RSS

Dépouillement par El-Guellil

4 juin 2012

El Guellil

Très souvent, les gens du pays profond sont pris, par ceux du pays superficiel, pour des analphabètes. Très souvent, ils sont confondus avec une paire de mains qui applaudit. Une voix qui fait des youyous et des yeux pour pleurer leurs corps.

Mais là, le pays profond a décidé de s’organiser pour les élections à venir. Ce n’est pas pour bientôt, mais mieux vaut tôt que tard.

Il va s’initier donc à voter à sa manière. Pour ce faire, il a décidé d’utiliser la photo, l’art d’écrire avec la lumière.

Ne sachant pas manier les autres formes d’écriture, il a opté pour celle des images. Un «photolangage» à la syntaxe un peu simple, à la grammaire souple, et au vocabulaire infini. Une darija moussaouara tout en couleurs, ou en noir et blanc. Car les gens du pays profond savent qu’en périodes d’incertitude, c’est du côté de l’image que l’on trouve les plus forts brûlots, les témoignages les plus poignants.

Ainsi, la photo remplacera le bulletin de vote dans l’enveloppe qui sera glissée dans la boîta. A chacun sa photo. Faisons un peu de fiction et imaginons le dépouillement.

Bien entendu, les militants, venus aux partis, agraferont leur propre (trop propre) portrait avec le bulletin de leur candidat et une copie de leurs diplômes, leurs deux diplômes : extrait de naissance et le certificat de résidence.

On découvrira des photos de mendiants, pas les faux, les vrais. Ceux qui tendent la main avec beaucoup de retenue et qui te chuchotent : «Je n’ai pas de quoi acheter le pain». Des photos de jeunes filles à peine sorties du collège; enfants versés dans la vie active sur les trottoirs badigeonnés pour recevoir, le soir, les «hautes» du jour. Sur d’autres clichés, six enfants s’entassent, leurs cartables en guise d’oreillers. Ils dorment ? Non ! Ils ont perdu connaissance dans cet espace de neuf mètres carrés.

Une mère de famille qui fait son marché sous les étals des marchands de légumes. Des vieillards qui font la chaîne devant le guichet de la poste et qui, penauds, rebroussent chemin car la recette ne dispose pas de liquidités. Des photos de liquidités dans une chkara remise à la caisse d’une banque, avec une légende: «Mais d’où vient tout ce blé ?»

Voilà le dépouillement…

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Les livres de K79 |
liremapassion |
Le phaéton véloce |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Des histoires plein la tête.
| Oaristys
| jonathanjoyeux