Culture :
A la faveur de la toute dernière répartition du portefeuille d’actions des industries culturelles publiques, le ministère de la Culture a hérité de la tutelle sur l’Entreprise nationale des arts graphiques (Enag), relevant préalablement de l’information ou de la communication.
Elle représente aujourd’hui le «bras armé» de l’Etat pour mener à bien sa nouvelle politique du livre, si tant est qu’il en avait une avant l’inauguration des derniers dispositifs. Comment réhabiliter l’amour de la lecture, dans un contexte ravagé par l’inculture, si ce n’est pas une stratégie audacieuse en faveur de la promotion du livre qui assure une prise en chargé dès le plus jeune âge ? Le transfert de l’Enag au ministère de la Culture facilite cette action. L’entreprise dispose, depuis sa création en avril 1983, de l’infrastructure requise pour mener à bien son objet social. Elle s’efforce de réussir sa mission en couvrant trois grands domaines d’activité dans un secteur où la concurrence est loin d’être «libre et parfaite» : l’impression, l’édition et la diffusion du livre. Longtemps recentrée sur la fabrication d’imprimés pour survivre, elle retrouve peu à peu ses titres de noblesse et entend reprendre sa position de leader dans l’édition et la confection du livre avec un catalogue de plus de 88 titres d’ouvrages nationaux et plus de 1 400 titres puisés dans le patrimoine universel et répartis en 20 collections dont les plus connues sont Anisss, Madrassa, Histoire et Patrimoine. Sur ce plan, elle a fort à faire compte tenu de la maturation du marché lié à l’accès au savoir, avec à la base 22 000 écoles accueillant neuf millions d’élèves répartis entre les trois cycles primaire, moyen et secondaire, 350 universités et instituts pour une population estudiantine de plus d’un million d’étudiants, et des besoins annuels en manuels scolaires estimés à près de 25 millions de livres. En matière de distribution, l’entreprise dispose déjà de son propre réseau de librairies, tout en recourant aux autres grossistes et libraires. Elle s’est engagée depuis 2007 dans une action de mise à niveau par le renouvellement et la modernisation de son outil de production, la réorganisation de ses structures opérationnelles et fonctionnelles, en mettant l’accent sur la consolidation de ses points forts : l’impression de livres et imprimés, l’édition et la distribution. Par une récente décision, le ministère de la Culture a instruit la création de deux filiales sous la forme juridique de SPA, détenues dans un premier temps à 100% par l’Enag, pour assurer par leur biais le recentrage des activités et métiers de base. La première est chargée de l’activité de diffusion, distribution et commercialisation du livre délesté par l’Enag, dans une organisation qui ambitionne «d’intégrer dans le domaine des produits culturels les techniques de marketing et de communication». Ses possibilités de progression future sont estimées à 20% l’an. La seconde nouvelle filiale sera chargée de l’organisation de salons, foires et expositions héritées du commissariat du «salon international du livre» anciennement confié tantôt à l’Anep, tantôt au Syndicat des éditeurs. Désormais, la nouvelle filiale aura la charge d’assurer le rayonnement du livre sur le double plan national et international.
A. Belhimer
Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/05/13/article.php?sid=134102&cid=16














13 mai 2012
LITTERATURE