RSS

«Les absents ont toujours tort»

27 mai 2012

Contribution

Voxpopuli :

Dans les démocraties véritables, ceux qui ne participent pas n’ont pas de quoi être fiers. Le taux d’abstention de 58% et plus d’un million et demi de votes nuls dévoilent au grand jour un vide important au sein de la scène politique, et une responsabilité partagée de la société et des partis politiques, qui devraient favoriser un débat politique sain et constructif, notamment auprès d’une frange stratégique de la société, la population de moins de 35 ans.
Partout dans le monde, les ligues, filiales de la jeunesse des différents partis politiques, sont le foyer des prochains leaders et responsables politiques et le fer de lance des campagnes électorales réussies. Dans notre pays, la jeunesse est quasi absente du débat politique sinon pour illustrer une culture de nonchalance confortée de façon presque complice de la part des médias et des analystes politiques qui semblent légitimer au lieu de secouer cette tendance qui ne sert les intérêts de personne et surtout pas ceux de la jeunesse. Cette absence par choix, par culture ou par défaut ne devrait pas se limiter à une seule interprétation, celle d’un rejet de tout un système, lequel système n’est pourtant que la réflexion de notre propre culture et de notre désengagement du débat politique. Cela est préjudiciable aussi bien à l’Algérie, aux partis politiques mais surtout pour la jeunesse, sur laquelle ce qui se joue aujourd’hui aura un impact important, compte tenu des crises que connaissent plusieurs parties du monde. 1,7 million de voix nulles soit autant de cris muets, de feuilles blanches et de demandes non formulées de façon volontaire. C’est de cela qu’il s’agit. Ce message vide sera, pourtant, interprété de façon différente pour justifier un courant donné, alors que l’accent devrait être mis sur le pourquoi d’un vide dans le débat social qui a mené à ce résultat. Ceci est un symptôme d’un malaise plus grand et plus profond que je dénonce plus bas. A voire le rôle catalyseur joué par la jeunesse américaine lors de l’ascension au pouvoir du premier président noir, celui joué par les jeunes de la gauche française, leur éloquence, leur courage, leur discours net et sans bémol, je me dis que notre jeunesse ne croit plus en elle-même, ce qui est dommage, puisque les résultats dépassent rarement les espoirs, et qu’hélas, on a choisi de rêver «tout petit» pour ne pas dire ne pas rêver du tout. Nous devons apprendre à proposer de façon constructive et ne pas se limiter à avoir à redire sur ce qui est fait et ce qui n’est pas fait. Interpréter cette tendance inquiétante est un devoir que devrait entreprendre notre génération, celle des moins de 35 ans, à travers l’ouverture d’un débat serein, où la priorité ne sera pas accordée à la tête des candidats et à leur appartenance régionale ou autre, mais sur un projet de renouveau du débat économique et social qui dépasse les problématiques de la pomme de terre et du sachet de lait, nous devons travailler sur nous-mêmes car l’individu est au cœur de cette problématique. Nous en sommes capables, nous en sommes responsables, il en est de notre devoir en qualité de jeunes citoyens assez rapides à critiquer, assez rigides lorsqu’il s’agit de proposer. Nous en sommes capables, j’en suis sûre. Au-delà de ces élections, qui ne constituent, pour moi, qu’un exemple de plus de notre nonchalance, nous devons rouvrir le débat sur l’identité algérienne, la culture algérienne, en acceptant nos lacunes et en travaillant à y remédier, favoriser l’autocritique constructive et applaudir quand il y a lieu de se féliciter, sans gêne, aucune. Nous devrons favoriser un projet de société basé sur la question : quels débouchés pour la jeunesse ? Comment la rendre plus active, plus engagée dans des causes telles que la propreté, la citoyenneté, comment réviser une certaine culture de désengagement réfractaire quelles qu’en soient les causes. On ne vient pas au monde pour être spectateur mais chacun a un rôle à jouer. Et les médias et universitaires devront soutenir cette tendance (je ne dis pas mouvement !). A ceux qui se réfugient sous le prétexte du «système», je trouve ce prétexte trop vieux et trop simple pour qualifier une érosion de valeurs et un «je m’en-foutisme complice». Il ne s’agit pas, enfin, de politique, il s’agit de bien plus que cela. Quelle image voulons- nous donner de notre génération, de celle à venir ? Nous avons étudié, grandi et aimé ce pays, nous devons pour nous-mêmes et pour nos enfants, développer une vision où l’on apprend de nos erreurs et où l’on ravive notre conscience citoyenne engagée en faveur d’une société progressiste qui compte avancer sur tous les plans, d’une société où les préjugés sont réprimés et bannis, une société où l’habit ne fait pas le moine, une société ouverte et en paix avec elle-même. Intellectuels, étudiants, universitaires d’aujourd’hui et de demain, où êtes-vous ? Faiseurs d’opinions, vous avez un rôle à jouer pour raviver le débat social et politique sain et progressif. Je crois en vous tous. Une citoyenne non atteinte de myopie sociale.
B. S.
Algérie

     Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/05/27/article.php?sid=134668&cid=49

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Les livres de K79 |
liremapassion |
Le phaéton véloce |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Des histoires plein la tête.
| Oaristys
| jonathanjoyeux