    11eme partie

    Samir comprend son dilemme. Nathalie, malgré toute la peine que son ex-compagnon a pu lui infliger, veut donner une chance à leur bébé d’avoir un père. Elle doit aussi craindre de renouer avec sa violence. Elle sait les jours de sa mère comptés. Doit-il lui conseiller d’attendre sa mort pour reprendre avec lui ?
    Rien ne prouve que dans l’avenir il sera redevenu l’homme amoureux et patient qu’elle a brièvement connu.
    Il ne lui écrit pas tout de suite. Il demande conseil à sa mère qui, comme toutes les femmes qui tiennent à leur foyer, lui dit : “Qu’elle lui redonne une chance. S’il ne la saisit pas, qu’il aille au diable !”
    Samir lui rapporte dans un courrier la discussion qu’il a eu” avec sa mère. C’est un premier mail qui sera suivi d’autres. Chaque jour et plusieurs fois. Il découvrait que sa mère très protectrice ne l’avait pas laissée fréquenter les gens. Elle avait toujours peur pour elle. Lorsqu’elle avait rencontré Ahmed, le Tunisien, un jeune homme pieux et très respectueux, elle était persuadée qu’elle ne pourrait trouver meilleur mari. Sa santé qui se détériorait a révélé sa vraie nature. Il n’a pas tenté de la cacher.
    Nathalie, en fille reconnaissante et très éprouvée par l’idée de la perdre, avait pris la décision d’être à ses côtés. Ahmed n’avait pas sauté de joie. Pour ne pas la voir, il s’était mis à fréquenter le bar d’en face et il en revenait ivre. Nathalie n’appréciait pas son comportement irrespectueux. En lui demandant de redevenir l’homme qu’elle a connu, elle ne s’attendait pas à ce qu’il s’en prenne à elle. Des gifles, des coups au visage et au dos.
    Elle ne se rappelle pas combien de fois il a levé la main sur elle. Sa mère assistait, impuissante, à ces violences. Un matin où Nathalie n’osait pas sortir à cause de son oeil bleu ainsi que de son menton, elle lui a parlé :
    - Tu ne peux pas vivre ainsi ! Il finira par te tuer ! Tu dois le quitter !
    - Il n’était pas comme ça avant !
    - Oui, je sais. Mais ce qu’il est devenu est indiscutable, insiste sa mère. Rends-toi compte de l’évidence ! Tu es en danger !
    - Peut-être qu’il finira par se calmer ?
    Mais ce même matin, en se réveillant, et en ne trouvant pas de petits pains au lait, il s’était mis dans une colère noire. Il avait brandi un couteau. Il ne l’avait pas blessée mais elle avait eu si peur qu’elle a failli s’évanouir.
    Elle avait attendu qu’il soit sorti pour prendre ses objets précieux, ses maigres économies avant de mettre sa mère, dans un taxi. Une amie de la famille a bien voulu les héberger. Le temps de réfléchir calmement à la situation.
    Elle devait prendre du recul. Ahmed était devenu brutal depuis qu’elle avait pris sa mère chez eux. Avant, elle ne se rappelle pas l’avoir entendu élever la voix et encore moins lever brusquement la main.
    Depuis qu’elle est enceinte, elle ignore que faire. Elle ne veut pas se séparer de sa mère et elle voudrait que son enfant connaisse son père. Elle ne lui a encore rien dit de son état. Elle hésite à le faire.
    Elle a besoin d’être conseillée et elle sent que lui seul peut le faire. L’avis des autres importe peu. Uniquement le sien…

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  34. Artisans de l'ombre Dit :

    12eme partie

    Samir a conscience qu’elle est prête à suivre ses conseils. Dans chaque message, Nathalie se demande si elle doit mettre au courant son ex.
    Le jeune homme partage ses craintes. Son ex risque de prendre cette seconde chance pour de la faiblesse. Il continuera à la battre. Et il y aura cette seconde victime. Un enfant innocent. Samir ne veut pas prendre le risque d’être responsable de leur malheur.
    Un soir où il n’arrive pas à la joindre, il s’inquiète. Il a appelé plusieurs fois et à chaque fois, il est tombé sur la messagerie.
    - Mais qu’est-ce qui t’arrive ? lui demande sa mère.
    Samir qui n’a jamais eu de secret pour elle, lui raconte. Elle sourit devant son angoisse.
    - Que crains-tu réellement ?
    - Qu’elle soit coincée quelque part et qu’elle n’ait personne pour l’emmener à la maternité, dit-il. Sa vie est peut-être en danger !
    - Tu exagères, dit Fetouma. Si elle doit accoucher, elle appellera une ambulance ! Elle a tous les moyens à portée de mains !
    - Je l’espère pour elle.
    Mais il ne peut s’empêcher de penser que si son ex l’a rencontrée et s’est rendu compte de sa grossesse, ce dernier ne la lâcherait pas sans savoir où elle vit. Il voudra reconnaître son bébé et obtenir un droit de visite.
    Si Nathalie lui a tenu tête, il imagine mal l’ex-petit ami garder son calme.
    - J’espère qu’il ne s’en est pas pris à elle ! Si elle est blessée ou inconsciente, comment fera-t-elle ?
    - Tu t’inquiètes trop, lui reproche sa mère. Tu ne la connais même pas ! Tu ne la reconnaîtrais pas en la croisant dans la rue et tu t’angoisses pour elle !
    - La pauvre, elle n’a personne ! Juste sa mère qui est très malade…
    - Tu oublies que Dieu garde un œil sur elle ! Elle n’est pas seule, mon fils !
    - Oui, je sais qu’il y a Dieu mais…
    Fetouma le regarde et elle secoue la tête, surprise par ce qu’elle vient de découvrir.
    - Tu attaché à elle ! s’écrie-t-elle. Tu voudrais être là-bas près d’elle !
    - Oui, mais le Québec n’est pas la porte à côté, lui rappelle le jeune homme. Même si je le voulais, c’est comme les rêves irréalisables !
    Il a reconnu sans le vouloir s’être attaché à elle. Ces semaines d’échange de mails et d’appels téléphoniques les ont rapprochés. Il ne cesse de penser à elle. Pendant trois jours, il ne quitte pas le cybercafé. Il y passe ses nuits, attendant avec impatience qu’elle se manifeste.

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  35. Artisans de l'ombre Dit :

    13eme partie

    Samir ne cesse de regarder l’écran. Tout message réceptionné lui donne la chair de poule.
    Il ne se trompe pas en recevant le mail d’une inconnue. Elle est infirmière à l’hôpital où Nathalie a été hospitalisée.
    Victime d’un accident de la route, elle y a été emmenée. Une fracture de la cheville, du bras droit et quelques égratignures. Elle ne lui parle pas du bébé. Le fait de la savoir en vie lui permet de souffler.
    Il lui répond et la remercie d’avoir donné des nouvelles. Il la prie de lui en envoyer quand elle le peut. Il ne peut pas la presser.
    Soulagé et rassuré, il rentre enfin à la maison.
    Sa mère morte d’inquiétude surveille son retour depuis la fenêtre.
    Sakina aussi. Elle le croit fâché. Elle lui a envoyé du café et des dîners auxquels il n’a pas touché.
    - Te voilà enfin, dit-elle. Tu sais, tu pouvais bouder dans ta chambre !
    Samir a à peine le temps de se débarrasser de sa veste que ses neveux lui tombent dessus.
    - Tu nous as manqués !
    - Si vous fouillez ce sac, vous trouverez un jeu de combats ! Allez, laissez-moi souffler !
    Fetouma le suit dans sa chambre où il s’allonge.
    - Alors, tu as du nouveau ?
    _ Oui, elle a eu un accident. Elle est à l’hôpital, blessée mais sa vie n’est pas en danger !
    - Et le bébé ?
    - Je l’ignore, répond-il. C’est à une infirmière qu’elle a demandé de m’écrire un mail ! Un moment, j’ai cru que je deviendrais fou d’inquiétude !
    - Oui, j’ai vu, remarque sa mère. Alors que tu ne la connais pas ? Alors qu’il n’y a rien entre vous ! Dis, tu me confies tout ?
    Samir se redresse, surpris.
    - Non, yemma ! Pourquoi cette question ?
    - Tu es amoureux d’elle ! Et elle ?
    Le jeune homme rougit en détournant le regard.
    - Rien. Je suis juste un ami pour elle ! Un conseiller, tu comprends ? Yemma, je ne t’ai rien caché ! Elle avait besoin d’aide et je voulais être là pour elle !
    Fetouma réalise qu’il s’est beaucoup trop investi dans la relation. Il est resté trois jours sans dormir, sans manger, pour elle, alors qu’ils sont à des milliers de kilomètres l’un de l’autre.
    Qu’en aurait-il été si elle était au pays ?

