Culture : Le coup de bill’art du Soir
A Sétif, le président de la République a utilisé l’expression populaire « tab djenanna» pour signifier que la mission de sa génération est terminée.
Littéralement, « tab djenan» veut dire : «Le champ (ou le jardin) est mûr.» Un champ dont les fruits sont mûrs a donné sa récolte, ce qui est donc positif. Mais alors pourquoi cette expression est-elle utilisée le plus souvent pour dire que telle personne, ou tel rôle est «fini» ? Par (bonne) éducation, les gens jadis évitaient d’user d’expressions «dures» ou «violentes». « Arbah !» (tu réussis) est préférable à « arwah !» (viens). « Ennar» (le feu), ça fait peur, alors on l’appelle « el aâfia» (la paix). On disait aussi « errebh» (le bienfait) pour évoquer « el melh» (le sel). Jadis, on ne disait pas « teffi edhou !» (éteint la lumière), mais « zeyyen edhou» (embellis la lumière). «Les anciens» avaient, ainsi, le don de l’euphémisme positif. Cette culture du bien reviendra-t-elle un jour ?
K. B.
bakoukader@yahoo.fr
Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/05/12/article.php?sid=134003&cid=16













12 mai 2012
Kader Bakou