- Râk Ghâlatte, fiston ! les gens, je ne les ai jamais refusés, c’est le mauvais argent et les gens qui en font leur seule raison d’être qui ?
L’argent peut donner l’enveloppe de bien des choses, mais jamais le fond. Il ramène la nourriture mais non l’appétit, des remèdes mais pas la santé, des relations mais non des amis, des moments de joie mais non le bonheur. Avec de l’argent tu t’achètes un lit mais pas le sommeil.
- Donc, tu es d’avis que l’argent ne fait pas le bonheur.
- C’est surtout l’argent des autres qui ne fait pas le bonheur. Parce que prendre ce qui appartient aux autres, c’est voler, et le futur du verbe voler c’est : « j’irai en prison, tu iras en prison ».
Mel cousina, Daouia, sa femme, en avait ras-le-bol de son discours :
- Yabghi el-miziria. Demande-lui si sa pension peut nous nourrir, il te répondra el-hamdoullah. Il vit de son passé le chibani.
Dès que tu lui dis masrouf, il te répond : kounte j’ai fait zmen la gloire quoi. Il a refusé de demander sa fiche communale. La gloire lui suffit, au moment où quelques-uns n’arrêtent pas de prendre. Ils ont pris des maisons, ils ont pris des locaux, ils ont pris des lots de terrain, des licences d’importation, ils ont pris leurs enfants et les ont envoyés étudier à l’étranger, ils ont pris leurs jambes à leur cou, mine tzaguette, ils ont pris des postes de responsabilité, et mon Otchimine à moi, qu’est-ce qu’il a pris ?
Eh bien, il a pris sa retraite. La gloire ya chibani, ça ressemble à un marché. Tant tu y restes quelque temps, les prix baissent, sinon la marchandise pourrit
- Zidi nèguerchi, zidi !














9 mai 2012
El Guellil