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  36. Artisans de l'ombre Dit :

    Chapitre III

    La bonne parole

    1re partie

    Lorsque Nawel ouvre sa boîte mail, ce matin-là, elle est surprise de trouver un courrier qui ne lui est pas destiné.
    “À destinataire inconnu”. Elle décide de ne pas le lire. Elle a encore en tête, un courrier où un avocat lui proposait de lui donner 20% d’un héritage. Une affaire en or avait-elle pensé en riant. Il ne doit pas être plus avocat que moi.
    Elle est infirmière dans une polyclinique à l’est du pays. Avant de s’y rendre, elle se connecte. Elle a de la famille en Hollande et en Suisse. Elle est heureuse de pouvoir les joindre à tout moment de la journée et de la nuit. Lorsqu’elle est au travail, son fils Lyès, diplômé en biologie, au chômage, passe tout son temps à discuter avec ses amis via Internet.
    C’est lui qui la met au courant des nouvelles de la famille. Mais après quelques frayeurs, elle lui a interdit de l’appeler au travail. Elle ne veut pas être perturbée. Elle n’a pas besoin de mauvaises nouvelles. Elle veut se concentrer et s’occuper des malades, prêter une oreille à ceux qui ont besoin de se confier.
    Elle est au courant de tout. Elle sait qui se fiance prochainement, qui se marie, qui divorce. Elle est au courant des moindres querelles entre belle-mère et belle-fille, entre les voisins, les pourquoi, les comment ils en arrivent à s’accrocher verbalement avant d’en finir aux poings. Les gendarmes ont beaucoup de travail.
    Pas plus loin que la veille, une lycéenne avait été surprise par son frère avec son petit ami. Un rendez-vous innocent à l’origine d’une bagarre qui fera un blessé grave et une arrestation. Le petit ami a été hospitalisé après avoir reçu un coup à la tête. Huit points de suture et comme il a perdu connaissance, à deux reprises, il a été emmené à Annaba, pour y passer un scanner.
    Nawel espère qu’il n’y a rien de grave. Elle connaît les parents. Elle pense leur rendre visite, pour leur remonter le moral si elle en a le temps. Elle se prépare rapidement pour se rendre au centre de santé. Son mari, agent de sécurité, dans un hôtel-restaurant, est rentré à l’aube. Il dormait encore à son réveil. Elle décroche le téléphone, pour que personne ne vienne le déranger dans son sommeil. Si elle a besoin de les joindre, elle appellera son fils sur son portable.
    En général, quand elle appelle, c’est pour leur demander d’aller au marché ou d’acheter du pain.
    - Sbah el kheir, Nawel !
    - Kheir, répond celle-ci.
    - Est-ce que tout va bien ? lui demande la femme de ménage.
    - Pas comme je veux mais ça va, répond Nawel. As-tu nettoyé le cabinet du médecin ?
    - Oui.
    Comme celle-ci ne bouge pas, elle arrête de chercher dans son sac et la regarde.
    - Tu as besoin de quelque chose ?
    La femme de ménage, Nadia, semble hésiter à lui dire quelque chose.
    - Que se passe-t-il ?
    - Rien, enfin, rien de grave, commence Nadia. C’est au sujet de ton fils…
    - Mon fils, reprend Nawel en écarquillant les yeux. Quoi mon fils ?
    Nadia détourne les yeux. Nawel s’énerve car celle-ci prend tout son temps, pour la mettre au courant.

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  37. Artisans de l'ombre Dit :

    14eme partie

    Samir a toujours été un enfant sage, sans problème, même lorsqu’il était adolescent. Il devient, involontairement, la cause de l’insomnie de sa mère. Elle n’a rien dit à son mari ni à Boualem. Elle voit bien qu’il ne pense qu’à elle. Il allait devenir malheureux.
    Elle se sent impuissante. Elle le voit aller à son travail, l’âme en peine. Une peine qu’il traîne pendant des semaines.
    - Qu’adviendra-t-il de lui lorsqu’elle ne voudra plus de lui comme ami ?
    À ses yeux, une relation entre eux est impossible. Chaque soir lorsqu’il rentre, elle va aux nouvelles. Elle sait qu’en plus des blessures, elle a perdu son bébé.
    Elle est restée plus de trois semaines à l’hôpital. Fetouma est persuadée que maintenant que Nathalie n’a pas besoin de conseils, elle ne cherchera plus après lui.
    Elle se trompe. Les deux amis ont repris contact et, cette fois, Samir s’efforce de lui remonter le moral. Elle avait besoin de lui pour se remettre de ces épreuves.
    Lorsqu’elle l’invite à venir au Québec, il ne la prend pas au sérieux. Elle revient sur le sujet plusieurs fois et le presse d’avoir un passeport. Elle lui envoie une invitation et alimente son compte en banque en dollars. Elle tient à connaître celui qui a su l’aider à reprendre sa vie en main.
    Fetouma porte la main à son cœur lorsque son fils lui en parle. Il s’attendait à ce qu’elle soit réticente. Il la met devant le fait accompli. Pendant des semaines, elle l’a vu partir, pour deux ou trois jours, chez des amis. Sans savoir pourquoi. Il prétextait alors vouloir changer d’air.
    - Finalement, tu veux changer de pays ! soupire-t-elle.
    - Je pars juste pour un mois, dit-il pour la rassurer. C’est la chance de ma vie !
    - Pour toi, mais moi, ton père, on se retrouvera sans notre cadet, lui rappelle-t-elle en larmes. Tu comprends, moi, je ne veux pas que tu vives loin de nous !
    - Mais je reviendrai, promet-il. Wellah que je reviendrai…
    En fait, il est décidé et ce ne sont pas les larmes de ses parents qui l’empêcheront de partir. Son frère et sa belle-sœur sont les seuls à l’encourager et à lui souhaiter bonne chance.
    Samir débarque au Québec, le cœur lourd. Lorsqu’il pense à ses parents, il a le sentiment d’avoir été ingrat, d’avoir manqué à son devoir. Lui qui a toujours voulu vivre avec eux se retrouve involontairement loin d’eux. Il avait réellement l’intention de n’y passer que des vacances. Il voulait découvrir le pays, faire mieux connaissance avec Nathalie.
    Une jeune femme adorable que la vie n’avait pas épargnée. Peu de temps après son arrivée, elle perdra sa mère. Elle ne semblait pas trop affectée. Depuis des mois, elle la voyait souffrir et mourir lentement. En fait, la mort l’a soulagée.
    Samir voudra rentrer mais, en apprenant que son ami avait repris le cybercafé, Nathalie l’aidera à trouver un travail dans un établissement privé. Une occasion en or d’avoir une situation stable.
    Quelques mois après, il invitera ses parents. Ils resteront six mois. Le temps de bien connaître Nathalie qui les adoptera vite. Ils gardent un bon souvenir d’elle.
    Quatre années ont passé depuis. Samir et Nathalie se sont mariés et ont une fille. Venus en visite au printemps, Samir confiera que “la bouteille jetée à la mer” est tombée entre de bonnes mains…

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  38. Artisans de l'ombre Dit :

