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Vestiges d’Égypte et haine d’autrui Par Ahmed Halli

28 mai 2012

Ahmed Halli

Chronique du jour : KIOSQUE ARABE

halliahmed@hotmail.com
Comment les Égyptiens ont-ils fait pour se retrouver devant un dilemme aussi cruel d’avoir à choisir entre une dictature annoncée, celle des «Frères» musulmans, et une tyrannie ancienne, incarnée par un baron du régime honni. À moins que le candidat de gauche, annoncé en troisième positon dans le classement de voix, ne vienne brouiller les cartes en se qualifiant in extremis pour le second tour. Ce qui obligerait les Égyptiens à faire clairement le choix de l’avenir, ou du passé, mais le prochain duel devrait opposer le candidat du système et le vieux complice du système.
Dans les deux cas, il s’agit d’un retour en arrière inexplicable et tragique, si on élimine l’acte d’envoûtement collectif en isoloirs, et la fraude électorale plus que probable. La manipulation des résultats n’étant pas avérée, bien que soupçonnée, on en est réduit à penser que les Égyptiens ont opté pour la marche à reculons. Et là, il faut introduire cette nuance de taille : plus de la moitié des électeurs ont boudé les urnes. Ce qui est une donnée importante pour mieux apprécier le niveau d’inconscience, ou l’intensité de la crise de masochisme, de l’électorat. Que proposera-t-on aux Égyptiens les 16 et 17 juin prochain ? D’un côté, il y aura le candidat des «Frères» qui prédit un mandat présidentiel idyllique, avec le paradis à la clé pour les fidèles électeurs. Toutefois, Mohamed Morsi se garde bien de vouloir tordre le cou à la démocratie, une fois élu. Il n’entend pas faire taire les voix discordantes et ne s’engage pas à changer les habitudes alimentaires et vestimentaires des Égyptiens. Ce baratin-là marche ailleurs, chez les peuples aux élites ralliées ou trop timorées pour se poser en alternative. Le candidat islamiste Mohamed Morsi glose même sur la démocratie, et sur les moyens de la renforcer, il faut bien rassurer les nouveaux alliés américains. Ce n’est pas un hasard, si le Washington Post, relayé par les médias égyptiens, a salué samedi l’arrivée en tête de Mohamed Morsi et s’est montré rassurant sur l’avenir de la démocratie en Égypte. Mieux encore, Saadeddine Ibrahim, directeur de l’Institut Ibn-Khaldoun du Caire, qui s’inquiétait il y a quelques semaines de l’éventualité d’un pouvoir islamiste, exulte. Sur la chaîne satellitaire Sada-al-Bilad, lancée après la chute de Moubarek, il revendique sa part du gâteau, sa parcelle de gloire dans la victoire islamiste inéluctable. Du temps de Moubarek, dit-il, les «Frères musulmans» m’ont demandé de leur servir d’intermédiaire avec le gouvernement américain, mais Washington avait refusé. «Je suis l’architecte de cette nouvelle relation des “Frères musulmans” avec l’Occident. Je les ai présentés à tous les pays européens, et aux Occidentaux en général.» Face à Mohamed Morsi, nous avons l’ancien Premier ministre du régime, Ahmed Chafik, qui aurait les faveurs du Haut-Conseil militaire. Malgré sa promesse de gascon de rompre avec les habitudes du temps de Moubarek, le candidat des «vestiges» (al-fouloul) a contre lui son passé, et surtout la loi sur la mise à l’écart (Azl). Cette loi, promulguée en avril dernier par le Haut-Conseil militaire, interdit aux anciens collaborateurs de Moubarek d’être électeurs, et surtout éligibles, ce qui est le cas de M. Chafik. Or, par un tour de passepasse politico-juridique, la loi a été mise sous le boisseau par saisine du Conseil constitutionnel égyptien, qui ne se prononcera qu’après le second tour de la présidentielle. Ce qui a permis ainsi à Ahmed Chafik de franchir l’écueil de la validation des candidatures et de devenir président en cas de victoire électorale. Comme quoi, nous avons toujours à apprendre des Égyptiens, surtout en matière de coups tordus. Pour l’heure, il s’agit de savoir ce qu’il faudra faire si la loi sur la mise à l’écart est déclarée constitutionnelle après l’élection du président. Une majorité de juristes affirme que s’il était élu, Ahmed Chafik devrait se démettre, mais d’autres soutiennent qu’il sera couvert par son immunité présidentielle. Quant aux jeunes de la place Al-Tahrir, qui ont fait la révolution, ils ne sont plus d’actualité mises à part les condamnations des derniers agitateurs et les chroniques de Ala Aswaniqui continue à y croire. Un autre «vestige» moins compromis, Hassaneïn heykal avait prédit, au lendemain du 25 janvier 2011, qu’on ne retrouverait aucun des jeunes acteurs de la révolution sur les listes des élections. L’avenir lui a donné, en effet, raison, tout comme il a conforté les appréhensions de la communauté copte qui a choisi Chafik comme valeur refuge. Cependant, la presse égyptienne d’opposition est persuadée que tous les courants politiques, y compris les plus hostiles à l’islamisme, vont se liguer contre le retour des «vestiges». Ce qui confirmerait l’avancée irrésistible de l’hiver islamiste dans les pays arabes, sauf en Algérie où il est déjà installé dans l’attente du dégel. On en a eu la preuve, samedi dernier, lors de la rencontre-débat réunissant Addi Lahouari et Abderrahmane Hadj-Nacer, et animée par notre confrère Noureddine Azzouz. Le débat autour du thème «Réflexions sur une nation en construction » a été d’excellente facture, concision et précision du propos ayant joué pleinement leur rôle. A l’encontre de l’idée reçue, et d’inspiration religieuse, selon laquelle l’homme est «foncièrement bon», Addi Lahouari s’est évertué à dire le contraire en expliquant que seul un État de droit pouvait dissuader, canaliser l’homme «foncièrement mauvais». Il a aussi mis en cause la haine de l’autre comme frein à l’émergence d’un véritable État de droit, où serait consacrée la séparation du religieux et du politique. Immédiatement après, un membre de l’assistance a donné raison au sociologue en manquant ouvertement de respect aux dames non voilées présentes dans la salle. Le monsieur qui s’exprimait en arabe classique a utilisé le terme de «moutabaridja» pour celles qui ne portent pas le hidjab. Or, volontairement ou involontairement, l’intervenant a fait sien le terme en vigueur, et non dénué de mépris, utilisé par les islamistes. Pour ces derniers, la femme non voilée est une femme qui s’exhibe pour séduire l’homme. Je suppose qu’avec un système pileux plus abondant, et avec l’évolution en cours, notre homme traitera bientôt de p… l’assistance féminine non voilée.
     Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/05/28/article.php?sid=134737&cid=8

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Vestiges d’Égypte et haine d’autrui Par Ahmed Halli”

  1. qingyu2 Dit :

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    Répondre

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