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Pur et dur par El-Guellil

25 juin 2012

El Guellil

Il était avec ses copains, comme chaque soir après le boulot. Ils parlaient de tout et de rien, mais aboutissaient à chaque fois, sur le problème du mariage.

«Ça va pas la tête ? Je préfère rester célibataire que d’épouser une femme qui travaille». Messaoud est convaincu que la modernité est incompatible avec nos valeurs.    Que la femme qui côtoie à longueur de journée des hommes est indigne. Garçon unique, sa mère est malheureuse de le voir célibataire endurci.    Elle a tout fait pour lui trouver une âme sœur à son goût. Sans résultat. La dernière, sa cousine universitaire, lui a été proposée, rien à faire. Sa réponse reste la même : « tu me vois marcher avec elle en ville et la voir saluer un ex-copain de classe ? Plutôt mourir ».          Le résultat est là, à quarante-cinq ans, malgré sa bonne situation, il n’est pas marié.

Ce soir, attendant un taxi pour rentrer chez lui, son attention fut interpellée par une question que posait une jeune fille à sa maman. « Mère, la bâtisse d’en face, c’est un bain ou un restaurant ? « C’est un bain !» répondit la mère.

«Voilà la femme qu’il me faut ! Si elle ne fait pas la différence entre un bain et un resto, c’est qu’elle sort rarement !»

Le hasard fit qu’ils prennent le même taxi. Elle habitait le quartier, et il ne l’avait jamais vue. Cela conforte ses thèses. Quelques jours après, la demande en mariage fut faite. Tout est arrangé. Ils se marient. La bonne femme n’avait effectivement jamais travaillé. Très jeune, elle avait quitté l’école.

L’année de mariage, il voulait la fêter avec ses copains de quartier. Ils décident donc de faire une bonne bouffe dans un bon resto. De l’hors-d’œuvre à la dernière bouteille, il s’est passé des heures. Il rentre chez lui, « à moi les murs et les pas vertes! » Il arrive dans un état lamentable et c’est sa bonne femme qui lui ouvre la porte. Elle était hors d’elle, elle refuse même de l’approcher : « Mais qu’est-ce que tu as, j’ai bien le droit de prendre un pot, de temps en temps ».

« Bien sûr, c’est ton droit, mais le vin que tu as pris ne sent pas bon, et la prochaine fois que tu voudras prendre une cuite… essaye le pastis, il sent bon et ça fait gentleman ». « Belbaklara ya Messaoud ».

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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