    2eme partie

    -Pourquoi hésites-tu ? Qu’a fait mon fils ? Que sais-tu que j’ignore ? l’interroge Nawel.
    - On dit qu’il télécharge des films qu’il revend aux jeunes du village, dit Nadia, voyant qu’elle commençait à s’impatienter.
    - Et alors ? s’écrie la mère. S’il a trouvé un moyen de se faire de l’argent de poche. Où est le mal ?
    - Oui, il n’y aurait eu aucun mal si les films étaient visibles en famille, insiste Nadia.
    - Tu… tu insinues que ce sont des films interdits ?
    - Oui.
    - Qui te l’a dit ? Que je sache, tu n’as pas d’enfant ? se rappelle Nawel.
    - En effet, je n’en ai pas mais, mon mari a eu l’occasion d’acheter un CD gravé. C’est ton fils qui le lui a vendu, dit la femme de ménage. C’est aussi lui qui m’envoie… Il ne tient pas à ce que ton fils finisse mal.
    Nawel la remercie et lui tourne le dos.
    - Mais dans le fond, c’est compréhensible, se permet Nadia. Son père travaille dans un hôtel, on dit ?
    - Et alors ? Il n’y a pas de sot métier, réplique Nawel, en se tournant d’un coup. Il ne vole pas, il ne fait pas de chantage. Il n’y a rien de criminel dans son travail ! Agent de sécurité…
    - Oui, mais avec ce qui circule comme drogue dans son milieu…
    - Merci, Nadia. J’en ai assez entendu !
    - Je répétais juste ce qui se dit, insiste la femme de ménage.
    Nawel secoue la tête.
    - À partir d’aujourd’hui, je ne veux plus te parler…
    La femme de ménage fronce les sourcils. Elle ne comprend pas.
    - Normalement, tu devrais me remercier ! J’ai attiré ton attention sur les activités cachées de ton fils !
    - Je t’ai remerciée ! Laisse-moi maintenant. Ferme la porte derrière toi !
    Nawel a le cœur qui bat à tout rompre. Elle sort une serviette en papier et s’essuie les mains devenues toutes moites. Elle s’efforce de respirer calmement. Elle pense à ce qu’elle vient d’apprendre. Elle est sous le choc. Elle n’y croit pas. Elle ne veut pas y croire.
    Elle connaît bien son fils. Il ne se prêterait pas à ce jeu stupide. Où était-elle trop occupée pour s’en rendre compte ?
    Elle espère que ce sont des accusations gratuites. Elle ne supporterait pas. Elle sort son portable et s’apprête à appeler Lyès. Mais elle se ravise. Il n’est pas encore huit heures. Elle ne veut pas le réveiller. Et si elle le convoque tout de suite, comme elle travaille toute la journée, elle lui donnera l’occasion de tout effacer. Elle veut vérifier qu’il n’y a rien, dans le PC. Rien d’interdit, rien de choquant…

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  39. Artisans de l'ombre Dit :

    3eme partie

    -Kayla, peux-tu rester au bureau ?
    Il est plus de midi et, d’habitude, Nawel ne rentre pas déjeuner chez elle. Mais ce n’est pas une journée ordinaire. Elle ne tient plus en place. La discussion qu’elle a eu avec Nadia l’a complètement perturbée. Elle veut rentrer à la maison, à l’improviste, pour mieux surprendre son fils. S’il est connecté, elle aura le temps de jeter un coup d’œil à l’historique. Avant qu’il ait l’idée de l’effacer. Elle se demande pourquoi elle n’a jamais songé auparavant à le faire. Elle a toujours eu confiance en son fils. Si elle découvre que c’est vrai, elle ignore si elle pourrait contenir sa colère.
    S’il y a bien une chose qu’elle ne supporte pas, c’est qu’on se moque d’elle. S’il a fait ses petites affaires sous son nez sans qu’elle s’en rendre compte, elle ne se le pardonnera pas.
    Les rumeurs vont vite au village. Lyès le garçon respecté de tous sera montré du doigt. Elle n’en supporte pas l’idée.
    - Kayla, juste pour la pause déjeuner, insiste-t-elle auprès de sa collègue.
    - Écoute, pourquoi tu ne déjeunes pas ici comme d’habitude ?
    Nawel est contrainte de mentir.
    - J’ai laissé Lyès, fiévreux, dit-elle. Je vais juste m’assurer qu’il n’a pas d’autres symptômes !
    - Va, mais pas plus d’une demi-heure !
    Elle la remercie et part chez elle. Son mari dort encore. Lyès est réveillé. Elle le trouve dans la cuisine en train de préparer le déjeuner.
    - Bonjour maman ! Ça va ?
    - Oui. Il y a un reste de poulet au frigo, lui dit-elle. Tu pourrais le réchauffer.
    - Oui. Tu déjeunes avec moi ?
    - Non, répond-elle. Je n’ai pas faim.
    En fait, la nouvelle apprise par la femme de ménage lui a coupé l’appétit. Elle a l’habitude de déjeuner mais en cet instant, elle a comme une boule dans la gorge. Elle pose son sac et se serre un verre d’eau tout en regardant son fils. Il surprend son regard et lui sourit.
    - Ça va, maman ? Tu me parais soucieuse, remarque-t-il.
    - Non, juste la fatigue. Je vais voir si j’ai des nouvelles de tes oncles, dit-elle. Tu es connecté ?
    - Oui. Je suis en train de télécharger de la musique, lui apprend-il. Tu me préviens quand c’est fini ?
    - Pas de souci.
    Elle va au salon où le PC trône dans un coin. Lyès n’a pas menti. C’est bien de la musique qu’il télécharge. Elle ouvre tous ses dossiers et tombe sur un fichier films. Plusieurs séries qu’il a copiées. Elle a eu déjà l’occasion de les voir, les soirs où la télévision n’était pas intéressante. Il y a de nouveaux titres mais ils ne lui disent rien. Elle n’y touche pas. Un jour, elle prendra le temps de les visionner.
    Lyès la rejoint et elle les lui désigne du doigt.
    - C’est quoi ?
    - De nouveaux films. En version original… en anglais, précise-t-il. Ils sont sous-titrés, mais les acteurs vont vite et on n’a pas le temps de lire qu’ils passent à autre chose !
    - Je pourrais les voir ?
    Lyès semble surpris par la question.
    - Mais oui maman ! Si je les ai copiés, c’est pour qu’on les regarde.

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  40. Artisans de l'ombre Dit :

    4eme partie

    -N ous seulement ou en fais-tu profiter aux autres ?
    Lyès secoue la tête. Un sourire au coin de la bouche, il regarde sa mère, surpris.
    - Je copie certains, pour des copains, réplique-t-il. Moi, j’ai la chance d’avoir Internet. Mais les autres, ils n’ont pas de pc ou de connexion !
    - Bien sûr ! Sur cd ou sur un autre support ?
    - S’ils ont une clef, c’est tant mieux, sinon, ils m’achètent des cd vierges, répond le jeune homme. Tu ne vois pas de problème à ce que je rende service ?
    - Tu le fais gratuitement ?
    Lyès se redresse, se rendant compte qu’elle n’a pas cessé de l’interroger. Et il y a ces sourcils froncés et ces lèvres pincés.
    - De temps à autre, répond-il. Pour avoir un peu d’argent… Je ne peux pas passer mon temps à attendre que toi ou papa m’en donne !
    - Est-ce que tu en as fait ta principale activité ?
    - Non ! s’écrie le jeune homme. Mais je pourrais le faire… Il n’y a rien de criminel !
    Ça dépend du film ! S’il est interdit, s’il a des scènes… inchoufables ! Comprends-moi mon garçon ! Je ne veux pas que les gens croient que tu veuilles débaucher les jeunes !
    - Maman ! Je ne fais rien de mal, se défend Lyès. Si je copiais des films inchoufables, tu peux être certaine qu’ils ne le diront pas et qu’ils ne les laisseront pas traîner !
    - Oui mais ça parle ! Sinon comment aurais-je été au courant ? lui demande-t-elle.
    - Je ne sais pas. Mais je te jure que je copie seulement des films d’action, des séries très demandées, insiste le jeune homme. Regarde-les tous, tu verras qu’il n’y a aucun dépassement ! Rien d’inchoufable… wellah !
    Nawel se lève. Elle veut bien le croire, mais le fait que ce soit la femme de ménage qui le lui ait appris et non lui la laisse douter.
    Elle veut bien qu’il rende son temps utile et qu’il ait sa propre rentrée d’argent, mais elle aurait voulu que ce soit lui qui lui ait appris la nouvelle. Elle ne serait pas en train de se demander que faire. Lui permettre de poursuivre son activité ou lui interdire d’approcher le pc. Mais elle craint sa réaction. Son fils n’est plus un enfant mais un jeune homme de vingt-quatre ans. Dont elle ignore beaucoup de choses…

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  41. Artisans de l'ombre Dit :

    5eme partie

    -Mais qu’est-ce qui t’as mis dans cet état, ton fils est vraiment souffrant ?
    Nawel s’efforce de sourire à Kayla.
    - Il a dit aller mieux, répond-elle. Mais je ne le crois pas… Il se voulait rassurant, trop même !
    - Il ne voulait pas que tu t’inquiètes !
    - Oui. Je le pense aussi.
    Nawel remet sa blouse blanche puis va voir la salle d’attente. Il y a juste des jeunes filles en train d’attendre le retour du médecin. C’est l’heure de la pause déjeuner.
    - C’est pour une auscultation ?
    - Oui.
    Nawel retourne à la salle de soins et se met à faire l’inventaire de la pharmacie. Elle prend note des produits manquants. Mais elle ne cesse de penser à son fils, à la découverte du jour.
    Elle n’en revient toujours pas qu’il ait pu le faire sous leur nez. Ni elle ni son mari ne s’en étaient aperçu. Sans la femme de ménage, elle serait encore dans l’ignorance.
    Elle regrette d’avoir été dure avec elle. Lorsqu’elle la reverra, elle lui présentera ses excuses. Nadia n’avait pas voulu médire sur son fils. Elle lui a juste rapporté ce qui se dit. Aucun mal, dans le fond.
    Nawel, sur-le-champ, l’avait mal pris. Elle avait mal réagi. Elle aurait dû garder son calme.
    - Quelque chose ne va pas ?
    Kayla a remarqué qu’elle était perdue dans ses pensées.
    - Si tu crois que ton fils est vraiment malade, pourquoi tu ne l’envoies pas chez un médecin ?
    - Il refuse. Il a horreur d’aller chez le médecin, lui apprend Nawel. Sache que si je le pouvais, je l’y entraînerais de force ! Mais c’est un jeune homme !
    - Allah ibarek ! Tu n’as qu’un seul fils ?
    - Oui.
    - Pourquoi n’as-tu pas eu d’autres enfants ?
    Nawel hausse l’épaule. Elle a un sourire amer.
    - Je ne pouvais plus en avoir, répond-elle. J’ai eu des soucis de santé et lors d’une intervention, le chirurgien avait décidé de ligaturer mes trompes ! Une erreur médicale…
    - Ah bon. J’ignorais tout ça, murmure Kayla. Tu m’excuseras, je ne voulais pas te rappeler de mauvais souvenirs !
    - Ce n’est rien. Ce sont de vieux souvenirs…
    Qui au fond de son cœur la font encore souffrir. Plus qu’elle ne voudrait l’admettre !

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  42. Artisans de l'ombre Dit :

    6eme partie

    -J e comprends pourquoi tu trembles autant pour lui ! murmure Kayla en posant une main sur son épaule. Tu sais, tu peux retourner à son chevet, je te couvrirai !
    - Non, non ! C’est bon…
    Mais Kayla est décidée à la renvoyer chez elle.
    - Je termine tout ! Fais-moi plaisir et rentre chez toi !
    - Tu sais, ce n’est plus un bébé, réplique Nawel, très touchée. Je te savais sensible mais pas au point de me permettre de m’absenter une grande partie de la journée !
    - Fais ce que je te dis, insiste la collègue en lui prenant le stylo et le bloc-note. Allez, barra !
    - Puisque tu insistes.
    Nawel ne tarde pas. Le temps de mettre sa veste et de prendre son sac à main, elle rentre chez elle. Lyès, surpris par son retour, lâche le cendrier qu’il tenait.
    - Maman ! Tu es déjà de retour !
    Nawel hoche la tête, tout en scrutant l’expression de son visage. Il semble pris en flagrant délit. Il tourne la tête vers le salon d’où des murmures leur parvenaient.
    - C’est quoi ? demande Nawel, en tendant l’oreille alors qu’il devient livide.
    - Je…
    Devant son hésitation, elle lâche son sac et se dirige vers le salon. Son fils l’en empêche en lui barrant le chemin.
    - Écoute, maman… Je dois te parler avant. Il faut que je t’explique…
    - M’expliquer quoi ? l’interrompt-elle, en s’emportant. Tu veux gagner du temps, pour te trouver de bonnes excuses !
    - Non, ce n’est pas ce que tu crois.
    - Alors, pousse-toi !
    Lyès la saisit par les bras mais elle se dégage et le pousse sans ménagement. Elle entre au salon. Elle avait bien deviné. Son fils s’était connecté. Les murmures filtraient du casque qui leur permettait de discuter de PC à PC ou d’écouter de la musique sans gêner.
    Les mains tremblantes, elle le saisit et le porte à la tête. Elle n’a pas encore vu l’écran. Ce dernier est tourné de façon à ce que personne ne puisse le voir en entrant dans le salon. Le cœur battant à tout rompre, elle contourne le bureau et là, elle se fige…
    - Allah ou Akbar ! murmure-t-elle, alors que Lyès la rejoint, rouge comme une tomate, les yeux brillants de colère ou de larmes contenues.
    - Pourquoi tu ne m’as pas écouté ? Pourquoi faut-il toujours que tu veuilles tout savoir, tout voir ?
    Nawel s’affale dans le fauteuil et retire le casque. Elle se prend la tête entre les mains et regrette de ne pas l’avoir écouté.

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  43. Artisans de l'ombre Dit :

    7eme partie

    Nawel, le cœur battant à tout rompre, se lève. Elle est rouge de colère. Jamais elle ne se serait doutée.
    - Depuis quand ? lui demande-t-elle.
    Lyès détourne la tête.
    - Je ne veux pas te répondre, réplique-t-il. Tu n’as pas à savoir.
    Nawel se tourne les mains en l’air.
    - Tu peux avoir toutes les filles que tu veux mais pourquoi celle-là ? Depuis quand ?
    - Maman, je ne veux pas avoir toutes les filles mais uniquement celle-là ! Je ne pouvais pas te parler d’elle parce que tu ne l’aimes pas… Pourquoi tu ne veux pas d’elle ?
    Nawel n’en revient pas. Il aurait pu choisir une autre fille. Il sait qu’elle ne la supporte pas. Sa nièce est un vrai papillon et tous ceux qu’elle a fréquentés ne se sont jamais remis de leur rupture.
    Le prochain cœur à être brisé sera celui de son fils. Et elle lui en veut d’être tombé dans le piège de sa cousine.
    - Je n’ai pas à te rappeler combien de cœurs elle a brisé avant de s’attarder sur le tien, réplique-t-elle. Je ne veux pas d’elle !
    - C’est moi qui décide avec qui je ferai ma vie, insiste Lyès. Assia et moi, on est décidé ! Alors, à toi de t’y faire !
    La mère ne peut s’empêcher de lancer un youyou qui réveille son mari.
    - Maman !
    Zoheir les rejoint dans le salon, les yeux gonflés.
    - Mais qu’est-ce qui vous arrive ? On doit vous entendre depuis le rez-de-chaussée !
    Lyès baisse la tête. Il voudrait quitter le salon mais son père lui fait signe de s’asseoir.
    - Expliquez-moi ce qui se passe ici !
    - Rien, souffle le jeune homme.
    - Alors pourquoi ta mère a crié ? Pourquoi elle a lancé un youyou ? Tu vas te marier ?
    - Non.
    - Alors qu’est-ce qui se passe ?
    Zoheir regarde sa femme qui est en train d’éteindre le PC. Elle ne veut pas le mettre au courant tout de suite. Elle espère que son coup de colère le ramènera à la raison.
    - Alors, qu’est-ce qui se passe ?
    - Je m’excuse, je n’aurais pas dû crier, dit-elle. Je me suis emportée pour rien.
    _C’est quoi “ce rien” ? Vous me réveillez avec vos cris et maintenant tu affirmes que ce n’est rien, réplique Zoheir. Je veux des explications et maintenant !
    Lyès risque un coup d’œil vers sa mère. Il semble la prier de ne rien dire.

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  44. Artisans de l'ombre Dit :

    8eme partie

    -Voilà, j’ai découvert… j’ai appris que notre fils se faisait de l’argent en copiant des films, lâche-t-elle.
    - C’est vrai ?
    Zoheir les regarde tour à tour. Lyès hoche la tête. Il n’ose pas regarder son père.
    - Et où est le mal ? demande-t-il à sa femme.
    - D’après… d’après une connaissance, ce sont des films interdits, répond Nawel. J’ai piqué une colère en l’apprenant. Je ne supporte pas le fait de ne pas avoir été mise au courant !
    - Si ce sont les films qui sont répertoriés dans le pc, il n’y a rien d’immoral ni d’interdit ! dit Zoheir. S’il a trouvé le moyen d’avoir son propre argent de poche sans risquer sa vie, rien ne l’empêche de continuer !
    - C’est vrai ? demande Lyès. Tu vois, maman, il n’en fait pas tout un plat !
    - Mais ce n’est pas une raison pour avoir d’autres secrets !
    Le jeune homme soupire et sourit.
    - Plus jamais, promet-il. Si vous n’avez plus rien à me reprocher, je voudrais sortir !
    - Tu peux y aller !
    Nawel le voit ramasser les débris du cendrier, nettoyer le sol avant de prendre sa veste et sortir.
    - Tu prends un café ? propose-t-elle à son mari.
    - Oui, prépare-le, le temps que je prenne une douche !
    Dix minutes plus tard, Zoheir la rejoint à la cuisine. Elle lui sert un bol de café et coupe des tranches de cake. Elle se sert une tasse de café. Son mari remarque qu’elle est toujours contrariée.
    - Lyès ne fait rien de mal, dit-il, croyant que son activité en est la cause. Et il ne peut pas censurer les scènes chaudes dans les films ! Ce n’est pas dans ses cordes.
    - Oui, mais imagine ma surprise quand je l’ai appris ! rétorque-t-elle. On ne sait même pas depuis quand il vend ces films !
    - Il se doutait bien que tu ne sauterais pas de joie, remarque-t-il. Tu dois être plus tolérante ! C’est un jeune homme, lui rappelle-t-il. Il n’a pas à demander l’autorisation pour faire ce qu’il veut !
    - Peut-être ? Mais il peut faire de mauvais choix et en souffrir, dit Nawel. Il est mon unique enfant et je ne veux pas qu’il finisse mal.
    - Tu penses toujours au pire, lui reproche son mari. Cesse de t’angoisser pour rien ! C’est un garçon alerte, il ne lui arrivera pas malheur ! Allah garde un œil protecteur, sur lui, sur notre famille !
    Il lui serre la main comme pour lui communiquer sa sérénité. Elle voudrait bien être comme lui, détendu et prenant les choses à la légère. Comme elles viennent, sans voir les complications.
    - Tu as besoin de quelque chose ?
    - Il n’y a plus de fruits.
    - J’en apporterai tout à l’heure !
    Nawel attend qu’il soit parti pour allumer le PC. Elle espère que sa nièce est encore connectée. Elle voudrait la remettre à sa place.

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  45. Artisans de l'ombre Dit :

    9eme partie

    “Tu ne me laisses pas le choix, mon fils !” pense Nawel en utilisant pour la première fois le compte personnel de son fils. Elle l’ouvrait avec le sentiment de bien faire. En fait, elle aurait voulu ne jamais le faire. Elle ne veut pas de cette peste, dans la vie de son fils. Elle n’est pas surprise de ne pas la trouver connectée.
    - Peut-être qu’elle s’est mise en invisible, suppose Nawel en se mettant à lui écrire un message. Elle ne lui cache pas ses sentiments. Elle lui demande de rompre sans délai et sans qu’elle dise à Lyès qu’elle en est la cause. Elle n’hésite pas à la menacer. Elle est prête à utiliser tous les moyens pour se débarrasser d’elle. Elle n’a qu’un fils et elle la juge indigne de lui.
    Si lui est ensorcelé par sa beauté, ce n’est pas son cas. Sa nièce aurait pu trouver une autre victime. Pourquoi a-t-il fallu qu’elle pose les yeux sur son fils ?
    Elle la sait à la fac. Elle fréquente d’autres étudiants alors pourquoi ne va-t-elle pas s’amouracher de l’un d’eux ?
    Après avoir envoyé le message empoisonné, elle ne ferme pas la messagerie instantanée. Elle ouvre sa boîte mail et ouvre le mail envoyé par un inconnu.
    Il s’appelle B. Chabane et son mail ne lui est pas destiné. Il s’adresse à Kahina. Un rendez-vous professionnel.
    Nawel décide de lui écrire. Pour le prévenir que le mail ne lui est jamais parvenu. Moins de deux minutes après, B. Chabane lui répond. Il la remercie pour son geste. En fait, sa collègue attendait son mail. Il demande à discuter avec elle.
    Comme elle n’a rien d’autre à faire et qu’elle a envie de se changer les idées, elle accepte.
    B. Chabane ne se cache pas. Il a branché sa webcam et elle peut voir quelques secondes, plus tard, un brun au visage sympathique. Il doit avoir la cinquantaine.
    “Je suis marié et père de trois enfants ! L’aîné Safir est grand. Il conduit sa mère au travail et ses sœurs à l’école. Pour que je n’arrive pas en retard au bureau. »
    Nawel, qui est encore très perturbée par ses découvertes, trouve qu’elle n’a personne pour l’aider.
    “Je me sens seule et impuissante. Aujourd’hui, j’ai connu deux déceptions.”
    “Tu n’es pas seule, lui écrit-il. Allah t’accompagne et t’aidera à supporter ces épreuves. Car ces déceptions le sont.”
    “Je me serais bien passée de ces épreuves”, écrit-elle en essuyant ses larmes. “Je me sens à bout.”
    “Garde la foi, écrit-il plusieurs fois. Allah n’abandonne pas ces créatures. Est-ce que tu pries ?”
    La question la surprend. Elle prend son temps, pour y répondre.
    “Non. Je suis croyante mais pas pratiquante.” Elle donne ainsi l’occasion, à B. Chabane de lui raconter une partie de sa vie. Comment, lui, un voyou bagarreur, ivrogne avait trouvé la foi.

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  46. Artisans de l'ombre Dit :

    10eme partie

    “J’avais presque trente ans. J’étais loin d’être un fils modèle. Je passais le plus clair de mon temps à traîner dans les bras et aux bras de filles de joie. Je n’écoutais plus mes parents ni mes amis.
    En fait, mes amis étaient ceux qui voulaient bien m’offrir une bière ou deux, les jours où j’étais fauché. Il m’arrivait de ne pas rentrer à la maison pendant des jours.”
    - Vous êtes toujours alcoolique ? demande Nawel.
    - Non.
    Et B. Chabane se met à lui raconter :
    - Un jour, alors que je faisais une sieste, il m’a semblé avoir été piqué. Je m’étais réveillé en sursaut et je cherchais sur mon lit ce qui pouvait bien m’avoir piqué. Il n’y avait rien. Ni sur le lit ni sur le sol. Je m’étais levé et j’ai secouais le drap. Rien…
    Je regardais mon épaule où j’avais été piqué, et là, j’ai vu quelque chose d’incroyable. Il était écrit Mohamed.
    Je frottais fort et le nom du Prophète était toujours là. Je m’assurais que je ne rêvais pas. Pris d’un tremblement nerveux, je mettais ma chemise et courrais trouver mes parents pour leur montrer.
    J’étais en sueur et tremblant comme un enfant. Ma mère avait regardé, mon père aussi.
    - Tu n’as rien, m’avaient-ils dit.
    Je regardais à mon tour et je n’en revenais pas. Il n’y avait plus rien sur mon épaule.
    - Je vous jure qu’il y avait quelque chose d’écrit !
    - Moi, je ne vois rien, avait dit ma mère, avant d’ajouter sûrement que tu es encore ivre ! Tu me fais honte…
    - Va prendre du café !
    Mais je n’en voulais pas. J’étais bien réveillé et je m’étais remis de la cuite de la veille. Je n’avais pas halluciné. Je ne l’avais pas imaginé cette douleur. Je l’avais ressentie dans ma chair, si profondément que j’avais cru être piqué par un serpent.
    Mais mes parents n’étaient pas disposés à me croire. Moi, au fond, la peur était encore là. J’en tremblais. Pour la première fois de ma vie, j’avais peur.
    En travaillant comme videur, j’avais souvent été confronté aux bagarres. J’avais parfois usé de la force, pour que certains clients s’acquittent de leurs dettes. Plus d’une fois, j’avais pris des coups, mais jamais je n’avais ressenti cette douleur.
    Le nom du Prophète écrit sur mon épaule m’avait perturbé. Je n’étais pas superstitieux. Mais le souvenir me donne encore la chair de poule…

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  47. Artisans de l'ombre Dit :

    11eme partie

    Nawel a la chair de poule. Elle l’écoute sans l’interrompre. Jamais elle n’a entendu parler d’un phénomène de ce genre. Juste dans les rêves, juste dans les films de science fiction.
    En fait, elle a horreur de la science fiction. Elle aurait mis sa parole en doute mais elle voit combien ses souvenirs le bouleversent. Ces yeux sont larmoyants.
    - J’ignore comment mais, depuis, je me suis intéressé à la vie du Prophète Mohamed, QSSL, puis à notre religion. Je réalisais que j’étais passé à côté de l’essentiel.
    - C’est arrivé comme ça ?
    - Wallah. C’est comme si cette piqure m’avait ouvert les yeux. J’avais changé. Je m’étais mis à prier à la surprise de ma famille. Je m’étais aussi trouvé un travail qui n’a rien à voir avec le monde de la nuit.
    - J’ai du mal à le croire, écrit Nawel. On ne change pas dans le fond.
    Mais B. Chabane secoue la tête en se frappant la poitrine.
    - J’en suis la preuve vivante. Il y a eu une transformation subite et la seule explication que j’aie, c’est que depuis que je suis devenu pratiquant, je ne pense qu’à faire le bien autour de moi !
    - Rien ne me le prouve ! écrit Nawel. Je ne crois pas qu’après avoir été nourri de bière, on puisse s’en passer !
    - Je me suis marié et je suis père de trois enfants ! Si avant, je ne prenais pas soin de mes parents, maintenant ils vivent avec moi !
    Nawel fait la moue. Elle a du mal à le croire. Il peut avoir changé mais pas aussi radicalement. Cette discussion la laisse pensive.
    - Tes parents vivent vraiment avec toi ?
    - Wallah, ils habitent au rez-de-chaussée et moi au premier, avec ma petite famille. On mange ensemble, on fait tout ensemble et jamais je ne prends de décision, sans avoir eu leur avis !
    - Donc, à t’écouter, la “piqure” t’a transformé. Elle t’a permis de recommencer ta vie, remarque-
    t-elle. Cela a dû soulager tes parents.
    Nawel fait une pause. Elle pense à son fils et à sa nièce. Elle a envie de pleurer. Elle a envie de se confier. Mais elle hésite.

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  48. Artisans de l'ombre Dit :

    12eme partie

    Pourtant, elle finit par céder à son envie. Elle a besoin de raconter, d’avoir un avis neutre.
    “Aujourd’hui, j’ai découvert que ma nièce et mon fils ont une relation. Ma nièce est tout sauf une fille à fréquenter. Elle a passé ses années de lycée et de la fac à collectionner les cœurs brisés…”
    “Mais si elle tient à lui, sincèrement, elle ne le brisera pas. Elle en prendra grand soin, j’en suis sûr !” “Son passé me prouve le contraire. Tout à l’heure, je lui ai envoyé une lettre de menace. Je ne suis pas fière de ce que j’ai fait, écrit-elle. Mais elle ne me laisse pas le choix !”
    - Tu n’aurais pas dû, lui reproche-t-il. Ton fils va t’en vouloir et votre relation risque d’en prendre un coup. S’il tient à cette fille, il n’hésitera pas à choisir entre elle et sa famille.
    - J’espère que cela n’arrivera pas, écrit-elle. Je ne veux pas perdre mon fils ! Je ne veux pas assister à sa souffrance. Je ne veux que son bonheur !
    Et si son bonheur est auprès d’elle ?
    Nawel n’accepte même pas l’idée. Et sa nièce ne vit pas ici, mais en France. Si elle les encourage, il partira car elle connaît trop bien Assia et celle-ci ne voudra jamais vivre au bled. Elle ne vient qu’une fois par an et juste pour deux ou trois semaines. Elle la voit mal vivre avec eux. Nawel ne peut pas s’imaginer vivre sans son fils. Elle en tremble alors que le problème ne se pose pas.
    - Elle ne peut pas faire son bonheur, juste son malheur ! Il suffit de regarder les archives et je ne crois pas qu’elle puisse même se rendre heureuse !
    B. Chabane tente encore de la raisonner.
    - Je suis la preuve vivante qu’on peut changer, insiste-t-il. Avant, j’allais d’un bar à autre, d’une femme à une autre, et depuis le jour où j’ai réalisé que je me gâchais la vie, j’ai changé. Elle aussi peut changer ! Donne-lui une chance !
    - Non, je ne lui donnerai pas l’occasion de briser la vie de mon fils ! Il est tout ce que j’ai !
    B. Chabane pose une question qui la laisse pensive un long moment.
    - Et ton mari, qu’en pense-t-il ? Est-il d’accord avec vous ?
    Zoheir a toujours soutenu Lyès. Elle se l’imagine mal lui refuser de se marier avec Assia. En fait, Assia charme tous ceux qu’elle approche. Sauf elle et toutes les mères qui ont vu leurs fils, rentrés dégoûtés de la vie, brisés à jamais…

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  49. Artisans de l'ombre Dit :

    13e partie
    troisième CHAPITRE

    -Si tu te tournes vers Allah, si tu pries, rien de mal ne vous arrivera. Seule la Protection d’Allah peut vous éviter les souffrances. Pries, pries. Lis le Coran. Tu trouveras la paix intérieure. Cela t’aidera à pardonner, à tolérer et à respecter les autres.
    - Tous mais elle, je ne le pourrais jamais !
    - Il le faudra bien. Si ton mari donne raison à ton fils, tu risques d’avoir le mauvais rôle pour la vie, insiste B. Chabane. Même si tu voudras rectifier le tir, tu ne le pourras pas. Laisse ton fils tranquille. Ne lui mets pas la pression. Si elle est aussi mauvaise que tu le dis, il finira par s’en apercevoir.
    - Inch’Allah, Inch’Allah !
    - Mets-toi à prier, tu verras qu’Allah entendra tes prières.
    Nawel ferme les yeux.
    - Promets-moi de le faire .
    - Oui, un jour…
    - Pourquoi ce blocage ?
    - J’ai toujours voulu prier. Un jour, je prierai.
    B. Chabane semble satisfait.
    - On discutera une autre fois. Inch’Allah que tu finiras par trouver la paix comme moi.
    Nawel le voudrait tant. Depuis ce matin, elle a l’impression qu’elle a des palpitations et des bouffées de chaleur. Lorsqu’elle ferme la boîte de discussion, elle tombe sur un mail envoyé par Assia. “Je ne veux que son bonheur.”
    Elle a envie de lui répondre mais Lyès est de retour.
    - Papa est là ? demande-t-il alors qu’elle éteint vite l’ordinateur pour qu’il ne voie pas les messages.
    - Non.
    Le jeune homme semble soulagé.
    - Tu ne lui diras rien, n’est-ce pas ?
    - Non, répond-elle calmement, décidant de suivre les conseils de B. Chabane. Quand tu voudras.
    - Maman, je ne voulais pas te contrarier. Je savais que tu ne la portes pas dans ton cœur et c’est pourquoi je ne t’avais rien dit.
    - Tu feras ta vie avec celle qui te comblera de bonheur. Tu as raison, je n’ai pas le droit de choisir pour toi, dit Nawel, même s’il lui en coûte. Je te demande pardon !
    - Non maman, ne dis pas ça ! Je n’ai rien à te pardonner !
    - Si, j’insiste, murmure-t-elle les yeux larmoyants. Je prie pour que tu me pardonnes. Tu es mon unique enfant et je ne veux pas te perdre !
    Lyès va la prendre dans ses bras, la secouant un peu.
    - Tu ne me perdras pas ! Je serai toujours là, pour toi et papa !
    Nawel prie pour qu’il en soit ainsi. Elle reconnaît que déclarer la guerre n’aurait rien apporté de bon. Elle espère qu’Assia ne lui dira pas pour son message. Elle décide de se fier à Dieu. Si sa nièce se joue de ses sentiments, il finira par le découvrir. Et ce jour-là, elle sera là pour le réconforter. Elle prie pour qu’il ne s’investisse pas trop dans sa relation. Elle ne supportera pas de le voir souffrir…

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  50. Artisans de l'ombre Dit :

    14e partie

    troisième CHAPITRE

    La discussion qu’elle a eue avec B. Chabane lui a ouvert les yeux sur le plus important. Elle doit préserver son fils du mal. Si elle est en conflit avec lui, elle ne le pourra plus. Elle ne se joue pas de lui. Elle était sincère lorsqu’elle lui a demandé pardon. Elle s’est jurée de ne plus céder à la tentation. Il a le droit de choisir.
    Quelques jours après, elle se met à prier et à lire le Coran, à la surprise de sa famille et de ses collègues. Elle ne rate pas ses prières.
    - On te savait croyante et craignant Allah mais à ce point ! dit Kayla. Que s’est-il passé ?
    - J’ai presque cinquante ans et je ne vois pas pourquoi vous êtes étonnés !
    - Ton fils va mieux ? On dit qu’il revend des films sur CD !
    - Oui, si tu veux un film en particulier, fais-le moi savoir ! dit Nawel. Il occupe son temps intelligemment en attendant de trouver du travail !
    - Il y a un nouveau laboratoire en ville. Tu devrais lui dire d’y déposer sa candidature ! Le laboratoire est à un parent de ma belle-sœur ! Si tu veux, je lui demanderais de lui parler pour ton fils !
    - Tu le ferais ?
    - Bien sûr ! Cela évitera à ton fils des soucis ! C’est interdit…
    - Je ne crois pas mais je te serais reconnaissante toute ma vie, s’il arrive à avoir ce poste !
    - Un plateau de gâteaux et je te conclus l’affaire !
    - Tout ce que tu voudras !
    Kayla tiendra sa promesse. Elle ira parler au propriétaire du laboratoire en compagnie de sa belle-sœur. Lyès se présentera le lendemain avec un dossier.
    Il commencera à travailler, le mois suivant, au grand bonheur de ses parents. Nawel prépare un déjeuner où elle convie toute la famille et les amis. El waada qu’ils ne sont pas près d’oublier !
    Lyès est très ému. Devant tous, il s’adresse à sa mère.
    - Je te remercie maman. Tu es exceptionnelle !
    - Il n’y a rien d’exceptionnel, à savoir préparer à déjeuner pour une centaine de personnes, réplique-t-elle. Sache que le jour où tu te marieras, on louera un restaurant !
    - Pourquoi pas ? Cela risque d’arriver plus tôt que vous ne le croyez !
    - Inch Allah…
    Nawel sait que son frère et sa famille allaient venir en vacances, prochainement. Assia aussi. Voulait-il la préparer à leur mariage ?
    Elle lui sourit en lui faisant un clin d’œil. Assia ou une autre, tout ce qui importe pour elle, c’est son bonheur. Si elle n’est pas assez bien pour lui, il finira par le découvrir de lui-même…

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  51. Artisans de l'ombre Dit :

    15eme partie

    Dès l’arrivée de son frère et de sa famille au village, Nawel et Zoheir vont les voir pour leur souhaiter la bienvenue et aussi pour les inviter chez eux. Assia est là. C’est elle qui prépare le café et les gâteaux. Elle les sert et ne tarde pas au salon. Elle l’a regardée du coin de l’œil comme si elle la craignait.
    Nawel et sa belle-sœur Lina discutent de la cherté de la vie, des soucis que lui donnent ses garçons qui ont vite grandi. Au bout d’un moment, elle trouve un prétexte pour rejoindre Assia à la cuisine. Elle ne perd pas son temps pour lui dire ce qu’elle a sur le cœur.
    - Je m’excuse pour l’autre fois ! J’étais en colère et je réalise que j’ai été très dure. Si vous vous aimez, vous ne méritez pas d’être séparés, poursuit-elle. Je tiens au bonheur de mon fils !
    Assia fronce les sourcils et lui jette un coup d’œil.
    - C’est vrai ?
    - Oui. Je suis sincère avec toi. Tant que vous êtes heureux…
    La jeune fille paraît soulagée. Elle lui saute au cou.
    - Oh merci ! J’appréhendais notre rencontre ! Mais Hamdoullah ! Hamdoullah !
    Dans sa joie, elle est encore plus belle. Grande, brune aux yeux verts, la taille fine, elle a tout pour ne pas passer inaperçue. Elle a en plus une voix cassée comme si elle souffrait d’une angine. Une voix basse qui est mielleuse par moment. Nawel comprend que les garçons et les hommes tombent à ses pieds.
    Le dernier en date avec qui la relation dure est bien son fils. Peut-être que le papillon qu’elle a toujours détesté en sa nièce a trouvé sa moitié ?
    - Quoi que vous décidiez, sachez que je suis avec vous, dit Nawel. Et tu es la bienvenue à la maison !
    - Oh merci !
    Son frère Kamel et sa femme Lina les rejoignent à la cuisine. Ils ont fini de débarrasser la table.
    - De quoi parlez-vous ?
    - Elle me racontait qu’elle finira l’année prochaine ses études, dit Nawel. Mais en cette période de crise, ce sera difficile de se trouver un emploi !
    - Chaque chose en son temps, réplique Lina. Vous restez dîner ? leur propose-t-elle.
    - Non. Lyès va rentrer vers dix-huit heures. Il a pris certaines habitudes depuis qu’il travaille ! Il fait une pause avant d’aller voir ses copains ! Le soir, il se connecte…
    Assia sourit.
    - Est-ce que je pourrai utiliser l’ordinateur et me connecter ?
    - Oui, la rassure sa tante. Autant de fois que tu voudras…
    - Est-ce que je peux partir ? demande la jeune fille à ses parents. Je ne tarderai pas. Juste le temps d’envoyer des mails à mes copines et de leur raconter notre arrivée !
    Ses parents ne refusent pas. Assia part avec sa tante et Zoheir. Lyès n’est pas encore arrivé. Elle en profite pour se connecter et envoyer des messages. Lorsque Lyès arrive, elle ne cache pas sa joie.

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  52. Artisans de l'ombre Dit :

    16eme partie

    -Enfin ! s’écrie-t-il, fou de bonheur. Vous êtes bien arrivés ?
    Ils se font la bise sous le regard attendri de Nawel qui va à la cuisine, le temps de chercher du jus. Elle n’est pas surprise de les trouver dans les bras l’un de l’autre.
    - Un peu de retenue ! leur reproche-t-elle. Ton père peut vous surprendre !
    - Excuse maman ! Je suis si heureux.
    Ils vont au salon et s’assoient. Elle les regarde discuter et rire. Leurs regards amoureux ne trompent pas. Nawel ne peut s’empêcher de sourire. Ils sont jeunes et amoureux. Ils ont la vie devant eux.
    Son cœur se serre à la pensée qu’il puisse vouloir vivre en France. S’ils se marient et qu’il part, au village, les gens croiront qu’il l’a choisie pour pouvoir s’établir à l’étranger. Seuls ceux qui les connaissent sauront que c’est un mariage d’amour.
    - Si tu as fini avec le micro, je vais me connecter, dit-elle, ne voulant pas leur tenir la chandelle.
    - Oui.
    Nawel va s’installer derrière le micro. De là où elle se tient, elle peut les voir de profil. Elle tourne l’écran, pour ne pas les gêner. Elle sait qu’ils ne pourront pas se voir ailleurs vu qu’il n’y a pas de salon de thé familial. Et même s’il y en a un, les filles du village n’y entrent jamais. Leur rendez-vous a lieu loin d’ici. Là où elles peuvent passer incognito.
    - Assia, est-ce que j’enregistre ton adresse mail ?
    - Oui, répond la jeune fille. Merci !
    Nawel le fait puis ouvre sa boîte mail et lit ses messages. Elle n’est pas surprise lorsque B. Chabane demande à discuter avec elle.
    “Les deux tourtereaux sont sous mon nez, lui écrit-elle. Je suis heureuse pour eux. Je pense que leur histoire finira par un mariage !”
    “Quel bonheur, répond-il. Avec votre bénédiction, ils ne pourront qu’être heureux ! Et vous en paix, au fond de votre cœur et avec vos proches !”
    Nawel le remercie une nouvelle fois pour lui avoir ouvert les yeux sur l’essentiel. Puis elle se déconnecte. Elle va préparer à dîner. Lyès raccompagne sa cousine chez ses parents.
    - Je vais voir comment ils vont, dit-il.
    - Oui. Mais ne tarde pas, le prie sa mère.
    Elle comprend qu’ils aient envie d’être un peu seuls. Zoheir se prépare à partir au travail. Il remarque l’absence de la jeune fille.
    - Lyès la raccompagne.
    - J’aurais pu le faire. C’est sur mon chemin, remarque-t-il.
    Nawel secoue la tête.
    - J’ai complètement oublié. Tu restes dîner ?
    - Non. Je commence plus tôt que d’habitude, répond-il en prenant ses clefs. Bonne soirée !
    - Bon courage !
    Alors qu’il tire la porte derrière lui, elle soupire. Pourvu que Lyès et Assia ne traînent pas les pieds.

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  53. Artisans de l'ombre Dit :

    17eme partie

    -M aman ! Tu as vu comme elle a embelli ?
    Nawel secoue la tête en pinçant les lèvres.
    - J’ignorais qu’elle était belle, dit-elle.
    - Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Merci maman, ajoute-t-il en posant un bras sur ses épaules et la serre contre lui. Du fond du cœur !
    - Je ne veux que ton bonheur ! Je me suis trompée sur son compte !
    - Oui.
    - Assieds-toi, on va dîner !
    Le jeune homme l’aide à mettre la table et durant le dîner, ils ont l’occasion d’aborder le sujet qui lui tient à cœur.
    - Ils sont venus pour deux mois, lui apprend-il. À part mon oncle qui repart quinze jours avant eux !
    - Assia va supporter de rester au village, pendant tout ce temps ?
    - Oui. Il y a les visites de la famille, des amis et il y a les fêtes ! Elle va s’amuser. Elle ne trouvera pas le temps long !
    - Je l’espère.
    - Et puis, elle devra s’adapter, poursuit Lyès en souriant. Si on se marie un jour, on vivra ici !
    - Et si elle refuse ?
    - Pourquoi refuserait-elle ? On a notre appartement, on a toutes les commodités. On ne manque de rien, dit le jeune homme. Qu’ont-ils de plus là-bas ?
    - Le mode de vie est différent et tu sembles oublier que c’est en France qu’elle est née, qu’elle a toujours vécu, lui rappelle Nawel. C’est différent d’ici. Pour une femme qui travaille là-bas, c’est facile ! Il y a les plats prêts à emporter, les surgelés…
    - Ecoute maman ! Tu t’en es sortie, pourquoi pas elle ?
    - Moi, je suis de la vieille école, réplique Nawel en riant. Je suis au four et au moulin et je ne me plains pas ! Mais elle, j’ignore si elle supportera !
    - Si elle veut être avec moi, elle apprendra ! Je n’irais pas vivre fel ghorba, juste pour ces beaux yeux !
    - Mais qu’est-ce que tu ne ferais pas pour ces beaux yeux ?
    Elle découvre qu’il est sérieux. Il n’a aucune envie de se séparer d’eux.
    - Attends qu’elle te mette la pression et je verrais ta réaction !
    - Je te jure que c’est elle qui viendra vivre ici ! Si on se marie un jour, ajoute-t-il en riant. Qui sait ce qui adviendra demain ?
    - Inch Allah, gheir el kheir !
    Lyès l’aide à faire la vaisselle puis va se connecter alors qu’elle finit de ranger la cuisine. Il prend un verre de limonade avec lui. Il le pose sur le bureau.
    - Dis, c’est à qui ce nouveau compte ? demande-t-il.
    - Le nouveau ? Ah, c’est celui d’Assia, se rappelle-t-elle.
    - Non, ce n’est pas le sien ! réplique-t-il. Je connais son adresse par cœur !
    Nawel hausse les épaules.
    - C’est son adresse. Tu étais là quand je lui ai demandé si je pouvais l’enregistrer, lui rappelle-t-elle. Elle avait dit oui.
    Lyès fronce les sourcils, se demandant si elle pourrait avoir un deuxième compte ? Pourquoi un deuxième compte ?

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  54. Artisans de l'ombre Dit :

    18eme partie

    -Tu en es sûre ? Elle est à elle ?
    Nawel hausse les épaules. Elle a rejoint son fils et regarde l’écran.
    - C’est cette adresse que j’avais trouvée ! Elle ne peut être qu’à Assia. Rappelle-toi, elle était connectée quand tu es arrivé !
    - Oui.
    - Je compte sur toi pour régler le réveil ? lui demande Nawel. Je vais me coucher. Je ne tiens plus.
    Lyès lui sourit.
    - Bonne nuit maman !
    - Bonne nuit mon fils, dit-elle avant de lui conseiller. Ne tarde pas. Toi aussi tu te lèves tôt.
    - Oui, juste une petite heure !
    Nawel a remarqué qu’il était pensif et elle est loin de se douter qu’il est en train de tenter d’ouvrir la boîte de réception de sa cousine.
    Il connaît le mot de passe. Il l’a souvent ouvert et aucun nouveau message. Juste les siens et ceux de ses amies.
    Mais l’autre adresse enregistrée par sa mère le tracasse.
    Il retape le nom et il essaie le mot de passe de la première boîte.
    Surprise, elle s’ouvre.
    - Ce n’est pas vrai, murmure-t-il, en réalisant qu’elle a bel et bien un deuxième compte.
    Il parcourt les noms des expéditeurs et là, il comprend qu’elle a d’autres admirateurs.
    Les messages enflammés qu’il lit lui donnent envie de vomir. Il remarque qu’elle a répondu au courrier de la journée.
    Il y a un brouillon qu’il ouvre et lit lentement.
    Elle a écrit un mot doux, si doux qu’il en a la chair de poule. Le cœur déchiré, il éteint l’écran. Il ne se sent pas bien.
    Tout tourne autour de lui. Il doit s’appuyer au bord du bureau pour se lever. Ses mains sont tremblantes. Il s’affale beaucoup plus qu’il ne se rassoie.
    - Maman ! Maman ! appelle-t-il, à bout de souffle.
    Mais Nawel, épuisée par la longue journée de travail, dort profondément. Elle n’entend pas ses appels…

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  55. Artisans de l'ombre Dit :

    19eme partie

    C’était quoi ? se demande Nawel. Lyès ?
    Il ne répond pas. Elle a bien entendu un bruit de verre brisé. Elle se lève et en sortant de sa chambre, elle remarque que la lumière du salon est encore allumée.
    - Il ne s’est pas couché, se dit-elle. Lyès mon fils, qu’est-ce que tu fais encore debout ?
    Elle le trouve inconscient sur le fauteuil du bureau.
    - Lyès ! Lyès !
    Elle marche sur des débris de verre.
    - Mais que t’est-il arrivé ?
    Elle va chercher une serviette et de l’eau dans une petite bassine. Elle la mouille puis la passe sur le visage de son fils.
    - Reviens à toi ! Reviens !
    Elle va chercher du parfum et l’en asperge. Lyès bat des paupières.
    - Hamdoullah ! Aide-moi, appuie-toi sur mon épaule jusqu’au divan.
    Elle lui glisse un coussin sous la tête. Lyès est livide. Il a encore cette envie de vomir.
    - Apporte-moi une bassine !
    - Une minute…
    Sa mère apporte une bassine et il se sent mieux lorsqu’il vomit.
    - Mais qu’est-ce qui t’est arrivé ? Tu étais bien lorsque je t’ai laissé !
    - Je sais, souffle-t-il.
    - Tu as mal quelque part ? Tu veux que j’appelle ton père pour lui demander de rentrer ?
    - Non, il n’y a rien d’urgent, la rassure-t-il en prenant sa main. Je vais mieux, Wellah ! Reste seulement près de moi !
    Nawel va vider la bassine puis revient près de lui.
    - Je suis là…
    Lyès s’appuie sur son épaule. Le cœur serré, il lui dit :
    - Je ne veux plus voir Assia ici !
    - Pourquoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ?
    - Elle… Elle n’est pas sérieuse, répond-il. Dis-lui de me rendre mon téléphone. Et puis non, qu’elle le garde ! Je ne veux rien d’elle ! Je veux devenir amnésique !
    - Tu as ouvert sa boîte, c’est ça ?
    - Oui… quand elle viendra, dis-lui de ne plus jamais revenir !
    - Ne t’inquiète pas ! Je vais la remettre à sa place.
    Nawel soupire. Ce qu’elle a toujours craint est arrivé. Sa nièce, sans le vouloir, a brisé le cœur de son fils. Elle n’a jamais porté sa nièce dans son cœur parce qu’elle la voyait comme un papillon. Elle l’avait mis en garde une fois et si elle avait persisté, son fils aurait pu la haïr. Elle aurait perdu son amour, son estime. Elle ne l’aurait pas supporté. Lyès est tout pour elle. Elle pleure en le voyant aussi malheureux. Mais elle est là. Elle le réconfortera en attendant que la douleur passe. Elle sait qu’il s’en remettra un jour. Il a la vie pour aimer, pour trouver sa moitié, celle qui fera son bonheur. Et si Allah lui prête longue vie, elle sera là pour le partager.

    A. K.
    Fin

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